CHAP. VIII
Au point où nous sommes arrivés maintenant du livre de Daniel , il se fait dans son style un changement remarquable qui n'est peut-être pas connu de tous ses lecteurs.Xa langue , dans laquelle l'Esprit de Dieu révèle la vision que nous allons étudier, et toutes celles qui suivent, ^t
différente de celle dont il s'est servi pouEAOUs faire connaître les parties précédentes du livre. Depuis une bonne partie du chap. n jusqu'à la fin du chap, vu , le langage employé était celui du roi de Babylone — le chaldéen ; tandis qu'à partir du chap. vni jusqu'à la fin, c'est l'hébi'eu — la langue ordinaire de l'Ancien Testament.
Or j ce changement n'a pas lieu sans dessein. Voici , je pense , ce que nous devons en conclure. Ce qui concernait particulièrement les monarchies Gentiles fut communiqué dans le 'langage du premier grand empire gentil. Cela les ccmcernait d'une manière immédiate et directe; et le fait est , comme nous le savons, que la première vision , celle de la statue, fut contemplée par le monarque' Gentil lui-même — ;Nébucadnetsar. A partir de là , jusqu'à ia fm 4u chap. VII , c'est dans sa langue que Daniel 0^1 écrit. Mais désormais nous aUons aborder d^ visions qui concernent tout particulièrement les Juifs* Ainsi , par exemple , le chap. viii fait illusion au sanctuaire , au peuple des saints , au j^rifice continuel et à beaucoup d autres, points particuliers qu'un Gentil aurait eu de la peine à .^iqprendre, et qui n'auraient eupour luia^icune espèce d'intérêt. Mais, quoiqu'elles puissent rn'en ^voir qu'un médiocre à nos yeux maintenant , ^relatives qu'elles sont au passé , à un peuple ipulvérisé pour ainsi dire en atomes , dispersé „8ur . toute la surface de la terre , ces choses pourtant n'en conserveat pas moins > dans la
pensée de l'Esprit , un intérêt réel et permanent.
Dieu n'en a pas fini avec les Juifs. Bien loin de là. Dans le cours de leur histoire , les Juifs ont appris à connaître la misère qu'il y a à entreprendre de mériter les promesses faites aux pères en pur don ; et il leur a été permis de faire l'expérience terrible de la folie et de la ruiue qu'il y a nécessairement pour l'homme , quand il essaie de gagner ce qu'il ne peut obtenir que de la seule grâce de Dieu. Tel a été , et tel est encore, le secret de toute leur histoire, dans le passé comme dans le présent. Ils furent retirés du pays d'Egypte par la puissance de Dieu; mais, à Sinaï, ils se chargèrent de faire tout ce que leur disait le Seigneur. Ils ne dirent pas un mot des promesses que Dieu avait faites. Le Seigneur y faisait allusion : mais ils ne lui rappelèrent, en aucune façon, qu'ils étaient un peuple de cou raide , un peuple rebelle et incrédule. Et lorsque Dieu leur proposa de lui obéir , au lieu de reconnaître leur profonde incapacité, au lieu de se jeter uniquement dans les bras de sa miséricorde , ils firent , au contraire , une réponse qui trahissait cette hardiesse présomptueuse qui caractérise toujours l'homme dans son état naturel : « Nous ferons , dirent-ils , tout ce que l'Etemel a dit , et nous obéirons. » Le résultât fut qu'ils ne firent rien de ce que le Seigneur avait dit. Ils furent désobéissants en toute occasion, et Dieu dut les traiter de la manière qu'ils
méritaient. Sans aucun doute , la bonté de Dieu n'a pas cessé de se montrer dans leur histoire ; et même chaque nouveau pas qu'ils accomplissaient dans leur chute ne faisait qu'amener, par la grâce de Dieu , quelque type , quelque figuré des bénédictions que Dieu veut leur accorder un Jour , lorsque , guéris par sa miséricorde de cette triste erreur de la chair , et Tayant bien vue dans les souffrances et les épreuves , et dans cette terrible tribulation par laquelle ils sont destinés encore à passer, ils tomberont aux pieds de Ce Bien-aimé qu'ont méprisé et crucifié leurs pères, et reconnaîtront que la miséricorde seule de Dieu peut leur accorder une bénédiction quelconque, et que c'est uniquement sa miséricorde qui accomplira tout ce dont il a parlé à leurs pères.
C'est là ce qui commence à poindre d'une façon particulière dans les prophéties de Daniel. Car , quoiqu'il y en ait eu des types dans les parties précédentes ( Daniel lui-même dans la fosse des lions — ou comme interprète du roi — les trois jeunes Hébreux qui refusèrent d'adorer les idoles), toutes ces choses étaient des types de ce que Dieu fera dans les derniers jours pour Israël dans une petite semence qu'il gardera pour lui»»même. Mais ce ne sont pas des types tellement clairs que beaucoup de chrétiens ne considèrent comme un effet de l'imagination de les prendre pour des types. Maintenant nous en venons à des choses auxquelles il n'est pas possi-
blede contredire un moment. 11 se trouve néanmoins bon nombre de véritables chrétiens qui prennent ces prophéties comme s'appliquant seulement à l'Eglise chrétienne. Ils sont disposés; à voir dans la petite corne la papauté. Et dans ce chapitre-ci , plusieurs trouvent Tislamisme , IcJ fléau du monde en Orient, comme la papauté Test en Occidçnt. Quelles que soient les analogies qui se présentent tout de suite à tout esprit ^ attentif et réfléchi , et que je n'ai niées en aucune sorte quant à la petite corne du chap. vu , j'admets qu'il y en a ici de semblables par rapport au mahométisme en Orient. Mais ce que je dfeirerais faire ressortir clairement , c'est l'in^ tenlion direete de l'Esprit de Dieu dans ces portions de l'Ecriture. C'est parfaitement bien 4e voir qu'il germe dans le monde des semences de mal, et que les horreurs des derniers jours ont leur précurseurs — signaux d'averlissement qui surgissent de tempsà autre à la surface dtt^ monde pour Tious signaler ce qui approrfî^; Mai& dans l'étude de la parole de Dieu, il esbdéboute importance d'être ^ dégagé de : tout désir- : de^roaver dans les événements -passés ou ccflïr teteiporains la r^nse à la prophétie.* La choses eâsemlieite est d'aller à elle avec un esprit: exempt de préjugés, et animé du seul désir de: ceoiprendreaei que r Dieu nous enseigne. Eiir conséqueace , qu'il^ s'agisse du passé on d6 l'avenir j juste comme s'il î est question du présent, la principale otmdition, absolument indi»-
pçfosable , est que nous soyons soumis à Dieu.^t à la pcurole de s^ grâce. C'est dans c'est esjurjfcJA ijuc je désire m'ef forcer , aujqnt .que Je.gpig^^ m'en rendra capable, d'esxpliquer Ip (jhapUj^ ouvert maintenant devant nous. Ici , cpm^ dans le chapitre vu, la vision e^jit.lieu^ous ^e règne de Belsatsar; lapais qnp ks visions ^i|l)- «équentes se passèrent après que la pui^safi^e de Babylone eut été renvei^ée. Maip ju^qp'à ce moment^ il n'y avait pas eu dejUjgem^nt.sur Babylone. Nonobstant cela, le lieu niêmc qù jsp pas^ la vision nous prépare à un certain cli^ngf;i;i,çpt. C'était en Orient — plus loin en^çore ^n Orient — à Susan, capilaje de la provjifcq ^e Hélam. Hclapî est le nom , cfi héhieu , ou .tout .auTAOjns, un des noms d-e la f ersp. « Je vis une vision, et j'iélais fur Ip jlpuved'Ulaï. * J[e mentionne cela seuleme^it pour jnonlvi^ q«G nous ayou^ certain^ indices de la portée de la prophétie qui suit. Il lève ses yeux, et il voit un bélier, symbole bien connu, en usqgc dans |a Pei'se eljle-mênie, et qu'on retrouve Xréquepi- ,p(ient8iu* ses monuments et dans ses doçumeuls publics. « Et voici, un bélier se tenait près du IHeuve, et il avait deux cornes , et les deux cornes étaient hautes ; mais l'une était plus haute que l'autre , et la plus haute s'élevai^ sur le derrière. >» L'allusipn au caractère rnixte de l'eiupire perse est manifeste. Deux pl^mentî? ] distincts l'un de l'autre, se trouvaient dans cpt empire : l'élément Médique , qui plijiit le pli|s
ancien des deux, et le Persan , qui était le plus jeune. Mais , avec le temps , Télément le plus jeune devint le plus considérable : aussi, lisonsnous que Tune des cornes était plus haute que l'autre , et que la plus haute s'élevait sur le derrière. Quoique Darius , le Mède , prenne le royaume lors de la chute de Babylone, c'est néanmoins Cyrus, le Perse, qui, en temps convenable, obtient la prééminence, et, dans la suite, ce sont toujours les Perses qui sont plus particulièrement mentionnés. Kn attendant, nous trouvons la distinction des deux éléments de l'empire , constatée même dans le langage des nobles i Darius ; ils disent : ^ La loi des Mèdesetdes perses. » Le bélier avait deux cornes.
« Je vis ce bélierheurtant des cornes contre rOccident, et contre l'Aquilon, et contre le Midi » — c'est-à-dire , dans la direction que suivit l'empire des Perses dans la poursuite de ses conquêtes diverses — « et pas une bête ne pouvait subsister devant lui , et il n'y avait personne qui lui pût rien ôter; mais il agissait selon sa volonté » et devenait grand. »• Ici, on est bien obligé de reconnaître que toute l'histoire profane n'a qu'à s'incliner profondément devant la parole de Dieu. Mais nous n'avons nul besoin, pour nous renseigner, de recourir ailleurs qu'à l'Ecriture elle-même. Qu'on lise les livres d'Esdrâs,Néhémie, etc., et on verra comme, en effet, cette domination s'étendait au loin, et combien elle était incontestée. Même
dans les historiens profanes, Texpression solennelle « le grand roi » élait celle dont on se servait en parlant de la iiSonarchie persane. Tout cela est d'un accord manifeste avec la descrip^ tion que nous en fait la prophétie. « 11 agissait selon sa volonté, et devenait grand. »
« Et comme je regardais cela, voici, un bouc d'entre les chèvres venait de l'Occident. » Nous avons ici la première irruption que l'Occident ait jamais faite sur le monde oriental. Rien né pouvait sembler moins probable qu'un événement pareil , par la raison que TOrient avait été le berceau de la race humaine. C'était en Orient que l'homme avait été placé après sa création ; c'était en Orient cju'il avait commencé sa seconde histoire dans le monde , je veux dire dans le monde qui succéda au déluge; c'est de ce centre que les diverses races d'hommes s'étaient répandues sur la terre après que le Seigneur eut confondu leur langage à Babel; enfin, c'était aussi en Orient que la civilisation avait pris un essort considérable des siècles avant que l'Occident fût sorti de son état de barbarie. Nonobstant tout cela , la figure prophétique si frappante que nous avons sous les yeux , nous apprend que lorsque le royaume des Perses était encore sans rival, et que, bien loin de décliner, il était dans la plénitude même de sa puissance, il sargit subitement d'un tout autre quartier un pouvoir représenté dans la vision sous limage d'un bouc — un adversaire occi-
dental- Et ce pouvoir s'avance avec la plus grande rapidité, possible, comme il est dit iei4 * H ne tûuxîh^ pqiat^îttçjrra, » Quiconque est ta^t ^oit peu çapal^ledese fair^ AUie conviction, ne, peut 'avoir :un:iï^Qipç»t4'incertitude sur la signiiîeation tle. ce Symbole , à )Siy?ppser mcKie j^'il A'ien eut pas dans le chapitre l'interprétation divine. Parmi les anciens empires, il n'y en a eu,f[u'un seul anquelon puisse dmaginer qiji'il s'applique — Tempire Grec — dont le premier chef , AlcKondre., est evidcOTiaent désigné par la .grande corne que ce bouc lavait à &a jtête* ...'.',
« Et il vînt jusqu'au bélier qui avait deux cornes, lequel j'avais vu se tenant près du fleuve , et il courut contre lui dans la fm?eur de sa force. Et, je le vis approcher du t)élier:, ^t, s'irritant contre lui, il heurta le bélier et brisa ses deux cornes. » X'Esprit,de Dieu nous donne là, en peu de mots, ce que toute l'histoire confirme. Après la chute de Tempire de Babylône, il s'en élèverait un Aouveau, symbolisé par le bélier et .qiil aurait joCiCi de particulier, qu'il se composerait de deuxpei4>^ différents qui constitueraient sa force. Cet envpire garderait un certain temps toutesa puissance; mais ensuite, d'un aufije point où il n'a poifit existé jusqu'ici de royaume de quelque renom, il vient une puissance dont les progrès sont d'une rapidité étonnante , et à la tête de laqf^elle ee trouve un roi d'une rare valeur et d'une- ambi-
tïon extraordinaire. Ce personnage frappe l%mpire Ferseî d'une feçon si complète qu*« itnV trvaît aucune force au bélier pour tenir ferme contre îui; et cjuand ii Feut jeté par terré, il te fbula , et nul' ne pouvait délivrer le béKer de sa puissance. >* L'expression « s'irritant » est plus particulièrement employée quand il s'agit d^ Pfempire Grec et d^^Alexandre. Les Grecs, oFftectivement, avaient contre l'es Perses un fond de haine qu'on ne retrouve pas dans les autres empires, et la gra.Je place qu'ils firent dans leurs guerres au sentiment personnel est admirablement expiimée par oe terme : s'irritant ^ mû de colère, que nous trouvons ici.
Pourquoi cela? Nous ne vôyonfe rien de semblable d^ns les attaques des tarses contre les Babyloniens, quelques féroces Qu'ils fussent, rA dans celles des Romains cbntrè les Grecs ; mais c'test particulièrement vrai de cette irruptîoii que Virent les Grecs sur Tempire dès Perses. Ces derniers avaient^ autrefois^, envahi te Grèce, et par là avalent soulevé contris eux les sentiments les plus forts. Ge ressentimeni; traditionnel se transmettait' du père au fils, de î^orle que les Grecs se considéraient comme fes enriemis mortels des P^i^ses. TèUe était lai pro^ vocation dont tes f e/ses s'étaient rendus coupables envers les Gi^èes,* qui n^étdiént à cette époque là qu^urife pètitd mèoti, et rjui n'avaient nullemenit cherche à'' ^fendre îeûfé ïimitès au delà de leur contréeiïàtafe. Maintenant le temps
était venu pour les Grecs de leur rendre ce coup et de les attaquer dans leur propre pays ; et le bouc, avec celte corne remarquable à sa tête, arrive rempli de. fureur, frappe le bélier et brise ses deux cornes , le jette par terre , et le foule sou^ les pieds. Aucune description ne saurait être plus claire ni plus exacte pour donner une juste idée de la position de ces deux puissances l'une à Tégard de l'autre; et lor» même que vous liriez l'histoire toute votre vie , vous ne sauriez trouver un tableau plus vivant de la chute des Perses que oelui que l'Esprit de Dieu a tracé en quelques lignes.
Dans ce cas-ci , il devait s'écouler près de trois cents ans depuis le temps de Daniel jus^ qu'à celui où ces grands événements s'accomplirent — période assez longue pour montrer la merveille de la parfaite sagesse de Dieu, et de quelle manière il dévoile l'avenir à son peuple , mais espace de temps i^lativement assez court dans l'histoire du monde ; néanmoins ce n'était point là le grand objet que Dieu avait en vue. La pensée de l'Esprit se porte toujours en avant sur la fin. Il peut bien présenter des choses qui s'accompliront dans un temps comparativement assez court, mais son attention principale est dirigée vers la fin de ce siècle, et non vers ces événements qui se passent aujourd'hui dans les dif- «férentes parties du monde. Dieu a un peuple sur lequel son cœur est arrêté , quoique par sa folie, et faute de s'appuyer sur Dieu, ce peuple
ait été très -faible , qu'il ait manqué , et qu'il soit à cette hepre, conformément à la parole de Dieu, un sujet de mépris et de raillerie pour les nations. Mais quelque idée que Ton puisse avoir de la puissance delà Perse, sinon de la Grèce , et quelle que soit Timportance de leurs querelles qui remplissent l'histoire du monde, Dieu ne s'en occupe que fort peu. Il fait tenir en quelques mots les annales de plusieurs siècles, il se peut que le point sur lequel ses regards sont attachés et vers lequel II se hâte ne soit alors qu'un tout petit point aux yeux du monde; mais comme il se rattache aux intérêts du roi qui est selon son cœur et du peuple qui est à Lui, Dieu marche droit aux grands événements qui les concernent dans les derniers jours. Cela nous donne la clé des actes qui suivent : ils sont importants à cause de leur connexion avec l'histoire des Juifs , et en Ç6 qu'ils nous présentent un reflet de ce qui doit arriver dans un autre temps.
« Alors le bouc d'entre les chèvres devint fort grand; et sitôt qu'il fut devenu puissant, la grande corne fut rompue. » C'est exactement ce qui arriva à Alexandre : il fut retranché , lorsqu'il était encore un homme tout jeune, au milieu de ses victoires. « Et en sa place, il en crût quatre fort apparentes , vers les quatre vents des cieux. »• Apfès la mort d'Alexandre, il s'écoula un certain temps durant lequel ses ^ généraux se firent la guerre entre eux et essayè-
i%nt â'étaBHr iih grand nori^é de royâtuhiéS; ftlais, éA^ défirtitivei , fl s'en forma quittée' dttfe piH^^ qîil cèftStituiaiënl prdpremeM Fé^ii^ fSteù. Dé sorte qîiîé jern* doufè nuHèÂièiW qtfB. éSt fait afilusroin ici à fe divteioti Biëri éOïiftuè afe Fëmpï^ë d'Alexandre en quatre Royaumes ^ ^i eût lieu environ trois dents ârtS atant là. ten\ie de Christ.
♦< Et dé Fahe d'elles soi^tît une autre coWi^ ^te, » nommée autrement dans TEeriture lé Roi dk Nord. Placé an Nord, il pousse sa donit- Mîhaiidn « vers le Midi , et vers l'Orient, et vers léplîj%^e noblesse. « Mes raisons |)ourpengei^ dinsi^ outre celle qui est tirée de la direettrti (Jti'il donne S âes conquêtes (direction qui moAiité oè se #miVe sa puissance propte et le pôîÈt ff6û flpa^feit), àé fèï^rOntf)M ()artteuiièrethëtit lèirs^ë nérus arriverons au verset ^h G^c^ ttôiià^estt)*ésénté iéî, é'festla succession de ^ miit bttif^iteB -^ là Perse d'abord, et ensuite la Grèce. Car dé fuilé éès î^afties de YempWé tStét il mir^gîê un ït)i qui èeVàît plus tâ^rd jolier uii if^ë frèft^itt^r*âht en rapport avec lé pàys ël lÉf pènple des Juife. Cëst là îe grand fei^rt de éé éhapitiie.
NëUS Nroybris ènStlUë ieî que cette peltte ém*è ^ s*àgl^ârtiaîtfhéttë jusqu'à l^méë des bie«*, êl>«*fvéftJa tiflé partie dé l'irnrêe, et drifc Stéi^ îél^'iéHB^fikifa. i^ ides^psl^les, je pense', ^^'^ fttèrft \lëUx-^t ' occttjyàierti dëVattt !ë 1^èiJi)îè Ittîf d^è-j^tiôtt d'hônttoûr et dfe gldi^. (?^
— ia« — ^Dsi qoey (i^n&le Noi»^u T«^taiindiit, 1e&â^ife& smt employées emèipe le cijunb^ie ^s fer- Bonnes iqui sont étatdies anti^oiHté dciqs l^gKeé ; ^pMciftéraeiitâe tomê«i&ii|aàièr^, je ^ensc, que ^par i< Fayméjè des deax. â^. il faijt éniendfe les f«rsoiiiie8 qui , étnis le viégime {Kditkpiie juif , réteient JÉtabMds dons linè papilHMi 4ra«»torité. ^«ât la clé ipoHrl^ndeUi^cnoe^de toute ^te por- .lÎMidâ dla ipnofdiétiB.vC'èât l^»pf)oi4Miee4e tout^e jgpuiictuobe Isriaâl.que FËppntt'fait riessottUirinainteBaaLJ^eià vkmiiFieinpldi^^jetteâxpredâfioni: 5 L'ârméedes. deux v » qpi peut fiûraitre forte. jfejs BOUS ne ëev^uispas en être dwpiiis. ilîeti ^fMM^e i i[.onf)auple h plus pnoéond intérêt. Mtite ifiMimiezHYOiis ^e >oeia a'iin[âique nuitemenit J9«e Ban ipenipte fût dàn& un ion 'état. «[ con^ inàiÉe, qfftndél s'agit de JHgéF on étatiâe^ute:, é\ iH^vs Jfàiit/p(ren(keiea'OoiKâdérafionk^positi^^^ loceupée , ^j|VKir4aq^^lbsont TospèUsâbles ^)èux dqiâ>i^y (broutent. fi'i'S'a^ de îla^èbrétiênté, 41 -iftutYéusidoiiVdiBr qpe^^us omx qui' font pror tfi88(ûon d« HUM» 4e Chtpj^t , i^ véi4toMement ; iMÎ| è'tort >^ ♦toute personne teptisée — toute *>{^empnne <|iii aprii^f iaoe là i)ù kl Mm ée ChpiM meiJejAém^iitemeat ^r^^tanu , -^e ai^uvent «dans 4a npison Ide Mmi. On ^imagine ^qii'it n'y à que ^aMR<jqiiî:«am 9^1eil>eiit iomvertis'' qui «oient «otiS'd0Bi<d)ltgafionsimordtte. Œ^^^^ éprëur ^MD^ète , ii£m^ ^Vn^^nouvèité ^c^pècè ))e Tés- 4)OMa]filité.déSdoyte ito''fdt'4é'ilâ^^cé^rât^ él éi8iidàtioiift ^>la|^i^N3f .>:MiM«îSiy'^ unë^espèdfe
de responsabilité qui entraine une grande augmentation de culpabilité, lorsqu'on a été placé dans une position privilégiée. C'est là une vérité bien solennelle, à laquelle Dieu attache de l'im* portance. Voyez dans la seconde épître à Timothée. La maison de Dieu y est comparée aune grande maison parmi les hommes , et il y est déclaré qu'elle renferme des vaisseaux à déshonneur, aussi bien que des vaisseaux à bonn^ir. Les pruniers ne sont pas du tout convertis; ce peuvent être de fort méchantes gens, mais il est dit néanmoins que ce sont des vaisseaux dans la maison de Dieu. L'Eglise , ce qui porte sur la terre le nom de Christ , est toujours soiis la responsabilité de marcher comme il convient à l'épouse de Christ : toutefois, vous ne sauriez penser à un privilège et à une responsabilité semUables sans voir l'état de ruine entière, de décadence et de chute de ce qui porte ce beau nom. Et cdk fait voir <te quelle importance pratique il est de ne pas perdre éd vue la position que Dieu nous a assignée. Jamais nous ne pouvons jugercombien nous sommes déchus, }Wh qu'à ce que nous voyions la position dans laqudle Dieu nous a placés, A supposer que j'aie à examiner mes voies comme chrétien, il faut que j'aie dans l'esprit qu'un chrétien est unhomBie dont les péchés swt effacés , qu'il est^neo^re du corps 4e Christ , et qu'il est aimé duinéme amour dont le Père a aimé le fils. Il y en t gql sont 9C(HHitiimés à penser qiiesiuiihoEHM
tfestni juif, ni turc, ni païen, il doit être chrétien. Mais lorsqu'un croyant enfend dire qu'un chrétien est <iuelqu,'un qui a été fait roi et sacrificateur pour Dieu, que c'est un sacrificateur purifié qui n'a plus conscience de péché, il éprouve de l'anxiété et sent qu'il n'a pas une juste idée , une idée complète, de sa vocation et de sa responsabilité. Il commencé alors à avoir une autre règle de jugement pour apprécier la manière dont il doit se comporter dans ses sentiments , son travail et sa marche pour Dieu.
La même chose s'applique aussi à Israël.
Notre passage désigne comme armée et étoiles des cieux ceux qui tenaient, au milieu du peuple , cette position d'autorité responsable. Dieu les avait mis dans une place d'autorité. Car il fautse souvenir, en rapport avec Israël, que dans la pensée de Dieu , il est le peuple qui occupe sur la terre la première place. Il est la tête, et les Gentils sont la queue; Cela, je le sais, est une pensée nouvelle pour les personnes accoutumées à regardef les Juifs d'un air de pitié dédaigneuse, parce qu'elles n'en jugent que d'après leur dégradation présente. Mais pour bien juger des choses, il nous faut les envisager avec Dieu , les apprécier avec Meu , et Weu emploie ces fortes expi*essîons à l'égard êe persmmes placées dès jadis dans une position extérieure d^autorité parmi les Juifs. Quelques uns ont supposé que puisque des termes si rele^
îr^ par éuX'des^^hrôUeQs^ Mais dMs lé ^CMveraernept 4u monde, la première ^ai&eéatB Ja pensée 4e Dieu appartient à ferais ^ qui est «a nation. C'est là la veoatioti de ce peirple,, et 5 les dons et la vocation cbe Dieu sent asM^ i^epentançe. > latmais Die^ n'abandoimeMi là grande pensée qiài a appelé I$faël à t^ette 'posiy tion, ^t€'e$t d'après elksi qp'Israël est jugé» La ^ssa^ee de Baùylone n'e&t f^s ^eÀi^Qm {jugée 4wmcMa^^^ù<3ettevi9ione3taocordéeiDMièl ; elle nous présente un tableau de ce qui s'acoottiplira pour j^aël dans lesderni^sjmA^, avant que h puiss^noe qvÀ -ùwm^nii^ par BabylMe^ soit mise ^complètei»eiit tde isôté.
, Cette (petite-eorrie;»'<agpeAdît, i^tdrenvârga lirire partie de l'aiimée;, et des étoiles «des mm^^ iefe j^la. Mn *d'a^tres 4epme&^ ieUe.ii>m¥evsa ùnt^ feuns ^ouvenieuFS juifs qai se trouvaient ^nà eç'tte tplace 4e graôde autôrkéi» kË traita iavee b dernière cruauté, etles dé^adajgÉiHa&limf^ sèment. << ^êine die s'ii^PâiAéit ^3i|u'fiMi dmf ^^r^armée^, » -ee qui^ JejMppâ^e, veut i^ èé Seigneur toi-Hoême^ «^ Et le sacritiee eontiltùë}' Im^tMèr i(au^b0fdefï'ttriiéfe.)v«t le'domioilb^ astoi:4 4eAS(m saactuaii^e M jeté pltr «erpé* Ht m cçr'tai!n^i)fq)s.fde44Stfe8se) fut â:oniié:(dév^ c^rélé.) pofntjre ^ .gsiQFiÇea iQ^tuttiel , à<tm»se4ë Kif^U^élité. ^ ,£l^^uijlp]^i9gtee>v^M^4er^^
— M7 — En t['i«Are8 t»ot6 v 1^ ^t^ verset^ à para* Aetef hsamfite^ et la première moi*ié4u 1g^ forment une panesithèse; etpaôs, dans la deraiène.ptrtîe ûa yersèt 4^ neas IroavcHis de nouveau lagpetîte àOFBO dii T'^i^t rliG^q^i devait appiaTfiUre, Ot traiter erwW&suètà les Juif s , et ]dQS or ueHometit encore fleors gouvemeiirs. ^
Puis nous avens, xoaiiiie g'iexçirime le prscK ^(dièÉe, « ^n saint qui pariait , et un ftuUoe ^aintqui dssarttà quelqu'un qaipQdaat : Jds^e&i quand, 4Qreora cette vision tduehMt le sacrifice oontifinel^ettoiiolianttie càrimeqaiicauseJa ^ésolaiion, -pwit* livrer l'érrace Bt *e sanotoaipe ^à litre ^êfmr •léB? fit il une dit : Jusqo^à deu^faiite'^'et ttroi^ 'Oènte soirs <fft riDatias^ B^rèB iquoi le i^ondliHÉp^ (sëhapurifie. *» 5e 9oupQonoe'f(Nf)t^ (^^ général^ ftiîut ^e qmmoiig iilsons làt, sèufoe ^oi iMt pr^ •eÉnté 8«as forme id^ paventhè^e^it iMy^dans Je< fOfiséy ^n iceBsdpUfiSBiiieat partîei. Da»6*lej^*pitre XI, où les traits auxquels il :est .&^ s^i^ «im iai comme yssmatêmanl cette ipetite'ecflrjne: sont déomits pfais mimftiéosemeiit imoom, nma^ IriairTieEaÉs vm ^perMuiiage igoi , éam 'l]lrisMi#e pnofemeyfporteie JÎiom^fMflrtîo^^ ^
qui Alt paËticoiiàiieffiftait tim iméobàffi^ kmsnm. Sa (wMOTez âa;tes Jii7f)te^iâes1!tbefaaibëes {^i^ fMiiqnetmcrdsaf)^ paBipsavtiefd^l^ficittlfir^, ^to^t^ Mqgéamil^n^twisAKl^^happditàistdrlqàe, !4'cï(tx é^BDtfmeax^ doifiiiMfe^ latos Mvœqa'îte^paimi^ 1ia|DtèUHaloiBe4e^pw«jè|i^ mon^
temtiqubb^s^iiîm^às^ tdi^fi^ il^^^Mlii
contre Israël. Il entreprit d'imposer de force aux Juifs le culte païen, spécialement celui de Jupiter olympien, et il mit à mort tous ceux d'entre eux qui résistaient à ses dépeins! jusqu'à ce qu'à la fin, partie par les Romains et partie par la valeur et le courage des Machabées eux-mêmes, il fut contenu et défait , et que de nouveau le temple fut purifié et le culte juif restauré. Nul doute qu'il était historiquement le personi^j^e que désignait la petite corne ; mais on trouve en lui la même espèce de traits qui réapparaîtront dans un autre grand chef des derniers jours , ainsi que la dernière partie de ce chapitre le montrera clairement selon moi; car lorsque l'ange Gabriel parle au prophète, il lui ^t : « Fils d'homme, entends; car la visionest pour le temps de la fin » (vers, angl.) Parole qui, à mon avis , indique que ce qu'il va expliqua d'ime façon plus particulière, se rappwte à ee tmnps là.
Mais ceci me fournit l'occasion de répéter une remarque que j'ai déjà faite, savoir, que nous ne devons jamais supposer que les expU^ cfttiiMffô que l'Ecriture nous donne d'une vision ne noat qu'une simple répétiticm de ce qui a précédé. Mes font allusion ^u ps^sé , mais elles ^îoutent des traits nouveaux qui n'avaient pas été présentés avant* Cela est particulièrement manifeste dans le cas actuellement sous nos yenx« La partie de la vision déjà passée (ce qui 1^ été vu par le{Nrophète)ii été^ txk gimécid, aeooin-
plie; tandis que la portion explicative ajoute des informations nouvelles qui portent en avant sur les derniers jours. Néanmoins il y a, dans une certaine mesure , une explication de ce qui a précédé. Mais considérez comme les derniers jours sont fréquemment amenés devant, nous dans les explications de Fange. 11 dit : « Voici , je te ferai savoir ce qui arrivera à la fin de rindignation ; car il y a une assignation dél^^ minée. »> Il ne saurait y avoir d'incertitude , pour peu que les profdiètes nous soient familiers, sur ce qu'il faut étendre par là. Prenez le premier d'entre eux, j'y trouve cette mêmç expression: « l'indignation. » A la fia de Es. v, et ensuite dans les chapitres ne et x , ce mot « indignation » est souvent répété. Le prophète fait voir que , en oonséquaice de Fiâdâtrie d'b* raêl et surtout de ses rois, l'indignation de Dieu s^était soulevée conta^e son peuple. Il aivoie sur lui un châtiment. Mais , quel que soit d'abord l'eff^ du châtimenl , le mal éclate de nouveau avec une nouvelle furie , comme le mal f»t toujours , à moins qu'il ne soit ôté. C'est pourquoi le prophète prononce cette terrible parole : « Malgré toiU c^, il ne fera pdnt cesser st C(4ère ; maïs ita m»n s^ra encwe étendile. »^La colère de IHeu ne cessait points. Puis , chapîtrâ X » 23 , nous voyons qu'il anaooce que son inâi* gnation cessera^ Mais en qtioi priNfidra-t«eUe fin? (^passage met eotSf^ne un pm^sonnage nommé y Assyrien; et .œt. Assyrien était qucAqu'im fiiî
^mà^ éltMi ^r âemideiiéfiby (dernéèpement (roi â^ÂssyrJe. f i £ot:ld f»reinieF^t intervint pao- ItteuttèreipeiH da^g las affaires ^<lsrat9> mi pio^ tôt (]eJuda. Et ^e i^ns^nous iei 4 6oa mij«t^ â^ABByriea doit être ^oiployé connue Y«rge dp ^eal^ de Die«i ; maiii lomqiieiPieii aura adbeyjp .toute sen miwe^sw la inoatagae 4e Sioii ^ de iémsatem, k)in^i]smm,four^ainsi4it«, toissi^ -sm indiigàa<)iim ise immiiiier entièmment, die .paimNira fin ôansladeetitrotmi deJ'As^rieiiiiii'i»âûie , f)»cce ^ti auraiOulilié «qd^ai^étsjit i^n)- ^plc«i»it4ir^af)e^iergef(iâins40s inâ(ns4u^^0»r. jimourrii^itla pens:éi^ ^^Q agissait par sa pro- ^& sagesse ^ par^aprdpn^ putesance ^ ^t^'$elj^ieuridQoiâf^ iqu^ ^loedopeca cte ia vôii^ «Ue>- 3t»sine iqt 4U'iida^^i^tiira'; >au8âi ee Jttêmss ^dsiafànea[)t»ué nioaiât%r^«4l#iEtdi^alto ^ SeigriMr «wàd»t dânsifid diefitnuetîon.
Cirtte îndigaatioi»fia<Se^eup se rappcrteiini^
«ièa uemfiiiBô 4»^^ (|o^ ^ didaisiiHifiaipai^aift, ^ cpie^ «wstwmian^isur Jim<te»ffiin4uif* fi}le>n-a point *raît [àiece >que^^peu»v0rttifti|[ie 4és^tpape»^ou 4e& hnmdiiiani^ ; m aux pi^sigi^ de Kiapôstai^e otâêuth laleâ^ ^tdobiiieiptad^e. BHe'iC0ti@ÊrÉ9 Israël , elle s^4a aâi^èi'eiîiiâî^timiéi^O tmÊ&% is»^^».
Mi&l^ou d^niâÏKibim fest^^étf^ftoâ^oi^e ^qm tflèihe<«mpV€^'^eslipa^ itHF^^ rliisoft
en test 4}lie c[ut»ft«^tuloini^ •fflf^MB^ 4^^^ tp$p(^rai«^ wms^n «^31^^
■^ 2H — néaWtoote^ conHttue d'exister, parce qtie c'èst\ ffti troisième empire , et non pas du quatrième, que déviait surgir la puissance qui joue dans les damiers jours un rôle si important. De sorte (fûe nous devons noua souvenir que ïa petite cornfe du chapitre vni est nne puissance entiél'èitoent distincte de la petite corne du chapitre tft. Celle du chapitre vh est le dernier chcîf ôe Tempire romain. Elle s'âève du quatrième dnipii^e pendant qu'il est divisé en dix royaumes , tandis que celte puissance-ci s'élève du troisième etnpîre , et pendant qu'il y existait un état de division enquiatre parties — non en dix. — Rien ne peut être plus distinct. Quoique la grande domiimtton du monde ail passé du troisième empire iret quatrième , et quoique nous ayons en Sennatôhérib le représentant du troisième empire, aéawmoins il y aura aussi dans les derniers jOw^ un héritier du troisième empire qui s*immiàcera-dans les affaires d'Israël d'une façon; imrticulière. De même qu'il y aura un grand chef ^Occident, de même îl y en aura un aussi en Orieïit, qui surgt^ade Tempire Grec. Il ne faut pas oublier, en effet, que tout en étant Tempire (irec, il était TGccident, refetivemenl à Baby- )ône et à la Palestine , et FOrienï, par rapporta IWttie. Pus tard, nous en apprendrons davantîige êiff cette petite corne. ^
Le verset 20 fait connaître que le bélier â deux ebrnes représente les rois des Mèdes et des Per- Sefe, et teVôrsct Slî que « te bOuc vcltï, c^e^lte roi
de Javan (la Grèce) , et la grande corne qui est entre ses yeux, c'est le premier roi, » Puis, au verset 22, l'empire Grec est brisé, et le verset 23 ajoute : « Et vers la fmde leur règne , quand le nombre des perfides sera accompli, il s'élèvera un roi fourbe et d'un esprit pénétrant* »• Ceci , à mon avis , ne se rapporte pas à Antiochus Ëpiphane, mais bien à celui dont Antiochus était le type. Remarquez encore les termes: «Et vers la fin de leur règne, quand le nombre des perfides sera accompli. » « Et sa puissance s'accroîtra, mais non point par sa force. >» Parole remarquable, qui n'est point dite du tout de la petite corne du chapitre vu. Pour celte dernière, c'était, je pense, par sa propre force. Satan pouvait aussi lui donner le pouvoir, mais elle portait dans sa propre personne la force de l'empire romain. Mais, dans le cas qui nous occupe,, quoique la puissance de ce chef soit grande, ce ne sera point par sa force. Il s'appuie sur la force qui lui est donnée par d'autres. Il sera l'instrument d'une politique et d'une puissance étrangères, et non d'une politique et d'une puissance qui soient siennes. « Et il fera des merveilleux dégâts et prospérera, et fera de grands exploits, et il détruira les puissants et le peuple des saints. >► C'est-à-dire, qu'il est fait mention de lui principalement, et d'une manière ej^presse, en connexion avec les Juifs en tant que faisant îin peuple. Il ne s'agit pas id des; saints du Souverain. Là où celte dernière expression eat
employée , ce n*est pas simplement pom^ désigner, d'une manière figurée, les hommes élevés du peuple juif; mais ici il s'agit d'eux , comme en contraste avec les Gentils. Il n'y a rien là absolument qui ait trait à leur caractère personnel ; ce sujet reste tout à fait en dejjors de notre chapitre»
Il entrera en rapport avec eux, et détruira les puissants et le peuple des saints. « et par la subtilité de son esprit , il fera prospérer la fraude en sa main, et il s'élèvera en son cœur, et en perdra plusieurs par la prospérité. >» C'est-àdire qu'il tirera parti pour la réussite de ses desseins, de leur état de bien-être , et du fait qu'ils ne sont pas préparés à ses empiétements. « Il résistera contre le Seigneur des seigneurs, mais il sera brisé sans main. » Il sera entièrement sans appui dans ce dernier combat. Il est dit dans un autre passage (Dan. xi, 45), « Il viendra à sa fm et personne ne lui donnera du secours. ».
Mon désir serait maintenant de renvoyer à des passages qui feront ressortir l'importance de ce sujet plus clairement que si nous le couderions simplement comme il se trouve présenté en Dan. vni. Y a-t-il, en effet, dans l'Ecriture d'autres passages qui jqttent du jour sur la nature de ce personnage et sur ce qu'il fera? Je réponds: Oui, il y en a. Ce personnage est le même que celui dont il est fait mention en diverses parties de la parole de Dieu, comme
— 2H — l^Assyricn, ou le roi du Nord r c^èst ceM cptr, dans l'es derniers jouré, serà^ lé grand enneraii des Juifs. En ce temps 13, tesJuife seront ex^posés à deux sortes dematix : un raal'ihierieur, cfens Iteur propre parys, tin antiehristj^s'éfabHssîttil^feomnie dieu d^ns le temple de Bieu ; et un mal venant sur eux du dehors, te roî dont nous parlons nrraintenant. îl s'avanc^e contre euxcoiimie unr ennemi , et il est aussi doué d'une gmnde stArtillté d'esprit. Ce n*cst pas simplement la puissance guerrière qui le distingua, on unahr martial et farouche, mais il a rinteftigence des sentences obscures. ÏI se présentera comme un grand et profond dodeim, c6 qut ne saurarîl manquer tf avoir beaucoup d'influence sur l'esprit des Juifs, car ils ont toujours été un peuple adonné aux recherches et aux spéculations inhdlectueHes de toutes sortes. Dans ces derniers temps, la phipart d'entre eux ont été trop occwpés à gagner de l'argent pour donner nne grande attention à ces choses; mais il y a toujours eu dans h nation juive des représentants de \k classe vouée aux travaux de l'inteffigeneè. Sur des îïommes semblables, rinflùenee de ce roi sera immense, quand ils seront de nouveau rélablfa dans leur pays ^t qu'ils seront redevenus imjiortants et les objets des voies de Dieu paï* rapport au jugement. l'indignation n^aura pas encore pris fin.' ^ ' '
■ Voici de quelle mûnièfe ces deux manx tourmenteront les Juifs:; t^àntîcliristV ou Ite rdi qui
fera selon- sa YX)k)nté^ prendra dans le ^pays d'Israël la place du vjroi Messie. Car il est bien évident qne s'il, sepcésente comme le Messie., ce doit êtne^w imlie,u du pe^uple juif et dwsle pays des Juifs; tendis quelle personnage de ce cixapitre-ci est quelqu'un qui s'oppose à eipf comme un ennemi déclaré* Je le regarde comme «tant le roi ai^quel il. est fait allusion par Iqs autres prophètes comme roi du Nord.
Je voudrai^ maintpnpnt citer quelques \»»
de ces .passages. ; . . .
L'Assyrien ♦et l'Antichrisl sont des puissances entièreiîient distinctes et opposées. L'Assyrien sera l'e^înemi de l'Anticbrist : Tim sera, au dedans, essentiellement Thomme qui s'élève, et l'autre serajg chef des ennemis au dehors. G'est en JEsaïex que se ^^oiiive la première indication claire qve les prpphètesrnous donnent relativement à cet ennemi : « Mais il arrivçraque^iuandlp Seigneur aura.adjevé toute son œuvre dans l^i montagne,, de $ion et à. Jérusalem,. j'^xaminerîji Je fruit de lx\ grandeur du .roi d'AssyriQ, fii.h ^gloire.de la fierté 4e ^es ycw. « Si on, me ,dit que les Assyriens ont complètement disparu., et ,que! cette nation a cessé d'exister , je réponds . en demandant si Je Seigneur a achevé toute-^op o^uvfQdpns Ut montagne de Sion et à Jèrusalcii. Et il faut bien dire que certainement il ne l'a p^s achevée. Par conséquent, ce n'en est pas complètement ifini av^c l'Assyrien. Xe Seigneur m^ppvend ici que lorsqu'il aura achevé toute
— 2U — son œuvre , il examinera le fruit de la grandeur du cœur du roi d'Assyrie, Mais , objecte-t*on encore, lés Juifs oe sont pas dans leur pays, et Jérusalem est encore foulée par les Gentilis. Je le sais ; mais cela prouve-t-il que les Juift ne doivent pas se retrouver encore dans leur pays , et que Jérusalem ne doit pas être délivrée de l'esclavage dans lequel les Gentils la tiennent? Lorsque la puissance de Dieu rassemblera les Juifs dans leur pays , la même puissan»:e suscitera celui qui doit être le représentant de l'Assyrien dans les derniers jours. Et comme l'Assyrien fut le premier grand ennemi d'Israël , il est aussi son principal ennemi à la fm. Il montera pour subir son jugement quand le Seigneur aura achevé toute son œuvre en Sion et à Jérusalem. Il ne l'a pas achevée toute ; il en a achevé une partie , mais son indignation contre Israël continue encore. Voilà pourquoi les Juifs ne sont point dans leur pays. Même lorsqu'ils y seront retournés , l'indignation continuera ardente encore. Leur retour s'effectuera dans leur état d'incrédulité, et c'est alors que viendra cette crise solennelle, que Dieu rassemblera les dispersés qui restent et les placera dans leur pays, et que l'Assyrien sera jugé. Il y a un certain grand personnage.dont l'Assyrien était le type dans le passé; ce personnage reparaîtra aux derniers jours, et l'Ecriture en parle comme étant ce roi d'Assyrie. Il gouvernera dans la contrée même où cette petite corne a
exercé son pouvoir — la Turquie d'Asie, Je n'ai pas la prétention de dire si le Sultan sera alors le possesseur de ce pays ; mais, quel qu'en soit le possesseur , c'est lui que les prophètes désignent comme le roi du Nord. Il descendra vers le pays de noblesse, et attaquera les Juifs; mais ensuite il sera brisé. Il viendra à sa fin, et personne ne lui donnera du secours.
Voyons encore Es* xiv. Ce qui rend ce passage remarquable , c'est que le commencement de ce chapitre parle du roi de Babylone (vers. 4) : « Tu te moqueras ainsi du roi de Babylone et tu diras : Comment se repose l'exacteur? Comment se repose celle qui était si avide de richesses ? » Le roi de Babylone ne représente point l'Assyrien. Babylone et l'Assyrie étaient deux puissances distinctes. Babylone n'était qu'une petite province lorsque l'Assyrie était un grand empire, et lorsque l'empire assyrien était en ruines, Babylone était une chose entièrement nouvelle, comme puissance impériale.
Le chapitre x!v d'Esaïe s'ouvre en déclarant que « l'Eternel aura pitié de Jacob, et élira encore Israël, et les rétablira dans leur terre; et les étrangers se joindront à eux et s'attacheront à la maison de Jacob. Et les peuples les prendront, et les mèneront en leur lieu, etc. » — montrant le vif intérêt que Dieu inspirera en leur faveur aux peuples du monde qui les ramèneront en leur lieu. « Et la maison d'Israël les possédera (ces peuples) en droit d'héritage sur la
tp«re ide TEterael , ^îomine des ^rv|t^urs et:4^ savantes. «Les Gentils, au li^ d'être ipaîtr^g, fi;eront heureux en ce» jows lad'jêtr^servitwrs/ « .Et ils tiendriont .captifs; ceux gyi les 9,v^iei}t t^i^us captife, et ils dominqirMt^ur leyrs «exsPte^r^. Et il arrivera (ju'w Jour /jue rEjt<?rin^ï ftiirfi fait cesser ton travail... ••, lu te ïnoqucM[;ais^ îjiinsi du roi de Babylone , et tu diras : CQïnOft^nt se ijepiose Texactenr? comment se repjtjso ic/elle fpi était si avide de richesses ? t'Etevwel a roijaptt le bâton des méchants «^ la verge de3 domiïiateui^. >» Evidemment, cas choses »n'ont jamais encore été acx^mplies. Personne, ayant qudque comiaiss?ince de rEcriture, ne peut supposer que jamais, depnis Tépoque de la suprématie de ^Jtobylone, Israël ait été en position de tenir un langage tel que,celui-là. « Les temps degÇsentils » ont commencé avec rétablissemi^pt do la puissance de Babylone sur les Juifs, et jusqu'à ce jour Jérusalem est foulée .par les Genâjte : puissance après puissance ont pris tour à. tour possession, de la cité. Or,' dans les derniers jours dont il est question ,. nous : voyons les Juifs se, soumettre les Gentils, et en faire leurs serviteurs. Et c'est lorsque ce temps sera arrivé, et non pas avant , qu'ils diront : «< Comment se repose l'exacteur? etc. » Et c'est au roi.de Babylone qu'a tirait cet élan de la prophétie , à celui dont Nébucadnetsar était le type, au dernier possesseur de cette même puissance qu^ commença avec Babylone. Ce personnage, qui
est-ce ? C'est la bête — le dernier héritier de la puissance qui commença par le rdi de Babylone, et dont la destruction provoque les transports de joie et les chants de triomphe d'IsraëK Quand le roi de Babylone obtint cette puissance, où était ^Assyrien? Disparu, brisé. Le roi de Babylone, qui avait été auparavant une petite puissance, s'éleva sur les ruines de TAssyrien. Mais voyez dans ce chapitre , au verset 24 :
« L'Etepnel des armées a juré, en disant : S'il n'est fait ainsi que je l'ai pensé , même comme je l'ai arrêté dans mon conseil, il tiendra; c'est que je froisserai le roi d'Assyriedans ma terre; je le foulerai sur mes montagnes , et son joug sera ôté de dessus eux , et son fardeau sera ôté de dessus leurs épaules. C'est là le dessein qui a été arrêté contre toute la terre. » Ce passage n'établit-il pas aussi avec évidence que lorsque viendra le jour de son rétablissement, non-seulement Israël triomphera du sort du roi de Babylone, mais aussi que l'Eternel renversera l'Assyrien? Cela ne saurait se rapporter simplement à l'Assyrien del'hisloire. Hélait passé déjà quand Babylone parvint au pouvoir; de sorte que ce ne peut être qu'un type d'une puissance encore à venir. Le dernier jour verra deux grandes puissances en scène — la bête , représentée par le roi de Babyloïie, qui, en ce temps là, sera l'ennemi des Juifs sincères , tout en se donnant comme l'ami de la nation , c'est-à-dire de la masse impie; et l'Assyrien qui, au contiaire,
sera le chef de la coalition ouvertement hostfle 4és Gentils contre Israël.
D'autres passages prouvent ce que nous (Useras. En Es. xx\y nous retrouvons ces deusL ooemes puissances, (vers. 27 ) : «^ Voici, le no© de VEternd vient de loin, sa oolèfe est afdenle.... Et f Etemel fera entendre sa voix pleine de majeisté, et il fera voir rà aura frappé son bras dans f indignation de sa colère.*.. Car TAssyrien, qui frappait du bâton (allusion évidente au fak qu'il était, entre lesinainsderEtemd^uninstrum^t pour châtier son peuple, comme en Es. x, 5>,«^ra effrayé par la voix de TEternel. Et partout où passera le bâton enfoncé dont TEterud l'aura asséné, et par lequel il aura combattu dans les batailles à bras élevé , on y entendra des tambours et des harpes, carfophet est déjà pré- |»arée, et elle est préparée aussi pour le rd: il Ta laite profonde et large; son bûcher, c'est du feu et force bois; lesouffle derÉtemel, l'allumant comme un torrent de souffre, » expression destinée à faire voir qu'il ne s'agit pas simplement d'un jugement borné à la terre , mais de quelque chose d'une portée jdus profcMide. Tophet, oul'Abime, lest préparée dès jadis {v^s. angL) « Aussi p(mr le foi, est le vrai sens du membre de phrase qui suit : Ce Tophet n'est pas pour l'Assyrien seulement, il est au^i pourrie roi. Il est fait allusion ici, de même qu'au chapitre xiv, à deux personnages distincts. « Le roi sera dans le pays d'Israël; il y sera sous les auspices del'hé-
liâerâe la puissance de Babylone t^ces jmru là; il y sera en prétendant être le vrai Messie* Tophet est préparée pour lui — mais elle Test ussi pour l'Assyrien. Ils seront tous les deux livrés à Tophet# Il serait superflu de citer tous tes passages qui les concernent; mais on trouvera dans Esaïe et en d'autres prophètes beauscoupde choses extrêmement intéressantes, relativement à celui que Tflcriture signale par cette expression « le roi. »
Mais il est si loin d'être vrai que Tantichrist, ou « le roi, • soil le personnage qui occupe le plus la pensée de Dieu, qu'il est bien davantage <|uestion de l'Assyrien dans les prophètes. En général , les chrétiens ne se doutent pas de ta vaste étendue de la prophétie. Ils s'occupent à peine de l'une des puissances les plus importantes qu'elle nows offre. Lisez les petits prophètes, Michée v, par exemple; vous y trouverez une allusion tout à fait manifeste à la même puissance. Le chapitre débute par un appel:
« Maintenant assemblez-toi par troupes , fille de troupes; on a mis le siège contre nous; on frappera le gouverneur d'Israël avec la verge sur )a joue. » Là est annoncée la rejection du Mes^e. Puis, le verset 2 egt une parenthèse qui nous fait voir quel était ce gouverneur d'Israël: « Mais toi , Bethléem Ephrata , petite pour être entre les milliers de Juda, de toi me sortira quelqu%in pour être dominateur en Israîfl. » On peut le frapper sur la joue; mais, s^rèstout,
non-seulement il doit être dominateur en Israël, jnais il est le Dieu éternel , et « ses issues sont d'ancienneté, dès les jours étemels. » Ensuite le prophète reprend, en connexion avec le verset 4 : « C'est pourquoi il les Jivrera jusqu'au temps que celle qui est en travail d'enfant aura enfanté, » c'est-à-dire jusqu'à ce que le grand dessein de Dieu s'accomplisse au sujet de son peuple. « Et le reste de ses frères retournera avec les enfants d'Israël. Et il se maintiendra,
et gouvernera par la force de l'Eternel Et
c'est lui qui fera la paix , après que l'Assyrien sera entré dans notre pays. » Remarquez cette parole — « après que T Assyrien sera entré , et qu'il aura mis le pied dans nos palais. » Chose qui n'a jamais eu encore son accomplissement. Lorsque jadis l'Assyrien entra dans le pays, il est évident que le gouverneur d'Israël ne s'y •trouvait pas. En ce temps là, Israël n'avait pas été livré, mais l'Assyrien de cette époque n'était que le type du grand héritier du même nom et de la même puissance des derniers jours. Et alors le gouverneur d'Israël sera là en faveur de son peuple, Le gouverneur qui, autrefois, a été frappé sur la joue, sera reçu par son peuple, lorsque les grands desseins de Dieu seront accomplis. « C'est lui qui fera la" paix, après que l'Assyrien sera entré dans notre pays. >» Ensuite, verset 6, nous lisons : « Et il nous délivrera des Assyriens, quand ils seï*ont entrés dans notre pays , et qu'ils auront mis le pied
— ^23 — dans nos quartiers. Et le reste dé Jacob sera au milieu de plusieurs peuples comme une rosée qui vient de rEternel.... Aussi le reste de Jacob sera parmi les Gentils, au milieu de plusieurs peuples,. comme un lion parmi les bêtes des forêts , et comme un lionceau parmi des troupeaux de brebis , lequel y passant foule et déchire , sans que personne en puisse rien garantir. >» De sorte qu'il est de toute clarté que nous avons là l'invasion do l'Assyrien avec sa destruction finale en rapport avec la délivrance finale d'Israël.
J'ai tâché de faire voir que, quoique Antiochus Epiphane fût un type de l'Assyrien que nous avons ici, ce notait néanmoins après tout que pour une Wen petite partie qu'il satisfaisait aux exigences de la prophétie, qui , tout en se servant de*lui comme d'un type , porte toujours ses regards en avant sur les derniers jours de l'indignation de Dieu contre Israël , où l'Assyrien montera pour recevoir son jugement de la main même de Dieu. Il importe extrêmement d'avoir des vues justes et claires sur ces grands desseins de Dieu à l'égard dlsraël et de voir que les épisodes de la papauté ou du mahométisme dont l'homme est tant occupé, ne sont touchés dans l'Ecriture que d'une façon très-légère. Je reconnais que, dans l'une comme dans l'autre, se trouve une certaine mesure d'accomplissement de la prophétie; mais Dieu ne permet jamais à l'Eglise d'être un peuple terrestre. Cest quand
les hàts reparaitroiit sur la scène > qijtôs'iau^conxplira, dans toute sa portée réelle , ce qui Im eonc^tie , que cet Assyrien viendra du dehors^ en même temps qu'il y aura « le roi » au dedans ; et ils seront Tun et Tautre les objets des juge* ments dé Dieu. Dieu les abattra Ums les deuit^ et son peuple, purifié par ses épreuves et regardant à Jéhovah- Jésus , sera ainsi rendu propre aux dessdnsde Dieu , en miséricorde , en bonté et en gloire, dans toute la durée du monde & venir.
Que le Seigneur nous donne de connaître ses desseins quant à nous ! Nous n'avons rien à faire avec ce monde ; nous y sommes éfarangers. Nous avons le droit de lire toutes €es visions, toutes ces prophéties, à la lumière du ciel. Il n'est pwA dît qu'dl^ ne furent pas comprises de Daniel ; les atitf res ne les comprirent point. «Mails qu^ qu'ait été le cas pour eux, nous sommes mis en état par le Saint-Esprit de les comprradre maintenant. Que le Seigneur nous donne d'être bien au dair «ur ce qu'il met devant nous quant i notre propre mardis !
CHAPrrRE IX».
Dans les prophétiea d^Esaïe , aussi bien que dans celles de Jérânie, la chute de Babyloi^ se ratttichait pour les Juifs à de plus briUantes espé^
rances. La restauration partielle qui suivît pour eux cette chute est le type de la récolte finale d'Israël. €ela explique la pensée (pii a prévak» ( jiez beaucoup de chrétiens ^ que le rétablisse'* ment partiel qui s'ac<3ompiit alors ccmslitue tout ce que nous devons attendre en feveur d'Israël comme tel , et que le péché dont il s'est rendu cmipahle plus tard en rejetant son Messie , et la miséricorde par laquelle l'Evangile a été acewdé aux Gentils , l'ont entraîné sous le rapport natioi]fêil dans une irréparable ruine*
Quoiqu'il y ail lî:\mcoup do vrai dans une telle paf^e y elle est cciles bien loin d'être toute la vérité* Dieu n'abandonne point le peuple qu'il a appdé. Jamais il n'accoixle un don de grâce pour le retirer ensuite mtiérement , car la même grâce qui a fait la promesse agit et opère dans la personne et k cœur du croyant , jusqu'à ee (pi'elle ait son i^n effet moral par l'efficace du Saint-Esprit Ainsi , ea même temps que la gr&ce^ par laquelle il appelle soit un individu , soit un peuple > il y a eil Dieu aussi la fidélité, la pati^ce, et la puissance efficace qui, à lafm, triomphent toujours.
L'histoire du passé n'^t, sans aucun doute ^ qu'une chute totale. La raison en est qulsracl choisit pour base de sa position vis-à-vis de Dieu sa propre force , et non la bonté de Dieu à son égard. Agir de la sorte, c'est pour uu temps, toujours et nécessairement, une chose fa* tale«i « Cette génération ne passera pas que toutes
ces choses ne soient arrivées. » En d'autres' termes, toutes les menaces qui ont été faites et prédites doivent racore arrivera la génération dlsraël qui a présumé de sa propre justice , et qui, en définitive, a montré son vrai caractère en rejetant Christ et FEvangile. Un sentiment réel de ruine morale y ou autrement la repentance envers Dieu, accompagne toujours la foi vivante véritable. Israël a passé par cette phase de la confiance en soi-même, ou plutôt il y est encore. « Cette génération » n'a pas encore passé ; toutes choses ne sont pas encore accomplies ; les Juifs n'ont pas encore subi toutes les conséquences deleurfdie et de leur haine pour le Fils de Dieu. Ils ont encore à recevoir, le châtiment le plus rigoureux, car bien que le passé ait été passablement amer , l'avenir leur réserve des choses bien plus terribles encore. Mais lorsque tout aura été accompli, ils commenceront la scène nouvelle; ce ne sera plus la continuation de la génération qui a rejeté Christ , mais ce que l'Ecriture appelle « la génétion à venir, » une nouvelle lignée du même Israël j des gens qui seront les enfants d'Abraham par la foi en Christ- Jésus — enfants d'Abraham non pas en paroles seulement , mais par la par* ticipatiôn à la même foi , au même esprit. Alors ce sera l'histoire, non pas de la chute, des manquements de l'homme, mais d'un peuple que l'Eternçl bénit dans sa grâce, quand ils reconnaîtront , avec allégresse ce même Sauveur
que leurs pères avaient crucifié et tué de leurs mains criminelles.
Ce chapitre s'occupe spécialement de Jérusalem et des Juifs. Il forme dans Thistoire générale de Daniel une espèce d'épisode , mais qui n'est nullement sans liens avec le reste; car, comme nous le verrons, les dernières scènes de l'histoire d'Israël le rattachent particulièrement à ces personnages qui doivent encore figurer contre Dieu et contre son peuple, ainsi que nous l'avons lu dans les chapitres qui précèdent. Pour quiconque lit ce chapitre-ci avec intelligence , ce doit être évident que le sujet principal en est la destinée de Jérusalem, et la place future du peuple de Dieu. Or , cela intéressait profondément Daniel. Il aimait Israël, non pas seulement parce que c'était son peuple ; mais parce que c'était le peuple de Dieu. Il ressemble à Moïse en ceci — que même lorsque l'état moral du peuple empêchait que Dieu parlât de lui comme son peuple (Il pouvait s'occuper de lui dans les voies secrètes de sa providence , mais je parle ici du faitide le reconnaître publiquement) , Daniel continue toujours de mettre en avant, dans sa requête au Seigneur; qu'Israël est son peuple. Il n'abandonne jamais cette vérité que Jérusalem était la cité de Dieu, et qu'Israël était son peuple. L'ange pouvait bien dire : le peuple et la cité de Daniel — c'était parfaitement vrai ; mais Daniel tient toujours à cette vérité précieuse que
la foi ne doit lâcher jamais —quels qu'ils soient^
isscmt le peuple de Dieu. Mais pour cette raison même, ils peuvent être châtiés de plus eu ph» rudement, parce que rien n'amène davantage le châtiment sur une âme qui appartient à Dieu et qui est tombée dans le péché que le fait qu'elle appartient à Dieu. Il ne s'agit pas simplement de ce qui est bon pour l'^fant. Dieu agit pour loi-même, et d'après lui-même ; et c'est là le vrai pivot de toute notre bénédiction. Que gagnerions-nous à ce que IHeu travaiHât simplement pour notre gloire ? Mais ce que rwm avons devant nous comme sujet de nous glorifier, c'est Tespérance delà gloire de IHeu. Nous, avons quelque chose d'^autant meilleur , parce que ce sera Dieu nous bénissant d'une Hfiamère digne de lui-même.
Daniel entrait fortement dans cette pensée- C'est le trait saillant de la foi ; car jamais la foi n'envisage misérablement une chose en rappwt avec le monde, mais elle Tenvisage en rapport avec Dieu. Il en est toujours ainsi. S'il s'agit de la paix , est-ce simplement que fai hesùin de paix? Sans doute que j'en ai besœn,. comme un pauvre pécheur qui ai été toute ma vie en guerre avec Dieu. Mais combien c'est infiniment plus béni encore, lorsque nous arrivons à voir que c'est « la paix avec Dieu ; * non pas simplement avec notre cœur ou avec^ notre conscience, mais la paix avec Dieu l C'est une paix qui lient en sa présence. Il manifeste sort caractère^ tout ce qu'il est„ en nnt
la donnant et en Féteblissant sur une base telle qne Satan ne pourra jamais y toucher. Il s^agît de me délivrer, de briser la dureté même du péché; et rien n'est aussi efficace pour cela que le fait que Dieu est venu au devant de moi lorsque je ne méritais que la mort et le jugement éternel , et qu'il a sacrifié son fils bien-aîmé pour me donner une paix digne de lui-même. Et il a fait cela ; il a donné . cette paix , et toute la pratique chrétienne découle de Tassurance que j'ai trouvé cette bénédiction en Christ.
Nous trouvons donc ici Daniel prenant un profond intérêt à Israël , parce qu'il était le peuple de Dieu. En conséquence, il recherche dans la parole de IHeu ce qu'il a révélé concernant son peuple. Cela se passait « en la première année " de Darius, filsd'Assuérus, de la race des Mèdes. «^ Ce n'était point une communication nouvelle:
•« La première année de son règne, moi, Daniel, ayant entendu par les livres qiie le nombre des^ années duquel l'Eternel avait parié au prophète Jérémic pour finir le^ désolations de Jérusalem était de soixante-dix ans. »
Outre qu'il était prophète, Daniel comprit qu'Israël devait être restauré dans sa terre, avant que la chose eût lieu. 11 n'attendit pas qu'elle fût accomplie pour dire alors tout simplement : La prophétie est accomplie; mais il comprit « par les livres, » non point par les circonstances. Sans doute , il y avait les circonstances dans la chutede Babylone; mais il comprit d'après
ce que Dieu avait dit, et non pas simplement d'après ce que l'homme avait fait. C'est là la véritable manière de comprendre la prophétie. Et n'est-il pas remarquable que Dieu nous donne la vraie clé pour son intelligence , au moment où nous allons aborder une prophétie bien distincte, limitée presque exclusivement à l'étroite sphère d'Israël? Daniel étudiait Je prophète Jérémie; et il y vit clairement que, une fois Babylone détruite, il serait permis à Israël de retourner. Et quel effet cela produisit-il sur son âme? 11 s'approche de Dieu. Il ne va pas vers ceux que la prophétie touchait de si près leur dire les bonnes nouvelles; mais il s'approche de Dieu. C'est là un autre caractère de la foi ; elle tend toujours à tirer en la présence de Dieu celui qui, par elle, comprendra pensée de Dieu en quoi que ce soit. Il a communion avec Dieu au sujet de %e qu'il reçoit de Dieu , avant même de le faire connaître à ceux qui sont les objets de la bénédiction. Nous avons vu cela auparavant en Daniel, au chapitre ii. lei, nous pouvons le remarquer , ce n'est point avec des actions de grâces qu'il s'adresse au Seigneur , mais avec des confessions. Nous comprendrions facilement que si le peuple d'Israël allait en captivité juste à ce moment, il dût ressentir cela comme un profond châtiment, et voulût s'approcher de Dieu pour reconnaître son péché et s'humilier sous la verge. Mais maintenant Dieu avait jugé l'oppresseur d'Israël , et il était sur le point de
délivrer son peuple. Néanmoins Danid s'approche, et que dit-il? Ce n'est pas simplement de la délivrance du peuple qu'il parle à Dieu ; c'est une prière pleine de confession. Je désirerais, sur cela, présenter une remarque générale. Si l'étude de la prophétie ne nous donne pas un sentiment plus profond delà chute du peuple de Dieu sur la terre , je suis persuadé que nous perdons l'un des effets pratiques les plus importants que doit avoir. son usage. C'est à l'absence de ce sentiment qu'il faut attribuer le peu de fruit que l'on tire en général de cette étude. On en fait une affaire de dates et de pays , de papes et de rois ; tandis que Dieu ne la donne point en vue d'exercer l'esprit et l'imagination de son peuple, mais pour qu'elle soit l'expression de sa propre pensée quant à sa condition morale ; de sorte que quels que soient les jugements et les épreuves qu'elle nous retrace, ils devraient être saisis par le cœur et compris comme étant la main de Dieu sur son peuple à cause de ses péchés.
Tel fut l'effet qu'elle produisit sur Daniel. Il était l'un des prophètes les plus estimés— selon ce que disait le Seigneur Jésus lui-même « Daniel le prophète; >» et leffet sur lui fut qu'il ne perdit jamais la portée morale des cii^constances les plus simples de la prophétie. Il discernait le grand but de Dieu ; il entendait sa voix s'adressant dans toutes ces communications au coeur de son peuple : et ici il répand tout devant Dieu. Comme
il avait appris que la délivrance d'Israël aurait Ken à Toccasion de la chute de Babylone, il loorrie sa face vers le Seigneur Dieu, «^ cherchant à faire requête et supplication avec le jeûne, le sac et la cendre. Et Je priai FElemel, mon Dieu; je lui fis ma confession, et je dis : Hélas'! Sdgneur, le Dieu fort, le grand, le terrible, qui gardes ralliànce et la miséricorde à ceux qui t'aiment et qui gardent tés commandements; nous avons péché; nous avons commis l'iniquité; nous avons agi méchamment, etc. » Je voudrais faire ici une autre r^narque, S^il se trouvait qùelqu^m dans Babylone à l'égard duquel sa conduite et Tétat de son âme dussent faire supposer qu'il n'avait pas de confession de péché à faire , certainement c>>tait Daniel. (Tétait un homme saint et dévoué. Plus que cela : il avait été transporté de Jérusalem à un âge si tendre que ce n'élait évidemment pas pour quelque chose â laquelle il aurait pris part que te coup terrible était tombé. Mais il n'en dit pas moins t « Nous avons péché, nous avons commis Fîniquité. » Bien plus , j'ose dire que plus vous êtes séparés du mal , plus vivement vous te sentez t précisément, comme une personne qui, arrivée à la lumière, s'aperçoit d'autant phi» des ténèbres qu'elle vient de quitter. C'est ainsi que Daniel , dont l'âme était avec Dieu , et qui entrait dans.les pensées de Dieu à l'égard de son peupte en corinaissant le grand amour de Dieu, ' et voyant ce que Dieu avait fait à l'égard dis-
raëî (car dans sa prière il n'oublie point cela) ^ ne considère pas simplement les grandes diosesqne Dieu avait opérées pour le peuple, maii* fl arrête aussi son attention sur les jugements qull lui avait infligés. Mais a-t-il pour cela dans sa pensée que Dieu n'aime pas Israël? Bien au contraire , personne n'avait un sentiment phis profond du lien d'affection qui existait entre Dieu et son peuple; et c*est pour cette raison q\fi\ jugeait si bien et si profondément de Tétat de ruine où se trouvait le peuple de Dieu. I! en mesurait le péché parla profondeur de Tamour de Dieu , et par la dégradation terrible dans laquelle il le voyait. Tout cela provenait de Dieu. Daniel iï'imputaît pas à la méchanceté des Babyloniens , ou au génie guerrier de Nébucadnetsar^ les jugements qui avaient frappé les Juifs ; c'est Dieu qull voyait dans ces choses. Il reconnaît que la cause en est dans leur péché, dans leur iniquité extrême, et il attribue tout à cela. Dans sa prière, cène sont pas les petits imputant aux grands leurs malheurs, ou les grands aux^etits,. comme il aorrive sotivent parmi les hommes ; il n'aDègtfe pas simplement Tignorance et la mé-; ehancetê de quelques uns y maïs il les renferme tous dans sa confession — rots^ sacrificateurs et peuple. lï n'y en avait pas un qui ne fût coupable. « Neus avons péché, nous avons commis Fîlriquité. » Et c^est là un autre effet de l'étude de la prophétie quand elle est faite avec Dieu. EHe introduit toujours l'espérance que Dieu est
en faveur de son peuple, l'espérance relative au jour brillant et béni où le mal disparaîtra et où le bien sera établi par la puissance divine. Daniel se garde de l'oublier ; il met cette précieuse espérance comme une sorte de frontispice à ce chapitre. Les détails des soixante-dix semaines vous font voir la continuation du péché et la souffrance du peuple de Dieu ; mais auparavant, la fin, la bénédiction, est placée devant l'àme. Quelle bonté de la part de Dieu en cela! Dieu saisit l'occasion de me donner, avant tout, la certitude de la bénédiction définitive, et ensuite il déroule à mes yeux le pénible sentier qui y conduit.
Il n'est pas nécessaire d'aborder maintenant les pensées que suggère cette belle prière de Daniel. Je ferai pourtant remarquer une chose d'une grande importance pratique, savoir, que la prophétie vint de Dieu, comme une réponse à rétat d'âme dans lequel Daniel se trouvait. Il prit devant Dieu la position de quelqu'un qui confesse humblement ; il se fit l'organe du peuple, le représentant du peuple, en répandant devant Dieu les péchés dont le peuple était coupable. Peut-être n'y avait-il pas une autre âme qui le fît , certainement il n'y en avait pas beaucoup : il est si rare de trouver beaucoup d'ânnes prenant réellement devant Dieu la place de la confession. Qu'il y en a peu aujourd'hui qui aient un sentiment juste de la ruine de l'Eglise de Dieu! Combien peu qui sentent le déshonneur
fait au Seigneur même par les fidèles ! A Babylone j ceux qui étaient les plus coupables le sentaient le moins; tandis que celui qui était le plus exempt de mal, le répandait le plus sincèrement devant Dieu.
En réponse au sentiment profond et vrai qu'il a de rétat d'Israël , Dieu envoie la prophétie i L'âme qui se refuse à examiner des paroles telles que celles que nous avons ici, ne sait pas ce qu'elle perd en agissant de la sorte. Et partout où l'enfant de Dieu se prive de ce que Dieu communique relativement à l'avenir (je ne parle pas maintenant de la pure spéculation , qui est absolument sans valeur, mais bien des grandes leçons morales contenues dans la prophétie), il y a toujours faiblesse et défaut de capacité pour juger du présent.
Mais il y a une autre chose à signaler avant de passer aux soixante-dix semaines. Quoique Daniel confesse devant Dieu la grande et totale chute du peuple, et qu'il ait recours à ses grandes compassions, néanmoins il ne s'appuie jamais sur les promesses qui furent données à Abraham. Il ne va point au delà de ce qui fut dit à Moïse. Cela est intéressant et important à observer. C'est la véritable réponse à quiconque supposerait que le rétablissement d'Israël qui eut lieu à cette époque, était l'accomplissement des promesses abrahamiques. Daniel ne se plaça pas sur ce terrain. Il n'y eut rien alors qui ressemblât à la présence de Christ parmi son peuple, comme
smi roi. Or, les promesses faites aux pèrei supposent la présence de Christ, parce que Ghnst seul est la semence d'Abraham dans le sens pleia et propre du mot. Sans lui, qu'étaient les pro-* messes? Aussi, aveeune sagesse divine^ Daaid fut-il conduit à prendre le véritable terrain. Quelle que fût la restauration qui allait s'effectuer al<H*s , ce n'était pas la restauration complète ; et cette prophétie-ci nous amène à la bénédiction finale d'Israël, quand les soixantedix semaines sont consommées. Mais le retotur qui suivit la chute de Babylone n'était simplement que l'accomplissement de quelque chose de partiel et de conditionnel , et non l'accom* plissement des promesses faites aux pères.
Cela est digne d'être remarqué. Les promesse» qui furent faites alors étaient absolues, parce qu^'ettes reposaient sur Christ, qui, drâs la pensée de Dieu, est la véritable semence quoique Israël soit la semence selon la lettre. De sorte que, jusqu'à ce que Christ vint, et que son œuvre fût faite, la pleine restauration d'is^ raël ne pouvait point avoir lieu. Lorsque, aux jours de Moïse , Israël se plaça sur le principe de la loi, il l'enfreignit bientôt, et fut brsé« Avant même que la loi eût été mise entre leurs mains, sur les tables de pierre, les enfants d'Jsraâ adoraient le veau d'or. La conséquence fut qu'à partir de ce temps. Moïse prit une place nouvelle — la place de médiateur. Il monte de pouveau sur la moiiitagne, et plaide auprès de
IKeu pour le peuple. Dieu ne voulait plus rappeler son peuple. En parlant d'eux à Moïse ^ il dit « ton peuple, » et ne voulait pas les reconnaît tre comme siens. Moïse ne. veut pas cependant lâcher Dieu , mais fait valoir auprès de lui cette eonsideratioa que quelque chose qu'ils aient pu commettre, 3s sont « ton peuple, *» dit-il; que je sois effacé , plutôt que de voir Israël perdre son héritage. C'était là précisément ce à (juoi Dieu prenait plaisir — le reflet de son prq)re amour pour le peuple. Il est possible que vous trouviez des défauts à quelqu'un que vous aimez; mais vous n'aimeriez pas d'apprendre qu'une autre personne lui en trouve. Ainsi,. Moïse, plaidant en faveur d'Israël , était ce qui allait au cœur de Dieu. Sans aucun doute , ils avaient péché d'un bien grand péché , et Moïse le sentait et te confessait ; mais il fait valoir en màne tempi^ qu'ils sont le peuple de Dieu.
Dieu continue, et donne occasion à Moïse de montrer toujours plus son cœur : il place devant lui d€ grandes choses, offrant d'exterminer le peuple et de le faire devenir lui, Moïse, une grande nation. Non! répond Moïse, j'aimerais imeux tout perdre que de les voir eux perdus. Cétait la réponse de la grâce à la grâce qui était dans le cœur de Dieu en faveur de son j^upte. En conséquence, lorsque la loi fut donnée mie seconde fois. Dieu ne la donna point de la même manièi^ qu'auparavant; mais l'Eternel proclama son nom 3^ comme le nom de Celui qui
était abondant en gratuité et en vérité , tout en déclarant aussi qu'il né tiendrait pas le coupable pour innocent. En d'autres mots, la première fois, c'était purement la loi, purement la justice; et la chose aboutit au culte du veau d'or, c'està-dire à l'injustice pure du côté du peuple ; en conséquence , ils auraient dû être détruits. Mais, sur l'intercession de Moïse, Dieu introduit un système mélangé, en partie la loi, et en partie la grâce.
C'est sur ce terrain que Daniel se place ici. n fait valoir que, quoiqu'ils eussent violé la loi , Dieu avait fait connaître son- nom comme « abondant en gratuité et en vérité. » Daniel croit cela. Il ne remonte point aux promesses faites à Abraham ; sur ce principe la restauration eût été parfaite et définitive, tandis que celle-ci ^ne l'était point. De même aujourd'hui , prenez un homme qui rattache sa position devant Dieu en partie sur ce que Christ a fait pour lui et en partie sur ce qu'il fait pour Christ; : le trouverez-vous jamais heureux? Non, il ne l'est jamais, et ne saurait Têtre. C'est sur ce principe là que se trouvaient les Israélites , et en conséquence Daniel ne va point au delà : Christ n'était pas encore venu. D'un autre côté, après la naissance de Christ, vous trouverez, si vous regardez au cantique de Zacharie (Luci) ou à celui des Anges (Luc n) , que le terrain pris par les fidèles n'est point ce que Dieu avait déclaré à Moïse, mais les promesses qu'il avait
faites aux pères. Jusqu'au moment assigné de Dieu , Zacharie était resté muet^ signe de la condition d'Israël ; mais maintenant que le précurseur est nommé, la veille de la venue de Christ , sa bouche est ouverte.
Avant d'aborder plus pleinement, selon que le Seigneur nous en rendra capables , la propTiétie des soixante-dix semaines, je voudrais d'abord appeler votre attention sur ces paroles : •« Or, comme je parlais encore, et faisais ma requête , et confessais mon péché, et le péché du peuple d'Israël. * Remarquez-le , toutes ses • pensées sont relatives à Israël et à Jérusalem. La prophétie ne concerne point la chrétienté , mais bien le peuple d'Israël : il n'y a pas moyen de la comprendre, à moins que nous retenions ferme cela. « Comme je parlais encore..... et répandais ma supplication en présence de l'Eternel, mon Dieu, pour la montagne de la sainteté de mon Dieu; comme donc je parlais encore dans ma prière, ce personnage, Gabriel, que j'avais vu en vision du commencement, volant promptement , me toucha , environ sur le temps de l'oblation du soir. >» Ensuite, au verset 24, commence la prophétie. Elle se rapporte au peuple de Daniel — * sur ton peuple. >► Elle parlé d'une période spéciale qui était limitée en rapport avec l'entière déhvrance d'Israël. « Il y a septante semaines déterminées sur ton peuple et sur ta sainte ville. » Chacun doit voir qu'il s'agit des Juifs et de Jérusalem. « .... Pour abo-
— sw — Br rînfidélité , consumer le péché , faire propîtiaftion pour l'iniquité ; pwr amener la justiee des siècles , pour mettre le sèeau à la vision et à k prophétie, et pour oindre le saint des saiots. • Du commencement à la fin , c'était une période qui était arrêtée dans la pensée de Dieu, et révélée à Daniel , touchant la destinée future de ja vifie et du peuple.de Dieu ici-bas. Mais, me dira tout à coup quelqu'un alarmé peut-être, n'avons-nous donc rien à faire avec la « propitiation pour l'iniquité, » et « la justice éternelle»? Je réponds par cette question: de qui le verset parle-t-il? Vous trouverez ailleurs d'autres passages qui révèlent notre intérêt dans rœuvre qui efface le péché , et dans la justice laquelle nous devenons en Christ. Mais dans la lecture de la parole de Dieu, nous devons nous attacher fortement à cette règle d'or — de ne jamais faire violence à TEcriture pour qu'elfe 86 rapporte à nous ou à d'autres. Quand une personne est convertie , mais tf a pas encore h paix, aussitôt qu'elle voit quelque chose ccmcernant « Fabolition des péchés, • elle s'eft'feit Fapplication* Sentant son besoin , elle saisit , eomme un homme qui se noie, des déclarations qui ne peuvent porter son ftirdeau, ou du moins qui n'ont pas été faites pour elle. Si eHe allait aux paroles qui annoncent la grâce de Dieu envers nous, pauvres pécheurs d'entre les Gentils , au lieu de faire une perte , grand serait son gain ; elle aurait des passages bien plus précis
pour satisfaire son besoin de paix et d^assuranee; et si Satan travaillait, elle n'éprouverait ni faiblesse, ni frayeur, ni incertitude. Tand» que si elle s'empare de passages qui s'appliquent aux Juifs , Satan peut Tattaquer sur 1^ fondement de sa confiance , de sorte qu'elle soit obligée de dire : Ceci ne me concerne pas du tout d'une manière littérale et certaine. Les « septante semaines sont déterminées sur ton peuple et sur ta sainte ville. » Mais moi je n'en fais pas partie. Il est important d'avoir l'intelfigence de l'Ecriture, et de bien voir de quoi Dieu parle. Si on s'était mis cela dans Tesprit, la plus grande partie de la controverse qu'on a soulevée sur ce passage n'aurait jamais eu lieu« On était désireux et pressé d'introduire là quelque chose qui nous concernât comme Gk^s ^u chrétiens ; tandis que l'attitude du prophète, les circonstances des personnes , et les termes delà prophétie elle-même, excluent toute autre pensée que celle des Juifs et de de leur ville. Il nous faut chercha ailleurs ce qui est relatif aux Gentils. Permettez-moi cependant de Mre remarquer que Taboliticafi des péchés pour cette cité et pour ce peuple repose tout à fait $ur )e même fondement que l'abolition de nos propres péchés. Cest ainsi que l*âpôtre Jean nous déclare que Jésus mourut, « ncm pas seulement pour cette nation, mais aussi pour rassembler en un tes enfants de JDieu dispersés. » (Jeanxi, 52.) Ces paroles nous révèlent deux desseins
— Î42 — dans la mort de Christ. La prophétie qui nous occupe ne présente que le premier , savoir :
que Jésus est mort pour cette nation — la nation juive; mais par ce même acte de sa mort, il pourvut non pas seulement au salut que Dieu avait en vue en notre faveur, mais aussi au rassemblement ensemble « des enfants de Dieu qui étaient dispersés. »
De sorte que si nous prenons la Bible teUe qu'elle est, sans nous trop préoccuper sll est question de nous ici ou là , au lieu de rien perdre, nous gagnerons toujours quant à retendue et à la profondeur de la bénédiction, et par dessus tout, quant à la manière claire et ferme dont nous la retiendrons après Tavoir saisie ; nous aurons le sentiment que nous ne nous sommes pas emparés de la part d'un autre peuple, et que nous ne réclamons pas des biens sur des titres susceptibles d'être contestée ; mais que oe que nou^ possédons est bien ce que Dieu nous a librement et certainement donné. ÎPandis qde ce ne sera jamais le cas, ai je m'empnre des prophéties relatives à Israël et que je fonde sur elles mon droit à la bénédiction; elles ne sont ni l'Evangile pour les pécheurs , ni la révélation de la vérité touchant l'Eglise.
Voilà donc la portée propïe des derniers versets de notre chapitre. Les détails sur les semaines viennent après le premier énoncé général. « Il y a, dit Gabriel, septante semaines déterminées sur toa peuple et sur ta sainte ville,
pour abolir-rinfidélité, consumefle péché, faire propitiation pour l'iniquité ; pour amener la justice des siècles, pour mettre le sceau à la vision et à la prophétie, et pour, oindre le saint .des saints. >» Puis, au verset 25, nous trouvons le premier détail particulier, après que le point de dq[)art a été soigneusement fixé : « Tu sauras donc et tu entendras que depuis la sortie de la parole, portant qu'on s'en retourne et qu on rebâtisse Jérusalem, jusqu'au Christ le Conducteur, il y aura sept semaines et soixante-dix semaines, » Or, dan^ le livre d'Esdras, nous avons un ordre émapé du roi Artaxerçès, appelé dans les historiens profanes Artaxerçès Longuemain, un des monarques de l'empire des Persesv Les premières patentes furent données à Esdras, le scribe, « la septième année du roi Artaxerçès. >» D'autres patentes furent données à Néhémie, la vingtième année du règne du même monarque. Il est important pour nous de décider quel est de ces deux ordres celui auquel Daniel fait allusion. Le premier se trouve rap^ porté en Esd. vu, le second en Néh. n. Un examen attentif de l'un et de l'autre nom fera voir quel est celui que la prophétie signale* Quelques uns, excellents. d'ailleurs , l'ont interprété d'une manière qui diffère de ce que je crois être le véritable sens. Mais c'est à l'Ecriture seule qu'il appartient de décider les questions qui ngiissent de l'Ecriture; si on recourt à des éléments étrangers , on ne recueillera que péris
plexHé etmcertHude. Remarquez qu'il ne s'agit: pas id Bimptlementd'un décret général concernant les Juife, comme cduide Cyrus, leur permettant de retouroer , mais d'un décret spécial qui rét£iblit leur état politique. Or, en quoi les deux décrets du règne d'Arlaxercès différentils l'un de l'autre? Celui qui fut donné a Esdras avait principalement pour objet la reconstruction en temple; l'autre, que Nébémie obtint, se rapportait à la ville.. Et qu'est-ce que nous lisons ici? « Tn sauras donc et tu entendras que depuis la sortie de la parole, portant çu'on s'en l'etourne et qu'on rebâtisse Jérusalem. » Evidemment c'est de k vifte qu'il est question; et s'il en est ainsi, nous voyons lequel des deux concerne la ville. H ne saurait y avdr le plus léger doute, c'était le second, et non le premier; c'était la commission délivrée à Nâiémie , la vingtième année d'Artaxercès , et non celle qn'avait reçue Esdrae , treize années auparavant. Que l'on compare avec Nébémie, et l'on en verra la preuve manifeste.
Ce qui a conduit certaines personnes à pren^ ^e le premier de ces deux décrets pour eekû dont il s'agit dans notre chapitre, c'est l'idée que les soixante-dk semaines devaient se ter-* miner i la venue du Messie. Mais cda n'eit dit en aucune manière. Le verset 24 renferme bea«coup- plus que la venue duM^ssie:« U y
a soixante-dix semaines déterminées jpouT
consumer le péché , faire propitia*ion poup l'ini-
quité. >» Dans ces paroles^ vous avez au md»
Tceuvre de Christ, qui, nous le savoas, imidîquait ses souffrances et sa mort« Mais il y a plus que cela ; voici coimne le passage oonti« nije : « Pour amener la justice éterndle, mettre le sceau à la vision et à la prophétie, et pour oindre le saint des saints, » expression par laquelle tout Israélite entendait le Banctuaire de Dieu. Il est évident que tout cela ne s est pas accompli à la venue ni même à la toort du Messie. Car quoique le fcnadement de la bénédiction d'Israël fût posé dans son sai^, cependant Israël n'était pas encore réellement introduit dans la bénédiction ; et ces soixante-dix semaines supposent qli'iL sera pleinement béni à leur expiration. Nous apprenons de là de quelle grande import^ee il est de faire attention à la prophétie dle-roême; de ne pas regarder simplement aux événements qui se passent, mais de les interpréter par la prophétie. « Depuis la sortie de la parole portant qu'on s'en retourne et qu'on rebâtisse Jérusalem , jusqu'aii Messie le Conducteur (sans préciser quel temps) , il y aura >» — non pas soixante-dix semaines — mais «sept semaines et soixante-deux semaines; »
c'est-à-dire soixante-neuf semaines. Ces paroles m'apprennent tout d'aberd que, pour une raison que le commencement de la propb^ie n'explique pas , des soixante -dix semaines, soixante-neuf sont séparées de la dernière^ La chaîne est rompue : une semaine est mise à part
des autres. Il est déclaré que depuis la sortie de Tordre portant qu'on's'en retourne et qu'on rebâtisse Jérusalem (fait qui devient ici le point de départ , ou le temps depuis lequel nous commençons à supputer les septante semaines), il y â sept semaines et soixante-deux semaines : périodes quelque peu distinctes, mais faisant en tout soixante-neuf semaines jusqu'au Christ le Conducteur. Evidemment c'est un fait bien remarquable que nous avons là. Mais, pourquoi, pouvons-nous demander , les sept semaines sontelles séparées des soixante-deux semaines? Les paroles suivantes nous le font voir : « Et les places et la brèche seront rebâties, et cela dans un temps d'angoisse. Lessept semaines devaient, je pense, être employées à la reconstruoJion de la ville de Jérusalem. Dans Tintervalle de sept semaines, ou quarante-neuf ans, (car je suppose que personne ne mettra en doute que ce sont des semaines d'années), depuis le point de départ, la construction commencée serait finie. Les places devaient être rebâties , ainsi que les brèches de la muraille, et cela dans un temps d'angoisse. Or, ces temps de difficulté et de détresse nous sont racontés dans le livre de Néhémie,^oùnous trouvons la date la plus récente de l'histoire de l'Ancien Testament. Prenant ensuite l'autre période , il nous est dit qu'à l'expiration non pas seulement des sept semaines, mais des soixantedeux semaines : « le Christ sera retranché. » Avant de poursuivre, je désire relever quel-
ques petites inexactitudes de traduction. « Après les soixante-deux semaines, » c'est-à-dire après là seconde période, ajoutée aux sept semaines de la première employées à bàtrr la ville de Jérusalem — « le Christ sera retranché, mais non pas pour soi, » La vraie signification du terme original rendu par cette dernière expression, est, personne ne peut en douter, « et n'aura rien. ^ La note marginale de la version anglaise, plus exacte que le texte, le rcn(i de cette manière. L'idée est que le Messie , au^ lieu d'être reçu par son peuple et d'introduire la bénéxliction promise à la fin. des soixante-dix semaines, serait retranché à la fin des soixante-neuf semaines , et n'aurait rien. Ces paroles donnent à entendre rentière rejection du Messie par son peuple. Et en voici la conséquence. La clé nous est maintenant donnée , et nous avons l'explication de la difficulté signalée au commejncement, quant à savoir pourquoi les soixante-neuf semaines étaient séparées de la soixante-dixième. La mort de Christ rompit la chame, et brisa les relations du peuple d'Israël avec Dieu. En conséquence , Israël ayant rejeté son Messie , la dernière semaine est mise de côté pour un temps. Celte semaine là finit par la pleine bénédiction. Mais Israël se trouve rejeté à cause de son péché contre son Messie. Et voilà pourquoi nous lisons dans ce qui vient après : « Puis le peuple du Conducteur ^qui viendra détruira la ville et le sanctuaire ; et la fin en sera avec déborde-
ment , et les désolations sont déterminées jusqu'à la fin de la guerre. » Il avait dit auparavant qu'il y avait soixante-dix semaines déterminées pour consumer le péché et amener la justice éternelle, etc. ; c'est-à-dire qu'à la fin de cette période désignée, la pleine bénédiction serait introduite. Tandis que ûous apprenons maintenant que bien loin que les Juifs arrivent à la bénédiction , ils ont rejeté leur Messie. Il n'a rien; et la conséquence en est que la ville et 4e sanctuaire ne sont pas bénis, mais qu'au contraire , « le peuple du Conducteur qui viendra détruira la ville et le sanctuaire, etc. »» Il n'y aura sur le peuple juif que guerres et désolation. Le cours des soâxante-dix semaines est interrompu à la mort de Christ, et les événements qui sont ensuite rapportés n'apps^rtiennent eh rien à leur accomplissement. On ne saurait nier qu'il s'est écoulé une longue période entre fe mort de Christ et la prise de Jérusalem. Il y a jusqu'à Christ soixante-neuf semaines , et ensuite se présentent des événements que la prophétie révèle d'une façon bien claire, mais elte révèle avec non moins de clarté quils sont postérieurs aux soixante-neuf semaines, et smtérieurs à la soixante-dixième. Nous avons là un autre peuple appartenant à un conducteur tout à fait différent du Messie déjà rejeté, et ce peuple vient et détruit la ville et le sanctuaire. Ce furent les Romains qui vinrent, malgré le terrible expédient de Caïphe , ou plutôt à cause même
deluh Ils vinrent, et détruisirent là ville et le sanctuaire. Mais par là cette prophétie reçut son accomplissement. Le Messie était r^ranché, et les Romains^ que les Juifs avaient si ardemm^t •désiré se reiKire propices , les balayèrent de la face de là terre, et jusqu'au temps actuel il n'y a eu que misère dans leur pays.
A partir de là, Jérusalem devait être foid^ par les Gentils, jusqu'à ce que les temps des Gentils fussent accîomplis. C'est une période qui dure encore. Depuis lors, Jérusalem n'a fait que changer de maître. Nous avons été témoins, en nos jours, d'une guerre entreprise au sujet de cette même ville et de ce même sanctuaire , et nul ne saurait dire qu'il n'y en aura pas bientôt uoe autre, car le but de ceile guerre n'a nullement été rempli et la question tfest pas encore vidée. Les mêmes éléments de lutte et de combustion subsistent encore : c'est ¥tne affsûre toujours pendante. Tel que fat Jonas dasisle navire, tel Israël s^a bientôt pour les Gentilâ. Il n'y aura point de repos ponr eux — rien que <tes tempêtes — s'ils se mêlent des affwes de ce peuple avec lequel le Seigneur a un procès. Les luifs sont dans un état misérable ; ils souffrent les conséquences de leur proptre péché. Mais ces Gentils qui se mêlercmt de cette ville et de ce sanctuaire que Dieu destine encore à être purifiés, y trouveront leur ruine. Si mm& ne sommes pas encore arrivés i cette période de bénédiction, il
faut reconnaître que la soixante-dixiènie est encore à venir ; car dès qu'elle est accomplie , c'est la pleine bénédiction pour Israël et Jérusalem. Or^ il est bien manifeste qu'une bénédiction semblable n'est pas réalisée ; et en conséquence, nous pouvons être parfaitement certains que la dernière des soixante-dix semaines reste à recevoir son accomplissement. Au* reste , la prophétie elle même doit nous préparer à cela. Une chaîne régulière lie les semaines l'une à l'autre jusqu'à la fin de la soixante-neuvième; mais alors survient une grande lacune. La mort de Christ rompit le lien de relation entre Dieu et son peuple , et désormais il n'y eut plus entre eux de lien vivant. Les Juifs rejetèrent leur Messie, et par là perdirent pour un temps leur position nationale. Un déluge de maux éclata sur eux. « Le roi envoya ses troupes, et fit périr ces meurtriers, et brûla leur ville. » La dernière partie du verset qui nous occupe (26) nous fait voir que la désolation qui â fondu sur leur ville et sur leur race continue d'être leur lot, et cela postérieurement à la croix du Messie. Et comme personne ne peut prétendre que rien de semblable soit arrivé durant les sept années qui suivirent la crucifixion , il faut nécessairement admettre, entre la soixante-neuvième et la soixante-dixième semaines, un intervalle plus ou moins considérable.
Remarquez l'exactitude de l'Ecriture. Il n'est point dit que le conducteur qui viendra détruira
la ville et le sanctuaire , mais que son peuple le ferait. Le Messie, le Conducteur, est déjà venu et a été retranché. Maintenant TEcriture nous parle là d'un autre conducteur à venir, un conducteur romain ; car tout le monde sait que ce sont les. Romains qui vinrent et s'emparèrent à la fois du pays et de la nation des Juifs. L'E(îriture dit simplement : « Le peuple du conducteur qui viendra » ce qui explique que le peuple viendrait avant un certain conducteur qui était encore dans l'avenir. Je regarde cela comme fort important. Sans doute qu'il y avait un prince qui conduisait les Romains à la conquête de Jérusalem ; mais Titus n'est point le personnage auquel il est fait allusion ici. Tandis que Hen n'est plus simple, si le peuple devait venir d'abord et si le conducteur en question devait suivre à quelque époque future. « La fin en àera avec débordement, et les désolations sont déterminées jusqu'à la fin de la guerre. * Il devait y avoir une longue période d'inimitié et de désolation. C'est là précisément que les Juifs en sont aujourd'hui. Ils ont été chassés de cette ville et de ce sanctuaire, et depuis ils ne les ont jamais possédés. Il est vrai qu'ils se sont fait une position remarquable dans la plupart des contrées de la terre; leur influence croît dans toutes les cours et dans tous les cabinets du monde ; mais ils n'ont jamais obtenu le plus petit pouvoir dans leur propre pays et dans leur propre ville — ils y sont les plus proscrits de
- ^52 — tous; ce sont là les désolations qui continuent. Au verset 27 arrive la scène finale : « Et il confirmera une alliance à {^sieurs poor une semaine. » Les versions ordinaires (fisent à tort « l'alliance. * L'article la n'est point dans Tori^ ^nal, et ce petit nK)t en Mt égarer plusieurs. C'est une alliance qu'il faut Kre , ou plutôt, c'est i^mplement l'idée générale d'alliance que le texte original suggère. C'est le sens de « traiter alliance, foire alliance. » Si on lit « Tallkn*ce , » le lecteur est aussitôt porté à en conclure que par l'expression « le conducteur » il feut entendre le Messie , et qu'il allait confis*mar i^on aUiance.^ Mais voici comment le passage est Conçu; « Ilconfirtnera alKance (ou une alliance) avec les plusieurs pour -une semaine. ^ Sans doute que le Messie a apporté le sang de la nouvelle alliance; mais est-ce là ce que le passage stgnsfie? Il suppose que les désdations continuent durant toute cette période , après quoi Vient la fin du siècle qui comprend la soixantedixième semaine, ou qui arrive pendant^n cours. La mort de Christ a eu lieu depuis longtemps déjà; la destruction de Jérusalem atKsi, trente eu quarante ans après. Ensuite a suivi une longue période de désolations ^t de guerres en tapport avec Jérusalem. Il est fait mention de deux personnes différentes. Au verset 83 ^ il «'agit du Messie le Conducteur ; mais il e^ vetiu et a été retranchée Au verset S6 , nous lisons : <* Le peuple, du conducteur qui viendra. ^ Et
c'est à ce futur chef romain que le verset 2l7 fait allu^on. C'est lui qui confirmer^ alliauce avec plusieurs , ou plutôt avec « les plusieurs, v c'est-à-dire la masse ou la majorité. Le résidu ne participera en rien à cette alliance. Obs^[wez que la «soixante-dixième semaine paraît ici pour la première fois. « Et il confirmera alliance avec la masse pour une semaine. » Or, en supposant que c'est Christ que ces paroles désignent, je demande quel sens elles ont ici ? Une semaine ne peut signifier qu'une période de sept ans, La nouvelle alliance a-t-elle jamais été faite pour sept ans ? Une telle pensée n'a pas de sens.
N'est-il pas évident que l'idée d'entendre par là l'alliance apportée par Christ est empreinte d'absurdité? car Talliance que le sang de Christ à cimentée est une alliance éternelle, tandis que celle dont il est question ici n'est conclue que pour sept ans, A quelle époque et de quelle manière Christ a-t-il fait une alliance pour sept, ans? « Et il confirmera alliance avec les plusieurs pour une semaine , et à la moitié de la semaine , il fera cesser le sacrifice et l'oblation. « Je sais que plusieurs appliquent cela à la mort de Christ. Mais nous avons eu la mort de Christ < depuis long-temps— avant que la soixante-dixième semaine commençât ; ensuite toutes les désolations d'Israël arrivant après cette mort, et enfin, suhséquemment à tout , la venue d'un autre chef qui confirme une alliance pour une semmnp.
C'est lui, et non pas Christ, qui fait alliance avçe
les Juifs pour sept années. Mais au milieu de cette^période, il met fin à leur culte. Ils ont rétabli alors le sacrifice et Toblation -, et ce personnage les fait cesser.
Mais ne trouvons-nous pas ailleurs d'autre lumière sur le sujet dont il est question ici? Ce passage est-il seul à nous parler d'une alliance semblable, et de l'abolition soudaine, par un prince étranger, des fêtes et des cérémonies juives ? Pour ce qui concerne l'alliance , voici ce que aous fisons en Es. xxvin, 15 : « Car vous avez dit : Nous avons fait accord avec la mort, et nous avons intelligence avec le sépulcre ; quand le fléau débordé traversera , il ne viendra point sur nous. » Et au verset 18 : « Et votre accord avec la morb sera aboli , et votre intelligence avec le sépulcre ne tiendra point ; quand le fléau débordé traversera , vous en serez foulés. * Je ne doute pas que c'est là Talliance que signale Daniel. Une autre chose vient confirmer ce sens ; la voici : ce prince romain ayant fait avec le peuple juif une alliance impie , et ensuite ayant interrompu les sacrifices et introduit l'idolâtrie — ou ayant réalisé ce que l'Ecriture appelle « l'abomination de la désolation V — il mettra fin aux rites juifs , et établira une idole, et se fera adorer là lui-même. Lorsque l'idolâtrie est ouvertement en rapport avec le sanctuaire. Dieu envoie sur son peuple un fléau terrible. Les Juifs avaient espéré d'y échapper eu faisant une alliance avec ce prince ; ils pensaient
follement, comme le dit Esaïe, être par ce moyen délivrés du fléau débordant. Ce dernier est le personnage qui devient le grand chef des puissances orientales du monde liguées contre les puissances occidentales. La masse des Juifs fera alliance avec le grand prince de l'Occident qui sera, à cette époque, leur ami de nom. Mais à l'expiration de la moitié du terme fixé , ce même personnage introduira l'idolâtrie et la leur inaiJosera de force. C'est alors que viendra la dernière catastrophe d'Israël.
L'interruption des cérémonies juives ne repose pas sur ce passage seulement. En Daniel vil, la petite corne est l'empereur de l'Occident, ou « le conducteur qui viendra. » Il est dit de ce personnage qu' « il proférera des paroles contre le Souverain , et détruira les saints du Souverain, et pensera de pouvoir changer les temps et la loi ; et ils seront livrés en sa main jusqu'à un temps, et des temps, et une moitié de temps. >» Remarquez l'analogie entre cette déclaration et celle que nous avons ici. Que faut-il entendre par * un temps, et des temps, et une moitié de temps? >» Trois ans et demi, pour sûr. Et que faut-il entendre par la moitié d'une semaine? Précisément la même période.
Au milieu de la durée pour laquelle Falliance avait été faite avec Israël , ce prince arrêtera leur culte , et prendra en ses mains toutes les cérémonies juives. Il ne leur permettra pas non plus d'observer leurs fêtes. « Ils seront livrés en
sa main, » c'est-à*dire, les temps et le^ lois des Jui&i. Dieu ne reconnaîtra pas le culte juif d'alors , et en conséquence il ne les préservera pas en cette occasion. Il laissera poursuivre son chemin à cet homme qui, après avoir fait, comme ami, une alliance avecisraël, l'enfreindra et substitaera l'idolâtrie au culte de ce peuple. Alors viendra le fléau débordant* « Au inilieu de la semaine, il fera cesser le sacrifice et l'oblation. »
Mais je dois recourir à une manière jdus exacte de rendre les paroles qui suivent Les traducteurs se sont montrés fort incertains de leur véritable signification ; mais en voici la traduction littérale : « Puis, à cause de (ou en raison de) l'aile des abominations , un désolateur. » C'est-à-dire à cause qu'il aura pris les idoles sous sa protection, il y aura un désolateur, savoir le fléau débordant , ou TAssyrien. « Le conducteur qui viendra ne désole point Jérusalem» En ce temps là , il a fait alliance avec les Juifs ^ et quoiqu'il rompe son alliance, cependant, par cela même qu'il est leur chef et leur protect^^.ur, et que son favori , le faux prophète , aura son siège parmi eux comme le grand archiprêtre de ce jour, il établit, avec Taide de ce faux prophète, le culte de sa statue dans le temple de Dieu. En eonséquence de cela, le roi du Nord fondra comme un désolateur.
Les Juifs justes et fidèles auront donc deux ennemis en ce temps li. Le désolateur, ou l'Assyrien, sera l'ennemi du dehors. L'ennemi
du dedans sef a FAntichrist ^ ou \ew toi , qui fera selon sa volonté, ^ui les corrompra en rapport avec le ccmducteur romain. De sorte que voici le véritable sens de ce passage :
« A cause de la protection des abominations, ( il y aura ) un désolateur , même jusqu'à ce que la consomption déterminée ait fondu sur le désolé. » — « Le désolé » signifie Jérusalem. Toute la consomption, ou ce que Dieu a décrété ccnrrfre les Juifs , doit avoir son cours. « Cette génération ne passera point que toutes ces choses ne soient arrivées. » Ce seront les deraiers représ^tants de la portion d'Israël qui a rejeté Christ. Dieu fera venir sur eux tous les jugem^ts. Ils seront emportés , et alors il ne restera ^ue la semence sainte, le résidu fidèle, dont Dieu fera le grand noyau de la bénédiction pour tout le monde sous le règne du 'Seigneur Jésoâ.
ÊHÀPItR&S t, XI, 1-35.
Lès chapitres x, xi, xu, ne forment évidemment qu'un seul sujet continu, et^nous font voir dans quelles circonstances Daniel reçut cette dernière prophétie , qui est, sous quelques rapports, la plias remarquable de toutes celles qui lui ftirent accordées* Dans toute l'étendue du livre
divin, il n*y a pas d'exposé des faits de Thistoire aussi détaillé , aussi circonstancié que celui que nous avons là , sans compter qu'il embrasse depuis la monarchie des Perses sous laquelle Daniel contempla la vision Jusqu'au temps où toutes les puissances de ce monde seront obligées de s'incliner devant le nom du Seigneur. Non que la prophétie ne' présente pas une seule lacune depuis l'époque de l'empire des Perises Jusqu'au règne de Christ , ce serait même contraire à l'analogie de tout le reste de la parole de Dieu ; mais nous y trouvons , avant tout , un exposé des faits, concis et clair en même temps, jusqu'à ce que nous arrivions à un personnage remarquable qui était le type de celui qui sera à la fin du siècle présent le grand chef des adversaires du peuple de Dieu. Après nous avoir conduit Jusqu'à ce* personnage, la prophétie s'interrompt;, franchit l'intervalle et nous donne « le temps de k lin, » de sorte que nous pouvons comprendre la raison de cette lacune. Pour le moment Je dois m'arrêter au point où l'interruption a lieu, avec Tespérance de considérer, Dieu voulant , la crise de la fin, à laquelle se rapportent les types , et qui commence au verset 36 du chapitre xi. Nous verrons qu'elle ne se borne pas à un mal d'une espèce particulière, et que la fin du chapitre traite des combats que se livreront les chefs de cette époque, dans la Terre sainte et ses environs. Puis le chapitre xn nous montrera lés voies de Dieu
avec son peuple jusqu'à ce que le peuple et Daniel lui-même soient établis dans leur lot à la fin des jours {vers. angl.). Ceci , c'est-à-dire la bénédiction du peuple de Dieu , ou du moins du résidu fidèle, formant le grand objet de la fin. « La troisième année de Cyrus , roi de Perse, une parole fut révélée à Daniel, qui était nommé Beltesatsar, » etc. Daniel; voyons-nous par là , n'avait pas profité du décret que Cyrus avait rendu deux années auparavant pour donner aux Israélites la liberté de retourner dans leur pays, conformément à la prophétie : il se trouvait encore sur le théâtre de la captivité des Juifs. Mais il y a plus que cela , et l'Esprit de Dieu attire notre attention sur l'état d'âme du prophète. Ce n'est pas dans la joie qu'il passait ses jours sur la terre étrangère, mais bien dans le deuil et dans le jeûne , et cela au milieu de circonstances où il avait naturellement toute chose à sa disposition. II ne mangea point de pain agréable au goût, * et, comme il le dit luimême', il n*entra point de' viande ni de vin dans ma bouche, et je ne m'oignis point du tout, jusqu'à ce que trois semaines entières fussent accomplies. >» Sûrement ce n'est pas pour rien ' que l'Esprit de Dieu nous a montré Daniel nonseulement avant lé décret de Cyrus , mais aussi après, dans une telle attitude devant le Seigneur. Nous pouvons tous comprendre qu'à l'approche du moment où le petit résidu allait quitter Babylone et retourner au pays de ses pères, on dût
trouver le saint et pieux prophète Tâme pénétrée d'une profonde affliction devant Dieu , et passant en revue le péché à l'occasion duquel un châtiment si terrible était tombé sur le peuple de la part de Dieu ; quoi<}ue en cela il fît précisément le contraire de ce que la chair aurait fait dans de telles circonstances ; car lorsqu'il est accordé une grande bénédiction extérieure, c'est plutôt l'occasion pour Thomme de donner essor à ses sentiments de satisfaction. Mais nous voyons le contraire en Daniel. Il prit Tattitude de la confession; et confessa non pas seulement les péchés d'Israël , mais ses propres péchés : il les avait tous devant lui. Il n'y avait qu'un homme marchant dans la sainteté qui pût avoir un sentiment aussi profond du péché. Mais la même énergie du SÔint-Esprit, qui prodmt uae réelle humiliation, rend aussi capaWe d'entrer en amour dans la triste et abjecte cc«diUon du peuple de Dieu. Des pensées de cette nature jsemblent avoir rempli l'âme de Daniel quand il découvrit, par la prophétie de Jérémîe ,' que la délivrance d'Israël était fort proche. Il n'y eut chez lui ni transports de jme au sujet d'un ennemi tombé, ni cris de triomphe à cause que le peuple allait être rendu libre, quoique Cyrus lui-même regardât comme un grand honneur d'avoir été choisi de Dieu pour être Vinstrument de ces deux dispensations. Un homme de Keu pouvait fort bien arrêter sa pensée sur les effets que le péché avait prodiritSy quand te
-^ 264 — Seignear ne pouvait pas même parler d'Israël comme son peuple, quoique la foi dont Daniel était animé ne fît que le faire insister d'autant plus fortement auprès de Dieu sur le fait qu'Israël était son peuple.
Ici le décret avait été rendu conformément à son attente. Le monarque persan avait ouvert la porte aux prisonniers de Tespérance pour qu'ils pussent Quitter Babylone ; et ceux auxquels il avait plu de le faire , étaient retournés dans leur pays. Daniel n'était point parmi ceuxlà ; au lieu de n'anticiper désormais que de brillantes perspectives de gloire immédiate , il se présente à nous , et plus que jamais, dans l'attitude de l'humiliation devant Dieu. La révélation du motif de ce jeûne prolongé nous fait pénétrer dans les rapports du monde visible avec le monde invisible. Et ce n'est pas seulement de dessus Tâvenir que le voile est levé, car c'est là ce que fait toute prophétie ; mais l'énoncé de la vision que nous avons ici nous montre dans une lumière de grand intérêt, ce qui est de fait actuellement autour de nous , mais nous est invisible. Il fut permis à Daniel de le voir et de Tentendre afin que nous pussions savoir, et en avoir la conscience pour nousmêmes, qu'outre les choses qui se voient, il y a des choses invisibles , beaucoup plus importantes que ce qui se voit.
S11 y a des luttes sur la terre , dies proviens nentde luttes plus hautes, celles que tes anges
soutiennent contre ces êtrQ3 méchants, les instruments de Sa tan,, qui cherchent sans cesse à traverser les conseils de Dieu par rapport à la terre. Cela apparaît ici d'une manière remarquable. Nous savons que les anges ont à faire avec les enfants de Dieu, mais peut-être n'avonsnous pas discerné aussi clairement qu'ils ont à* faire aussi avec les événements extérieurs de ce monde. Dans cette portion du livre de Daniel, la lumière de Dieu brille sur ce sujet, de sorte que nous sommes rendus capables de comprendre qu'il n'y a pas un mouvement du monde qui ne se rattache aux voies providentielles de Dieu. Et les anges sont les instruments par lesquels sa volonté s'exécute : il est dit d'eux expressément qu'ils font son bon plaisir. D'un autre côté, il y a ceux qui se mettent constamment en travers de Dieu. Les mauvais anges ne manquent pas. Si le cœur n'est pas éveillé , là-dessus , on perd certainement quelque chose parce que cela fait sentir plus vivement la nécessité d'avoir Dieu pour force. S'il n'était question que des hommes, nous pourrions comprendre que, dans la conscience de sa force ou de sa sagesse, ou d'autres ressources qu^elle pourrait avoir, une personne n'en craignît pas une autre. Mais s'il est vrai que nous avons à combattre avec des puissances qui nous sont immensément supérieures pour tout ce qui tient à l'intelligence extérieure et à la force (car les anges excellent en force , comme il nous est dit) , il est clair que
si nous devons être vainqueurs , nous sommes rejetés sur l'appui d'Un autre qui est plus puissant que tout ce qui peut être contre nous. La foi, par laquelle nous comptons ainsi sur Dieu, . nous délivre de toute inquiétude à Tégard de tout ce qui a lieu dans le monde. Car quoiqu'il y ait des esprits malins, et que les hommes ne soient que comme les pièces quils font mouvoir sur réchiquier de cette vie, de fait néanmoins, jl y a derrièi^ la scène , inconnue aux acteurs, une main intelligente et souveraine qui dirige tous les mouventents. Cela donne un caractère beaucoup plus solennel à nos pensées sur tout ce qui arrive ici- bas.
Outre ces ang^s , un autre personnage apparaît sur la scène : « Un homme vêtu de lin, et duquel les reins étaient ceints d*une ceinture de fin or d'Uphaz. >» Celui dont nous trouvons au verset 6 , une description si magnifique , et que vit seul Daniel , ne semble pas n'avoir été simplement qu'un ange. Il a pu apparaître dans quelques traits de la gloire angélique , mais je pense que c'est Celui qui apparaît souvent dans l'histoire tant du Nouveau que de l'Ancien Testament — le Seigneur de gloire lui-même. Icf il apparaît comme un homme , comme quelqu'un qui éprouvait la sympathie la plus profonde pour son serviteur sur la terre. Tous les autres s'/étaient enfuis pour se cacher ; Daniel était resté : cependant, il n'était point demeuré de force en lui ; — son extérieur fut changé jusqu'à être tout
— «4 — défait. Il faut que même un homme aimé de Dieu, UB saint fidèle, fasse l'expérience que taute sa sagess^e passée était inutile; car il était maintenant fort vieux , et il avait été singi^Jièrement fidèle au Seigneur. A ce moment même c'était lui qui réalisait le mieux la vraie condition d'Israël, car il^ voyait bien qu'il devait s'écouler un long espace de temps avant que le Messie dût venir, et l'ange ^ui avait été l'instrument de la révélation avait annoncé que le Messie serait retranché et jfi'aurait rien. Il n'y avait donc rieiâ d'étonnant qu'il fut dans le deuil. D'autres pou* valent se livrer à leurs brillantes espérances sur la venue prochaine du Messie , et sur l'exaltation par son moyen de leur nation dans le monde. Quant à Daniel, il menait deuil et jeûnait; et voilà que cette vision lui est accordée,, et que ce personnage béni vient se révéler à lui.
Néanmoins , malgré tout l'amour dont il était Tobjet , malgré toute sa connaissance des voies de Dieu et la faveur qui lui avait été monti^ée dacfi les visions précédentes , Daniel est rendu tout à fait conscient de son entière faiblesse. Toute sa force tomba en poussière en préseoece dta Seigneur de gloire. Ce fait n'a p^s pour nous une importance morde petite. Quelle que soit la valeur de ce que peut avoir appris un saint, le passé seul ne nous rend pas capables de comprendre la, nouvelle leçon de Dieu. Pour cela Dieu lui-même est nécessaire— et non pas skoplem^fit ce que nous avons appris déjà. C'est là.
à riM^n avis, une vérité ioaportantev et très-pratique. Nous connaissons tous la tendance des hommes à faire provision pour l'avenir , et je ne nie pas la valeur de la connaissance spirituelle, soit pour aider les autres, soit pour nous rendre capables nous-mêmes d'apprécier les circonstances d'une manière juste et sainte. Mais si le Seigneur révèle quelque chose de nouveau , alors en dépit de tout ce qu'il avait connu auparavant, Daniel est absolument sans force. C'est dans cette dernière;vision qu'il est le plus abattu, çt qu'il réalise {dus que jamais le sentiment du néant de tout qe qu'il y a en lui. Il est rejeté complètement sur Dieu pour pouvoir se tenir debout et entrer dans ce que le Seigneur allait lui faire connaître. On voit la même chose en saint Jean, ({ui avait reposé dans le sein du Sau^ veur lorsqu'il était sur la terre , et qui , de tous lesdisciples, était le plus entré dans ses pensées. Que le Seigaeur néanmoms se {M^ésente devant lui , dans sa gloire, pour lui révéler sa pensée touchant l'avenir, et que devient même l'apôtre Jean? LeSeigBeur doit mettre sa main sur lui, lui ordonnant de ne pas craindre. Il doit l'encourager par ce qu'il était Lui-même — le vivait qui avait été mort, mais qui était de nouveau vivant, et avait les clés de la mort et du hadès. C'était donc là ce que Jean devait écouter avec la plus parfaite confiance, parce que c'était ce que Christ était. Il n'y avait pas de puissance qui ne dût tombeur devant lui.
Ici Daniel entre dans cela selon sa mesure.
11 faut toujours que la mort de la chair soit réalisée avant que nous puissions jouir de la vie de Dieu. Ceci a dé l'importance, au poini de vue de la pratique. Dans la grâce qui apporte, le salut, je ne commence point par apprendre la mort en premier lieu , la vie venant après comme .suite de cette première œuvre. La vie en Christ vient à moi dans mon caractère de pécheur , et celte vie manifeste la mort dans laquelle je suis; s'il me fallait réaliser ma mort. pour que cette vie vînt à moi , cela reviendrait évidemment à dire que rhomme se trouve dans sa véritable position, comme préparation pour qu'il soit béni de Dieu. Ce n'est point là la grâce. « Ce qui était dès le commencement.... ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché de la Parole dela\ie. « En d'autres termes, c'est la personne de Christ lui-même qui vient et donne la bénédiction. Après quoi l'âme apprend que « Dieu est lumière et qu'il n'y a en lui nulles ténèbres. « Elle apprend que si nous disons que nous avons la lumière — communion avec Lui qui est lumière— et que cependant nous marchions dans les ténèbres , nous mentons et ne pratiquons pas la vérité.* Toute la connaissance pratique de ce que Dieu est et de ce que nous sommes, suit la manifestation qui nous été faite de la vie dans la personne de Christ. S'il s'agit de l'ordre selon lequel la bénédiction a lieu quant à un pécheur, c'est la grâce souveraine qui communique là vie
dans la personne d'un autre ; mais s'il s'agit de Tordre selon lequel le progrès s'accomplit chez le croyant', il n'en est point de même. Le croyant ^yant déjà obtenu la vie , doit mortifier tout ce qui lui appartient simplement selon la nature , alin que cette vie soit manifestée et se fortifie. Ceci est de toute importance pour le saint, comme le reste pour le pécheur. L'homme, dans son état naturel, ne croit pas qu'il est mort, et il travaille à acquérir la vie. Mais il est dépourvu de vie ; il n'en a point. C'est Un autre qui, seul, la lui apporte et la lui donne dans une grâce parfaite , ne voyant que du mal en lui , mais venant avec du bien seulement et le lui apportant dans Tamour. Celui-là , c'est Christ. Mais dans le cas du croyant, comme il a déjà trouvé la vie en Christ, il faut qu'il y ait jugement du mal , afin que cette vie nouvelle et divine se développe et s'accroisse. De sorte que , tandis que pour l'un , pour le pécheur, ce qui nous est présenté , c'est la vie faisant ressortir la mort, et rencontrant l'homme dans la mort dont elle le délivre; pour le croyant, c'est la mortification pratique de tout ce qui existe naturellement en lui. Il faut que la sentence de mort soit réalisée sur tout cela, pour que la vie ne rencontre pas d'obstacle dans sa croissance et sa manifestation^
Daniel fit l'expérience que tel était effectivement le moyen pratique d'entrer dans les mqrveilles que l'Esprit de Dieu allait placer devant
hsàj d ë'eh devenir le témoin convenable. De là vient , qoe, quelle que pût être la favcor dont il jouissait t- ^ il était « un homme tiimé de Dîeu^ » il faut Tiéanmoins que la ms&H sôit réalisée par son àme. « El i}uand il m'eut dit cette pafdl^à/je me tins debout en tremblant. Et il me dit ; N« crains point, Daniel; car dès le premier joMrque tuas appliqué ton cœur à entendre et à t'^âliger en la présence de ton Dieu , tes paroles ont été exaucées , -et je suis venu à cause de tes paroles. » Il lui est alors domié à entendre comment il se faisait qu'il y avait eu un tel délai : « Mais le dief du royaume de Perse a r&isté contre mm vingt-et-un jours ; mais voici, Micaël , Tun des principaux chefs , est venu pour m'^dder, et je suis (temeuré là chez les roSs de Perse. » Ici, je croîs, c'est une autfe personne qui parle: ©e n'est pîfô le premier et gtorieuix persofimage que Daniel avait vu , mais quelqu'un, de fait un Qnge, que celui-là employait comme serviteur. Le chapitre dermer prouvera clairement qu'il y a plus que la personne envoyée ; et il est évident , d'après son langage , que cefeii qui parle est qu^qu'un de depeiKlant. Daniel est encouragé en apprenant que, dès le premier jour qu'il avait appliqué son coeur à enteiidre et à s'affîiger çn la présence de Keu, ses parotes avséent été exaucées. Il ne reçut pas la réponse le premier joOT, ni le second ; ce ne fut qu'après vin^-etun jours qu'elle arriva ; et cependant eDe avait été envoyée de Dieu dès le premier jour. Natu-
rellèmént II aurait pu là donner sur-le-champ. Mais qu'en ^rait-il résulté? D'abord» onn'duf ait pas Compris aussi clairement la lutte terrible qui est Constamment engagée entre les instruments de Dieu et les missaîres de Satan ; et ensuite aussi , la foi «et la patience n'auraient pas eu leur œuvre parfaite.
Je n'oublie point que le Saint-Esprit a été envoyé ici-bas, pdur demeurer désonrmais dans ie cœur des croyâdts d'uftc manière qui n'étadt pas connue alors. Car quoique l^sprrt dé Dieu fût toujom^ à Vœuvre dans les saints pi^dphèles et dans les saints hommes, cependant le fait de son habitation permanente ne pouvait point avoir Keu jusqu'à ce que Jésus ftit glorifié , et qu'eût été accon^lie Fcèuvrede la rédernplion, en vertu de laquelle le Saint-Esprit a été envoyé du ciel pour établir sa demeure dans le cœur de ceux qui croient , sceau de la bénédiction qui leur appartient en Christ. En sorte que, outi^ ces Sdins ô.^térieurs de la providence de Dieu si ma^nifiqHemèttt présentés id, nous, chrétieng, nious pôssédôniî cette bénie personne divine, qui fait de nos cofpè, par sa demeure en nous, le temple de Dieu. Mais les luttes ext-^îeui^esii'en ci^itînuent pas moins. Ce qui empêcha Daniel d'avoir la réponse manifeste a ses prières, peut nous émpê(^r aussi d'avoir la réponse des circonstances. Nous devons toujours compter ànmfédiatemenfr sur la réponse de la foi ; mËiis pour ce qiri en est de h réponse des circofistanoes ,
gouvernées de Dieu , de manière à donner une réponse manifeste, il se peut que nous ayons à l'attendre. C'est ce qui arriva à Daniel , et la raison nous en est donnée. Le verset 13 nous apprend que, quoique Dieu ait envoyé la réponse dès le premier jour, le chef du royaume de Perse avait résisté vingt-et-un jours, juste le temps que Daniel avait passé dans le deuil et le jeûne devant Dieu. « Mais voici , Micaël , l'un des, principaux chefs, est venu pour m'aider, et je suis demeuré là chez les rois de Perse. »
C'est évidemment un ange qui parle. Ce serait manquer à ce qui est dû au Seigneur que de supposer que c'était lui qui avait besoin de l'aide d'un de ses propres anges. Mais il était fait ici mention de Micaël, parce qu'il était bien connu pour être l'archange qui veillait particulièrement à la garde de la nation d'Israël. De sorte que quelque jeu que les gens se fassent de l'intervention et de la garde des anges, l'Ecriture n'en est pas moins parfaitement claire sur cette vérité. Sans doute le Romanisme,<îomme nous le savons, en a fait des objets de culte ; mais ia vérité ellemême est particulièrement intéressante. La parole de Dieu démontre que Dieu emploie les anges dans des services particuliers. Au reste , ce n'était pas là une vérité nouvelle. Jude mentionne comme une circonstance bien connue la dispute de Michell'archange avec le diable, touchant le corps de Moïse. La même vérité apparaît encore en celle-ci : je veux dire la vigilance
soigneuse que Micaël exerçait envers le peuple Juif. Il savait combien il était enclin à Fidolâtrie, et qu'il voudrait se faire une idole, après sa mort, de l'homme contre lequel il s'était rebellé durant sa vie* C'est pourquoi, Micaël, en tant que l'instrumeiit, de la part de Dieu, de la bénédiction d'Israël , dispute avec Satan, de manière que le corps de Moïse ne fut point trouvé — la parole de Dieu déclarant que l'Eternel l'avait enseveji quoique Micaël fût l'instrument employé par l'Eternel.
Le passage que nous étudions , nous fait voir ce rayon de lumière si intéressant jeté sur les circonstances terrestres. Les puissances de ce monde peuvent gouverner, mais les anges n'ont pas abandonné leurs fonctions. Le diable et ses anges d'un côté , et Michel et les saints anges avec lui , de l'autre, viennent de nouveau sur la scène dans le dernier livre de la Bible. Le fait que Christ est venu et que le Saint-Esprit a été donné, ne fait point disparaître celui-là. Au contraire, nous savons qu'il y aura à la fin la lutte la plus terrible entre les saints anges et les anges méchants, lorsque les cieux seront purifiés pour toujours de ces puissances malignes qui les ont souillés si longtemps. Tout cela est d'un haut intérêt , comme faisant voir la parfaite patience de Dieu. Nous savons en effet qu'il pourrait écraser d'un mot le diable et toute son armée; mais il ne le fait pas. Il permet à Satan de s'aventurer dans les cieu.\
inférieurs, et même de les posséder: et e/eat pow cela cpi'îl est appelé « le prince delà puissance de Tair^ » comme il est appelé adUeur$ «t fe prtace >» et « le Dieu de œ sièdie. » Mais j« cixws que c'est là seulement qu'il est prince* H n'est jamtis dit dans l'Ecriture que Satan soit prince dans l'enfer. C'est, il est vrai, le ttième farori des grands poètes , et aussi des petits j mais l'Ecriture Re parle jamais d'une telle chose. Ce qu*elle nous ens^gne, c'est que mahutenant sa puissance s'exwce réellement dhns les cieux ou sur la terre; mais que, quand il sera brisé, tant dans soa usm^paitîon céleste d'abwd, que dans sa puisi^mce terrestre emuite y il sera jeté dafns^ Tenfer,^ et qu'au lietot d'être roâ dans TeiH fer , il sera le plus misérable objet de la Yen** geanee de Dieu* Ce qu'il y a de soleimel, c'est ^'il règne ici à présent, et que lëshomiBes ne le sentent pas* Son règne le plus triste , le plus fatal, est celui qu'il a acquis et qu'il exerce maintenant , et tion cêxÀ qu'il possédait aupararvant. La mort de Christ, tout en étant le prin-^ cipe sur lequel il perdra plus tard toute sa puissance , a été le moyen , néanmdns y. par lecpiel il est devenu le grand pouvoir usurpar teur qui se met en travers de toutes les pensées de Dieu relativement à ce monde^ Il y a là pour nous une pensée importante. Si Dieu permet une telle chose — s'il souffre dans le ciel lui-même, la présence de ce méchant, de l'en* nemi de son Fik ~ si, âpre» la crucÛixion de
— 25ra — Christ nous voyons Dieu déployer sa kmgani* ifiité la plus grande, aa lieu d'avoir été amené par elle à enlever à Satan toute sa puissance, quelle leçon pour nous de i^ pas noms inquiéter à regard des circonstances! Aucua homme a'a faille jamais ces régions inconnues; persoâEine n'y a été pour nous en parler , excqplé la parote de Dieu qni nous les révèle. Naturetlement, nous ne savons pas tout; mais nous en savoœ assex pour voir qu'il y a cette redoutable puissance du mal en opposition avec Dieu, et que la puissance de Dieu est toujours et infinimeni plus grande que la puissance du mal. Le mal . n'est-qa'un accid^t qui est entré dans le monde par k rébellion de la créature contre Uea. Par ce mot « accident » je veux dire que la aréaturi n'interrompait que pour un temps les desseifls de Dieu, tandis qu'au foBd, cela ne servait qu'à les manifester avec plus d*éclat. Le plan de Dieu était de bénir le ciel et la terre, et ee plan tiendra* Le mal sera banm de la ocèmen^ tièra de& œuvres de Dieu, et les méchar^ souffriront I^ terribles conséquences de la re^ jection qu'ils on faite du Seul bon, et seul bienheureux.
Mais, en même temps que la certitude de tout cela a été révélée à la foi avant que Dieu exécute ce qu'il a dans sa pensée, la lutte solennelle qui se livre dans le monde invisible est découverte à nctô regards. La foi est mise aifi^i à r^reuve. Daniel avait à continuer d'attendre
de mener deuil, de prier, de répandre tout devant Dieu. Nous voyons en lui la persévérance de la foi — priant sans cesse. Et combien sa foi ne fut-elle pas récompensée ! car lorsque Tange- vient, il lui révèle ce secret sur. Tordre de TEtre glorieux qui avait apparu d'abord à Daniel. C'était le chef du royaume de Perse qui lui avait résisté vingt-et-un jours ; mais Micaël était venu à son aide.
Remarquons aussi que le verset suivant renferme une indication importante, relativement aux principaux objets que Dieu a en vue dans cette prophétie. Seulement, les personnes qui ont beaucoup lu savent ce que oe chapitre a souffert de torture par Tintroduction des pensées des hommes auxquelles on en demandait Texplicalion. Naturellement en toute première ligne on y a introduit le pape. Ensuite on n'a pas manqué non plus d'y trouver l'audacieux soldat des premiers jours de ce siècle > Napoléon. En un mot, tout ce qui, dans le monde, a présenté un intérêt extraordinaire, on a tâché de le trouver dans le chapitre xi de Daniel. Le 1 4°* verset du chapitre x fait justice de toutes les idées semblables. « Je suis venu, » dit l'ange > « pour te faire entendre ce qui doit arrivera ton peuple aux derniers jours; car il y a encore une vision pour ces jours-là. « Rien de plus clair que ces paroles. Elles sont mises comme une espèce de frontispice à la prophétie, pour faire voir que le peuple juif constitue la grande
pensée de Dieu quant à la terre, et que le sujet principal de cette prophétie est ce qui doit arriver à cette nation dans les derniers jours : la suite de l'histoire nousy est bien présentée presque depuis les jours de Daniel , mais les derniers jours en sont le sujet* En général la prophétie peut bien donner un petit gage à un avenir tout prochain, mais nous n'en voyons jamais toute la portée que dans le dernier jour; et alors c'est aux Juifs et à leur Messie que se rapportent comme à leur centre terrestre les pensées et le plan de Dieu, Je n'entends point nier que l'Eglise soit une chose beaucoup plus élevéeque les Juifs, ni que les relations de Christ avec l'Eglise soient plus étroites et plus profondes queses relations avecics Juifs.Mais vous ne perdez pas Christ et l'Eglise en croyant à ses liens avec Israël. Bien plus , si vous ne croyez pas â ces liens , vous les confondez avec vos propres relations avec Christ, et les uns et les autres sont perdus, au moins pour ce qui est d'une connaissance précise et d'une pleine jouissance. Cela vient de ce qu'on ne considère pas l'Ecriture comme un tout. On n'aurait pu tomber dans une pareille erreur, si on avait lu le chapitre x, comme étant une introduction au chapitre xi. Mais il y en a qui lisent FEcriture tout à fait comme d'autrea la prêchent. On prend quelques paroles, et on en fait le texte d'un discours qui n'a peut-être aucun rapport avec le sujet de ce passage, qui n'en a peut-être aucun avec quelqu'autre passage que ce soit
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de la Bible. Il est passible que, considérées en eilea-mêmes, les pensées queron exprimera soient vraies, mais ce dont nous avons besoin, c^est une aide pour comprendre la parole de Dieu comme faisant un tout, aussi bien que les détails. Si vous preniez une lettre d^unami et que vous vous attachassiez seulement à une phrase ou une partie de phrase que vous en auriez extraite et séparée du reste, pourriez-vous dire que vous te comprenez? Et cependant, ce que renferme rEcriture a une portée infiniriient plus grande et se rattache a infiniment plus de choses que tout ce que nous pourrions écrire nous-mêmes; et, en conséquence, il devrait y avoir des raisons bien j^s puissantes de la prendre dans sa portée ei ses relations réelles, qu'il n'y en a d'agir de la sorte pour les petites productions de notre esprit. Voilà la clé des erreuns que commettent âans rexplication de l'Ecriture bien des personnes estimables : il se peut qu'elles soient aussi dans la foi , mais pourtant il leur est difficile de s'élever au-'dessus de leurs habitudes ordinaires. La prophétie qui nous oe^îupe fait ressortiir rimpoptance du principe sur lequel je viens d'i»ister. Prenez les livres ordinaires qui ont été écrits sur die, n'importe quand, où, et par quels auteurs , et vcmîs verrez qu'ils s'efforcent surtout de la rapporter à leur époque comme à son peint central. Nous trouvons ici même la ré-« Ipcfose à toutes ces vues erronées. Ce n'est ni Etonoy m la papauté, ni Naipciéoti, qui con^^
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tue le sujet de la prophétie, mais bien « ce qui doit arriver à ton peuple {le peuple de Daniel, les Juifs), aux derniers jours.
Nous trouvons donc Daniel exprimant, avec humilité de cœur son incapacité pour recevoir de telles communications. D'abord, quelqu'un ayant la ressemblance d'un homme touche ses lèvres et il est instruit à parler au Seigneur. Il confesse sa faiblesse , et déclare qu'il n'a conservé aucune vigueur. Mais « Celui qui ressemblait à un homme me toucha de nouveau , et me fortifia et me dit : Ne Crains poitit, homme qui es reçu en grâce ! Paix soit avec toi , fortîfie-toi , fortifie-toi^ dis-je. » Les hommes sont absolument incapables de profiter de la prophétie, jusqa*à ce qu*ils soient complètement établis dan^ k paix , jusqu*à ce que leurs cœurs con*naissent là véritable source de la force. Nous voyons ici qu*il faut que Daniel soit mis sur ses pieds , que sa bouche soit ouverte , que ses craintes soient dissipées avant que TEternel puisse lui dévoiler l'avenir ; il faut que son cœur soit en parfaite paix dans la force de TEternel et dans la présence de son. Dieu. Le trouble de Tesprît, le manque d'une paix bien établie, sont pour beaucoup plus qu'on ne le pense dans le peu de progrès que Ton fait dans l'intelligence de plusieurs portions de la parole de Dieu, H ne suffit pas d'avoir la vie et l'Esprit de Dieu, mais il feut que la chair soit brisée et qu'oA se repose simplemeïil, paisiblement, dans le Seî-
gneur. Daniel a à passer à travers toute cette scène, pour devenir propre à ce qu'il doit apprendre ; et dans notre mesure il en est de même de nous. Il faut que nous réalisions cette même paix et cette même force dans le Seigneur, Si la venue du Seigneur est un sujet de terreur pour moi parce que je ne suis pas sûr de la position que j'aurai devant lui , comment puisje sincèrement me réjouir qu'elle soit si proche? Il y aura dans mon esprit un obstacle à ce que j'arrive à comprendre clairement la pensée de Dieu sur ce sujet. Et ce défaut d'aptitude ne tient point à ce que Ton manque de connaissance, mais au fait que l'on n'est pas entièrement établi dans la grâce, que l'on ignore ce que nous sommes en Christ-Jésus. N'importe quelles autres choses il peut y avoir, rien ne suppléera à cette triste lacune. Je parle de ceux qui sont vraiment chrétien , car quant aux simples savants qui se mêlent de ces matières»
c'est aussi complètement en dehorsde leur sphère, qu'il le serait pour un cheval de prétendre juger du mécanisme d'une montre. « L'homme animal ne reçoit pas les choses qui sont de l'Esprit de Dieu.... et il ne peut les connaître, parce qu'elles se discernent spirituellement : ^ ce n'est qu'un Scribe de ce siècle qui se mêle de ce qui appartient à un autre monde.
Maintenant nous trouvons un tableau rapide de ce qui devait arriver à Israël aux derniers jours. Le personnage qui parle est le même ici qu'au
chapitre x* « Or, en la première année de Darius le Mède, j'assistais pour raffermir et le fortifier. Et maintenant aussi je te ferai savoir la vérité : Voici , il y aura encore trois rois en Perse. » C'est la succession des monarques persans depuis Cyrus qui nous est donnée là* L'Ecriture nous enseigne qui ils sont, quoique leurs noms ne soient pas mentionnés ici. Je voudrais vous renvoyer à Esdras iv, où vous verrez qu'il est fait mention de ces mêmes trois rois. EnEsd. iv, l'occasion de les nommer vint des efforts que firent les ennemis d'Israël pour arrêter la construction du temple : « Et même ils avaient à leurs gages des gens qui leur donnaient conseil, afin de dissiper leur dessein pendant tout le temps du règne de Cyrus , roi de Perse, jusqu'au règne de Darius, roi de Perse. >» Or, pour comprendre ce chapitre, il faut vous souvenir que depuis Je verset sixième jusqu'à la fin du verset 23 , c'est une parenthèse. Le commencement et la fin du chapitre sont relatifs aux événements qui se passèrent sous le règne de Darius. Mais l'Esprit de Dieu revient en arrière, pour faire vpir que ces ennemis d'Israël avaient été i l'œuvre depuis les jours de Cyrus jusqu'à ceux de Darius. Par conséquent, dans la parenthèse formée des versets 6-23 inclusivement , vous avez les divers monarques qui s'étaient succédés les uns aux autres entre Cyrus et Darius , et sur l'esprit desquels les adversaires s'étaient efforcés d'agir. « Pendant le
— 4«ft — règne d'Assuérus » c'estnà-dlre, le successeur àt Cyrus, âppdé Câmbyse dans Thistoire profane «< au commencement de son règne, ils écrivirent une accusation calomnieuse contre les habitants de Juda et de Jérusalem. » Puis vient te nom de Tautre roi : « Et du temps d'ArtaxercèSjBislam, Milhredat, Tabéèl, écrivirent, etc.»» C*iBst un personnage différent de TArlaxercès mentionné dans Néhémie et qtii vivait à une époque plus récente. Celui-ci porte dans Thistoire profane le nom de Smerdis le Mage; il acquit, pour un certain temps, la couronne par de mauvais moyens, et prêta roréille aux accusations portées contre les Juifs. Cet usurpateur fut mis à mort au moyen d*une conspiration, à la tête de laquelle se trouvait Darius, non pas le Mède, de Daniel , mais le Perse, dont parle te livre d*Esdras , et dont le Tiom historique est Darius fds d^Hïstaspe. Il suit immédiatement les deux qui précèdent , en sorte que ces trois rois mentionnés en Esdras iv répondent parfaitement aux trois de Daniel xi; %, C'est ainsi qu'une partie de l'Ecriture jette de ïa lumière sur une autre, sans qu'il soit du tout nécessaire de recourîr au territoire de l'homme.
« Voici , il y aura encore trois rois en Perse « Xîe sont ceux qui succédèrent à Cyrus et qui sont nwnmés dans l'Ecriture comme nous rayons vu : Aàsuéru§, Artaxercès et Darius, et dânè fhfertoîre profane, Cambysô, Smerdis te Mage et Darios fils d'HistaSpe. ^ Puis, le quatrième
possédera de grandes richesses par^ssus tous ; el s'étant fortifié par ses richesses, il soulèvera tont le monde contre le royaume de Javan. »
Il s'agit là du célèbre Xercès , qui souleva tout le monde contre la Grèce. Ceci confirme une idée émise à l'occasion d'une vision précédente, que c'était en représaille de l'attaque des Perses contre la Grèce , que le bouc venait contre la Perse avec une telle fureur. Xercès fut l'auteur de cette grande entreprise. La réputation de ses richesses est proverbiale , et nul événement ne fit alors sur le monde une aussi profonde impression que cette expédition contre la Grèce, et les conséquences qu'elle eut. Ensuite au verset 3, la Perse, le bélier du chapitre viii) est laissée là , et nous avons le bouc de ce même chapitre ou plutôt sa corne. « Et un roi puissant se lèvera, et dominera avec une grande puissance et fera selon sa volonté. » C'est là Alexandre. « Et sitôt qu'il sera en état, son royaume sera brisé et partagé vers les quatre vents des cieux. » Cela fut accompli réellement à sa mort : l'empire Grec fut subdivisé alors en plusieurs fragments. •< Et ne sera point pour sa race , ni selon la domination avec laquelle il aura dominé : calr sort royaume sera extirpé et sera donné à d'autres outre ceux-là. ^ n ne devait pas y avoir seulement un chef se débarrassant de la famille d'Alexandre et prenant possession de son royaume. Ce royaume devait être divisé en uil certain nombre de parties, plus particulièrement eïi quatre, et de ces
quatre divisions deux devaient acquérir une importance immense» Mais qu'est-ce qui constitue ici leur principale importance? Lorsque Dieu parle des choses qui ont lieu sur la terre , c'est toujours d'après Israël qull les mesure, parce que Israël est le centre des voies de Dieu relativement à la terre.
De là vient que ce sont les puissances qui ont à faire avec Israël , qui ont de l'importance aux yeux de Dieu : et telle est la raison pour laquelle il n'est rien dit des autres royaumes , et qu'il n'est parlé que de celui du Nord et de celui du Midi. Mais pourquoi sont-ils désignés de cette manière. La Palestine est le lieu dont Diçu tient compte. L'expression roi du Nord désigne le nord du pays sur lequel sont arrêtés les regards de Dieu , et la puissance du sud désigne le sud du même pays. On nomme communément ces contrées la Syrie et l'Egypte.
C'est à ces deux divisions de l'empire d'Alexandre que tout le chapitre se rapporte , les autres étant laissées de côté. La prophétie ne prend connaissance que de celles qui eurent à faire avec Israël. Il nous est dit maintenant que * le roi du midi sera fort puissent. >» — C'est le personnarge bien connu comme un des Ptolémées ou Lagides — « et un de ses chefs »
{vers, angl.); c'est-à-dire, un des généraux d'Alexandre. « Mais un des principaux chefs sera plus puissant que lui, et dominera, et sa domination sera une grande domination. » Celui-
ci est une autre personne , le premier roi du nord qui s'élève en force au-dessus de Ptolémée. L'histoire profane le nomme Séleucus. Il est souvent question dans les Macchabées des descendants de ces deux- rois et de leurs querelles, et on y trouve des récits détaillés des transactions prédites dans ce chapitre; mais les quelques paroles de Dieu nous en disent infini- •ment plus et mieux là-dessus que les longs récits de l'homme.
Mais voyons un peu quelques-uns de ces événements. « Et au bout de certaines années ils (les rois du nord et du midi) s'allieront. Et la fille du roi du midi viendra vers le roi de l'aquilon pour redresser les affaires. » Une remarque avant d'aller plus loin : ce n'est pas le même roi du nord , ni le même roi du midi que nous rencontrons dans tout le cours de ce chapitre , mais c'est un grand nombre de rois différents. C'est toujours le même titre officiel qui continue, ainsi qu'on s'exprime en langage de droit : Le roi, ou la reine, ne meurt jamais. C'est précisément de cette manière que nous devons voir la chose ici. Ce verset 6 en est un exemple.
« Et au bout de certaines années ils s'allieront. *► Il ne s'agit pas des mêmes rois du nord et du midi que dans le verset 5 , mais de leurs descendants. « Au bout de certaines années, ils s'allieront; car la fille du roi du midi viendra vers le roi l'aquilon pour redresser les affaires. >► Ils ne font pas seulement une aUiance, mais- un
mariage entre leurs familles* *^ Mais elle ne retiendra point la force du bras. » La tê^ative d^établir- une entente cordiale ^rtre la Syrie et TEgypte, au moyen d'un mariage^ manquerait complètement. Il va sans dire que lliistoire a parfaitement vérifié cela. Il y a eu un tel mariage, et le roi du nord se débarrassa de sa première femme afin d'épotiser la tille du roi du midi. Mais les affaires n'en devinrent que • pires. Ils avaient espéré terminer par ce moy^a leurs sanglantes guerres, mais en réalité il ne fut (Satre eux que le principe d une iniimtië incomparablement plus profonde. Selon ce que nous lisons ici : « Mais elle ne retiendra point la force du bras, et ni elle, ni son braa ne Bubsisterotit point y mats elle sera livrée ^ et c^x aussi qui l'auront amenée, et celui qui sera né d'elle et qui la fortifiait en ces temps-là^ Maia le soutien du royaume du midi s'élèvera d'un rejeton des racines d'elle, et viendra à l'année et entrera dans les forteresses du roi de l'aquilon ,. et y fera de grands exploits ^ et se fortifiera, H Ce n'était pas sa semence, mais son frère, delà même Ùgnée qu'elle. Elle était une brandie, et lui une autre. Le frère de cette Bérénice , fille du roi d'Egypte, vient pomr venger le meurtre de sa soeur, et a le dessus sur le roi du Nord. Ce qui suit confirme l'explicatic^fi . qm- nous avons donnée de ce qu'il faut entendre par le royauïne du midi. ^ Et même il emmènera captif? en Egypte leurs dieux avec
les vaisseaux de leurs aspersions et ^vec leurs vais&eaux précieux d'argent et d'or ; et il subsistera qud<pies années de plus que le roi de TaqwSon. » « Et le roi du midi entrera dans son royaume; mais il s'en retournera en son pays. » L'Egypte triomphe un certain temps, mais la fortune devait bientôt chaîner. Mais les fils de celui-là entreront en guerre, et assembleront tine multîtude de grandes armées. Puis l'un d'eux viendra cert^nement (l'autre a disparu) eï se répandra , et passera ; il retournera , di&-je,. et s'avancera en bataille jusqu'à la forteresse d» rw du midi. Et le roi du midi sera irrité. * Vient maintenant une autre guerre^ d'une date postérieure : quand le roi du midi rend le coup du roi du nârd. « Le t( du midi sortira et combattra contre lui : savoir, contre le roi de l'aquilcm'; et il assemUera une grande multitude, et cette multitude sera livrée entre les maiœ du roi du midi. » L'Esprit de Dieu se réfère là, à plusieurs faits remarquables. Les deux principaux auteurs sont les rois dé Syrie et d'Egypte. Mais il y a le pat^s qui se tro%ve etUîT etuî, une espèce de pierre pesante pour ces rois qui en font leur champ de bataille, qui appartenait toujours au vainqueur. Si le roi du nord était victorieux , la Palestine était soumise à ia Syrie, et il en était de même si le roi d'Ë-^ gypte l'emportait. Mai$ Dieu ne laissait jamais en repos ceux qui s'^emparaieni de sa terres Des mariages et des allianees pouvaient intearvenif
entre eux , mais cela ne servait que de prélude à des explosions plus graves: les frères, les flls, les pelîls-fils , reprenant les querelles de leurs parents. * L'Ecriture ne peut être anéantie. >• Tout était là clairement exposé d'avance. « Et après avoir défait cette multitude, il élèvera son cœur et abattra des gens à milliers; mais il ne sera pas fortifié. ^ Puis nous voyons que le roi du nord « reviendi^a et assemblera une plus grande multitude que la première; et au bout de quelque temps , savoir de quelques années , il viendra (certainement avec une grande armée et un grand appareil. Et en ce temps-là, plusieurs s'élèveront contre le roi du midi ; et les hommes violents de ton peuple s'élèveront afin de confirmer la vision. >» Laissez-moi attirer l'attention sur ces paroles. Elles répondent tout d'abord à cette question qu'on pouvait me faire : comment savez-vous que le peuple de Daniel ne signifie point le peuple de Dieu dans un sens spirituel? La réponse se trouve dans ces mots : « les violents de ton peuple. » Cela Ole tout prétexte à l'allégation d'un sens spirituel; car dans ce cas, il serait difficile de parler d'hommes violents {vers, ang., voleurs) et confirme le fait, qui ne doit pas avoir besoin d'autres preuves, que, par le peuple de Dieu, c'est le peuple juif qu'il faut entendre et rien d'autre. Nous apprenons ici que quelques-uns d'entre les Juifs sont en relation avec un de ces rois du nord qui font la guerre. Ils sont appe-
lés « les violents de ton peuple, » et prennent le parti d'Antiochus , le roi de l'aquilon, contre Ptolémée Philopator, ou plutôt son fils; mais ils sont tous anéantis. Le monarque syrien pouvait nourrir lespoir que par Tintroduction dé ce nouvel élément , par suite du fait qu'il gagnait l'appui des Juifs, Dieu serait peut-être avec lui. Mais non. Ils étaient les voleurs du peuple, — infidèles à Dieu et ne tenant point ferme leur séparation d'avec les Gentils. Il se peut qu'eux au^si pensent confirmer la vision, « mais ils tomberont. »
« Et le roi de l'aquilon viendra et fera des terrasses et prendra les villes fortes; et les bras du midi , ni son peuple d'élite ne pourront point résister, car il n'y aura point de force pour résister. Et celui (vers, angl.) qui sera venu contre lui fera seloa sa volonté (c'est-à-dire le roi du nord), et il n'y aura personne qui tienne ferme devant lui; et il s'arrêtera au pays de noblesse ; et il y aura consomption par sa force. » Une autre chose remarquable qui nous est présentée là , c'est de voir comme l'Esprit de Dieu tient encore à l'importance de cette petite bande de terre — le territoire de la Palestine. C'était le don de Dieu au peuple de Dieu. Quelque déplorable que soit sa condition, c'est encore le pays glorieux. Dieu ne se repent pas de ses desseins. * Il élira encore Israël , et les rétablira dans leur terre. >• Et si, lorsqu'il est question des desseins terrestres de Dieu , il tient à eux de cette
imnière en dépit 4e tous les obstsfcteg, qae ne fetii4-4l pôfe pour soft people céleste? Qui pourrail do€rtef qu'il le conduise i la gloire duciël?
^ Puis il toarnera sa face pour ento€rpi«^iDri5e ^ns le royaume de celui-là , et ses mCfoif^ iront bien , et il fera de grands, exploita » et il ioî devinera une filte de femmes , pour rumer k myamne ; ^ais cela ne tiendra poitit ^ et elle lue sera point pour lui. >» C'est là une sftitre tentotàve de mariage ; seuleme^^t c'est l'iaversè de ia première fois. MainteftaM ce n'e^ pas la fille Ai roi du midi qui vient vers le rm du iîOrd , Mais c'est le roi du nord qui donne sa fille Cléopâtre au roi du midi, dans l'espéraftee (fU'elle iwaiiriiendra Tintluenee de la Syrie à la cottr d'Egypte. C'esteeqae signifieiitlesparolôà « pt^r ruiner le royaume » (ou selon la 'ùets^ ân^L « b corrompant »)> P^^^e 'que c'était évideîiftmi^t contraire à Tessence même du lien du lâlàriage : c'était une fent^âlive de son père pour la fâii»e servir à ses desseins politiques. * Mais cefet fie èiendra point, et ne sera point pow liA. * Tous les moWles, tous les prétextes, — les {flus ittlimes secrets de leurs coeurs, sortt manifescés ici. ïly a-ùne autre honte, qui n'est pas <îo»nfltte de IMeu Bellement, mais qui esft rérélée à «es servîteurs.
•« Ptiis il townei^a sa face V€^rs kfe îles , ël^cm prendra plusieurs. Sfois un capitaine r^igera de ces&erropprobreqtfil faisait, et outre c^*^/il fera retomber sur lui son^^pp^ob^e. « G'éôf-^-
dire qa'Antiochus intervient idans les affaires de la Grèee , et prend plusieurs îles ; mais cet autre câpîtanie, poar liire cesser ropfwtAre, prend sur lui la lutte contre le roi du nord. Nous avons ici Tairivée ^ scène d'une aouvetle puissance — la première aliusion aux Romains. Ce capitaine qui vient contre le roi du nord pour faire cesser Topprobre, désigne un consul romain. Il ne lui permet pas de toucher la Grèce. Ce fut un des Scîpions qui intervint ainsi. « Puis il tournera visage v^rs les forteresses de son pays, il heurtera, i\ sera renversé , et il ne sera plus trouvé. It est obligé de retourner en Syrie, mais il heurtera et sera renversé.
« Et un autre sera établi en sâ place, qui lèvera des taxes dans fe majesté royale >* ^rs. a^.). Les Romains, qui avaient défait le père, obligèrent le iils à payer un lourd tribut anuud. C'est tout ee que fit le pauvre homme durant sa vie. «■ Et en sa place il en sera établi un autre ^ui lèvera des taxes.... et il sera détruit dans peu de jours , mais non dans une rencontre, ni dans une bataille. >» Il fut tué par un de ses propres fits. « Et en sa place il en sera établi un atrtrequi sera méprisé, auquel on ne donnerapoint f honneurroyal ;maisilviendraen paix, et il occupera le royaum?e par des flatteries. Et les bras des grandes eaux seront engloutis par un déluge devant feii , et seront rompus ; et il sera le chef d'un accord. Mais après les accords faits avec toi , il usera die troiwperie , et il mon-
tera, et se renforcera avec peu de gens, ^ Cest ici l'homme qui typifie le dernier roi du nord , appelé dans l'histoire profane Antiochus Epiphanci d'un caractère moral abominable, mais très-connu par ses rapports avec les Juifs, d'abord marqués par la flatterie et la corruption, et plus tard par la violence. C'est sur lui que l'Esprit de Dieu s'arrête le plus, parce qu'il se mêla le plus des affaires d'Israël , du pays de noblesse et du sanctuaire; ce fut lui qui introduisit par la force l'idolâtrie dans le teniple lui-même, en établissant même dans le saint des saints une statue qu'on devait adorer. Voilà ce qui lui donne de l'importance. Autrement il fut un homme peu connu, sauf pour son audacieuse méchanceté. Rien de plus simple : son histoire ne consiste qu'en intrigues, premièrement contre le roi du nord, et ensuite contre les Juifs; et en diverses expéditions dans quelques-unes desquelles il eut du succès au commencement, mais dans la suite fut complètement défait. « Il entrera dans les lieux gras d'une province alors paisible, et il fera des choses que ses pères,
ni les pères de ses pères n'ont point faites
Puis^il réveillera sa puissance et son cœur contre le roi du midi avec une grande armée, et le roi du midi s'avancera en bataille, avec une très-grande et très-forte armée, mais il ne subsistera point. » Ces rois tâchent de former des desseins l'un contre l'autre ; mais tout est renversé. « Et le cœur de ces deux rois sera
adonné à s'entre-nuire , et ils parleront en une même table avec tromperie, ce qui ne tournera point à bien ; car il y aura encore une fin au temps ordonné. Après quoi il s'en retournera en son pays avec de grandes richesses, et son cœur sera contre la sainte alliance, et il fera de grands exploits, puis il retournera en son pays (c'e^t-à-dire , dans le Nord.) Ensuite il retournera au temps préfix, et il viendra contre le Midi; mais cette dernière expédition ne sera pas comme la précédente. » Suivent alors d'autres détails. « Car les navires de Kittim viendront contre lui. » Ce sont ces infatigables Romains qui interviennent encore. Ils avaient arrêté son père quand il avait attaqué la Grèce ; et maintenant que le fils avait mis la main sur la gorge de sa proie, voilà que le consul romain arrivait et lui défendait aussitôt de rien faire de plus. Ainsi que chacun le sait, comme Tartiticieux monarque cherchait à gagner du temps pour échapper, le consul traça un cercle autour de lui, et exigea, avant de l'en laisser sortir, une réponse aux demandes de Rome. Le roi fut obligé de la donner, et ce fut le coup de mort de toute sa politique. Il retourna dans ses états comme un misérable défait, le cœur tout furieux, quoique gardant, en présence des Romains, une humble apparence. Il s'en va donc pour répandre sur les Juifs toute la colère de son cœur,, conformément à ces paroles : - ce dont il sera centriste , et il s'en retournera , et
il sera irrité contre la sainte alliance , et fera de grands exploits, et retournera, et s'entendra avec les apostats de la sainte alliance. ^ Tout pauvres que fussent les Juifs, ils étaient les seuls témoins qu'il y eût pour Dieu sur la terre, et ce roi se hâte de répandre sa fureur sur tout ce qui, parmi eux, rendait témoignage à Dieu. C'est ce qui tîausa sa ruine et amena sur lui la vengeance de Dieu. « Il retournera et s'entendra avec les apostats de la sainte alliance. Et les forces seront de son côté, et on souillera le sanctuaire qui est la forteresse, et on ôtera le sacrifice continuel, et on y mettra l'abomination qui causera la désolation. ^ Il abolira le service juif, et établira une idole^ •« l'abomination qui cause la désolation » dans le temple de Jérusalem.
C'est une erreur de supposer que cela est .
relatif aux derniers jours. C'est seulement un type de ce qui aura lieu alors. La dernière partie du chapitre et le chapitre suivant , traitent du dernier jour dans le sens véritable du mot. Mais nous avons ici le point de transition de ce qui est passé à ce qui est à venir. Nous descendons par un ordre historique régulier jusqu'à Antiochus Epiphane , et là nous trouvons une grande lacune. L'Ecriture elle-même le donne à entendre. Mais Antiochus fit sur une petite échelle ce que fera sur une plus grande le grand dernier roi du nord du dernier jour. Il est dit, verset 35... « savoir au temps de la
fin , car cela est encore pour un temps déterminé. » [vers, angl.) Dieu s'arrête là , comme s'il disait , Je suis arrivé à Thomme qui vous montre en type ce qui vous arrivera aux derniers jours ; et c'est la raison pour laquelle II ippuie si fortement sur ce roi, en leur exposant Textrême méchanceté de son cœur et de sa conduite. L*Esprit interrompt alors le cours de l'histoire , et arrive immédiatement à la dernière scène.
Mais nous devons réserver ceci pour une autre étude. Ce que nous venons de voir, prouve que quelque générale que soit ailleurs l'esquisse des événements. Dieu peut donner et donne quelque fois, dans une prophétie, des détails singulièrement minutieux , et qu'il ne le fait nulle part, autant que dans ce même chapitre. Et . quelle est la grande objection que les incrédules * soulèvent contre lui? Qu'il doit avoir été écrit après que les événements eurent eu lieu! D est sûr qu'il n'y a pas d'historien qui nous donne sur ces temps un admirable récit tel que celui que nous avons dans ces quelques versets. Si j'ai besoin de connaître l'histoire de ces deux monarchies en lutte, la Syrie et l'Egypte, il faut que je m'adresse à Daniel. Combien nous pouvons-nous confier entièrement pour toute chose à la parole de Dieu? Il se peut que c'est un^ exception à sa règle générale, quand il donne tant de détails sur les rois du nord et du midi; mais il agit ainsi quelquefois. La grande chose
qui fait Tobjet de ses soins , ce sont les âmes de ceux qui lui appartiennent Puissent nos cœurs répondre à Tintérêt qu'il nous porte !