‹ Livre du prophète Daniel: traduit de l'AnglaisChapitre 6 sur 7 · CHAP. XI · texte numérisé non relu

CHAP. XI

A partir du verset vingt-et-unièmc c'est l'histoire du roi du nord, connu sous le nom d'Antiochus Epiphane, que ce chapitre nous a présentée. L'Esprit de Dieu est entré à son sujet dans beaucoup plus de détails, parce que ce roi, particulièrement sur la fin de son règne, s'étant mêlé des affaires des Juifs , de leur ville et de leur sanctuaire, sa conduite donnait lieu ' à voir en lui un type du dernier roi du nord, qui suivra les errements de ses prédécesseurs, sauf que son crime sera incomparablement plus grand aux yeux de Dieu — si flagrant même, que son jugement ne peut plus tarder. Ceci explique une circonstance qui a souvent embarrassé les personnes occupées de l'étude de la prophétie de Daniel. Il est question, dans l'histoire prophétique d'Antiochus, d'une abomination de désolation (xi, 31); et on a supposé généralement que c'est à ce passage que notre Seigneur fait allusion en Math, xxiv, 15. Ceux qui pla-

cent dans l'avenir l'accomplissement de (îette abomination ont cherché à le concilier avec les faits, en supposant que dans l'histoire d'Antiochus, l'Esprit de Dieu avait fait, par anticipation, comme une enjambée sur l'histoire du personnage à venir que ce roi représentait. Mais à mon avis il n'est point nécessaire que quelque chose d'aussi peu naturel ait eu lieu. Antiochus Epiphane n'était qu'un type, et le verset 31 ne va point au delà de son histoire, sauf en tant que ligure d'un événement futur.

En d'autres termes, jusqu'à la fin du verset 31 , tout est strictement historique — naturellement type de l'avenir, mais rien de plus. Et en conséquence la réponse à la difficulté que i}uelques-uns trouvent , dans la citation que notre Seigneur fait d'après leur supposition de Daniel XI, 31 , est réellement aussi claire que possible. Il ne cite point ce verset là. Le passage auquel il fait allusion est dans le chapitre xii..Au chapitre XII , 11, vous trouverez une expression pareille à celle que nous avons ici : « Or , depuis le temps que le sacrifice continuel aura été ôté, et qu'on aura mis l'abomination qui cause la désolation , il y aura mille deux cent quatre-vingt-dix jours. » Nous avons hViine date précise qui rattache cette dernière érection de ridole qui amène la désolation, avec la délivrance prédite par notre Seigneur, en Math, xxiv; et précisément l'épreuve la plus terrible de Jacob est ce qui précède sa délivrance. Il y a plus

d'une raison pour croire que c'est effectivement ce passage de Daniel nii que cite notre Seigneur; et quelques-unes tiennent à des considérations qui sont plus du ressort de Tétude que de celui du ministère public de la Parole. Mais en résumé, les expressions que le Saint-Esprit emploie au chapitre xi, 31 et au chapitre xn, 11 , sont différentes. Au chapitre xi , 31 , les termes signifient Tabomination de celui qui désole, ou du désolateur : tandis qu'au chapitre xn, 11, la véritable signification est celle qui est donnée par les paroles de notre Seigneur — non pas l'abomination de celui qui rend désolé, mais « l'abomination de la désolation. » Ce sont donc deux phrases distinctes. Quoiqu'il y ait entre elles de la ressemblance, il y a aussi de la différence; et cette différence suffit pour faûre voir que notre Seigneur ne parlait pas de l'abomination érigée par Antiochus , mais de celle dont fait mention le chapitre xn. Il n'y a donc pas réellement de difficulté à lever; parce que la désolation dont il s'agit dans le chapitre xi est passée , et que celle (chapitre xn) sur laquelle notre Seigneur attire l'attention, est une désolation à venir.

D'autres considérations encore prouvent que la chose est ainsi. Les versets qui suivent, par exemple, nous présentent un état de choses différent de celui qui existera lors de la future tribulation d'Israël. « Et il fera pécher par flatteries ceux qui se porteront méchamment dans

^alliance ; mais le peuple de ceux qui connaîtront leur Dieu, se fortifiera et fera de grands exploits. » Or, nous voyons d'après l'Apocalypse et d'autres parties de l'Ecriture qui traitent de l'avenir d'Israël, que le résidu fidèle peut difficilement être dit faire de grands exploits. 11 aura à souffrir; mais je ne pense point que des actes de puissance caractérisent de cette manière les personnes béùies, appelées à passer par la crise terrible de l'avenir. Aux jours d'Antiochus, il ne s'agissait pas tant de souffrir que « de se fortifier et de faire de grands exploits; » — précisément ce qui fut vrai des Macchabées et d'autres qui, incontestablement, furent moins une troupe de martyrs qu'un corps d'hommes qui excitèrent le courage d'Israël et résistèrent au cruel et profane fléau dé cette époque. Puis, voici d'autres paroles : « Et les plus intelligents d'entre le peuple , donneront instruction à plusieurs ; et il y en aura qui tomberont par l'épée et par la flamme , ou qui seront en captivité et en proie durant plusieurs jours. » Une longue période, remarquez^le , de souffrance et de trouble succède à l'explosion de courage et de vaillance qui a eu lieu contre le désolateur, et cela continue encore dans d'autres versets. « Et lorsqu'ils tomberont ainsi, ils seront un peu secourus; mais plusieurs se joindront à eux sous un beau semblant, et quelques-uns de ces plus intelligents tomberont, afin qu'il y en ait d'entre eux qui soient rendus éprouvés , qui soient

épurés, et qui soient blanchis, jusqu'au temps de la fin; car cela est pour un temps déterminé, » paroles qui montrent clairement que ces choses se passent avant le temps de la fin. L'Esprit de Dieu signale là des événements qui ont été déjà accomplis; et ensuite nous trouvons le tableau fie la désolation terrible qui va, comme il vient de nous être dit, « jusqu'au temps de la fin. >» J'en conclus que l'Fsprit de Dieu fait ressortir la désolation qui tomba alors sur Israël, et la souillure du sanctuaire, dont se rendirent coupables Antioehus ou ses généraux. Tout- cela rappelait vivement les scènes des derniers jours ; mais en même temps, il y était ajouté certaines autres circonstances qu'on ne devait pas attendre pour ces jours-là. En d'autres termes, nous arrivons ici à ce que l'on peut appeler la longue et lugubre lacune qui sépare l'histoire passée d'Israël et ses luttes dans son pays contre les attaques des peuples voisins, de la grande crise des derniers jours. C'est le point où l'interruption a réellement lieu. Certains désastres devaient continuer « jusqu'au temps de la fin ; car cela est encore pour un temps déterminé. » Il n'y a pas dans le chapitre de point où l'interruption de Thistoire puisse se placer aussi convenablement qu*à la suite du verset 35.

Mais maintenant , au verset 36 , nous trouvons tout à coup un personnage brusquement introduit sur la scène. 11 ne nous est pas dit

qui il est , ni d'où il est venu ; mais le caractère qui lui est attribué , la scène qu'il opcupe, l'histoire que l'Esprit de Dieu raconte en rapport avec lui, tout annonce, avec trop (Je clarté, que c'est le roi terrible qui s'établira dans' le pays d'Israël, en opposition personnelle avec le Messie d'Israël , le Seigneur Jésus. C'est de lui que notre Seigneur parlait aux Juifs , quand il leur disait, que s'ils le rejetaient, lui qui était venu au nom de son Père , ils en recevraient un autre qui viendrait en son propre nom. Et ce n'est pas non plus le seul passage de l'Ecriture où ce même faux Christ, ou plutôt eet Anti- Christ ( car il y a une différence entre ces termes ) soit désigné comme « le roi. » Non-seulement il lui est fait allusion plusieurs fois sous d'autres épithètes, mais dans la première grande prophétie de l'Ecriture, celle d'Esaïe, il est introduit d'une manière aussi brusque. Esaïe, xxx, parle d'un ennemi d'Israël appelé l'Assyrien. Sans doute , si nos regards se portent dans le passé , Sennachérib était en ce temps-là le chef des ennemis des Juifs. Mais il ne fait que fournir à l'Esprit de Dieu l'occasion de révéler le futur et dernier adversaire dlsraël. C'est sa chute qui nous est présentée ici. « Car l'Assyrien, qui frappait du bâton, sera effrayé par la voix de l'Eternel. Et partout où passera le bâton enfonce dont l'Eternel l'aura assené, et par lequel il aura combattu dans les batailles à bras élevé , on y entendra des tambours et des harpes. » Â

la suite de cette victoire il y aura grande joie pour Israël : au lieu du cortège de maux que la plupart des victoires amènent avec elles , cellelà sera suivie d'une véritable joie devant le Seigneur. « On y entendra des tambours et dee harpes. » Il y aura pour Tennemi une misère d'une proportion analogue. Quelquefois, cependant, il tombe sur l'orgueilleux ennemi, une misère plus terrible que la destruction temporelle, et qui est sans fin; « carTophetest déjà préparée , et même elle est apprêtée pour le roi : Il l'a faite profonde et large; son bûcher, c'est du feu et force bois , le souffle de l'Eternel l'allumant comme un torrent de souffre. >» Cette manière de traduire peut laisser quelque obscurité dans l'esprit, et faire supposer que l'Assyrien et « le roi >» étaient la même personne. Voici la vraie manière de rendre l'original : « Elle est préparée aussi pour le roi » — c'est-à-dire, Tophet est préparée pour l'Assyrien , mais de plus, pour LE ROI aussi; précisément, comme dans notre passage, de Daniel , nous trouvons l'Assyrien, ou le roi du nord d'un côté, et « le roi » de l'autre. La même fin terrible les attend tous les deux. Mais je n'y fais allusion maintenant que pour faire voir que l'expression « le roi » n'est pas sans précédent dans l'Ecriture, et qu'elle s'applique à un personnage bien connu, que la prophétie enseignait les juifs à attendre. Par une juste rétribution de la rejection qu'ils avaient faite du vrai Christ, Dieu les

livrerait à Tesprit d'aveuglement qui leur ferait recevoir TAntichrist. C'est là « le roi. » Il s'arrogerait les droits royaux du roi véritable, de rOint de Dieu. Tophet était apprêtée pour le roi du nord , et aussi pour « le roi. »

Mais il y a encore d'autres passages. En Esaïe LVH, il nous est présenté d'une manière aussi soudaine. Le chapitre lv décrit les qualités morales que Dieu produira tians son peuple. Puis, le chapitre lvii nous montre l'état d'iniquité terrible dans lequel se trouvera alors Israël. Mais en ce jour-là. Dieu ne voudra plus supporter autre éhose que la réalité , et c'en sera fini des formes de la piété^ servant de voile à l'impureté et à l'impiété. C'est là que « le roi » nous est soudainement présenté ( verset 9. ) « Tu as voyagé vers le roi avec des onguents précieux, et tu as ajouté parfums sur parfums ; tu as envoyé tes ambassades bien loin, et tu t'es abaissée jusqu'aux enfers. >» Avoir à faire avec lui, s'était s'abaisser jusqu'aux enfers. Rien d'étonnant que Tophet fut apprêtée « aussi pour le roi. » Tout cela prouve que dès le commencement, il y avait devant l'esprit d'Israël un être à l'égard duquel l'Esprit de Dieu lui enseignait à s'attendre qu'il régnerait sur le pays dans les derniers jours, et qui est appelé « le roi. »

Ceci nous fournit en même temps, pour Daniel XI, un fil d'une grande importance. Nous sommes arrivés au temps de la fin : la lacune

est franchie , la longue et sombre nuit de la dispersion d'Israël est bien près d'être passée. Les Juifs se trouvent dans le pays» Mais dans quelle condition? Est-ce sous Christ qu'ils y sont? Hélas! avant qu'il en soit ainsi, il faut qu'il s'y passe une autre et terrible scène. « Le roi » dont nous venons d'entendre l'Ecriture nous parler, se trouve là, et sa conduite est juste celle que nous pouvions attendre d'après les indications du Saint-Esprit. * Le roi fera selon sa volonté. » Ah ! en est-il parmi nous qui sachent suffisamment combien c'est une diose terrible que de faire sa volonté? Yoilà où aboutit une telle voie. Dès le commencement , ce fut le premier grand trait caractéristique du péché. C'est ce que fit Adam , et la chute du monde en fut le résultat immédiat. Ici nous voyons un personnage qui en ce jour-là , peut sembler être le plus élevé des fils d'Adam ; celui de tous qui a exercé l'influence la plus étendue: mais il fait « selon sa volonté , » et il ne saurait y avoir rien de pire.

Devons-nous lire une histoire pareille à cellelà sans en retirer quelque profit moral pour nos âmes? Oublierons-nous quelle mauvaise chose c'est toujours que de faire notre volonté? Que nul ne suppose que parce qu'il est peut-être dans une position où il lui appartient de commander , il se trouve par là même en dehors du danger. Hélas! il n'en est point ainsi : rien ne rend aussi incapable de bien commandei^

que l*incapacilé d'obéir. Il est bon de savoir d'abord ce que c'est que d'être sujet. Oh ! puissent nos cœurs être profondément frappés de cette circonstance que le premier trait qui nous est signalé du « roi, « de F Antichrist, c'est qu'il fait sa volonté. Que cela nous serve à nous éprouver pour voir jusqu'à quel point nous recherchons la nôtre, jusqu'à quel point, par suites de circonstances quelconques , nous faisons, ou nous nous permettons quelque chose que nous ne voudrions pas que personne au monde connût , pas même peut-être ceux qui nous tiennent de plus près! Hélas! l'on sait toute la difficulté et tout le danger qu'il 5 a là , par son propre cœur , par l'expérience et par l'observation. Et pourtant il n'est rien de plus contraire à une telle voie, que Christ que nous avons appris. Nous sommes sanctifiés « pour l'obéissance de Jésus-Christ et l'aspersion de son sang. ^ Nous ne le sommes pas seulement pour la bénédiction, l'aspersion du sang — mais aussi pour Y obéissance de Jésus-Christ, pour le même esprit et le même principe d'obéissance ; car c'est là le sens de l'expression. Il n'en est pas de nous Comme des Juifs qui étaient placés sous la loi , et dont l'obéissance avait pour caractère, qu'il» étaient obligés de faire telles ou telles choses lous peine de la mort. Noua sommes déjà vivants pour Dieu, conscients de la bénédiction dans laquelle nous nous tenons, et réveillés pour VQir la beauté de la volonté de Dieu ,

car c'est sa volonté qui nous a sauvés et sanctifiés. Ce sont là notre vocation et notre œuvre pratique ici-bas. A proprement parler , les chrétiens n'ont pas d'autre affaire que d'accomplir la volonté d'un autre. Nous avons à faire la volonté de Dieu , conformément au caractère de l'obéissance de Christ , comme des fils qui faisons nos délices delà volonté de notre Père. N'importe ce en quoi peut se déployer notre activité ; ce peuvent être nos occupations naturelles de chaque jour. Mais gardez- vous bien de faire de vous, deux individus, — devons conduire d'après un principe à l'égard de vos affaires et de votre famille, et d'après un autre dans l'église de Dieu et dans le culte. Repoussez soigneusement une semblable pensée. Nous avons Christ pour toute chose , et tous les jours. Christ n'esl pas une bénédiction pour nous, simplement quand nous nous réunissons ensemble , ou que nous sommes appelés à mourir ; mais si nous possédons Christ, nous le possédons à toujours , et, dès le premier moment, nous sommes affranchis de l'accomplissement de notre volonté. Ce que nous apprenons, c'est la mort; mais c'en est fait maintenant de notre mort dans la mort de Christ. Nous sommes délivrés, car nous sommes vivants en Christ ressuscité. Mais en vue de quoi somnies-nous délivrés? Afin d'accomplir la volonté de Dieu. Nous sommes sanctifiés pour Tobëissance de Jésus-Christ.

Pour ce qui est « du roi » vous avez en lui le terrible principe du péché qui a été toujours

à l'œuvre ; mais qui dépasse ici toutes limites* Le moment est arrivé où Dieu ôtera tout ce par quoi, dans les voies de sa providence , Il avait jusqu'alors retenu les hommes, et où il sera permis à Satan d'effectuer tous ses plans ; et cela, aussi, dans le pays même sur lequel les yeux de Dieu reposent continuellement,

« Le roi fera selon sa volonté et s'enorgueillira et s'élèvera » non-seulement par-dessus tout homme, mais « par-dessus tout Dieu. »

Et ce n'est pas seulement qu'il se place au-dessus de ces dieux prétendus, mais « il proférera des choses étranges contre le Dieu des dieux. • Et, chose étrange à dire (si l'on ne savait pas que Dieu est parfaitement sage, et qu'il faut attendre que l'heure de la maturité de ses conseils soit venue), malgré son horrible impiété « il prospérera jusqu'à ce que l'indignation ait pris fin ; car la détermination en a été faite^ »» En même temps il se trouve là un mot qui nous donne la clé du passage ; car cette portion de la parole de Dieu a présenté d'immenses difficultés à plusieurs. Bon nombre de personnes ont mis dans ce verset le pape de Rome, d'autres Mahomet ou Bonaparte. Mais il nous annonce que ce roi doit prospérer jusqu'à ce que V indignation prenne fin. Quelle est cette indignation, et contre qui s'exerce-t-elle? Dieu a-t-il dç l'indignation contre son Eglise? Jamais, certes : ce temps-ci est le temps de la parfaite patience de Dieu et non de son indignation. A

qui donc se ratlache-t-elle? La parole de Dieu est de toute clarté sur cela. C'est lorsqu'il s'agit de ses voies avec Israël que Dieu parle de son indignation. J'ai déjà pleinement étaMi cela d'après Esaïe v-x, XIV, et autres pas>sages, comme toute la nature de la révélation qui est donnée ici le confirme entièrement. Il est question en effet d'un personnage qui devait être roi d'Israël — non pas à Constantinople ou à Rome, mais dans la Palestine ; et le temps décrit est une explosion à venir de colère contre Israël dans la terre promise. Il (le faux roi) prospérera jusqu'à ce que l'indignation ait pris fin. Il est ajouté de plus qu'il ne se souciera point du Dieu de ses pères , ni du désir des femmes.

L'expression, « le désir des femmes » est évidemment, selon moi, relative à Christ — Celui vers lequel, dans l'avenir, regardaient tous les Juifs et dont la naissance doit avoir été pardessus tout l'objet du désir des femmes juives. Que tel soit le sens de cette expression , c'est ce qui ressort clairement de sa liaison avec le reste , car elle se trouve entre celles de « le Dieu de ses pères >» (Jéhovah), et « aucun dieu , et qu'il n'est nullement vraisemblable qu'elle eût été ainsi placée, si elle avait trait simplement aux relations naturelles. C'est probablement le désir d'appliquer tout cela au pape qui a donné cours à cette interprétation. Mais comprenons bien que la prophétie concerne Israël et son pays , et tout est parfaitement clair. « Il ne se

souciera point du Dieu de ses pères, ni du désir des femmes. » Christ est distingué du Dieu de ses pères , peut-être à cause que le Fils devait se faire chair. Mais Christ n'est pas Tobjet de plus d'égards que le Dieu de ses pères — expression qui explique, pour le dire en passant, (|ue ce personnage est lui-même un Juif : « le Dieu de ses pères. ^ * Car il s'élèvera au-dessus de tout. Mais il honorera dans son lieu , le Dieu Mahuzzim >» (le Dieu des forces, vers, angl.) Non qu'il aille en avant comme lit Antiochus , qui tâcha d'imposer par la violence le culte de Jupiter Olympien aux Juifs, mais il adopte une superstition nouvelle. Cela réfute aussi l'application qu'on voudrait faire de ces détails à Antiochus , qui était un Gentil. Il s'agît d'un Juif, qui prendra la place de Christ, et qui, naturellement, n'a d'égard ni pour le vrai Christ ni pour Jéhovah. C'est un personnage qui s'élève en lui-même et s'oppose au vrai Dieu , c'est-àdirè, qui met également de côté les superstitions des hommes, et la foi du peuple de Dieu. L'orgueil constitue son principal caractère.

Mais ce n'e^t pas tout. L' Antichrist sera dans l'incréduHté, mais pas dans Tincrédulité seulement. Il aura rejeté le Dieu dlsraël et le Messie; il n'honorera aucun des dieux des Gentils ; mais cet homme même^ quoiqu'il se pose comme le vrai Dieu sur la terre , aura quelqu'un devant qui il se prosternera et fera prosterner les autres avec lui. Lé cœur humain même dans l'Antî-

- âoé christ , ne peut se passer d'un objet d'idolâtrie. C'est ainsi qu'au verset 38 , nous voyons cette contradiction apparente manifestée dans l'Anlichrist. « Mais il honorera en son Heu le Dieu Mahuzzim (des forces). » Il fait un dieu en même temps qu'il se donne pour être dieu. « Il honorera, dis-je, avec de l'or et de l'argent, et des pierres précieuses et des choses désirables, le dieu que ses pères n'ont point connu. >» C'est une invention qui est toute entière de lui. De plus, il partagera le pays entre ses partisans : « il les fera dominer sur plusieurs , et leur partagera le pays à prix d'argent, » {vers. angl. pour le gain.) Voilà ce que Dieu nous dit de ce roi qui se trouvera dans la Palestine aux derniers jours. Ces dernières paroles sont évidemmçnt une preuve très-concluante, qu'il règne dans la Palestine. C'est « le pays «qu'elles disent. L'Esprit de Dieu ne parle jamais ainsi d'aucune autre contrée. C'était le pays le plus près du cœur de Dieu — une espèce de centre pour tous les autres.

Maintenant voici que l'histoire change. « Et au temps déterminé {vers. angl. et. au temps de la fin.) , le roi du midi choquera avec lui de ses cornes. » Ce fait confirme ce qui a été dit précédemment que « le roi » se trouve « au temps de la fin. » « Le roi du midi choquera avec lui de ses cornes, mais le roi de l'Aquilon se lèvera contre lui comme une tempête avec des chariots et des gens de cheval, et avec

plusieurs navires. » L'Esprit de Dieu avait parlé longtemps auparavant des rois du nord et du midi : il importait de faire voir qu'au temps de la fm, ees puissances auraient des successeurs qui feront leur choc avec. « le roi » dans la terre sainte. « Lç roi du midi, y» c'est-à-dire l'Egypte, et « le roi de l'Aquilon » c'est-à-dire le maître de la Syrie, possession actuelle du sultan. Ces deux personnages feront un mouvement contre « le roi. » Non qu'ils aient une politique commune : au contraire , ils semblent ennemis acharnés Tun de l'autre. Mais « le roi » s'élève d*une telle manière, s'arrogeant dans la terre sainte des prétentions telles, que Dieu permet que la catastrophe linale arrive. Le roi du midi vient le premier, et ensuite le roi du nord qui parait être i cette époque le grand chef des forces militaires et navales de l'orient. « Le roi de l'Aquilon se lèvera contre lui comme une tempête, avec des chariots et des gens de cheval, et avec plusieurs navires; et il entrera dans ses terres , et les inondera et passera outre. *» « Il entrera aussi au pays de noblesse. » Ce ne peut être un autre pays que celui d'Israël. Le roi est là. Le roi du nord est un personnage entièrement différent, un adversaire « du roi » aussi bien que le roi du midi.

Après avoir introduit « le roi >» sans nous dire d'où il est venu ^l'Esprit de Dieu le laisse là sans nous dire ce qu'ail advient de lui. D'autres portions de l'Ecriture nous font connaître

— 340 — ' pleinement son horrible destinée ; mais il était important de l'introduire comme un épisode dans le chapitre xi, afin de montrer le dernier grand conflit entre les rois du midi et du nord. En conséquence, le récit divin laisse là « le roi, » et le reste du chapitre ne s'occupe que du roi du nord. Il n'entre pas seulement dans le pays de noblesse, mais il continue ailleurs ses conquêtes. « Plusieurs pays seront ruinés , mais ceux-ci réchapperont de sa main, savoir : Edom, Moab, et le principal lieu des enfants de Hammon. >» Nous voyons par Esaïe xi, que c'est là un fait très-remarquable. Ces peuples vivaient sur les frontières de la Terre-Sainte ; et Dieu arrange les choses de manière que s'ils échappent au roi du nord , c'est pour qu'ils soient ravagés par les Israélites triomphants. Dieu ne veut pas permettre, que les premiers ennemis d'Israël, et ses ennemis acharnés, reçoivent leur juste rétribution des mains de quelque autre peuple que de celui auquel ils ont tant cherché à s opposer et à faire du mal. En conséquence,, il semblerait, d'après Esaïe, que, bien peu après, les Israélites exécuteront sur eux le jugement de Dieu.

« Il mettra donc la main sur ces pays-là ; et le pays d'Egypte n'échappera point. Il se rendra maître des trésors d'or et d'argent, et de toutes les choses désirables de l'Egypte.Les Libyens et ceux de Cus seront à sa suite. » Nous apprenons de là que le roi du nord n'agit pas comme un allié

vis-à-vis le roi du midi* Il s'avance vers le midi, où, semblerait-il (vers. 43), il yaurg un grand développement de prospérité matérielle, soit par suite des ressources^ du pays lui-même , ou plus probablement en conséquence de ce qu'il est devenu le grand marché commercial de l'Occident et de l'Orient, dans cette partie du monde, H Mais les nouvelles de l'Orient et de l'aquilon le troubleront. » C'est après être descendu dans le midi, au delà de la Palestine, qu'il entend ces rumeurs à l'égard du nord et deTOrientqui le jettent dans la perplexité. 11 était lui-même venu du nord, et avait aussi conquis l'Orient ; et maintenant il reçoit de ces quartiers des nouvelles qui l'agitent. 11 s'empresse de s'en retourner du pays d'Egypte , et arrive en Palestine. « Et il dressera les tentes de sa maison royale entre les mers (c'est-à-dire entre la Méditerranée et la mer Morte) à l'opposile de la noble montagne de la sainteté, mais il viendra à sa lin , et personne nelui ddhnera du secours. »» Telle est la sentence du roi du nord jadis victorieux — et non la sentence « du roi » qui a été introduit, en passant , pour nous montrer en quelle occasion se livre le combat. final entre le nord et le midi.

Je désire maintenant examiner s'il n'y a pas dans l'Ecriture, d'autres passages intéressants à rattacher au sujet dont nous venons de nous occuper. La fin de Zacharie nous présente là

dessus de précieuses lumières. D'abord juste un mot ou -deux à la fin du chapitre xi. Voici ce que dit fEsprit de Dieu : « Malheur au pasteur inutile qui abandonne le troupeau. » C'est évidemment, je pense , TAntichrist — « le roi ; » car le verset 16 nous apprend que ce pasteur inutile est dans le pays. « Voici , je m'en vais susciter un pasteur au pays , qui ne visitera point les brebis qui s'en vont être perdues; il ne cherchera point celles qui sont délicates ; il ne guérira point celles qui sont malades , et il ne portera point celles qui sont demeurées en arrière ; mais il mangera la chair des plus grasses, et fendra If urs ongles. » Ce parfait égoïsme , cette orgueilleuse élévation de soi-même , cette action de dépouiller le troupeau au lieu de le nourrir et de porter les agneaux sur son sein^ font un affreux contraste avec Christ , le Bon Berger. Puis il est déclaré expressément que le faux bergçr, l'Antichrist , doit s'élever dans le pays d'Israël, et que là il n'épargne pas le troupeau de Dieu. Au chapitre xii , nous trouvons une autre puissance. « Voici (verset 2), je ferai que Jérusalem sera une coupe d'étourdissementà tous les peuples d'alentour; et même elle sera une occasion de siège contre Juda et contre Jérusalem ; » c'est-à-dire que les nations s'assemblent contre Jérusalem ; précisément comme en Daniel xi, le roi du nord et le roi du midi. Les nations s'assemblent contre Jérusalem pendant que ce pasteur inutile y est. Jérusalem et les

— 3^3 — Juifs sont Fobjet de Tattaque. « Et il arrivera en ce temps-là , que je ferai que Jérusalem sera une pierre pesante à tous les peuples; tous ceux qui s'en chargeront en seront entièrement écrasés'; car toutes les nations de la terre s'assembleront contre elle. » La victoire semble pencher du côté des ennemis d'Israël. Mais nul ne peut alors s'endurcir contre ce peuple et prospérer, parce que le Seigneur se sera identifié avec lui en ce jour-là. « En ce temps-là, dit l'Eternel , je frapperai d'étourdissement tout cheval, et de folie l'homme qui sera monté dessus ; et j'ouvrirai mes yeux sur la maison de Juda ; >» et ensuite la prophétie nous dit de quelle manière le Seigneur défendra son peuple en ce jour.

Mais ce qui rendra la chose encore plus claire, c'est ce que nous lisons, chapitre xiy , 2 : « J'assemblerai donc toutes les nations en bataille contre Jérusalem , et la ville sera prise, et les maisons pillées, et les femmes violées, et la moitié de la ville sortira en captivité ; mais le reste du peuple ne sera point retranché de la ville. >» Nous trouvons dans ce passage quelques révélations de plus que ce que nous aurions pu recueillir du chapitre xii. C'est ainsi, par exemple, que nous apprenons que « la ville sera prise... et que la moitié de la ville sortira en captivité » traits qui (iilstinguent évidemment ce siège futur, de ceux que Jérusalem a subis dans le passé. Lorsque les Caldéens s'emparèrent de la ville, ils firent

captif tout le inonde; lorsque ce furent les Romains , ils firent prisonniers tous ceux qu'ils épargnèrent. Ici nous trouvons un autre siège dans lequel la moitié seulement sera prise et Tautre moitié ne le sera pas. Et si quelque chose peut distinguer plus clairement encore à cet égard l'avenir , du passé, c'est qu'après avoir pris la moitié de la ville, les nations ne pousseront pas leur victoire plus loin. Si on demande pourquoi, le voici : « Car l'Eternel sortira, et combattra contre ces nations-là, comme il a combattu au jour de la bataille. Et ses pieds se tiendront debout en ce jour-là sur la Montagne des Oliviers, qui est vis-à-vis de Jérusalem, du côté d'Orient. >» Qui peut prétendre que cela ait jamais été accompli? Qui peut dire que l'Eternel est venu de cette manière et s'est tenu debout sur la Montagne des Oliviers? Comment pouvezvous faire accorder le passé avec une déclaration telle que celle-là ? Depuis les jours du prophète, le Seigneur ne s'est jamais trouvé en vainqueur sur le sol de Jérusalem. Est-ce que ce cas s'est réalisé lors du siège de la ville par Titus? Essaieréz-vous d'expjiquer cette déclaration de Zacharie simplement comme une délivrance accordée dans les voies ordinaires de la Providence? Mais, je le demande, les Juifs furent-ils alors délivrés? Non, certes ; ils furent au contraire , emmenés captifs. Jérusalem jusqu'à aujourd'hui demeure foulée par les Gentils , et continuera de l'être jusqu'à ce que les temps

des Gentils soient accomplis. Mais le passage indique les derniers temps des Gentils , le terme de l'oppression gentile. Quand ce jour sera venu, et que le Seigneur sortira pour combattre contre ces nations, ses pieds se tiendront debout sur la Montagne des Oliviers, Et comme preuve que cela ne doit pas être entendu allégoriquement, le Saint-Esprit ajoute que la Montagne des Oliviers se divisera en deux , preuve physique extérieure que l'Eternel Dieu y a posé ses pieds. ^ Et la Montagne des Oliviers sera fendue par le milieu vers l'Orient et l'Occident, de sorte qu'il y aura une très-grande vallée ; et une moitié de la montagne se retirera vers l'aquilon , et lâulre moitié vers le midi. » « Vous fuirez par cette vallée de montagnes, >» — c'est-à-dire qu'il y aura une vallée entre les deux moitiés ; — ^ car cette vallée des montagnes ira jusqu'à Atsal {vers, angl.) Alors l'Eternel, mon Dieu, vien- .dra, et tous les saints seront avec toi, »

Ce passage prouve donc très-clairement que Jérusalem doit soutenir un siège dans l'avenir, et que ce siège sera caractérise par deux attaques. La première attaque réussira contre Israël; la moitié de la ville sera prise, et il s'en suivra pour cette moitié de la ville toutes les affreuses misères qui accompagnent un siège ; mais l'autre moitié est réservée pour l'Eternel, qui amènera la troisième partie au feu. Il se placera à leur tête, et écrasera toutes les nations de la terre qui viendront contre Jérusalem. Ainsi la {seconde

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tttacfoe Sera à la rmo^ de ceux qui la foDt. Si fioud rtfpproe^cms^ cela de ce qoi^nous est dit'^ BafHiel, combien ei&t manifeste Fs^erds^m^Qi de himière que la {vrophétie de Zachade jette sur U sujet! Le voi du nord arrive le pretimr lort^ae te roi ào nudi choque avec « te i^i * dans la terre sdiMe* U y a une attaque simultanéi^ contre Israël, ^m de débruire, dans le pays, le peuple qui, hét$s! le mérite him. Mats au mîKeu du mal se trouvera une seiBeoee sainte. Dieu se servira de ces assaillants p&or exécuta Fœuvre de sa justice. Les nfiéchauts seront emportés, et lorsque Dieu aura purifié ceux qui se toreuvent là, il se passera une autee scène* Le roi du nord, ayant été heureux dans sa pnwoâèare attaque, poursuit sa marehe vers l'Egypte, contre le roi du midi, n y arrive, mais il?eçoit du Notdet de rOrienl des nouvelles qui le troublent. En attendant, pouvons^nious demander, qo'estil advenu du « roi «^î A-t-il été détruit dans la eoWïsion quia eu lieu dans le pays entre les rois étt nord et du midi ? Nuitemenf. Qu'est-ce dcmc quUl devient? Comment tombe-t-il ? Par Véc^i de l'apparition du Seignmr venant du ciel : il eist réservé peur la main de Dieutui-^nême. Hsiei^ jeié vivant dans le lac de feu et de sètffre, « qui eit aufisi apprêté pour le i^oi. » C'estainsiqtie rAncien Testament et le N^owveau sont unanittJés^ àms^ le témoignage qu'ils nous d<wment. Ce ttfc sera point selon la sentence ordinaire de lliotl^me ruidé qu'il périra; et po>ur lui, dieu Be dépafrfina âe

tout le cours ordinaire de ses voies avtc les méchants* De même que de temps à aoire. Dieu, dans sa grâce, a retiré des hommes de Ce monde sans les faire passer par la mort, ainsi il y en a auxquels il est destiné de Dieu d'être précipités tout vivants dans l'enfer — eontraôte terrible avec ceux qui sont en vie quund le Seigneur vij?nt, et qui attendent d'être enlevé* au ciel. Il en sera ainsi du méeha^» lé pasteur inutile— le roi. Mais il n'est pas le seul à qui ce sort soit réservé* Le roi du nord est un ennemi plus effronté encore. « Le roi » s'est élevé dans le pays ^ corrompant le peuple d'Israël et le faisant apostasier ; il a reçu sa sentence. Si le plus petit mot de ce jugem^t exécuté dtos le pays devait parvenir, au roi du nord , nous pouvons facilement comprendre combien il en ffevrail être trouWé. Si c'est là le motif de son prompt retour contre Isjraël, ou s'il revient parée que les dix tribus suaient en mouveàiieiit^ e'est ce qw je n'ai pas la prétention de dire, L'Ecriture ne iHMdS le dit point. Mais il s'avance de nouveau dans la Terre-Sainte ; et celle fois , e'est pour tomber sous la main immédiate de Dieu — et non par l'épée d'un homme puissant, ni par l'^ée d'un petit. Ce n'est pas l'homme, mais Dieu» qui exiécutera sur toi la vengeaitce. Voilà pourquoi il y a deux attaques. Après son premier assaut contre Jérusalem , il 6$t âescte»^ vers le Midi H a poursuivi là, certaines ewquêtes. Excité par les neuves qu'il réçoil,

il se hâte de retourner , avec l'espérance que maintenant tout ira selon ses vœux. « Alors l'Eternel sortira, et combattra contre ces nations-là, comme il a combattu au jour de la bataille. »

Mais avant de terminer , il faut que je vous signale encore un ou deux autres passages. Prenez Esi XXVIII et XXIX , et vous verrez comme ils confirment abondamment ce que j'ai avancé sur cette dernière scène. En Es. xxvm sont mentionnées deux grandes puissances au service du mal, en rapport avec lejpays en ce tempslà : — l'une « le roi » qui est en relation avec le peuple , et dans le pays ; l'autre , le roi du nord , qui descend comme une puissance ennemie. Nous les trouvons tous deux dans ce chapitre. D'abord il est fait mention d'Ephraïm, et l'Eternel prononce malheur sur les « ivrognes d'Ephraïm, la noblesse de la gloire duquel n'est qu'une fleur qui tombe... Voici, le Seigneur a en main un fort et puissant homme , ressemblant à une tempête de grêle, à un tourbillon qui brise tout, à une tempête de grosses eaux débordées ; il jettera tout par terre avec la main. » Ces paroles , je pense, menacent de l'Assyrien, comme du terrible tourbillon venant du Nord, qui éclate^ rait sur Ephraïm. Au milieu du chapitre , nousi trouverons une autre chose. Nous avons vu quelle était la conduite d'Ephraïm qui habitait sur les bords de la contrée. Mais quelle était la destinée de Jérusalem , la capitale? « Car vous

avez dit (vers. 15 ) : Nous avons fait accoi^ avec la mort, et nous avons intelligence avec le sépulcre. » Là , évidemment, il s'agit du « roi » qui sera à Jérusalem et qui fera un pacte avec « la bête » \^ grande puissance impériale de ce temps , à laquelle Satan aura donné son trône. Il y a parfaite harmonie entre ce que nous trouvons enlsaïe„dans l'Apocalypse, et dans Daniel, « Nous avons fait accord avec la mort, et nous avons intelligence avec le sépulcre ; quand le ilcau débordé traversera , il ne viendra point sur nous. » Remarquez cela. Le fléau débordé est le roi du nord, la puissance extérieure qui fond sur eux. Ceux de Jérusalem ont fait allfance avec la mort et avec le sépulcre , c'est-à-dire avec les instruments de Satan en ce jour : et ils espèrent échapper, par ce moyen, au roi du nord. J'ai déjà fait voir que la bête, la grande puissance de l'Occident, sera en rapport avec « le roi » à Jérusalem ; que les contrées occidentales seront le grand siège de la b.ête ; qu'elle commandera à toute la partie de l'Europe qui appartenait proprement à l'empire romain. Quand cet empire sera réorganisé, le personnage en qui il se personnifiera sera lé grand instrument par lequel sa force sera mise en usage. « Le roî >» aura fait alliance avec lui , ou plutôt , ainsi que le chapitre ix s'exprime, lui , c'est-à- 4ire , le conducteur romain , fera alliance avec la masse des Juifs. A la fin , on les trouve tous deux dans Jérusalem, combattant contre le

Seigneur et ses saints qui viennent du cteL Ils croiront trouver letnr prétendue force dans cette alliance, mais elle ne tiendra point. Le flëau débordé, TAssyrien, les emporte, et la moitié de la vîlle de Jérusalem est prise. Avec quelle merveilleuse harmonie tout concorde dans FEcritare! Puis vient (Es. xxvra, 16) , Tailusion à b pierre mise par le Seigneur pour fondement en Sion, parole destinée au résidu fidèle de èe jourlà, quelque vraie qu'elle soit pour nous qni croyons maintraant.

Esaïe XXIX, est le dernier passage que je veufx signaler. Là nous est décrite la désolation finale de la ville. « Malheur à Ariell à Ariel! la ville où David s'est can^>é... Mais je mettrai Arid à rétrmt ; et la ville ne sera que tristesse et que deuil , et elle me sera comme Ariel. Car je me camperai en rond contre toi, et je t'as- ^g^rai avec des tours , et je dresserai contre toi des forts. » CTest le siège ùoni parle Zacha^ rie. A Et tu seras abaissée, et tu parieras comme de d^ans la t^re , » etc. Voilà leixr condition quand ils sont dé-solés. Mais voyez , verset & , « Et là muMtode de tes étrangers sera comme de la pbttdre menue.... Elle sera visitée par FEternel des armées avec des tonnerres et avec des tremUements de terre.... Et la multitude de toutes les nations qui feront la guerre à Ariel.... et ceux qui la serreront de près seront corDftie titi songe d'une vision de nuit. » Le Seigneur est sorti et a combattu avec ces na-

fions comme il combattit aa jour de la bal^lte.

Voilà sufisamment édaircio par diverges portions de la parole de Dieu, qui sont aotièreBa^t d'accopd avec elle et doat elle reçoit de la Iirmière, la partie si intéressante du livre de Daniel donl nous nous occupons. Tout emcomL à inontr^ de la façon la plus daire qu'il se pré* pare uti terrible avenir pour Tapostat Israâ et ses alliés de l'Occident, et un non nioms terrible pour leurs adversaires confédérés de l'Orient* L'alHanee avec le sépulci^ ne tiendbra pas. Lorsque les grandes puisssaiees du inonde auront , en apparence, toutbakyé devant elles ^ et se seront assemblées devant Jérusalem pour la dern^e grande lutte, Dîea saisira cette oecask» d'en agir avec elles, api^s la durée si !<H)gu6 de st patience* Ce sera ladenûère scène. Les hommes croiront toucher au moment d^avoir en leurs mains la monarchie universelle ; mais ce sera le jour où Dieu les appellera au jagemant. Je parie d*un jugement des iiatîons et des rois, et Don du jugement des morts devant le grand trône btanc.

Dieu Ta agirav^ la terre, avec les horajmes au milieu de tous leurs plans et de tous leurs projets. La régénération du monde sera le grand jour où le Seigneur, après avoir ^éd^lsraël leç Iraiîsgresseurs , et «*être servi du « roi » luimême et du jugiement tombé sur lui , pour séparer en Juda ceux qui sont sincères, d'avec les méchants , fera sonner l'heure du règlement de

— m — compte avec les nations. C'est là , ce me semble, la simple, la juste portée de -la vérité de Dieu, qui nous est présentée ici. Nous ne devons pas supposer tjn'il ne s'agit simplement que d'une seule grande puissance. Il y aura des principes différents à rouvre. Et c'est une chose solennelle de penser que ces contrées-ci où nous jouissons de tels privilèges, doivent être couvertes alors des plus profondes ténèbres. L'alliance avec la mort et avec le sépulcre sera telle, h cause qu'elle sera une alliance avec lé monde de l'Occident et la haute civilisation. Que c'est humiliant pour le cœur de l'homme! A une époque qui est passée, la civilisation n'a pas préservé les esprits les plus élevés d'une idolâtrie et d'une corruption dégradantes, et hélas ! c'est une scène pire encore que nous aurons à la fin : le christianisme finira dans la restauration de l'idolâ- • trie, dans de nouveaux faux dieux, dans l'adoration de l'homme lui-même commua Dieu. Tel est, je le crois, l'avenir qui nous est pfédit de ce siècle. Mais il en est un qui peut garder le cœur de s'embarrasser dans tout ce qui mène là — Christ lui-même. Puissions-nous être occupés de Lui , ne bâtissant pas sur les fondements des hommes, ne partageant pas leur espérance, ne nous confiant pas dans le progrès , ni même dans la religion, qomme on l'appelle. Si Christ est mon objet en toute chose, alors il y a sûreté ; mais elle n'est que là , il n'y en a nulle part ailleurs.

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