‹ Livre-journal de Pierre de Bessot, 1609-1652Chapitre 3 sur 12 · IU · texte numérisé non relu

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Kedditiou de Xainctcs.

Xaintes, dans laquelle Mr. le prince de Tarente (1) avoit mis puissante garnison pour Mrs. les princes, estant assiégée par Mr. Le (sic) Plessis Belière (2) et Mr. de Montausier, gouverneur d'Angoulesme et de Xainctes (3), après cinq ou six jours de siège, se rendit par capitulation, et par intelligence selon le bruict commun, Mr. Jambon (4), créature de Mr. le prince, ayant abandonné la ville aux assiégeans. De la, Mr. de Plessis Beliere , avec ses trouppes, alla planter le siège devant Taillebourg (oj, qui se rendit aussy.

(1) Henri-Charles de La Trémouille, prince de Tarente el de Talmont, duc de Thouars , pair de France , général de cavalerie des Etats de Hollande, gouverneur de Bois-le-Duc, né en 1G21, mort à Thouars le 14 décembre 1672. Il joua un rôle dans la Fronde, où, après avoir servi la cour, il embrassa le parti de Condé, passa on Hollande, puis rentra en France (1655), oîi il fut arrêté et resta plusieurs mois en prison. Deux ans avant sa mort, il se convertit au catholicisme. Il avait épousé le 1"'' mai 1648 Amélie de Hesse, fille de Guillaume V, landgrave de Hesse-Cassel. (Dicl. de Lalannc)

(2) Jacques de Rougé, marquis de Plessis Bellière, était, en 1647, premier capitaine au régiment de Brezé et gouverneur d'Armentières qu'il fut forcé de rendre aux Espagnols après trois semaines de la plus vigoureuse résistance. 11 assista à la levée du siège de Cognac et à la prise de La Rochelle. Après la prise de Taillebourg, en mars 1652, il conduisit ses troupes au roi et prit part au combat de Bleneau (7 avril 1652). Après la Fronde, il passa en Catalogne, puis reçut, en 1654, le commandement de l'armée envoyée sur les côtes de Naples ; il y fut tué près de Castellamare en novembre 1654. [Notes de Barry dans Baltazar, déjà cité.)

(8) Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier, né en 1610 et mort en 1690. Il épousa Julie d'.\ngennes en 1645, se convertit au catholicisme et fut nommé lieutenant-général. Pendant la minorité de Louis XIV, il maintint la Saintonge el l'Angoumois sous l'obéissance royale, et combattit les troupes des Princes en Périgord. (iMoréri.)

(4) M. Audiat, président de la Société des Archives historiques de la Saintonge, nous apprend qu'il se nommait le sieur du Chambon, de la famille du Lau. 11 s'agit alors de :

Armand du Lau, chevalier, comte de Chambon, seigneur de Champniers, Celettes et autres places, gouverneur de Saintes, maréchal des camps el armées du roi ; (tlls aine d'Henri du Lau el d'Henriette de Pons Mirambeau.)

II épousa le 30 mai 1655, Sibylle Jaubert de Sainl-lJelais, lillo de feu François, chevalier, seigneur d'AUemans. Il mourut avant 1606. [Dih. iiat. Pièces originales, 1658 du Lau, f" 89.)

(5) Celle petite ville de Saintonge (sur la rive droite de la Charente, à 15 kilomètres sud- ouest de Saini-Jean-d'Angély), est une des villes de France dans laquelle, ou autour de laquelle, on s'est le plus battu. Nous rappellerons les combats ou sièges de 1179, de 1187, de 1194, de 1242, de 1346, de 1385, de 1441, de 1584, de 1585, etc. Parmi les combattants, on remarque, outre le grand Condé, Richard Cœur-de-Lion, le comte de Derby, et notre jamais assez admiré saint Louis dont, l'été dernier, la Société des Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, à propos du 650™"' anniversaire de la victoire du 20 juillet, a magniliquement fêlé la glorieuse mémoire.

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Mort de Mr. de Basseucoiirt.

Le 12 mars 16o'2, deceda a Paris Mr. de Bassencourt d), frèi'e de Mr. Brandon, evesque de Perigueux. Il avoit pris de très grands soins au reslablissement du séminaire et y feit de très belles réparations et avoit desseigné de faire faire des manufactures pour faire aprendre des mestiers aux enfans trouvés et abandonnés et au fils des pauvres artisans de la ville et de la province. On luy feit un service dans S. Front le "27 may 1052. Tous les corps de la ville assembles et les deux chapitres joincts à cause de la guerre des princes.

Felipsc de soleil.

16o'2. Le 8 auuril 165-2, il y eut une éclipse de soleil asses consyderable, qui commem-ea entre neuf et dix, et finit a onze heui*es du matin, ayant duré environ une heure.

Mr. le prince partit de Bourdeaux la veille des Rameaux pour se rendre à l'ai-mée de Mr. de Nemours (2).

Arriuuée de inadunioiscUe d'Orléans à Orléans.

1652. Madamoiselle d'Orléans (3), par les ordres de son père, craignant que la faction des Mazarins ne s'augmentast dans Orléans et sachant que celte ville estoit fort muguettée et que Mr. le cardinal Mazarin en vouloit faire sa place d'armes, se rendit dans ladilte ville

(1) Balthazar Brandon, sieur do Ba?;soncoui't, conseiller du roi, mailre ordinaire en la Chambre des comples, puis prêtre de la Mission. (\'oir la note relative à Monseigneur Brandon, son l'rùrej. (Dib. nat. Mss. Pii;ccs orijinales et Dossiers bleus de d'IIozicr.)

(2) Charles de Savoie, duc do Nemours, de Genevois, d'Aumalc ; ne on lH2i de lleni'i duc d'Aumaje ol d'Anne do Lorraine, he'ritière de Nemours, il épousa le 11 juillet lH4rî, Eh'sabelh de Boui-bon W-ndôme, fille de fic'sar, dm; de Vendôme cl de Françoise de Lorraine. Deux filles seulement lui survécurent, Marie devenue duchesse de Savoie, et autre Marie, reine do Portujîal. Il fui lue en duel en H352 par le duc de Beauforl. (.Vo/>/7. de Guyenne, IV,5'J)

{S) .'\.nne-Maric-Louise d'Orl ans, (fille de Gaston de France, duc d'Orléans, et de Marie de Bourbon duchesse de Monlpensier), souveraine de Bombes, princesse de La ftoche-sur-Yon, dauphine d'Auvergne, duchesse de Monlpensier, etc., née le :2!J mai 1027, morte sans alliance le 5 avril Il3'jr3. (Moréri.)

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au commencement d'auuiil, en laquelle estant entrée par une eschelle avec une dame d'honneur et l'un de ses escuiers une toque en teste garnie de plumes et une canne à la main, on cria incontinent : Vive le roy et son altesse roialle sans Mazarinl Mr. de Beaufort et Mr. de Rohan l'avoint accompagnée en sa conduilte.

Deputatiou du parlcmcut de Paris à Bloi«» au roy.

1(55:2. Le roy n'estant peu entrer dans Orléans , quoyque les deputtés d'icelle eussent offert de luy recevoir, toutefois parce qu'ils adjoustoint à la fin de leurs offres qu'ils ne pouvoint recevoir le Mazarin, le roy se rendit a B!ois ou arriuuerent les deputtés du parlement de Paris, dont Mr. de Nesmond , président (1), faisoit chef avec sept ou huict conseillers pour le prier de faire executter les ai'rests et déclarations données contre le Mazarin.

1652. Mr. de Chanlost, voiant que ceux de la terre de Lardimarie estoint (2) tousjours opiniastrés dans leur pren"ier parti, feit sortir une partie du régiment de Condé avec quelques isourgeois et s'en allèrent sur la fin de mars, le jcudy saint, à Ileiliac (3) ou ils bruslèrent la porte de l'église et ne peurent pourtant s'en rendre maistres et y fut blessé et tué quelques soldats.

1652. Mr. de Chanlost feit faire une aultre sortie ayant appris que la cavalerie de Bourdeille (M. le comte de Besse estoit le commandent

(1) F'rançois-Théodore de Nesmond, seigneur de Sainl-Dizant et de Maillon, élail tils d'André de Nesmond, premier président au parlement de Ilordeaux, et d'Olive Daste, ou de Asie (et non de IJHurjs d'AsUie comme dit La Chesnaye). Il fut successivement conseiller au parlement de Bordeaux, (Ici 1res du 10 avril 1B19), maître des requêtes (lU décembre ltj2'j), président à mortier au parlement de Paris (20 décembre l(JoG), puis premier président de cette cour. Il s'acquit, dit La Chesnaye, beaucoup d'honneur dans les négociations de la l'^ronde, et soumil les Parisiens à tout ce que le roi voulut leur imposer. 11 mourut àgc de 00 ans le 25 novembre 10ij4. Il avait épousé, le 10 septembre 1024, Anne de Lamoignon, tille de Clirélicn, premier président au parlement do Paris. L'un de ses tlls, Fran(jois-Théodorc, fut évêquo de BaycMix ; un autre, Henri, fut président au parlement de Bordeaux, ilirii-i'if/iiciiiciils (le M. iJasl lit' Boisvillp). l^n peut ajoulei' (jue celte f/miille bàlit, sous Henri IV, 5,"), quti de la Tournelle, à Paris, un superbe hôtel, malheureusement bien mutilé depuis.

,2) Le seigneur de La Faye d'.\uriac, contrarié sans nul doute que son jeune neveu eut fourni des subsides aux troupes des Princes, s'empara de lui une seconde fois, pour organiser la résistance à Lardimalie. {C . C.)

(8) Eyliac, commune du canton de St-Pierre-dc-Chignac, à 15 kilomètres de Périgueux.

dans Bourdeille depuis le déport de Mi'. le comte d'Harcourt), \rellc parenthèse est ajoutée eu iuar(je\ au nombre de deux ou trois cent, estoit à Laguillac (1) ; c'est pourquoy, partie du régiment de Condé avec vingt cinq maistres anglois, dont Mr. de Roquebi f;2) anglois estoit le chef et quelques Ijourgeois de la ville mesles avec eux et ensemble dans l'infanterie , furent à Laguillac ou estans arriuues, soit que les cavaliers en eussent eu ad vis, ils furent d'abort charges par trente ou quarante maistres, les aultres s'estant retirés dans l'église et dans les maisons; et la charge fut bien si rude et la deffense des nostres aussy bonne, que Mr. de Roquebi, commandant la cavalerie, y perdit son cheval, et s'estant tiré des squadrons ennemis le plus promjjtement qu'il peut, il se monta au despens d'un cavalier qu'il tua ; incontinent, le parcage, qui s'estoit joinct avec l'infanterie de Condé et de la ville, feit aussy, en ce mesme temps, assez bien la descharge et obligea tous les squadrons de quitter la place. Dans la relraicte, Mr. Guerrier (3), capitaine de Coudé , gentilhomme natif de Bidonnet, en Quercy, fut tué, son corps fut abandonné, nos troupes se retirant un peu à la haste craignant que les ennemis ne leur coupassent chemin dans quelque rencontre ; mais soudain ([u'ils furent arrives, Mr. de Chanlost envoya demander permission au commandant de ce régiment , par un tambour, pour retirer le corps , ce qui fut accordé, et fut enterré dans le porche, ou assistèrent tous les officiers de Condé et ensemble beaucoup de la ville, delà bourgeoisie. La conjecture que nos troupes avoint d'estre poursuivies n'estoit pas hors de propos, car il se rendirent a Chancelade en peu de temps, après l'arrivée des nostres, et feirent paroistre leurs squadrons sur le tertre de S, Sicaire (4), ce qui obligea nostre canonier de leur envoyer de la terrasse de Taillefer une volée de canon qui les feit bientost desloger. Cependant toute la ville se mit soubs les armes, et un nommé Bosviel estant allé dehors recognoistre, fut blessé par les ennemis au dessous des Jacobins.

Pendant la guerre de Mrs. les princes, Mr. de Bouillon et Mr. de

(Il Leguillac-do-Lauphe, commune du ciinlon de Sl-.Vslit r, à 17 kilomè- Ires de Férigucux.

(2) Chevalier de r.ablanc en fait nif iilioii, mais sans grands dtilails.

(.S) « Guerrier, capilaine au régiment de Condé, l'un des plus habiles offlciers du parly ». (C.C.)

(4) Hameau de la commune de Périgueux, avec une ancicimc chapelle sur le colcau porlanl ce nom. \l)ii:liuii. de lu U'jvd. ilrjà cité.)

Vendosme et Mr. de Plessis Praslin furent créés ministres d'Estat au mois d'avril 1652.

Arrivée des gardes de Mr. le prîuee au Chasfeau L'Evesque.

1652. Sur la fin de mars, Mr. Desroches (1), capitaine des gardes de Mr. le prince, arriuua en ceste ville avec quatre vingt gardes ayant esté démontés la pluspart aux approches d'Agen pour se refaire , et Mr. de Chanlost leur donna pour cest effect la place du Chasteau L'Evesque, ce qui obligea Chalepe de se retirer; estans la, ils faisoint quelques courses du coté de Nontron et pris a une sortie quatre vingt trois chefs de bœuf et faict quelques prisonniers.

Arriuuée de Mr. de Roquebî auglois. — Prise de Plasae par Ulr. de Roqueby anglois.

Il arriva aussy en ceste ville, presque en ce mesme temps, Mr. de J^oqueby, anglois, commandant 25 maistres, lesquels on logea a la Cite. Ils estoint destinés pour courir sus aux garnisons ayant essayé de loger à Plasae, Mr. de Roqueby ayant receu quelque niche par l'enlèvement de quelque pai'lie de son équipage et luy ayant enlevé aussy et tué deux cavalierF, il se résolut d'y retourner en meilleur compagnie au mois d'auuril. Pour cest effect, quelques parroisses du parcage furent mandées a Peiigueux, une partie aussy de la garnison de la ville fut commandée. Estant a Plasae, on trouva le bourg barricadé ; lesquelles bari'icades furent enfoncées, et les habitans, voyant qu'ils estoint reduicts au clocher de leur église et qu'on avoit bruslé 4 ou 5 maisons à la place, capitulèrent et promirent de porter quelque subsistance qu'on leur demendoit.

Victoire de Mrs. les princes sur le Mazarin.

Le 7 avril 1652, il se donna combat entre les ti'oupes de Mrs les princes et les trouppcs du Mazarin ; le combat fut fort advanlageux pour les princes, ayant dedaict l'avanlgarde du Mazarin conduicte par

(IjN... (les Hoclies, lieuleiiniil des ijardes du duc d'Engliien en ICciA, servit avec dislinclion au siège de Mardick. Devenu capitaine des gardes de M. le Prince, il sortit de P'rance avec soumaîlre à la fin de 1652. Il fut fait prisonnier à la bataille des Dunes, et laissé à Mai-dick sur parole. (.Votes t/c CJiiirli's [invry déjà citées.)

le mai'cchal d'IIoquincuurt i^l), lequel perdit dans ce rencontre ton; son équipage et bagage, ensemble celuy des officiers de son avantgarde, et une eassete en son particulier, estimant la perte d'icelle a près de cent mille escus.

Arriuuée de H. le |ii>ince à Paris.

Le 2-2 auuril, Mr. le prince arriuua à l'aris. Son altesse royallo luy fut audevant avec beaucoup de seigneurs. Ils furent tous deux au parlement, ou tous les corps de ville ayant esté assemblés, Mr. de Nesmond estant venu de sa deputation et n'ayant porté nouvelles du départ du Mazarin, on résolut de deputter devers le roy pour la dernière fois et luy dire de la part de Mrs. les princes qu'ils estoint prests a poser les armes, pourveu que le Mazarin quittât absolument la F'rance. A l'entrée de M. le prince au parlement , on disoit qu'un président au mortier fut n'osé que de luy dire qu'il s'estonnoit fort comme quoy estant criminel de lèse majesté et les mains encore teinctes du sang des gens du roy, il se presentoit neantmoins à la face du jiarlement, par lequel il fut desadvoué, n'ayant charge d'advancer telles parolles.

Montargis estoit la place d'armes de l'armée de Mrs. les princes. Mr. de Nemours conduisoit l'avantgarde, Mr. le prince le corps de bataille et Mr. de Beaufort l'arrièregarde ; lors de l'attaque des Mazarins, près de Gien, les troupes de Plessis Belière se joignirent environ ce mesme temps à l'armée du Mazarin.

Le roy fut mené a Auxerre, en Bourgogne. Le 20 auuril 1652, il y eut assemblée generiale à l'hostel de ville, ou deux de tous les mesliers furent mandés et généralement de tous les corps de la ville et mesme de toutes les maisons religieuses, jusqu'aux pères Chartreux, furent pareillement mandés pour conclure l'union et la rendre plus forte, puisque on i intéressoit ceux mesme qui ont renoncé aux affaires du monde. Le résultat de ceste assemblée sy célèbre et extraordinaire fut de deputter encore devers le roy pour le supplier de congédier le cardinal Mazarin et donner la paix a tout son roiaume.

Pendant ce mesme temps, Mr. de Tavannes (2) mit en route quel-

(1) Charles de Mouchi, marquis d'Hocquiucourl, maréchal de France, né en 1599, marié à Eléonore d'Etampes, suivit le parti du prince de Condé, cl fui lue au siège de Dunkerque en IGTjH. {Dict. de Lalanne.)

(2) Jacques de Saulx, comte de Tavannes, lieulenanl-géncraî des armé(^s du roi, bailli de Ifijon, un des braves guerriers de son temps cl un des plus expérimentés, mourut le 2'2 décembre 1088, âgé de (j."j ans. Ses J/émo/rcs con-

ques huit cent cavaliers du régiment de Seneterre qui se venoint joindre au Mazarin.

Le 30 auuril 1652, Mr. de Confi détacha de son armée quatre cent maistres conduicts par Mr. de Chastcauneuf (li, qu'on disoit estre d'Auvergne, pour chasser les garnisons de Bourdeille, Agounnac. Pour cest effect, le l*"'' jour de may ayant appris que le régiment de S. Arbre estoit à S. Jus {'2) de lieu s'appelloit au Chadeul, bourg proche de S. Jus) [eette paventlwse est en niarije\, les gardes de M. le prince, avec la cavalerie de Duras, s'avancèrent pour investir le lieu ou ils estoint. Ce que voyans, les ennemis feirent quelque descharge et tuèrent deux ou trois cavaliers de Duras et des gardes ; mais, sachant que le paréage avancoit, ils aymèrent mieux se rendre prisonniers entre les mains des cavaliers qu'attendre l'arriuuée des paisans du paréage qui estoint au nombre de sept ou huict cent. On faisoit estât que le nombre des prisonniers estoint de sept vingt et dix. On avoit ammené un canon de la ville conduict par l'infanterie de la ville et une partie du paréage ; les prisonniei^s faicts au Chadeul furent conduicts au Chasteau L'Evesque et les principaux officiers dans la ville. Il fut bruslé dans le bourg du Chadeul trois ou quatre maisons pour obliger ses cavaliers à se rendre plustost. Le canon fut ramené sans rien faire.

Le 9 may, Mr. le mareschal de la Force mourut à Bergerac (3).

1652. Le 10 ou 11 may, Mrs. les princes, voyant que l'armée du Mazarin s'estoit avancée jusqu'à S. Cloud , feirent faire sortie aux

liennent les guerres de Paris depuis la prison des Princes en 1650 jusqu'en 1653. Il avait épousé Louise-Henriette Potier, fille puinée de René, duc de Tresmes, pair de France, cl de Marguerite de Luxembourg. [Moréri.)

(1) Jean de Rieux, comte de Chàteauneuf, vicomte de Donges, fils de Guy de Rieux II' du nom et de Catherine de Rosmadec, dame de La Hunaudaje.

(2) Saint-Jusl, commune du canton de Montagrier. Elle relevait de la baronnift de Rourdeilles et appartenait alors aux Sescaud qui la tenaient des des Ailes. {Archives de Montardit.)

(3) Le Dictionnaire historique de la France, de M. Lud. Lalanne. qui, ainsi que le vieux Dictionnaire de Moréri, a été «i utilement consulté par nous (ce soûl, en tant qu'imprimés, les sources principales de notre annotation), fait mourir Jacques Nompar de Caumont, non le 0, mais le iO, et non à Bergerac même, mais au château de La Force, non loin de celle ville. Nous croyons devoir donner la préférence au témoignage du chroniqueur qui était sur les lieux et qui, en qualité de voisin, devait être, pour les circonstances du décès, mieux informé que tout autre. La Gazette (n" du l" juin 1652, p. 537) donne tort à notre chroniqueur en ce qui regarde la date, mais lui donne raison en ce qui regarde le théâtre de rôvènement. J. du Lac, dans son Histoire de Bergerac, dit aussi que le maréchal, qui s'était retiré à Bergerac, y mourut.

Parisiens, au nombre de 18 ou "20 mille hommes, et les repoussèrent jusqu'à S. Germain, avec resolution d'aller chercher le roy audict lieu et le ramener à Paris,

BaUasar, le 15 ou IG de may, enleva aussy quelque cartier du régiment de P'oUeville (1), lieutenant Du Plessis Belière, et feit 50 prisonniers. Mr. le vicomte de Riberac estoit joinct avec Folleville qui gagna S. Astier (2) ; néantmoins, dans ce rencontre proche de Monclar, Chasteauneuf fut blessé à mort et de la estant traduict à Bergerac y mourut deux ou trois jours après ; son régiment pareillement se dissippa presque tout. BaUasar estant arriuué un peut tard pour combattre Folleville, prit pourtant Mr. Dataux et Mr. de Laborie de la Gaubertie (3), gentilhomme, qui estoit de parti contraire et auquel on brusla quelque forge. De la, BaUasar prit sa marche à Liurac (i) et au Bugue et menassa Limeuil , qui avoit tué quelqu'un de ses capitaines et faict trois prisonniers avec leur chevaux.

Mr. le prince, après avoir asseuré le passage du pont de S. Gloud, poussa jusqu'à S. Denis et s'en rendit maistre après avoir coupé la gorge a quatre cents Suisses et sept ou huict cent fantassins. Le 14 ou 15 de may 1652.

(1) Guillaume Le Sens, chovaliei", puis marquis de Folleville, lieutenant général des armées, épousa Marie Malherbe, par contrat du 20 mars 1G46, où il est dit fils de feu Isaac, chevalier de l'Ordre du roi, capitaine de chevaulégers et d'Anne de Mainbeville ; il fut aussi conseiller d'Etat. {Bihl.nat. Mss. Carrés de d'Hozicr, 580, f" 325).

(2) Saint-Aslier, canton de l'arrondissement de Périgueux, sur les bords de rille. L'église collégiale de celte petite ville fut pillée, et pi-ocès-verbal du vandalisme fut dressé, le 9 juillet 1052, d'après l'ordre de !a cour sénéchale de Périgueux, en présence de M. Pierre Lavandier, curé et chanoine de l'église. On accusa les gens de Baltazar d'avoir commis ces déprédations, le 27 mai précédent. [Notes de M. Vitlnpelct, d'après le procès-vevbal, Mss., portefeuille X,à la Bibl. de Périgueux.)

(3) « Le sieur de La Borie de La Gobcrlie, brave gentilhomme, voisin, s'était

jeté dans la forge de Monclar avec ses domestiques La fermeté de ce

gentilhomme ne parut pas seulement dans sa résistance.... elle fut toujours Ta même.... » Il empêcha Baltazar de rejoindre Folleville. Ainsi s'exprime Chevalier de Cablanc au sujet de Raymond de Véra de La Gaub(n-tie, chevalier, seigneur de La Borie (tils de Gabriel et de Catherine de La Brousse) qui épousa, le 2 octobre 1029, Anne Brunel de Pujol, fdle de Jean-Jacques Brunet, Iwron de Pujol, et de Catherine du F"aulx [aliiis du Saulx).

Baltazar, dans son Histoire de la guerre de Guienne, dit que : » Tout fut tué dans la ferriére de Montclard à la réserve de Laborie et de (|uelques autres. )> Cette alTaire est du mois de mai 10r)2. Il est possible que Haymoiul ait succombé quelque temps après à ses blessures. Ledit Raymond mourut cette même année 1052, et l'inventaire des meubles du château de La Borie eut lieu le 10 octobre 1052. (Archives du vicoivte A. de Tessières et de .1/. Xavier du Pavillon.)

(4) Liorac, commune du canton de La Linde.

Second» l'cddition du Chastoau de Lardiinarie.

Le chasteau de Lardimaiie fut assiégé pour la seconde fois par Baltasar avec le parcage, et le gros canon y fut mené le 25 may 1652. Après quelques heures de siège, la place fut rendue et on mit dedans un capitaine de Condé, avec 40 soldats et quelque dix du parcage, le canon n'ayant tiré.

Le 28 may 1652, M. de Baltasar assiégea et prit S. Asiier, n'y ayant perdu qu'un homme.

Il y eut quelques maisons bruslées à S. Astier.

Le lieu et Teglise furent entièrement pillés. La Luminade (1), de la famille des Pontets, voulut soustenir dans le clocher, mais les parcages luy ayant tué quelques uns de ses soldats (2), il se rendit prisonnier de guerre, et fut mené dans Perigueux et mis en prison. Quelques particuliei-s de la ville, a qui il avoit enlevé du bestail, estoint irrités justement contre luy ; il fut ammenné avec luy quelque 20 prisonniers.

Prise de Beausejuur.

Le chasteau de Beausejour (3), appartenant à Mr. le comte de Grignols, fut aussy pris le mesme jour, mais Mr. de Baltasar n'en eut pas si bon marché, y ayant perdu cinq ou six cavaliers et trente ou quarante de blessés. Ces deux places furent emportées sans canon, les cavaliers ayant mis pied à terre.

Le 2 de juin 1652, arriuua en ceste ville Mr. Marsin et en partit le 6 pour se rendre au quartier de Baltasar, à Beausejour, et de la à Bourdeaux, à raison de quelques troubles arriuués dans Bourdeaux.

(1) Raymond de Beaupoil de Saint-Aiilairc, baron de La Luminade, seigneur de Ponlet, La Beylie, elc., fils de Jean, écuyer, et de Marguerite du Puy. Il aurait été maréchal de camps. Il se maria deux lois : 1° le 8 novembre 1038, avec- Jeanne de Leslrade de La Gousse; 2° le i'J octobre 1(372, avec Jeanne du Mas de La Beylie, dans l'église Saint-Hilaire-d'Estissac. Il mourut le 5 février 1G79. (Bibl. nnt., Carrés Je d'Hozicr. et rog. par. de Saint-Hilaired'Estissac.) — Chevalier de Gablanc, (jui avait pu le connaflre, le qualifie simplement de maréchal des batailles, ce (jui 'loil être plus exact.

(2) Le capilaine du Laurier fut tué dans le clocher, aux côlés de M. de La Luminade. {C. C)

(3) Commune de Saint-Léon-sur-rille , canton de Saint-Asiier. Ce repaire noble des Tallejrand de Grignols, dont relevaient Neuvic et Puyferral, appartient maintenant à la ville de Chalais, qui a hérité de tous les biens que le dernier duc de Périgord, prince de Chalais, de la branche aînée, possédait dans la Charente et la Dordoffne.

Le G (le juin \C>h'2, le chasteau d'Agonnac se rendit à un capitaine de Condé qui y estoit allé avec sa compagnie et quelques gens de la ville. Le commandant s'appelloit P'aiolle , natif de S. Junien, nepveu d'un nommé Dupon , qui y commandoit auparavant, natif aussy de S. Junien. Les prisonniers furent menés à Perigueux au nombre de '2ô ou 30, puis échangés avec d'aultres. Le chasteau d'Agonnac fut ensuitte démoli par les parroisses voisines par ordre de Mr. de Chanlost.

Le 8 de juin 1652, le chasteau de (irignols fut investi et menasse de siège, et le bourg fut pris a mesme temps et quelques maisons bruslées, mesmement celle de Monsarrat, autrement F^ngelbert il), commandant dans le chasteau; le siège continua prétendant miner le roch du chasteau pour l'emporter à la faveur de la mine.

Gravelines a este repris par les Espagnols au mois de may 1652.

Levenient du siège d'Estcinpcs par Mrs. les princes.

Sur la fin de may, les trouppes de Mazarin allèrent attaquer l'armée des princes retirée dans Estampes, laquelle se défendit très bien et en feirent demeurer sur la place dix ou douze cent, et feirent aussy des prisonniers ; il y fut defîaict sept ou huict cent Poulonnois qu'on avoit laissé entrer jusqu'au milieu de la ville. De plus, l'armée des princes, ayant faict une rude sortie, en feirent demeurer sur la place quatre ou cinij cant des troupes conduictes jiar le mareschal de Turene. Enfin, le siège d'Estampes fut levé à raison de l'arriuuée du duc de Lorrainne et de ses trouppes qu'on faisoit de neuf ou dix mille hommes; après quoy fut tenu conseil de guerre entre les princes et fut résolu d'exterminer et poursuiuure le Mazarin en quel lieu qu'il fut. Les députiez du parlement arrivèrent en mesme temps et fort mescontens de la reine. C'est pourquoy, pour rendre conte de leur

(1) « Monlsarral, vieux soldat el homme de résoUilion », se défendit de la façon la plus courageuse, mais fut obligé de capituler le 20 juin. (C. C.) Le rapprochement de ces deux noms fait supposer à notre érudit confrère, M. de Montégut, qu'il s'agit peut-être de François .A.ngelbert, éciyer, sieur de La Breuilhe, époux de Marie de Monlsarral, dont ïa fille Marie se maria avant 1037 avec Guillaume Faure, écuyer, sieur de Gaignolles.

Grignols, silué sur le Vern (ou Vergl) est très ancien, il en est parlé dans le CarluTaire de l'abbaye de Cadouin et dans la Chronique de Geoffroy, prieur du Vigeois, vers 11:35. Celte chàtellonie comprcnail, en l.SOl, mille feux; 10 paroisses el 3.') nobles, en 13!)."). P^lle fut érigée en comté, en lOki, en faveur de Daniel de Tallcyrand. (CalenJrirr liistori'iiii' du Périi/ord, par Laussinotte, Noies de M. ViUcpeIct.) Consulter Villaiiiblnrd et GriijnoJs, brochure par Garraud, déjà citée.

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deputation, le parlement pria Mrs. les princes de venir prendre leur place au parlement. Le roy et le Mazarin esloit à Melun , lors du levement du siège d'Estempes.

Victoire de M. de Balfasar emportée sur Folleville et IHoutausier le -IT juiu 165^. — Prise de Montançois par Mr. de Baltasar.

Le 17 juin, M. de Baltasar ayant appris que M. le comte de Grignols et Mr. d'Argence (1) attendoit a remettre leurs chasteaux a raison du secours qui leur debvoit arriuuer le mesme jour que dessus, scavoir Mr. de Montausier, gouverneur d'Angoumois, accompagné de Mr. Folleville, mareschal de camp. Cela se confirma par l'arriuuée de leurs trouppes aux plaines d'Asnesse (2) et vindrent jusqu'au bord de la rivière en nombre de mille cavaliers ou environ et aultant de fantassins. Mr. de Baltasar ne manqua d'advertir de ceste occasion de combat la ville et le pareage qui se rendirent a mesme temps sur le bord de la rivière, laquelle ils bordèrent et feirent quelques descharges sur les ennemis. Mr. Gaston (3), officier dans la cavalerie de Baltasar, et Domine, aussy officier, impatiens d'en venir aux mains avec les ennemis, passèrent la rivière avec trois cent cavaliers ou estoint ceux de la ville, mesmement le fils de Mr. de Fonpitou , quy fut blessé dans la meslée légèrement. Baltasar, voiant qu'ils attiroint sur eux toute l'armée , détacha de son corps deux cent cavaliers, puis, pour avoir pari à la gloire du combat, il passa avec tout le restant de la cavalerie. Ce qu'estant faict, toute l'infanterie ennemie feit la descharge sur eux ; après quoy Baltasar donna si vigoureu-

(1) François de Joumard, bnron de Dirac, seigneur de Sufferte, appelé Tison d'Argence, par substilulion de la famille de sa mère Gabrielle Tison, dame d'Argence, etc. .(voir plus loin), épousa : 1° une Beaupoil de Sainl- Aulaire; 2»^ le H mai 1655, Marie des Cars. {F. P., 118, f' 19.)

(2) Annesse forme avec Beaulieu une commune du canton de Saint - Astier, et est distant de Périgueux de 15 kilomètres.

(3) «Gaston, l'un des meilleurs capitaines et des plus braves soldats de son régiment, eut en partage le régiment de Ilo'helort que le sieur de La Po"iiyade Saint-Martin commandoit — il enfonça vigoureusement ce régiment, et le rompit — " Ayant été lilessé par M. de I.a Pouyade, il vit bientôt ce dernier tomber au pouvoir des siens. Il lui oflVit alors la vie pour 100 pistoles. La Pouyade, pressé de fuir, lui remit sa bourse, jurant sur l'honneur de compléter la somme si c'était nécessaire. Le soir, Gaston, en l'ouvrant trouva sept pistoles de plus, et, malgré ses camarades, les renvoya à La Pouyade. C'était un soldat de fortune, l'un des plus hardis des troupes frondouscs, sans naissance, mais plein de sentiments délicats. [C. C .)

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sèment , qu'il rompit entièrement loule cesto infanterie et attaqua ensuitte si vivement Folleville et toute sa cavalerie qu'il la mit toute en route et joncha toute la campagne de morts, s'y estant faict un Bstrange carnage sans que Baltasar perdit 25 ou 30 hommes tués. Il regretta seulement M. Fagot, major de son régiment (1) ; mais en revenche, Folleville fut blessé à ce qu'on dict à la teste et à un bras, et M. de Monlausier aussy blessé.

Il y fut faict aussy des prisonniers, entre aultres le marquis de Monlandre (2) et aultres gentilshommes d'Angoumois. Beaucoup de prisonniers furent aussy faicts de l'infanterie, la plus grand part desquels ayant quitté leur régiment d'Anguien, à la reddition de Sainctes, se reunirent à leur corps d'Anguien, d'aultres prindrent aussy parti en nos trouppes. L'eflfroy fut si grand pour les ennemis qu'ils furent poursuivis jusqu'à Bourdeille ou ils avoinf creu trouver relraicte. On estimoit le butin de cesle petite armée à plus de cent mille escus. Le moulin de Mr. d'Argence et quelque grange fust bruslée pour l'obliger à remettre son chasteau. Pour cest efTect, on sortit la calebrune et Mussidan de la ville, le 18 juin. Ce mesme jour, Mr. d'Argence a remis le chasteau de Montançais (3) à Mr. de Baltasar, sa personne et ceux qui estoint dedans avant la desfaicte de Folleville a discrétion, et pour ceux qui estoint dedans depuis l'arriuuée de Folleville , il fut arresté qu'ils sortiroint, les gentilshommes et officiers, l'espée au costé et le pistolet à la main, et les soldats, l'espée au costé, sans aultres armes.

(1) Chevalier de Cablanc donne les détails les plus inléressants sur celle bataille ; il n'indique que quelques-uns des morts, parmi lesquels : La Casse, capitaine de Baltazar. Pagel (peut-être le Fagot sus-nommé) lut blessé d'un coup de sabre à la tête.

(2) Charles de La Rochefoucauld, marquis de Monlendre , fds aîné d'Isaac baron de Montendre el seigneur de Monguyon, épousa le 27 septembre 1033, Renée Tlievin. Il mena une compagnie de lUU gentilshommes de ses voisins et vassaux au secours de l'ilc de Ré, attaquée par les Anglais en 1G25. Son beau-l'rère, Geoffroy de Durforl-Duras, baron du Cubzagais, l'aida dans cette entreprise. Toiras, commandant pour le roi la citadelle de Saint-Martin-de- Ré, le dépêcha en 1G27 vers le duc de Buckingham, mouillé devant la place, avec les propositions de paix.

Il avait relevé les noms et armes des Fonsèque, sur, le désir de sa mère Hélène de Fonsèque, tillc du baron de Surgcres. [Études historiques sur farronflissenieiU de Jonzac, par ftainguot.)

(3) Monlenccs (ou Montanceix), est un château de la commune de Montrem, canton de Sl-Aslier. 11 appartenait alors à Franijois Joumard, baron de Dirac, seigneur de SulTerte, un des quatre barons d'.\ngoumois. (.\otcs de M. Villepelel). Le I") juillet 1(353, il fut dressé procès-verbal des déprédations commises lors de ce siège, et des malheurs éprouves par M. de Joumard. (/•'. /'. J:2'i f" ^',)0, consulter aussi le Bulletin de la Soeiélé Iiist. du Périijord, III, p. 'ù .)

Après la reddition de Monlancois, le canon roula jusqu'à Grignols. Le fils de Mr. de Fontanilles , appelle Mr. de La Rigale (1), fut recogneu parmi les prisonniers. Le vieux Mr. de Soufferte (2), père de Mr. d'Argence,fut l'emis dans le chasleau conti'e le gré de son fils- De Rive fut aussy faict prisonnier de guerre , s'estant trouvé dans le chasteau de Montançois, desquels Mr. de Baltasar pretendoit bonne rançon.

Reddition de Grignols à Mr. le prinee.

Le chasteau de Grignols s'est aussy rendu à Mr. deMarsin,le 21 juin 1652. Mr. Mariin s'estoit rendu à Grignols depuis le 20 juin M. de Conti authorisa par sa présence la reddition aux mesmes conditions le 21 juin 1652.

Arriuuée de Mr. de Conti à Perigueux. — Le ehasteau des Bories se rendit le 33 juin à Mr. de Conti.

Le 21 juin 1652, Mr. le prince de Conti est arriuué à Perigueux à 5 heures du soir (3). 11 a esté harangué du maire de la ville qui luy a porté les clefs de la ville, et ensuitte de tous les aultres corps de la ville. Le 22 juin, Mr. des Bories (1;, quoyque de contraire parti à Mrs. les princes, vint offrir son chasteau et sa personne à Mr. de

(1) Paul Beaupoil de Saint-Aulaire, fils de David, écuyer, seigneur de Foiileniiles, de Douchapt, de La Rigale, el d'Isabeau de Raymond, mourut après le combat de Montanceis. [Bibl. nal., Dossiers bleus, 1702). « Enseigne au régiment des gardes » fut lait prisonnier. (C C.)

(2) Gaspard Joumard, chevalier, seigneur de Sufferle, La Borde et coseigneur de La Double, épousa le 11 juillet 1008 Gabrielle Tison, dame d'Argence, Dirac, La Roche Audri, etc., fille et héritière de F"rançois, gentilhomme de la chambre et de Françoise de La Rochebeaucourt. [F. P. 118), avec obligation de donner le nom de Tison d'Argence à leurs enfants, ce qui fut exécute. (Voir ci-dessus). Les armes des Tison sont sur les vitraux de l'Hôtel-de-ville d'Angoulême.

(3) Le prince de Conti était venu à Perigueux sans qu'on ait jamais pu savoir le dessein qui l'y amena. Il flt La Roque colonel avant de l'envoyer aux Bories. Une fois les Bories pris, on y établit en garnison Charleroy, capitaine au régiment d'Enghien. (C. C.)

(4) Jean-Jacques de Saint-Astier, chevalier, marquis des Bories, était fils dTleni'i baron des mêmes lieux, gentilhomme de la «chambre, et de Jeanne de Marquessac. Il avait d'abord embrassé l'état religieux, mais à la mort de son frère afné il se fil relever de ses vœux et épousa, le 25 juillet ltj37, Catherine de Montesquiou-Mouluc. Il mourut le 3 janvier 1659. Durant ces troubles, il eut son château des Bories pris et pillé, car il n'avait cessé d'être du paiti du roi, il fut même fait prisonnicM- ; mais s'élanl échappe, il reprit son château, soutint un second siège, que M. de Chavagnac, accouru

Couti, lequel le traieta avec toute la bonté d'un prince , liiy ayant coniié la garde de sa maison, à la charge qu'il le fairoit garder par quarante hommes de sa terre, entretenus aux despens d'icelle, tellement que le régiment d'Anguien qui estoit allé aux Bories et Mr. de La Rocque (1) en deslogèrent le lendemain, sur la promesse de Mr. des Bories de demeurer tousjours dans le service de Mr. le prince.

Reddition de Boiirdeille à Mr. le priuce.

Mr. d'Esprueil , de la maison de Chabans des Hommes {-2), quitta aussy le chasteau de Bourdeille le :23 juin 165'2 à Mr. de S. Aubin, capitaine dans le régiment de Condé de la garnison de Perigueux.

Mr. de Mortemar (3), cadet de la maison de Miremont , offrit le chasteau de Beauregard (1), ou il demeuroit , à Mr. Marsin et à Mr. Baltasar, leur faisant veoir qu'il avoit tousjours demeuré dans le service de Mr. le prince.

Mr. de Conti s'en alla le jour de S. Jean Baptiste de Perigueux.

de Sl-Robert, vint f.iire lever. Ils mirent en fuite les troupes du marquis d'Aubelerre et délivrèrent le i>ays, à quatre lieues à la ronde des environs de Perigueux, des partisans des Princes. (F. P. 160.)

(1) Il doit s'agir de M. de La Roque Cusson, surnommé Gassion, comme il a été dit plus haut, et que M. Barry {Guerre de Guyenne déjà citée), croit être des La Roque Saint- Amand.

(2) Antoine , marquis de Chabans, dit de Saint-Preuil , seigneur de La Chapcllc-Faucher, était fds de Gaspard et d'Henriette de Jussac dWmbleville. Il épousa : 1° une dame romaine ai)pelée Marguerite Sabari ; puis, en 1081, Suzanne de Losse. Chevalier de Cablanc en parle à chaque instant ; Antoine fut en effet un brave militaire qui parvint au grade de maréchal de camp. Ses frères s'étant emparés de son château et ayant embrassé le parti des Princes, il dut les y assiéger ainsi que sa mère, qui donna les preuves de la plus grande intrépidité ; mais la vieille demeure seigneuriale n'en tomba pas moins en ses mains (juillet 1(553 .((Jé/jén/(j(//c do la maison de Chabans, par CourcoJles.) \'uir plus haut une noie sur Fram^'ois de Jussac, seigneur de Saint- Preuil.

'3) Jean d'Aubusson, chcvalifM", seigneur de Mortemar (section de la commune de Saint-F"olix-de-Rcillac) cl de Reauregard, lils de Jean, seigneur de \'ill.rc, el de Marguerite de La Tour, épousa, ic2J7 juin Wi'A, Jeanne fie Loudal, veuve de Charles d'.\u!)Usson, seigneur rie Rcauregard. {La Chesnayc des Bois).

(4) Le ch'ileau, dont il ne reste que des dobris, fiait li.iti siii- un plateau entre deux vallées qu'arrosent les ruisseaux des Ncuf-I-'onls et de La Crempse. Philippe-le-Bel l'échangea à Hélie de Taileyrand, en l.'JOI ; des d'Abzac, il passa aux d'Aubusson, puisaux Souillac en 17IJ4. i\'illan>hlard et Gri;jnols, déjà rite.

Sîcge de VîUcneufve.

1652. Villeneufve d'Agenois fut assiégée sur la fin de juin 1652 par les troupes de Mr. le comte d'Harcourt. Mr. de Teaubon estoit dedans pour Mr. le prince pour deffendre la place, ce qu'il faisoit, faisant mesme des sorties et enlevant quelques cavaliers tousjours (1).

Prise du chastean de La Tourblanclie.

Le 3 juillet 1652, fut ammené en ceste ville quelque quinze ou seze prisonniers de la Tourblanche , lesquels furent enlevés et pris par M. de S. Aubin, capitaine de Condé , qui estoit en garnison dans Bourdeille. Le chasteau fut aussi pris ; le capitaine, appelle S. Marie, se sauva (2).

Desordres dans Bourdeaux.

Pendant le mesme temps, sur la fin de juin, dans Bourdeaux, quoyque ils feissent tous semblant d'estre unis pour les intérêts de Mr. le prince, toutefois ils en vindrent aux mains les uns contre les aultres. Le quartier de S. Michel s'estant assemblé au nombre de quatre ou cinq mille hommes, qui s'estoint mis sous les armes contre eeux du Chapeau Rouge (3j, lesquels voians que l'audace de ces

(1) Sur le siège de Villeneuve-sur-Lot et sur la vaillante conduite du défcnseui" de celle ville, le mai-cjuis de Théobon, on connaît plusieurs relalions spéciales. Voir le tome II du Catalogue delà Bibliothèque nationale, {Histoire de France), à l'année 1652. Ou trouvera quelques détails sur le siège et sur Théobon, dans le texte et dans les noies du Livre de raison de N. de Lidoit, déjà cité.

(2i Peul-cire Holie d'Arlot de Frugîe, chevalier, seigneur do Cumond, La Lindc, Rainte-Marie-de-F'rugie, etc., dit : .1/o/Js/eor do Sainte-Mario. Il élail fils d'.\ntoiiie, chevalier, gentilhomme de la chambre des rois Henri I\^ et Louis XllI, cl de Marie do Couslin ; il épousa, en i(J54, Françoise de Beaudel, fille et hérilière de Raphaél, chevalier, seigneur du l'uch de La Linde el de La Hoque, et de Charlolle de Losse ; il mourul à Frugie en avril 1672, mais fui enterré à Cumond, en présence de quarante prêtres ou religieux. Capitaine au régiment de Montmège, ■! servit sous d'Epernon, La Meilleraye, le maréchal de Chàlillon, el lut griévemenl blessé au siège de Graveliaes. {Archives du chat, do Cumond.) Chevalier de Cablanc mentionne la prise do La Tour-Dlanche, sans détails.

(3) Le Chapeau-Rouge, une des plus belles voies et la plus laree du quartier central actuel de Bordeaux, lire son nom d'une hôtellerie célèbre. Un curieux usage, l'cnouvelé de nos jours dans les hôtels et gares de chemin de l'cr, avait permis d'y installer un Ironc pour recevoir les aumônes des

gens la avoit eslé si grande que de se saisir de la maison de ville et prendre du canon pour le poincter contre la maison de Mr. de Pichon (1), dans laquelle attaque pourtant ils perdirent quelques uns des leurs. Puis de la, s'estant aprochés de la maison de Mr. de La Roche (-2), la bruslèrent, nonobstant une aullre grande descharge que on feit sur eux. Mr. do Conti et Madame la princesse feirent leurs efforts pour dissiper ceste troupe de mutins , quoyque leur prétexte fut d'exterminer les Mazarins. Ayant faict une procession, le S. Sacrement en main, tout le monde eut respect pour le Dieu de la paix et de la guerre, et en se retirant , on faisoit tousjours quelque descharge sur eux, ce qui les obligea de se retirer pour ce coup.

Desordres de Paris.

Le !"''■ de juillet 165!2, sur quelque lettre que le prevost des marchands de Paris avait receu du roy, par laquelle le roy faisoit cognoistre qu'il désiroit faire son entré dans Paris, et ensuitte le prevost des marchands estant allé trouver Sa M. pour l'asseurer qu'il

voyageurs sous le contrôle d'une sorte de confrérie, qui houspilla, un beau jour, si bien deux écoliers de passage à l'hôtellerie du Chapeau-Rouge, pour les forcer à donner grosse somme, qu'une sentence des jurais, contirmée par le parlement en 1582, réprima ces abus et ordonna que la boite à aumônes serait fermée à double clef. {Variétés bordeloises, par Baurcin, IV, SI.)

(1) Les historiens s'accordent à dire que le président de Pichon- Longueville fut f.hassé et proscrit de la ville de Bordeaux par les factieux de rOrmée qui, avec un canon, l'assiégèrent dans son hôiel situé au Chapeau- Rou(jc. Bernard de Pichon (iils de François et de Catherine de Ravolier), seigneur de Carriet, devint baron de l.ongueville par son deuxième mariage du 8 septembre ltJ4u avec .Vnne d'Aflls, veuve de Gabriel de Jauhei-t, comte de Bourzac, en Périgord. Finette, tille de sa première femme (lalherine de La Lanne (épousée en llj'iS), se maria avec l'infortuné marquis de La Douze. Bernard de Pichon, O'itre la charge de grand président au parlement de Bordeaux, fut conseiller du roi en ses conseils d'Etat et privé. Il joua, pendant la Fronde, un rôle militant, car, lors d'une alTaire à Blanquefort, il eut un cheval tué sous lui ; nous le voyons, en IGÔU, aller haranguer le i-oi à Libourne, alTecler de ne pas saluer Mazarin, ni même le regarder, ce qui ne l'empèiha pas d'être traité de " Mazarin », deux ans après. De sa maison et de celle du conseiller de La Boche partit une vive fusillade, quand les Ormisles s'y présentèrent ; mais ils purent s'en approcher cependant, grâce au canon, et y metti'c le feu après l'avoir pillée. Elle dut être rapidement rci'onstruile,car ce fut dans l'hôtel de Pichon-Longuevillc que le roi reeut l'hospilalitr, lors de son passage à Bordeaux, en lllà!). iJWnlPs ilc M. ilo nnisvillr, et l/isloiro du Parlement, déjà citée.)

{i) Charles de La Roche, seigneur cl baron de Cuimps, Auriilac, Queyries, fut reçu conseiller au parlement de Bordeaux, le 22 décembi-e 1(348 ; il était Iils de F'ronton, conseiller au dit parlement, et de .leaiuie de Métivicr. Il épousa une fille de Jean-Jacques de Pichon, conseiller-notaire et secrélairc audit parlement. [Notes de M. de Doisville.)

pourroit entrer dans Paris , de la façon qu'il voudroit, ensuitle de quoy luy ayant donc dicl qu'il y iroit et enjoignit au susdict prevost de tenir les portes fermées le jour susdict premier de juillet. Auquel jour, Mrs. les princes, se defflans tousjours des artifices du Mazarin, résolurent de faire entrer leurs troupes dans les fauxbourgs de S. Marcel et de S. Victor à deux fins, l'une pour conserver Paris dans leurs interests, l'aultre pour dissiper les factions des Mazarins dans Paris. L'exécution de ce dessein fust interrompue par les advis que donnèrent les Parisiens Mazarins et le mareschal de l'Hospital entre aultres, tellement que le Mazarin cnvoia le mareschal d'Hoquincourt conduisant l'avant garde, Mr. de S. Maigrin il) y accourut avec la cavalerie. Cela ne se peut faire que Mr. le prince n'en eut advis a mesme temps, lequel ne perdant point temps et rentrant dans Paris pour exhorter les Parisiens de son parti à le seconder dans ceste occasion dans laquelle il s'agissoit de recognoistre les uurays serviteurs du roy et seus [co/t. ceux de] de Mazarin parmy les aultres. Sa valeur et sa générosité, suivie de celle de madamoiselle d'Orléans, laquelle arrachant les clefs de toutes les portes au prevost des marchands, feit sortir quantité de Parisien, au nombre de deux ou trois mille, lesquels, par le courage de Mr. le prince et de Mr. de Beaufort, conservèrent les fauxbourgs de Paris et éludèrent les desseins du Mazarin. Pour ce coup, la meslée fut rude, à ce poinct que on faisoit le nombre des morts d'un costé ou d'aultre de deux ou trois mille. L'armée du Mazarin esloit de beaucoup plus forte que celle des princes sans l'assistance de Paris. Mr. de S. Maigrin, du costé du Mazarin, fut tué dans cette meslée (2), et beaucoup d'aultres seigneurs d'un costé et d'aultre.

(1) Jacques de Stuer (ou Esluerj, marquis de Saiiit-Mégrin , marié en 1651, le 20 novembre, à Elisabeth Le Fcron, fille de Dreux, conseiller au parlement, dont il n'eut pas d'enfants. Il était fils -de Louis Stuer de Caussadc, prince de Carency, et de Diane des Cars. (.Vo/j. du Liiuous. par Nadaud.)

(2) On lit dans la GazoUe du 6 juillet 1G52 (p. 657) : « Le 2 de ce mois, fut ici |Saint-I)enis] apporté le corps de messire Jacques Sluard {sic), marquis de yainl-Maigriu, lieulciiant général des armées du Roy et cnpilainclieuienanl desdeu.x compagnie;-; de chevaux-legers de la garde du Roy el de la Reyne, qui avoit esté tué ce jour là au combat d'entre les troupes du Roy el celles des Princes, à la lesle des gens d'armes et chevaux-legers de S. m1 Il esloil âgé d'environ Irenle-six ans, el pendant les dix-huit cimpagnes qu'il a fait en Allemagne, Lorraine, Flandre el Catalogne, où il a commandé seul, il avoit acquis une si haute réputation que Leurs" Majeslez ont esté sensiblement touchées de sa mort, et, pour marque de l'estime qu'elles l'aisoient de luy, ont voulu qu'il fust enterré dans l'église abbatiale de celle ville. » De cet éloge, il faut rapprocher ce que dit du brillant officier le duc d'Aïuiiale en son vivant récit du combat du faubourg Sainl-Antomc (dernier volume paru de Vllistoirc des princes de la maison de Condé).

Eiisuitte de ce combat, il s'en feit un aullre dans Paris sur le subject d'une assemblée à l'hoslel de ville, à laquelle s'estant rendus Mrs. les princes le 4 juillet pour représenter l'importance de l'union de tout Paris pourchasser le Mazarin. Cependant le peuple, impatient soudam après la sortie des princes de l'hostel de ville, demendaceste union avec telle presse que laditte union n'estant conclue asses promptement au gré de ce peuple, ils essaieront d'entrer dans l'hostel de ville par force, et estans repoussés et chargés, le nombre s'en estant augmenté par la rosistence qu'on leur faisoit, la porte de l'hostel de ville fut bruslée, et ensuitte quelque trentene des personnes de toutes conditions, cons"", prestres et bourgeois, furent massacrés et traittes de Mazarins; ce qui obligea le restant l'assemblée de conclure l'union avec Mrs. les princes sur le champ et déclarer Mr. le duc d'Orléans gouverneur de Paris et Mr. de Beaufort son lieutenant, Mr. de Brouxel prevost des marchands en la place de l'aultre soubçonné de mazarinisme. Madamoiselle d'Orléans ayant sceu le desordre, après avoir exhorté tous ceux de l'assemblée de s'unir bien tous pour leur liberté et pour le bannissement du Mazarin, pacifia tout, ayant faict évader Mr. de l'Hospitalet le prevost des marchands.

Le régiment de Mommoranci passa ici le 15 juillet J65'2.

M. Philipert de Brandon , evesque de Perigueux , mourut à sa maison de Laureau le 13 juillet 1652. Son service fut faict le 30 juillet 1652, ou tous les corps furent mandés. Mr. Lemoine , théologal (I), feit son oraison funèbre.

Prise de Laugou par Mr. de Lusïguau.

Le chasteau et ville de F^angon (2), qui s'estoint détachés du parti de Mr. le prince, furent emportés dans deux jours, le 12 et 13 juillet 1652,

ili Mnriial Moyiie, clianoiiic Ihcologal, décédé à i'àge de 75 ans, le 11 mars liJT'.t, l'ut ciitei-ré <^ti l'église de Saint-rroul « dans laquelle, suivant la coutume d'iceile, on a sonné à deuil, cl toute la nuit ; son corps a esté porté flans la présente église Sainl-Sylain où l'on a commencé à sonner que ce matin \i2 mai-s) el à la manière ordinaire. Le Lil)ora y a esté chanté par le cliapilrc suivant le concurdasl passé entre led. chapitre el moy curé, el ensuite le corps a este porté dans l'es^lise baint-Fronl. » (.A. M. P. GO, 121, f° IV, r°.]

(2) Canton de l'arrondissement de Uazas , sur la rive gauche de la Garonne. On écrivait de IJordeaux, If 18 juillet, à la Gazette in° du 27 juillcl ItjTjS, p. 717) : « Le 12 de ce mois, le marquis de Lusignan, partit d'ici avec queliiuos troupes, pour aller reprendre la ville de Langon. » D'après la communication faite à îa Gazette, le cli.Ueau de Langon l'ut liallu du c|ualrc jiièces de canon le 14 juillet el emporté d'assaut le 15,

par M. de Lusignan , accompagné des tioupes de Mr. le prince. La Roche Baltasar commendoit dans la ditte place et dans le chasteau de Budols (1), qui est aussi sur la rivière, qui fcit aussy pris et on y mit garnison aussy bien qu'a Langon.

Mort de IHaueliiui, nepvcu du Mazariu.

Le roy partit de S. Denis le 21 juillet 1652, ou il avoit retenu les deputtes qui l'estoint allés remercier de ce qu'il avoit tesmoigné vouloir esloigner le Mazarin. Mr. d'Orléans et Mr. le prince', ayant sceu le départ du roy pour Pontoire, M. le prince s'en alla à S. Denis pour obliger les depultés de s'en revenir à Paris, lesquels pourtant ne jugèrent a propos de partir ce jour 27 de juillet sur la promesse que le roy leur avoit faict de leur rendre response asseurée touchant le départ du Mazarin. Mais le lendemain Mr. de Nesmond estant revenu avec les aultres deputtes il rendit raison de sa depulation, après quoy le 29 juillet le parlement de Paris donna un arrest extraordinaire et terrible pour les Mazarins, par lequel le roy fut déclaré prisonnier et Mr. d'Orléans fut déclaré lieutenant gênerai du roy et de Testât, avec pouvoir de pourveoir à tous offices et bénéfices vacans, d'avoir un sceau. Mr. le prince fut déclaré gênerai des armées aussy de S. M. Ce mesme jour mourut le nepveu du Mazarin, nommé Manchini, qui avoit esté pourveu desjà de la charge de Mr. de S. Maigrin. Il

(1) Cliàleaii de la commune de Budos, (canton de Podensac, an-ondissemenl de Bordeaux), bàli par la famille de ce nom en 1306, dont il reste encore des ruines imposantes. Laserre s'en étant emparé avec les trou[ies royales, le saccagea, en pilla les archives; mais Baltazar envoya contre lui des troujjes qui le firent prisonnier. (La Guyenne mililnire, par I.. Drouyn, II, 15^.) Voir sur la maison de Budos, éteinte dans la maison de Montmorency, une noilce spéciale d'André Ducliesne (p. 447 de l'Histoire ijénéalogiquc de la maison de Montmorency). Un Raymond de Budos avait épousé la sceur du pape Clemcnl V. Les Areltives liisloriques de la Gironde ont public de nombreux documents sur les Budos. On trouve le sceau d'André de Budos, capitaine du lieu de Budos (1" moilié du xiv» siècle), dans le xxu" fascicule des Archives historiques de la Gascogne, Sceaux (jascons du moyen âge, 18912, p. 634. Le chevalier de Courcelles \Gén. Ctiaijans) dit, mais sans preuves, que les Farges, seigneurs de La Chapelle P'aucher en Périgord, élaient de la même famille que les Fargues du Bordelais, et que (d'après Baluze) ces derniers élaient de la même souche que les Budos.

Voir, sur la prise du château de Budos, la Gazette du 3 août 1652, p. 741. On voit là que le sieur d'Espagnrt, conseiller au parlement, s'était jeté dans le chàleau de Budos à dessein de le conserver pour un sien neveu qui en élail proijriélaire.

mourut de ses blessures (ju'il receul au combat rendu au fauxbourg S. Antoine (1).

iNIrs. d'Elbœuf et de Manican eslans allé au secours de Cliauni, petite ville dans laquelle ils s'esloint jettes avec quelque cavalerie, furent pris prisonniers par le lieutenant de l'archiduc, l'armée duquel cstoint composée, tant cavalerie qu'infanterie, de dix mille hommes ou environ. Le lieutenant de l'archiduc s'appelloit Fuensaldaigna. Geste petite ville fut depuis reprise par les gens du roy.

1652. Au commencement d'aoust, Mr. de Rieux (2>, cadet de Mr. d'Elbœuf, fut mis en prison dans la Bastille par ordre de Mr. d'Orléans pour avoir eu dessein sur la personne de Mr. le prince.

Mr. de Nemours, prince de la maison de Scavoie, ayant eu demeslé avec Mr. de Beaufort, fut tué par un coup de pistolet devant l'hostel de Vendosme par Mr. de Beaufort qu'il estoit allé attaquer jusques devant son hostel. Ce prince généreux fut regretté par toutte la cour et mesme particulièrement par Mr. le prince.

1652. Mr. de Bouillon mourut aussi à Paris au commencement d'aoust de maladie.

Création des vicaires généraux.

Après la mort de Mr. Brandon, evesque de Perigueux, furent créés vicaires généraux Mr. de Beaufort, grand archidiacre, Mr. Dalesme (3)

(Il On conserve aux Archives nalionales une liasse spéciale formée de documents relatifs à la moi-l et aux funérailles du neveu du cardinal Mazarin. Ce dossier n'est pas cité par l'historien des princes de la maison de Condé el ne semtjle, du reste, avoir été connu d'aucun de ceux qui, en ces dernières années, ont eu à s'occuper de la Fronde parisienne.

(2) Ce ne fut pas au commencement d'août, mais bien le dernier jour de jnillel, que, selon le lémoitifnage de la Gazette (n° du 3 août, p. 744), « le comte de Hienx, second lils (lu duc d'Elbcuf, fut mis dans la Bastille par ordre de S. A. U. [loui- avoir, dans \(i palais d'Orléans, offensé le iirince de Condé, qui neantmoiiis li'availlc puissamment pour sa libcrlc. » O&ciisé est un des plus remarquables modèles d'euphémisme i|ue l'on puisse citer. L'offens'ï n'était l'ien moins qu'un formidable soufllnt appliqué par le comte de Hienx au vainqueur de t-îoci'oy. l''aul-il croii-e (|ue les généreuses démarches de ce dernier valurent au brutal genlilhonmie sa mise en liberté le ^2<i septembre suivant (GazHte du 26 septembre, p. 928)?

(3) Pierre d'Alesme, chanoine de la Cité el de Saint-I'ront, archidiacre de Sarlat, grand archidiacre de l'érigucux, prévôt de Trémolal en KJ'iT. Il avait un frère, le H. V. Arcliangc d'Alesme, cordelier. (/•'. /••., vol. S'J ; A. D. I ; C. C.j. Il décéda le 2(3 février 1074 el fui enterré dans la chapelle Saint-Jacques, en présence de Mgr. l'évêquc. (.1. M. /'. (IG, l-'J.j

et Mr. Chalup, chanoines (1). M. Dalesme fait roffice et tlict la messe dans S. Front, les deux chapitres estans assemblés à raison des désordres de la guerre.

1655. Mr. de Monpouillan ('2), de la maison de La Force, fut créé maire de Bergerac au mois d'aoust 1652.

Mr. de IjCger, cadet de la maison de La Brangelic, fut créé premier jurai de Bourdeaux (3).

M. Marsin vint pour une seconde fois à Perigueux pour les affaires de Mr. le prince, le 6 aoust 165'2.

Mr. de Chanlost, voulant faire une imposition de bled , argent et fourrage sur tout le plat pais , fut prié de la part de beaucoup de bourgeois, qui s'unirent fiour cela i ar un acte |)arliculier signé de plus de quatre ou cinq cent, de faire cesser ceste imposition; ce qu'ils obtindrent affin de conserver l'amitié de la campagne pour le service du roy, de Mr. le prince et la liberté de la ville et province.

1652. Le roy, voiant que Paris estoit constant aussi bien que le parlement dans le parti des princes , créa un aultre parlement à Pontoise, composé de quinze ou seze conseillers, a la teste desquels

(1) Pierre Chalup, doyen de la cathédrale Saint-Etienne, testa le 21 octobre 1(388 : il était fils de Joseph, écuyer, sieur de la Faucherie, et de Marguerite- Bodin de Saint-Laurent [d'Hozicr^ F, /■■= partie).

(2) Armand de Caumont, marquis ds Monpouillan, fut nommé maire de Bergerac en 1052 par le prince de Conti, charge qu'il occupa aussi en 1653 {Archives miinicip. de Bergerac.) Il mourut à La Haye en 1701, âgé de 8t> ans, ne laissant qu'une tille de son premier mariage contracté avec Willielmine do Brederode; il s'était remarié en deuxièmes noces avec Françoise Arazela de Onate. Après maintes campagnes, on le retrouve, en 1641, en Catalogne où il servit comme mestre de camp en 1651, quand il embrassa le parti des Princes; il fut arrêté en 1653, enfermé dans la citadelle de Blaye, et se réconcilia avec la cour. Créé lieutenant général en 1655, il servit sous les ordres de Turenne. Il eut le même grade en Hollande, oii il s'était réfugié après la révocation de l'édit de Nantes". {La Chesnaye des Bois, et Notes de Barry dans la Guerre de Guieiine, déjà citée.)

{o) Antoine Joumard des Achards, vicomte de Léger, fds d'Antoine, chevalier, seigneur (le La Brangelic et de Louise Pasquier, fut tué au Mas d'Ageiiois (L-v Cliesnaye des Bois.) La liste des jurais de Bordeaux manque de 1(j49 à 1652; mais heui'eusement la Gazette (n" du 17 août, p. 777) annonce, à la date du 1"' août la nomination comme jurais de Bordeaux, de « Léger de l^a Biangelie, genlilhemmc du Périgord, Robert, avocat en ce parlemeiiL et Hrignon. " Le même journal raconte en ces termes la mort tragique du nouveau jurât (n" du 14 décembre de la même année, p. 1162) : » Bordeaux, 5 décembre. On a ici avis que le Mas d'Agenois [arrondissement de Marmandej, a esté pris d'assaut parle s-" Marchin, lequel après avoir esté repoussé aux deux premiers avec grande perte des siens parles seuls bourgeois de cette petite et meschanle )ilace, l'a emportée au troisiesme, nonobstant la résistance des liabitans, (|ui ont mieux aimé mourir pour le service du Boy ijue d'entendre a aucune capitulation. Le s'' de La Brangelic, l'un de nos jurais, y a esté tué. »

Mr. de Mole estoit en qualité de président. Ce que voiant, le parlement de Taris donna des arrêts conti-e ce nouveau parlement pour éluder tous les desseins du Mazarin.

Tout Paris fut en deuil à raison de la mort de Mr. de Valois, fils à Mr. d'Orléans, deceddé à Paris aagé d'environ deux ans ; il mourut au commencement d'aoust.

Ici s'arrêtent les mémoires proprement dits, peut-être interrompus par la mort, car il y avait encore bien des événements de la Fronde intéressants à raconter, tels que la prise de Périgueux en 1653. A la suite sont quelques pages blanches sur lesquelles on a mis, à la fin du xvrii* siècle, de courtes notes de comptes, de prix de denrées et do payement de domestiques. On trouve à la fin, écrites de la même main que les mémoires, les. deux pages que nous transcrivons.

Extraiet de la natalicc de mes enfans.

Le vingtiesme de mars, trois heures après midy, le jour de S. Joachim, l'an 1640, ma femme s'accoucha pour la première fois d'une fille, laquelle fut tenue a babtesme le cinquiesme aoust mesme année que dessus par mon père, son parrein, et par ma tante d'Egliseiieufve, tenant au lieu de madamoiselle de Palisse , ma belle mère , laquelle estoit de la religion, et fut appeliée Judith Isabeau. Elle mourut le 4 décembre 1640.

1641. Le vingtiesme septembre, a onze heures et demy de nuict, ma femme s'accoucha pour la seconde fois d'une fille , laquelle fut présentée à babtesme à Mr. Palisse, mon beau frère, et à mademoiselle Françoise Mourcein, femme en secondes nopces à mon père. Elle receut le susdict sacrement de babtesme le 25 febuurier 1651 [les registres paroissiaux de Périt/iieux disent : 25 Icvricr lG'rl\ par ^L Robert, vicaire.

1642. Ma femme s'accoucha pour la troisiesme fois d'un fils le treziesme de novembre., jour de jeudy, et fut babtisé le 26 décembre 1G45, mon frère ayant esté son parrein, et marreine ma fille Fi-ançoise Hessot, au lieu de madamoiselle de SoulTron , tante de ma femme, Jaques fut son nom.

1614. Ma femme s'accoucha pour la quatriesme fois d'un fils, le quatorziesme décembre, entre minuict et une heure, et fut babtisé le 26 décembre 1645. Mon père, son parrain, l'ayant tenu a babtesme avec madamoiselle de Palisse , ma belle sœur, marreine ; Louis fut son nom.

1647. Le treziesme febuurier, ma femme s'accoucha pour la cinquiesme fois d'un fils que je présente à Mr. Pierre Palisse, escolier, mon beau-fi'ère, et à madamoiselle de Laborie, ma sœur. Il nasquit un mercredy entre neuf et dix du soir, et fut babtisé le 2" febvrier 164"; Pierre fut son nom.

1648 Ma f. . . .

foiz d'un fi. . .

heure après. . .

jeune des

Palisse escolie[r]. . .

pour estre sa. . .

1650. Ma femmfe]. . .

le vingtiesme au. . .

et quatre après mi. . .

a babtesme par. . .

son parrein et par, . .

femme en secondes nop[ces]. . .

et fut babtisé le 24 au. . .

de S. Front. . .

1652. Le vingtiesme janvlierj. . .

accouchée pour la huictiesme. .

nasquit entre neuf et dix du so|irJ. . . mille six cent cinquante et deux et. . . et troisième janvier mille six cent cinq. . . este son parrein Jacques Bessot, nostre. . . [marjreine madamoiselle de Charon, ma tante, . . Joseph.

Cette page est en partie déchirée et la fin de toutes ces lignes manque.

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