‹ Livre-journal de Pierre de Bessot, 1609-1652Chapitre 2 sur 12 · SEMPER JESUS MEGUM, SEMPER MARIA PRO ME · texte numérisé non relu

SEMPER JESUS MEGUM, SEMPER MARIA PRO ME

1609. Mon père (1) vint à Ferigueux pour estro habitant.

1610. Mon père se maria avec damoyselle Anne de Charon (2), ma mère.

1611. Je nasquis à Perigueux et fus babtisd par un ministre à Sensennat (3), nommé Pontet.

1610. Louys 13, fils dTIenry 4, d'heureuse mémoire, fut faict roy de France et sacré à Rheims.

1613. Commença une grande famine , le boiceau de bled estant monté jusques a 8 liuvres et à proi)ortion le seigle, et ne furent guère

(1) Louis de Bcssot, conseiller du roi et coiili-ôlcur en l'Elccliou de i'érigueu.v, était tils d'Elienne sieur de La tjueyzie el de (Jalherine de Gentil. Il testa à Perigueux le 11 mai ltjtj4 , instituant Jean- Jacques de Bessot, ills aine de feu Pierre, l'auteur du Livre-Journal. {Arc]}ives de M. A. (Je Lawothc.) 11 fut premier consul de Perigueux en 1G37 et mourut en 16138.

(2) Anne de Charron était fille de Pierre Ctiarron, seigneur de Senceuac, trésorier de Catherine de Navarre, duchesse de Bar, sreur d'Henri IV, el de Marguerite de Valbrune, sa deuxième femme {F. P. 128 Charron.)

(3) Sencenac forme avec l'ancienne paroisse de Puy-de-Fourche, une commune du canton de Brantôme. En 1579, noble homme Pierre de Charron, habitant Perigueux, acquit par échange la terre, seigneurie et juridiction de Sencenac, vcn.iiil du domaine du roi de Navarre e.omme comte de Périfiord. \F. P.]

bonnes les années suivantes (1), jusques à l'an 1630, qui fut asses fertile en tout, particulièrement en bled.

Jaques de Bessot (-2), mon frère, fut babtisé le -25 febuvrier 1610, en l'église S. Front ; son parrein fut M. Jaques Chalup (3) sieur de Gleseneufve (4), nostre oncle, et marreine Marguerite Charon, mariée avec M. Symon (5) de Saint-Paul nostre oncle ; le vicaire s'appelloit Charles Preissac (6). [Ce paragraphe a été ajouté eu marge . ]

1630. Perigueux fut attaqué de contagion (1) et y fut asses eschaufféo dans le commencement ; mais le peuple ayant intercédé envers nostre Seigneur et S. Roch et érigé de nouveau ou plustost relevé ses autels abbatus, soit par l'indevotion de chrestiens, soit par la longueur

(1) « L'année 1G28 fut U-és mauvaise. La famine, la guerre et la peste envahissaient les provinces de France, mûm3 celle-ci, qui fut surchargée de tous les Limousins réduits à la tin qui furent nourrisavec la libéralité des gens de bien. Il s'y trouva plus de G, 000 pauvres auxquels on faisait l'aumône générale aux deux portes de la ville, savoir, celle de Taillefert, enireles deux villes, et à celle du Pont » (parties arrachées à la suite.) [F. P. 50 t" 3û2.\

(2i Jacques de Bessot, sieur de Crespiat , avocat, puis prêtre. [A. M. P- — GGi55, et testament de son père.)

(3) Jacques de Chalup, écuyer, sieur d'Egliseneuve, conseiller et avocat du roi au présidial de Perigueux, tils de Raymond, écuyer, sieur de Farcyrou, et de Marguerite Arnault de La Borie. Il épousa Elisabeth (alios Isnbcau) de Bessot, et était déjà morl le 28 juin 1645, lors du mariage de son tils Bernard avec Marie de Chapelle de Bastcs. Il fut maire de Perigueux en 1G04. (Armoriai do d'Hozier^ rcg. F ; et A. D. I.)

(4) Egliseneuve-de-Vergt, commune du canton de Vergt, était aussi désignée sous les noms d'Egliseneuve du Souc , du Sel , de Pissot. [Notes de M. VUlepelct.)

(5) Jean de Simon, écuyer, sieur de Saint-Paul (?) sieur de Queynal ou Scynat épousa Marguerite Charron, sœur de M"" de Bessot. Il testa le 18 mars 1640 et fut enterré à Saint-Paul Lizonne au mois de juin suivant, étant âgé de 85 ans. Il fut pi-rc de Louis Simon, marié à Louise du Burguet. (A. D. /.cl rc'j. par. de Saint-Paul-Lizunne.)

(i5) Dans l'acte de baptême, Pierre Bessot est dit : avocat au parlement ; le vicaire est dénommé: Pierre Charles, probablement de la famille bourgeoise des Charles de Peyssard, (et non Preissac) (A. M. P. GG/i2, folios Ù^J, oS.)

;7| Depuis le mois de mai ItWl jusques au mois de novembre de la dite année, Perigueux fut afflige d'une grande peste générale, (\oles de M. Villepclet d'après les mss. de M. Lapeyrc.)

Du 16 avril au 3 juin, sur 44 décès enregistrés dans la seule paroisse do Saint-Front, 17 sont attribués à la peste. [Note de M. Hardy.)

J.-B. Darlensec, dans son livre de raison publié par son descendant L. Peyrochc (Saint-Dizier, 1801, in-12), dit qu'à la suite de la famine, il ]» rit fie la pesic deux mille personnes en trois mois.

— lu —

du temps, en son honneur en rue neufvo le mal s'appaisa et cessa la mesme année.

1619. Mon père achepta son olfice de controlleur en la présente Election.

1628. Noslre grand monarque Louys 13, après 18 mois de siège, entra triomphant dans la Rochelle (I), ayant faict au preal?ble ceste grande digue qui estonna tout ce pauvre party ("2j et feit retirer l'Anglois dans ses foyei's.

1630. Soubs le perc Dunoyer (3), jésuite , je soubstins des thèses de philosophie, lesquelles estoint dédiées à la cour presidialle.

1631. Mon père espousa en secondes nopces Françoise Mourcin (4), damoyselle, vefve de feu Lazare Albert, avocat.

1628. Ma mère mourut environ la feste de Toussaincts , après s'estre accouchée au mesme jour de sa mort de ma sœur Anne (ô).

1629. J'allé a Cachors (6) pour estudier en droict et y demeure

(1) Les ouvrages à citer sur le siège de La Roctielle sont presque innombrables. A côlé du livre classique du P. Arcère {Histoire de la ville de La Rochelle, 175(3-57, 2 vol. in-4°) on pourrait facilement indiquer des centaines de relations. Voir la Bibliographie Rochclaise de Léopold Délayant (|ui, quoique excellcnle, est loin d'être complète (1H82, vol. grand in-8°, p. 211-290.) Nous nous contenterons de signaler deux ouvrages de date récente, le premier fournissant quelques détails nouveaux, le second résumant à merveille la plupart des détails déjà connus : Lettres inédites de Philippe Fortin do la Ilogucttc, publication de la Société des Archives liistoriCiUes de la Sainlonge et de l'Aunis ; La Rochelle, 1888, grand in-8° ; Le siège de La Rochelle par le vice-amiral Jurien de La Gravière. Paris, 1891, in-12.

(2) Tous les mémoires du temps s'occupent de la fameuse digue de La Rochelle. Voir notamment les Mémoires de Bassompierre, de Fonlenay- Mareuil, du cardinal de Richelieu, et ceux de Du Plessis-Besançon, dont la publication est toute récente (Paris, librairie Renouard, 1892). L'éditeur de ces derniers mémoires, le comte Horric de Beaucaire, a donné au tome XV'III dea Archives historiques do lu Saintonge et de l'Aunis ([890), une notice spéciale sur les travaux de l'ingénieur du Plessis-Besançon devant La Rochelle.

(3) Etienne Noyer, ou du Noyer, entra dans la compagnie de Jésus le 21 mars 1B15 ; il mourut à Poitiers en l<j5t. [Renseignement du R. P. A. Denjoy, Jésuite) .

(4) Françoise Mourcin était peut-être fille de Jean Mourcin, sieur de Groulier, élu pour le roi en Périgord, qui avait épousé Antoinette Valbousquet à la fin du xvi" siècle (A. M. P. GG, SI.) ; ou bien de Jean de Mourcin, avocat, époux de Jeanne de Lespine, décédé peu avant ltjl9 (Notes de M. D. de Boisville.)

(5) Anne de Bessot, née en novembre 1628, épousa en 1642 Pierre Chancel sieur de Laborie. [Voir plus loin.)

(6) L'université de Gahors avait alors grande célébrité. Son histoire a été retraeée (un peu incomplètement sur qui;li|ues points) dans un ouvrage (jui va être cité à la note suivante.

environ un an ayant pris des escrits soubs nions, de Lacoste, qui avoit enseigné à Tholoze avec tant de réputation (1).

1633. J'allé à Bourdeaux ou je fréquenté le parlenncnt environ un an et y pi'is mes lettres d'advocat soubs monsieur de Priezac (-2), qui fut puis après conseiller d'estat, et presto le serment en la grand chambre, estant présenté par monsieur Fontanel (3), beau-frère de monsieur Fauvel, procureur en la cour (4), monsieur Daigueisseau, président (5), et pour les gens du roy Gabriel de Mulet premier

(1) D'après le Dictionnaire Iiistorique de L. Lalannc, Jean Lacoste dit Janus a Costa, jiiriconsulte, né à Catiors vers 1. "S JO, serait mort le l^aoïit ItirjT; mais d'après la Bcvuc drs Pyrénées (1891, p. 190), il vivait encore en lOrjS. (,)n le suppose fils de Antoine Guibert de La Cosie ide Costa), professeur à la faculté de droit à Toulouse et conseiller au parlement de cette ville. On trouvera divers renseignements sur Jean de Lacosic dans une note dos Lettres inédites (l'A. Badine d' Auteserre (Aach., 187G, p. 13), et deux lettres de lui ladressées à Pierre Pithou, de Toulouse, en 1.593 et en l.')99) à la suite du Discours de la Vifjne par François Roaldès (Bordeaux, I88tj, p. 9tj-99.) Conférez l'Histoire du Quercy par Cathala-Coture, tome II, 1785, p. 10(3-158 ; l'Histoire de l'Université de Gahors , par MM. Baudel et Malinowski (Catiors, 187G, p. 119-121, etc.)

(2) Daniel Guiny de Priézac, d'abord avocat au parlement de Bordeaux, devint par la suite conseiller d'Etat. Il était fils de noble Bertrand Guiny sieur de Priézac et de Suzanne de Stenay. Il épousa, le 22 juillet 1608, à Bordeaux, Marie du Bernet, fille de Salomon et de Jeanne Disraël. iNotes de M. de Boisville.)

Ajoutons que Priézac, né au chàleau de ce nom (Corrèze) en 1.590, mourut à Paris en 16!j2, après avoir été, en sa qualité de membre de l'Académie française, provisoirement immortel. On a de lui, enlr'autres ouvrages, des Discours qui furent imprimés à Bordeaux, en 1621 (in-8°). A son fils, Salomon, appartient l'Histoire des Eléphants (Paris, 1G50), bouquin peu commun. Daniel de Priézac est le héros d'une des Historiettes de Tallemant des Beaux (la 327"") (édition Paulin l^aris, t. VI, p. 50-53.)

(3) Probablement François de P^onteneil (aliàs Fontancil), avocat en parlement, bourgeois et citoyen de Bordeaux en juillet 1602, puis, en août 1615, jurât de robe longue de cette ville. Ou bien, Jacques de Fonleneil, aussi avocat, bourgeois et citoyen de Bordeaux, puis, jui'at de robe longue en 1642, qui était lils du précédent. 11 lit p;iraître, en U351. l'Histoire des Mouvements de Bordeaux, dont le premier volume est seul connu : on croit que Mazarin arrêta l'impression du second, à cause des Mazarinades qui y étaient contenues. INotcs de M. D. de lioisville et Statistique de la Gironde.)

(4) Malliuriii Lamolhe-Fauvel, plus connu sous ce flernier nom, mort avant 1663. Il fut reçu bourgeois de flordcaux par ordonnance des jurais du 14 août 16:i7 ; il avait épousé Jeanne de Pieu, demoiselle d'une famille de robe du Bordelais. iGénéal. ms. de la famille de Pieu, par M. I). Le Vacher de Boisville.}

(5) Antoine d'.Vguesseau , né en 1584 , après avoir été conseiller d'Ktat, intendant de Picardie, fui premier président au parlement de Bordeaux. Il mourut à Paris le 16 janvier 1645, ayant été marié trois fois, 1° avec .\nne Blondeau ; 2° avec Françoise Marescbal de Fontenay ; 3° en 1634, avec Anne de Gives, veuve de François du Faure, chevalier, baron de Saint-Martial de Valette, seigneur de La Roderie, Lussas, Augignac. (Généal. ms. des du Faure, par de Saint-Saud.)

Calherine d'.\guesseau, sa lille, fut enlevée, le 15 décembre lt>48, « par ccrlains personnages, en nond)re de quarante ou cinquante, armez d'espées,

advocat (1), Pontac (2), procureur du roy, et mons. Dussaut , -2'"advocat du roy (3).

1634. Je donne au pays les premiers de mez travaux, ayant playdé contre François Montoson, maintenant conseiller (4), mons. Thinou, président (h).

fiisilz et pistolet/., par force et violence, » des bras de sa mère, qui obtial (pie les ravisseurs fussent excommuniés par sentence de M. Amelote, vicaire général de Pcrigueux. (Archives du marquis de La Garde.)

il) Bessot commet là une double erreur : l'avocat général au parlement se nommait Denis et n'occupait que la seconde charge. Denis de Mullet était fils d'Arnaud, chevalier, président en la première chambre des enquêtes, neveu de Romain de Mullet, procureur général, et frère de Lancelot de Mullet de Volusan, abbé de Verleuil, curé d'Ambarès, ne résidant pas plus à l'un qu'à l'autre, préconisé évèque de Sarlat en 162(j, mais non sacré. Denis se démit de ses fonctions en 1G35 et mourut peu après. Il n'eut pas d'enfants de sa première femme Jeanne de Gourgue ; de sa seconde, Marie de Bajaumont, il eut Gabriel, mort conseiller au parlement en 1G44.

C'est Denis qui ajouta un second L au nom primitif de Mulet. En effet, un jour il intercepta un panier de pâtisseries adressées au célèbre prédicateur jésuite Emond .Vuger ; ce dernier s'en vengea, en exposant en chaire les raisons multiples qui avaient empêché Noé d'admettre les mulets dans l'arche. Le nom de l'avocat général servit de texte à tant de plaisanteries, qu'il crut y mettre fin en glissant un second L dans son nom; mais Emond ne se tint pas pour battu, il lit une épigramme oîi on lisait que mulet o;i mullet, animal ou poisson, ne pouvait être que le nom d'une bêle. (Le Parlement de Bordeaux, par Communay, et Un cure d'Ambarès, par Hazera.)

(2) Jean de Ponlac, chevalier, seigneur de Montplaisir, fils de Jacques président aux en(iuêles, et de Létice de Nesmond, recul, le 9 mars 1G2U, le brevet de l'office de procureur général au parlement de Bordeaux; il conserva cette charge jusqu'en 1543. Il fut enterré, avec sa femme Jeanne de Pichon (fille de Jacques, trésorier général de France, et d'Anne de Richard), dans la chapelle du couvent des religieuses de Saint-Benoft qu'il avait fondé à Bordeaux. {A. Communay, déjà cité.)

(3) Jean Olivier du Sault fut nommé, en 1607, premier (cl non second) avocat général en remplacemeut de son frère Charles, fonction qu'il résigna en 1657, à l'âge de 80 ans, en faveur de son petit-fils Jean-Louis du Saull. Jean-Olivier était fils de Charles , seigneur de Brie et Saint -Ciers en Saintonge, et d'Agnès de Godin, et frère de Jean-Jacques, évèque de Dax, qui maria à Bordeaux Louis XIII avec Anne d'Autriche. Jean-Olivier épousa Marie d'Alesme, fille de Gabriel, conseiller au parlement de Bordeaux, d'une famille périgourdine. (/l . Communay, déjà cité, et Nob. de Guyenne, gén. du Sault.) Voir diverses autres indications, les unes biographiques, les autres bibliographiques, dans une Note sur un recueil de vers en l'honneur de J.-O. du Sault, à la suite d'Hercule d'Argliinont (Bordeaux , Gounouilhou, 1890, in-8», p. 35-38.)

(4) François de Montozon, sieur des Rocs, conseiller au présidial de Périgueux, était fils de Jean de Montozon, conseiller au même siège, et de Marguerite du Chesne. 11 épousa, le 18 mars ltj38, Françoise Gaultier, tille de M. M" Pierre, élu en l'Election de Périgueux, sieur" de Jïverlhac, et de Marguerite de La Brousse. Le contrat fut passé au château de Javerlhac et reçu par Desmoulins, notaire royal. [A. D. t.)

Il fut maire en 1064, el mourut le 9 septembre 1GS2 âgé de 75 ans. (Renseignement du comte E. de Montozon.)

(5) Pierre de Thinon, écuyer, sieur du Petit-Chalout et de Fliac, conseiller du Roi, juge-mage et lieutenant-général en la sénéchaussée el siège présidial de Périgueux , était tils de Jean de Thinon el de Jeanne de Croizat. 11 se

— Irî —

l6Sb. Commenceront les desordres de ijureuge (1) à C.reisensac (2) et nous fut volé du bled à Pissol et quelque peu do vin aussy, d'où s'ensuivit puis après meurtres de sergens et recors all;ins exploicter et exécuter pour les tailles ou porter commissions , et expressément a Nantueil (3) en fut tué 4 ou o.

Ifiâi. J'allé à Paris ou je demeuré environ un an.

i635. Il y eut grande sédition en cesie ville, soit que le peuple fut mutiné contre le maire (4) a raison de quelque coup de baston que le clerc dudict sieur avoit donné à un artisan, qui portoit les armes contre les ordonnances qui en avoint esté faictes , ou soit que ce ])euple fut poussé par d'autres habilans ; enfin, s'estant assemblé, on osta le chaperon au maire, et mons. de Vertamon, qui se rencontra

maria deux fois : 1» avec Calhei-inc lloulier (aZ/às Guilleminc de Iloulier); 2" avant 1(317, avec Madeleine de Villedon. Il était beau-frère de M. d'Argenson, ambassadeur à Venise ; il fit son testament par la main de Jean Thinon, élu à Montignac-sur-Charente, au cbâleau de Montréal, le 12 avril l(jô'2. Du jtremier lit il eut : Marie, mariée en liSiti à Jean de Polminihac, écuyer, frère du vénérable Alain. Du second mariage provint Madeleine, née en 1(317, cl lilleule de Madeleine de La Chaslre, vicomtesse de Bourdeille et marquise d'Arcliiac, puis Jean, baptisé le 12 janvier 1()27. François du C;hesne, vicomte de Montréal, lui succéda comme lieutenant-général, parce qu'il avait épouse sa fille Anne, dont une sœur, Charlotte de Thinon, s'allia à Charles d'Abzac, marquis de Ladouze (A. M. P. GG, 43 et 47. — Bibliotb. de Périnueux, Fonds Saint-Astier, testaments. — Saint-Jean de Dlagnac, par L. Drouyn.)

(1) En 1245 , la communauté du Puy-Saint-Front , tant pour se créer une justice sur des domaines dont elle n'était que propriétaire, que pour intéresser le roi de France à ses affaires, et ainsi pouvoir mieux résister aux comtes de Périgord, céda la moitié de ses droits à saint Louis : c'est là ce qu'on désigne sous le nom de paréage oa pariagc. Celle seigneurie en parcage avec la couronne de France s'élendail sur Chalagnac, Creyssensac, la Cropl'e, la Douze, le Breuil, Egliseneuve du Sel, Marsaneix, Pissot, Saint-Laurent du Manoir, Sainte-Marie de Chignac, Saint-Mayme, N. D. de Sanillac. — Dans la prise de possession du comté de Périgord, en 1400, au nom du duc d'()rléans, il y a en plus : Saint-Paul (en partie), Mortemar, Grun, .\lur, mais il n'est pas question de Pissot et de la Cropte.

(5i) Creyssensac, ancienne paroisse, qui, réunie à Pissot, forme une commune du canton de Vergt.

(3^ Le Dictionnaire topographique de la Dordogne indique quatre Xanleuil, dont aucun n'est dans le paréage; mais J.-B. Darlenscc, dans son livre de raison, dit ipic le premier sergent fut massacré à Nantcuil-de-Rourzac icanton actuel de Verteillac), « puis la commune s'éleva jusqu'à r)0,Ol)0 hommes, chacjuc parroisse fit un capitaine et des députés. »

(4) Jean de Jay, écuyer, seigneur d'Ataux, lieutenant particulier au présidial de Périgueux aprè\s Jean du Chesne, qui décéda le 2tj avril 1G31 {.\. .M. P.

GG,ô2]."l\ était fils de Bernard de Jay et d'.\drianne du Lau,et fut maire

de Périgueux en l(j.'{4 et KJ'}"). Il épousa le 10 août KjII Catherine Blanciuel de Ferrières, et fut, ainsi que son frère Pierre, exempté de la taille en Uhi't, vu les lettres d'anoblissement accordées à son père (F. P. iiii). — 11 naipiil en 15".ll et mouiut en 1(147 {Bulletin de la Société archéologique du Périgord, M'.Vi, p. 21U et 'JHl.)

pour lors en ville en qualité d'intendant de justice en Guienne (1) et qui travailloit avec mons. de Gourgucs, trésorier gênerai do nostre généralité (2) au regalement des tailles, trouva a propos de prendre ledict chaperon. Et, pendant qu'il se pourmenoit ainsin par les rues de la ville pour adoucir la fougue du peuple, Seguin, clerc du lieutenant particulier, qui avoit esté mis en prison à l'instance dudict peuple, fut enlevé des prisons, conduict a coups d'ache , d'espée et aultres instrumens dont la furie du peuple est toujours armée , au puis du Couderc et la massacré et mis en pièces et son corps jette dans ledict puis, ou il demeura quelques temps jusques à ce que sa femme, le calme estant revenu , l'en feit retirer et ensevelir (3). Lesquelles choses donnèrent la chasse à quelques habitans de la ville , mais expressément au lieutenant particulier et au receveur des tailles, estant ces officiers de l'Election.

(1) François de Vertbamon, marquis de Manœuvre, baron du Brcau, sieur de Vincy et de Vernois, était fils de François de Vertbamon, sieur du Breau, conseiller au parlement de Paris en 1588, et de Marie de Versoris. Il fut successivement conseiller au même parlement le 17 août 1G18, maître des requêtes le '29 mai [&2ij, intendant de l'armée au siège de La Rochelle, puis de celle d'Italie et de celle de Guyenne depuis 1(J3U jusqu'en 1638, conseiller d'Etat en 1043 ; il mourut en octobre 16(3tj et il fut inhumé le 22 de ce mois dans l'église des Minimes de la place Royale. Toutes ces précises indications sont tirées d'un recueil manuscrit de la IJibliolhèquc nationale, conservé sous le n» 14,018 du fonds français, et où l'on trouve, — nous sommes heureux d'en avertir MM. les chercheurs — la biographie et même la généalogie de lous les maîtres des requêtes jusqu'au xviii' siècle, le tout très exact et très détaillé.

Voir dans le Bulletin de noire Société diverses lettres adressées par l'intendant Vertbamon au chancelier Séguier à l'occasion des troubles en Périgord (tome X, 188.3, p. 384).

(2) Pierre de Gourgue , chevalier, conseiller du roi et maistre d'hôlel de sa maison, baron de Koquecor, figure comme parrain à Périgueux en 1628, avec la qualité de président-trésorier général de Guyenne (^1. M. P. GG, 47). Il était fils d'Ogier, baron de Vayres et de Finette d'Asprcmont, et frère de Marc-Antoine de Gourgue, premier président au parlement de Bordeaux, mort, dit-on, de chagrin d'avoir entendu Louis XIII lui dire d'un ton courroucé en le saisissant par sa robe : « A genoux, petit homme, devant votre maître ! », quand il était venu lui faire à La Rochelle des remontrances un peu fières. Pierre épousa Peyronne de Ferrand. (Le Parlement de Bordeaux, par Communay, et généalogie de Gourgue dans La Chcsnayc Des Bois.)

(3) Le 19 juin 1635, il y eut une émeute à Périgueux. Par suite de quelques soupçons mal fondés, une partie de la population s'était soulevée contre le maire de la ville, Jean de Jay. Le maire étant parvenu à s'échapper, la fureur des séditieux se tourna contre son secrétaire, Jean Séguy « homme puissant et robuste », qui fut pris par la populace, lue et jeté dans le puits du Coderc. Roy Mitlard, dit Pic;iud, et Jean Peyrou, dit Coly, étaient à la tête des factieux, avec un nommé Fialé. [Notes de M. Villepelet, d'après l'Histoire de Périgueux, par Chevalier de Cablanc.)

J.-B. Dartensec dit, dans son livre de raison : « le 20 juin 1635, jour de mardi...., le sieur Dataux, maire...., ayant voulu blâmer un artisan de porter armes son clerc, nommé Seguin... assomme à coups de haches »

— Ib —

1659. Je commencé mon couis de iihilosophie chez les H. l'ères Jesuistes, soubs le i)ère Dunoyer, et le finis 1630.

IG3Ô. Les magistrats qui avoint esté quasi dépossédés et interdits au pouvoir de leurs charges, par le dereiglement du peuple et mauvaise intelligence des habitans , feirent valoir leur aulhorité en la capture qui fut faicte par M"-' Berlin, advocat et consul (1), accompagné de quelques habitans , des deux plus factieux du peuple, Picau et Coli, qui furent pendus cl estranglés en la place du Couderc, toute la ville estant en armes, chacun en sa quartière, affin que la justice, nonobstant quelques rumeurs et mui-mures de certains habitans, fust exercée avec plus d'asseurance.

1636. Mon cousin Alexandre, sieur de Konpitou, advocat, fut faict maire de la ville (-2).

1637. Les crocans (3), qui avoint commencé, dès Tan 1635, après avoir beaucoup murmuré, feirent diverses assemblées, venans mesme passer jusques aux purtes de la ville, mais en plus grand nombre a

(1) Jacques Berlin, avocat en la cour, écuyer, sieur de Sainl-Martin, habitant de Pcrigueux, fus de François IBerlin, conseiller au parlement de Bordeaux, et de Lucrèce de Gravier. Il avait épousé Marguerite Bouclier, et est nommé dans le testament de son père du '22 octobre Ur21 . Il lesta en PUIS. (F. P. 121.)

(2) llélie Alexandre, coseigneur de Fonpitou, arocal, très proche parent, sinon le frère, de Pierre Alexandre, sieur de Fonpilou, grand vicaire, dont il est parlé plus loin. Fonpilou, ancien repaire noble dans Sainl-Martial de \'iveyrot, passa aux Le Long par alliance. (.4. D. I.) Hélie fut maire de Périgueux en lt')3â et IG.'ii). (C. C .) Peut-être était-il fds de Nicolas .\lexandre, premier consul en 1592, marié à Marguerite de Chillaud.

(.3) Plusieurs opinions oui été émises quant à l'origine de ce mol. Selon d'Aubigné, il viendrait de ce que la première bande aurait pris les armes au villagedu Croc, en Limousin.

Tarde, dans ses Chroniques, dit la même chose. D'après notre plus récent et notre meilleur diclionnaii-e, le Dictionnaire général de la langue française, par MM. A. Hatzfeld, A. Darmestcter et .\. Thomas fp. GOO) : « On appela Croquants les paysans de Guyenne révoltés en l."9'», parce que leur cri de ralliement était: Sus aux croquants, c'esl-à-dire sus à ceux qui crocpienl le peuple. » Des révoltés de 1.594, le mot passa aux révoltés de 1637.

Consultez dans le tome IV (1877) du Bulletin de notre Société une étude de M. de Biran sur les Croquants, leur soulèvement et leur soumission en l()3tj-1037, le siège et la prise de Bergerac.

Les Croquants avaient à leur tête de bons gentilshommes, lels que le marquis d'Aubelerre, Madaillan de la Sauvetat, le vieux Constantin, le jeune

Pineau, le nommé Cour l'aîné, de la paroisse de Neuvic iC C: Archives

ilépartementales de la Dordogne. B. Irjj; notes de M. Villepelet, d'apris le Cabinet historique de IMIO}. Chevalier de Cablanc raconte qu'après leur dispersion, Madaillan s'en alla en Queroy où il se cacha, |il fuiit par être exécutél, et que le vieux Constantin vécut « quelques années à Paris, déguise chez un saltimbanque, auquel il aydoit à débiter des drogues et à faire rire les gens, quoyqu'il n'cust pas grande envie de rire. «

L-ellc de Tailletes (1), mais la plus grande fut au lac de La Verneide, proche de Bordes (2), ou il s'assembla environ 35 ou 36 mille hommes, et tenoint pour lors en leurs mains le lieutenant particulier (3), qu'il avoint prins et assiège dans quelque chasteau de mons. de Peiramon(4). Leur chef, nommé mons.de La Motte, gentilhomme (5), fut créé aux Terrienes, proche de la ville. Après quoy, ils s'atrouperent a diverses fois et, après avoir bruslé la maison d'Alesme, greffier de l'Election (6), tout contre la porte de Taillefer, et un autre maison de Vincenot, receveur des tailles (1), et celle aussy de Salleton, rece-

(1) Il faut évidemment lire : à celle de Taillefer, comme le nom est écrit plus bas. II n'y a jamais eu à Périgueux de porte Tailletes.

(2) L'étang de Lavernide, non loin en effet de Bordas, est situé dans la commune de Grun (canton de Vergt) et dépend encore de la terre de la Pécoulie, qui appartenait jadis à la famille Chevalier de Saint-Mayme. [Renseignement du marquis de Paysac.)

(3) Jean de Jay, écuyer, seigneur d'Alaux, dont il a été parlé plus haut. Chevalier de Cablanc raconte qu'en 1637, M. d'Alaux, ne se trouvant pas en sûreté chez lui, alla se réfugier, près de Saint- Astier, dans la maison de M. de Clermont Labatut; « mais il n'y fut pas plustosl rendu qu'il fut investi par 8 à 10,000 paysans qui vinrent attaquer la place pour le prendre. Il fut

remis entre leurs mains sur la bonne foy de quelques qui estoient à la

tête de celte populace, et gardé prisonnier durant cinq semaines et cinq jours pendant lesquels sa maison fut pillée. » Puis 00,000 hommes s'assemblèrent à la Vernide, {ce qui prouve qu'on ne sut jamais exactement le nombre des croquants.)

(4) D'après la note qui précède, il faudrait lire Clermont : dans ce cas, il s'agirait de Foucauld de Chaumont, écuyer, seigneur de Labatut, chanoine de Saint-Astier, probablement fils de Antoine, chevalier de l'Ordre du roi, seigneur de Clermont et de Labatut, et de Isabeau d'Aubusson ; ou bien de son frère Louis de Chaumont, écuyer, seigneur de Clermont et coseigneur de Labatut, marié le 15 avril 1624 avec Louise de Pardaillan de la Mothe- Gondrin. (A. D. I.)

(5) Probablement Antoine du Puy, écuyer, qualifié de sieur de La Motte de La Foresl dans un acte de baptême de 1629 (A. M. P. GG.,6). Il était fils de François et de Marguerite de Bayly. Il épousa le 12 février 1621 Jeanne d'Abzac^de La Douze, "fille de Gabriel baron de La Douze et de Lastours, par sa femme Jeanne de Lastours. Antoine avait un frère, Guillaume du Puy, qui se qualifiait aussi sieur de La Forest. (F. P. 168, /» 5, Taillefer). <( Le chef s'appelle M. de La Mothe de La Forest, homme d'âge, d'e.spril et qui a quelques pratiques dans les armes, dit le manifeste de 16,%. Celait un gentilhomme des environs de Périgueux, auquel les révoltés imposèrent le commandement en chef. » [Bulletin de la Société archéologique du Périgord 1877, p. 329.) Il demeurait au Château-Barrière, dans la Cité de Périgueux [Livre de raison Dartensec.)

(6) André d'Alesme, écuyer, greffier alternatif en l'Election de Périgueux dès lOo.'J, eut de Catherine Brunet une fille, Catherine, mariée en 1646 à Pierre de Monteil, conseiller au présidial. (A. D. I ; A. M. P. GG, 7.)

(7) Jean Vincenot (peut-être fils de Géraud Vincenot, conseiller du roi en l'Election, époux de Jeanne Dauriac dès 1607) fut nommé receveur des tailles en l'Election de Périgueux par provisions du 27 janvier 1623, charge qu'il occupait encore en 1662. Il épousa Claire Albert le 28 octobre 1625. Il était destiné à subir les rigueurs des guerres civiles , car Chevalier de Cablanc raconte qu'à la suite de l'incendie relaté ci-dessus , « le premier

veur (1); s'estaiit présentés devant Bergorac , trouvant peu ou point de resistanre, s'en emparèrent, et la réglèrent leur nombre, chaque parroisse contribuant très volontiers a tout ce qui estoit nécessaire pour l'entretien de leur gênerai et de ceux qui seroint choisis pour faire le gros qui avoit esté résolu de dix ou 12 mi'le hommes. Ce qu'estant faict, le lieutenant particulier ayant tousjours suyvi ce gros de peuple à Eergerac pour rasseurer un peu sa vie, de laquelle il avoit perdu l'espérance, souvent ce peuple estant abusé soubs le mot de gabele qui avoit causé tout ce soublevement , ayant esté prononcé par un archer nommé Chalepe (2) devant la porte de Nostre Dame de Vertus, escrivit quelques requesles addressantes au roy qui couroint de main en main, mais qui n'allèrent pas jusques à Paris. Enfin, ayant gaigné soubs main le gênerai et mesme payé une assez grosse rançon, il se guarantit, nonobstant l'envie d'un médecin de la ville nomme Magot (3), qui estoit son ennemi juré et ne cherchoit que les moyens de le perdre ; mais il y réussit mal, car le gênerai, en ayant advis et mesme qu'après avoir semé de faux bruict de trahison contre luy qu'il avoit gaigné desja beaucoup de compagnies, il fut tué d'un coup d'halebarde par un des gardes du gênerai et puis mis sur

(Vincenot) se sauva à Cablan ; el le dernier (Salleton) là oii il piisl. » Quand il fit véritier ses quittances au bureau des Trésoriers de Guyenne en 16G2 « dict aussy led. Vincenot que lors dos dernières guerres civiles en Guyenne ayant esté chassé de Périgueux, il aui-oil réfïugié tous ses plus précieux meubles et papiers aux religieuses de Nostre-Dame de la ville, et quelque temps après, le sieur marquis de Chaidols, commendant dans lad. ville pour Monsieur le Prince, et en haine de ce que led. Vincenot estoit au service du Koy, seroit allé aud. couvent accompaigné du sieur Boudoii , maire de lad. ville, Fonlosso et autres b-iurgcois, et par force et violence enlevé tous ses meubles et papiers. » Un Héliè de Vincenot est aussi qualifié de receveur des laillos dans le contrat de mariage (0 février 1G44) de sa fille Sicarie avec Hélie Alexandre sieur de Leybardie, conseiller au présidial. {D'après 1ns A. D. I; les A. M. P. GG. 5, 87, 51, cl les Airh. dép. de la Gironde, a. 4,080.)

(1) Jean Sallelon fut receveur des tailles en l'Election de Périgueux, du 22 avril 1618 au 27 juin iG4S ; ses deux lils Jacques el Pierre lui succédèrent dans sa charge. (Arch. dép. de la Gironde, C. à,OHO.) Jean se maria deux fois : 1" avec Hélène du Bourg; 2» avec Marie de Jay. [A. M. P. GG. 8, 43, 55.)

(2) « Chalepe, archer du viceséneschal , ayant esté chargé de signifier dans les paroisses des ordres pour faire juger.... », on se révolta el on mil le feu à sa maison (1037). (C. C.)

(3) Magot était ennemi juré de M. de La Molhc (et non de M. d'Ataux, car le texte assez confus ferait croire que c'est ce dernier qui l'ut tué). Il forma un parti de 5,(XJ0 croijuanls contre lui; mais le général, comprenant le danger, le poursuivit dans la citadelle, et Magot, atteint de Irois coups de pistolet, fut achevé par les hallel)ar(lierx [Bulletin de la Soriétr arcliéologique, 1877, p. S39.)

une roue à l'arrivée de mons. de La Valete (1) qui s'estoit desja fort avancé avec 4 ou 5 regimens avec lesquels il combattit valeureusement les crocans , lesquelles s'esloint retirés et barricadés dans la Salvetat ("2), et après les avoir tués la pluspart et enfoncé les barricades et bruslés dedans, le gênerai estant adverti de ces nouvelles fort promptement de Bergerac avec ce peu de gens qu'il avoit; et lors mons. de La Valete ayant tout mis en deroutte , entra dans Bergerac, ou ayant séjourné jusques à ce que les prisonniers de S. Foy (3) fussent amenés qui furent prins par la diligence de mons. d'Epernon qui, estant adverti des menées de ce peuple, avoit envoyé 2 ou 3 de ses gardes à S. Foy. Avant que ce gros s'y presentast, le Turc et AJegran s'estans présentes aux portes et entrés incontinent, le pont fust levé et on se mocqua d'eux ; et toute la ville fust rasseurée et demeura dans le service et obeyssance du roy, et les prisonniers conduits à Bergerac. Mons. le duc de la Valete prit la route de Perigueux, ou il feit son entrée en qualité de gouverneur et y demeura environ un mois, et pendant son séjour, Le Turc fut con-

(1) Bernard de Nogarel, duc de La Valelle, puis d'Epernon, né en 1592, mort en 16G1. Commue lieulenant-général en Guyenne (où il ne se fit pas aimer), il prit à Perigueux, en IG87, une ordonnance défendant à toutes personnes, et particulièrement à ceux du pays de Périgord, de tenir des discours séditieux et de faire « cry de gabellcur «, sous peine d'être châtié. Au mois d'octobre de la même année, il défendit de donner assistance et retraite au marquis d'Aubeterre et à Madaillan, de la Sauvetat, sous peine d'être puni comme fauteur el complice du crime de lèse-majesté. (Archives départcmentnles de la Dordogne, B. 135.)

Dans les Documents inédits pour servir à I'lii>toire. de l'Arjenais (Agen, 1875, in-8°, p. 229-232) a été publiée une curieuse lettre datée de Perigueux, le 13 juin 1637, que le duc écrivait à son père, oîi il raconte sa marche victorieuse contre les Croquants, successivement chassés par lui de la Sauvetat, d'Eymet, de Bergerac. Consulter aussi :

La Prise de la ville de Bergerac et entière dissipation des croquants par le duc de la Valette. — Paris, du bureau d'adresse, 1637, in-8<>.

La Défaite des croquants par M. le duc de la Vallette. — Paris, G. Petit, 1697, in-S' — (Bibl. nal. Lb. ^6 3,117, — 3,118.)

(2) La Sauvetat d'Eymet ou sur Dropt (canlon de Duras, arrondissement de Marmande, à 26 kil. de cette dernière ville).

Il ne faut pas confondre la Sauvetat du Dropt avec la Sauvetat-Grasset, commanderie de Malte, de la commune de Douville, canton de Villamblard, et proche de la forêt de Vergt.

La Gazette de France (extraordinaire du 15 juin 1637) raconte que la Valette y défit 2,000 Croquants qui s'y étaient retranchés. (Notes de M. Villepelet.] \o\r Notice sur la ville et Juridiction de la Sauvetat de Caumont, aujourd'hui la Sauvetat-du-Dropt, par A. Aloy (Agen, 1880, grand in-8-.)

(3) Sainte-Foy-la-Grande , chef-lieu de canton de l'arrondissement de Libourne, séparé du département de la Dordogne par la rivière. Ancienne sénéchaussée d'Agenais et diocèse d'Agen. Voir sur Sainte-Foy une excellente notice dans "ce livro d'or que l'on appelle la Guyenne militaire.

damné d'avoir la leste tranchée à la ))lace (l), ce qui fut exécuté, tous les régimens estans en haye dans laditfe place. Alegran trouva plus de faveur et fut eslargi , soit qu'il fut trouvé moins coupable, soit par le moyen de ses amys, après quoy le sieur duc de La Valete se retira avec ses troupes , après avoir tesmoigné toute sorte de bonnes volontés à ceste communauté et avec luy toute la noblesse qui l'estoit venu joindre la pluspart venant à Perigueux.

1(>37. Mon père fut faict premier consul, et le mesme an, nostre grange de Pissot {i) fust bruslée avec la maison du bourdier des Landes (3) et ensemble tout le bestail qui y estoit.

1G3". Le mesme an que dessus, mons. d'Epernon fust obligé de partir de Bourdeaux pour dissiper de rechef les bandes de ces voleurs qui s'assembloint soit pour voler ou brusler et empeschoint que personne n'osoit passer ver les quartiers, moins des habitans de Perigueux. Il logea dans le chasteau de Verg, vint (i) à Perigueux, et en ce temps la noblesse feit diverses courses dans la forest de Verg (5), mais avec peu de fruict, car les chefs ne peurent jamais

(1) Il pourrait s'agir d'Antoine de Ribeyreix, écuycr, sieur de Larthige ou Lartiga, pore d'une jeune fille nommée Marihe, et qui, en 1626 et 1629, était oapitaine du comté de Grignols. [Registres paroissiaux de Bourroii.) Chovalior de Gablanc le nomme en effet « le Turc Ribeyreys ». Il eut la tète tranchée à Perigueux. [Notes de M. Villepelet.) J.-B. Dartensec dit qu'il était gentilhomme.

(2) Pissot, ancienne paroisse, réunie actuellement au spirituel et au temporel à Greyssensac (canton de Vergl), faisait partie du paréagc.

(3) La Lande est une maison de la paroisse de Pissot, auprès de la grande route de Perigueux à Bergerac. {Cassini.)

(4) Le texte donne Verguint, mais c'est par un lapsus de l'écrivain que les deux mots Verg et Vint ont été réunis en un seul mot. Il faut lire sans aucun doute : dans le chasleau de \'erg vint à Perigueux.

Vergt est un canton de l'arrondissement de Perigueux ; le nom ancien est Vern et lui vient du ruisseau de ce nom qui alimentait les douves de son château, situe à 300 mètres du faubourg Sainte-Marie. [Note du marquis de Paysac.)

(5i La forêt de Vergt ou Vern s'étendait dans les anciennes paroisses d'Eglise-Neuve , le Breuilh , Sainte-Marie de Ver»l , Pissot, Greyssfnsac, Chalagnac. [Carte de Uclleyme.) Celte forêt, que l'on a confondue parfois à tort avec celle d'Edoliola (la Double), avait été ouverte avant l'épo- ((ue franque, puiscpi'elle avait été traversée par la voie romaine qui allait de Perigueux à Gahors. [Notes de M. Villepelet.) Dans la forOt de V'ei-gt, il y a plusieurs trous, et l'un d'eux est nommé " lo cro dé Grellety », car la tradition raconte que le chef des Groquants y cachait le fruit de ses pillages. [Renseignement du marquis de Paysan.)

Henri de Bourclcille, gouverneur du Périgord par une ordonnance datée d'.\lur. le 30 janvier 1639, enjoignit aux curés, officiers et syndics de courir sus à certains voleurs et perturbateurs du repos public, qui prennent leur retraite ordinaire dans la forût de Vergt; et au vice-sénéchal et autres officiers de la maréchaussée de fcire des courses fréquentes pour se saisir des coupables, et de brûler et démolir les maisons de leurs chefs. [Archives départementales de la Dordogne, B. IS'i.)

estre attrappés; néantmoins, ils ne parurent jamais tant que monsieur d'Epernon demeura au pays, ayant faict de belles admonitions avant son départ, le peuple assemblé au consulat, à tous les habitans de la ville de demeurer bons et fidèles serviteurs de roy et de vivre bien unis par ensemble, de quoy on n'a jamais proffitte.

1638. J'espouse Isabeau de Palisse (1), fille de mons. le juge de Belves, le 15 novembre, dans la chapelle du fort à Belves (2), et le 8 juillet 1639, je fais mes ammenances (3) à Perigueux.

1638. Mons. le viceneschal nommé Brinniac (4) fut tué à la Papuconne i5i, bien proche d'Egliseneufve du Souc, conduisant un prisonnier nommé Pineau, fils d'un ministre de Bergerac (6), lequel évada pour lors, mais fut bientost après supplicié , ayant esté condamné comme criminel de lèse majesté, comme autheur de sédition

(1) Pierre de Bessol, sieur de Beauregard, épousa le 15 novembre 1G38, par contrat porlani filiation et reru par Scauret, notaire royal, Isabeau de Palisse, damoiselle, tille de M. M" Géraud de Palisse, sieur des Plantades, avocat, juge de la ville et juridiction de Belves, et de Judilh Dull'aux, alilis Dufeaulx. I.e mariage devait être célébré en l'Eglise catholique. Notre chroniqueur re(;ul la promesse de tous les biens paternels, la future 8,000 livres de dot. Présents : MM. de Charron, seigneurs de Sencenat ; noble Pierre de Lescure, sieur du Bue ; Raymond Bessot , bourgeois de Cadouin; Louis de Bessot, sieur de Laqueyzie; J.-B. Dartensec ; Jean DufTaulx ; Pierre de Montoursier, sieur de la Penaudine, et autres parents. {Archives de M. A. de Lnmnthe.)

(2) Belves, canton de l'arrondissement de Sarlat. L'archevêque de Bordeaux en était seigneur depuis l'achat qu'Arnaud de Cantaloup, archevêque de cette ville, avait fait de cette seigneurie en 1307. (Chroniques de Tarde.)

(3) Voir sur ce mot, que l'on écrivait plus souvent amenances , une assez longue note du Livre de raison de la famille de Fonlainemarie. (Agen, 1889, p. U9.)

(4) Jean de La Brousse, écuyer, sieur de Brognac, vice-sénéchal, épousa Narde Vidal, dont il eut Léonard, baptisé le 4 juin 1628, et Françoise, mariée en 1640 avec Pierre Chancel, grand-père de Lagrange-Chancel. [d'Hozier, rjén. Chancel, et .4. M. P. GG,47.)

Chevalier de Cablanc raconte qu'on mit aux mains du vice-sénéchal « de Broignac » un certain nombre de prisonniers ; avisé qu'on devait l'attaquer, il quitta le grand chemin; mais « pas plustost arriué dans la Papussonne

qu'il se vit attaqué de toutes parts..., percé de coups et renuersé Ses gens

le croyant mort perdirent courage...., abandonnèrent leur prisoimier (Pineau). «

(5) La Papussonne, hameau de la commune de Marsaneix, à 2 kil. à l'Est d'Ègliseneuve.

(G) A défaut de renseignements sur Pineau le Jeune (car on le trouve aussi désigné de la sorte), voici quelques délails sur son père : M. Pineau venait de La Rochelle, lorsqu'il fut retenu comme pasteur de l'église réformée de Bergerac, le 9 novembre 1507, avec M. Magendier. Il recevait 500 livres par an de traitement. En 1005, il assiste à l'assemblée et colloque des églises de Périgord tenus à Eymel. En IGIO, il demande son changement, parce que l'on s'était plaint de sa voix sourde, qui ne portail pas assez loin, ce qui lui fut accordé; il resta néanmoins à Bergerac, car, en 1017, il représenta son église, avec le pasteur Meisonnier et Isaac de Madaillan, au synode tenu à Eymet. [ricnseignenients de M. G. Charrier, membre de la Société archéologique.)

et participant avec les voleurs et crocans, mons. de Foullé, intendant de justice (1), estant à son procez dans la chambre, et croit on que d'huguenot en mourant il se feit catholique.

Cliaugenieut du gouverneur de Cîuienue.

1638. Mons. le prince fut pourveu du gouvernement de Guienne, à la privation de mons. d'Epernon, lequel se retira a Placac i2', et son fils, qui avoit eu la survivance du gouvernement, prit la fuittc en .\nglelerre après le levement de siège de Fontarabie, honteux aux François et glorieux aux Espagnols, qui meireni en fuitte toute nostre armée, composée de près de -2;i mille hommes ;|'.

'!) Etienne Foullé, seigneur de Primevaux (fils de Jacques Foullé et de Marie Charon\ greffier des présentations du parlement de Paris le 17 juin 1624, puis conseiller le 14 mai 1632 , premier président de la Cour des Aides de Guyenne le 22 août 1633, maftre des requêtes le 5 août 1636, honoraire le dernier décembre 1656; intendant en Languedoc, à Limoges et à Moulins, puis des finances, en 1660; mourut, en 1673, à Rennes, et fut inhumé à Saint-Paul, à Paris. 11 avait épousé : 1° le 10 janvier 1633, Marie Parfait, morte le 15 janvier 1645, fille de Guillaume Parfait, seigneur de Beauvais, conseiller au parlement, et de Marie Le Gros; et 2° Marie-Madfîleine de Lespinay, morte le 19 décembre 1686, fille de Pierre de Lespinay, trésorier, des menus-plaisirs du roi, et de Michelle llac (La Chcsnayc dos Uois.)

M. Fray-Fournier, ancien archiviste de la Haute-Vienne, dans l'introduction de la série G de V Inventaire sommaire, dit qu'on ne sait rien de précis sur cet intendant, qui se nommerait aussi bien FauUé que Foullé, et se demande s'il est le même que l'intendant de ce nom, à Montauban , en 1638, et maître des requêtes au Conseil d'Etat, en 1666. En tout cas, il laissa à Limoges une fâcheuse réputation. A peine arrivé dans cette ville, en lOi'J, accompagné du financier Martin Tabouret, il rassembla des compagnies de soldats et d'archers, rançonna les paroisses du Bas-Limousin et de la Basse-Marche, retint les notables en otages. Le parlement de Bordeaux, le 18 mars 1650, dut casser ses jugements et ordonnances.

Le nom de l'intendant est incontestablement Foullé, comme on le voit dans le journal officiel d'alors, la Gazette du 3 février 1635 (p. 56): « De Lybourne, près de Fronsac, le 25 janvier. Le 17 du courant, le sieur Foulé, premier président en la Cour des Aides d'Agen, accompagné des autres présidens et de plusieurs conseillers de la même cour, la transféra en celte ville, où il en a fflit l'eslablissement, suivant la déclaration du roy du mois d'aoust dernier. »

i2) Sur le château de Plassac iCharente-Inférieure) , voir, dans le bol iiuvrage publié par le possesseur actuel, M. le marquis de Dampierre, sous le titre de : Monographie du château de Plassac, en Saintonrje, le volume spécialement consacré aux ducs d'Epernon C'>nsidérés comme seigneurs du dit chàleau iLa RoclioUe, IS'JO, grand in-8°i. On trouvera là tous les renseignements désirables sur le séjour à Plassac du premier duc d'Epernon.

(3) On conserve, dans la bibliothèque du Ministère de l'Intérieur, diverses pièces imprimées, relatives a l'affaire de Fonlarabie, notamment une apologie du duc de La Valette, oii toute la responsabilité du desastre e^l rejclée sur le prince de Condé. Ces pièces doivent être d'une très grande rareté, car on ne les voit pas figurer dans le Catalogue de la Bibliothèque nationale iHisloire de Franco.!

Garnison dans Perigueux de M. le prinee.

1638. On nous envoya une garnison par ordre de mons. le prince (1), qui y demeura près de 5 moys.

1638. Le 1 decembi'e, veilhe de la Conception de la Vierge, mon cousin Jomjay, advocat (2), fut tué dans la foret de Verg par les crocans.

1638. Dieu donna à la France ce que tous les bons François avoint tant souhaitlé, c'est-à-dire un dauphin qui nasquit au mesme mois que son père, c'est-à-dire au mois de septembre ; à raison de quoy en fut faict un grand feu de joye à la place , tous les corps y assistans et ensemble lous les habitans de la ville qui, après que le feu fut allumé d'une part par mons. Meredieu (3j, doyen des chanoines de S. Front, de mons. de Champagnac (4) du corps de la cour prési-

(1) Henri de Boui-bon, II" du nom, priiire de Condc, premier prince du sang, pair et grand-maitre de France, duc d'Enghien, né le 1"'' septembre 1588, mourul le 26 décembre 1IJ413. II avait épousé, le 3 mars 1009, Charlotte-Marguerite de Montmorency; il fut père du grand Condé. [Moréri.] Il est enterré dans l'église de Vallery lYonne); son mausolée, attribué à l'un des Sarrazin, est un des chefs-d'œuvre de la sculpture française, et fort peu connu des archéologues.

(2) Peut-être Jacques Jonjay, sieur du Chàtenel, deuxième consul de Périgueux, en 1017, 1G18, 1(336, marié avant 1600 à Jeanne Rey, ou son fds Jean, avocat, né en 1600, marié vers 1623 à Jeanne Alcanon. Il y a quelques années, un vieillard a fait le récit suivant au marquis du Mas-Paysac, de qui M. Villepelet (qui nous l'a communiqué) le tient, et qui prouve combien les traditions orales sont chose respectable : Grellety perdit un procès contre un M. de Jonjay, seigneur de Boiras et citoyen de Périgueux. Voulant se venger, il se rendit dans le voisinage de Boiras fà 3 kilomètres de ^'crgt■, tua un paysan et trouva moyen de faire accuser du crime M. Jonjay, qui ne fut acquitté que parce qu'un faux témoin soutenait l'avoir reconnu au clair de la lune et que le lieutenant criminel, ayant ouvert un almanach, découvrit qu'à cette date elle était nouvelle. Mais Grellety poursuivit sa vengeance et finit par faire assassiner M. Jonjay.

Les Jonjay étaient destinés à périr de mort violenle. L'abbé Michel Jonjay (peut-êlre le Michel, fils de Jean ci-dessus, et baptisé en septembre ]&2i), curé de Montrem, chanoine des deux chapitres, magistrat au présidial, fut assassiné dans sa métairie de la Grange (paroisse de "la Cité), le 8 août 1651. (.4. M. P. GG,32, 46, 116, et noies de M. Villepelet.)

(3) Eymeric de Meredieu, sieur d'Ambois et de La Gouderie, chanoine de Périgueux, était fils de Jean, conseiller au présidial de celte ville, et de Jearmc Simon; il avait un frère plus jeune, Ilélio, qui fut chanoine également. (.4/'chives de Monlverl.) Il mourut en odeur de saintelé et fut enicrré à la Mi.ssion, le 20 octobre 1654. (.4. M. P., Livre vert, fo231 et GG,60.)

(4) Henri de Champagnac, écuyer, sieur du Mas, viguier de Valeuil, fils de Jean, écuyer, conseiller du roi et lieutenant particulier, assesseur criminel au présidial de Périgueux, et de Marie de Lambert. Il succéda à son père dans ses offices , épousa Anioiuelle du Chesne et testa le 10 octobre 1677. (Arch. dép., minutes Paillet, et Bilj. nat., carrés de d'Hozier, vol. 165.)

— !23 -dialle, et de mon cousiu Ghassenac 1), maire du corps de la ville, déchargèrent les uns après les aultres diverses gresles de mousquetaires et aultres armes. Les canons furent aussy tirés, et vers le soir environ le 9 ou 10 heures, on mit des lumières et chandelles sur toutes les fenestres et y avoit au liaut du clocher, au 4 coins d'ycelluy 4 gros flambeaux qui esclairèrent toute la nuict.

1639. Les crocans continuans et mesme augmenfans de plus en plus leurs vols, bruslemens , meurtres et assemblées dans la forest de Verg, mons. de Bourdeille ri), nostre gouverneur, battit aux champs, accompagné du maire de la ville et bon nombre d'habitans avec le viceneschal (3), faisant, avec ses troupes tirées de ses terres et de Xontron , deux mille hommes et se campa a Alurs (1), et son fils, mons. le marquis (h), prit pour son quartier Marcandis. Le fruict de

(1) François Tourlel, sieur de Ghassenac, conseiller du roi au présidial de Périgueux, maire de cette ville ; il avait épousé Marguerite de Chalup, sans nul doute fille de Jacques (ci-dessus) et de Isabeau de Bessot. Il était (ils de Jean, sieur de Ghassenac, conseiller et maire de Périgueux, et d'Armoyse de La Porte. II fut pore d'Isabeau, née en lG''t4, et de Jean, sieur de Ghassenac, aussi conseiller, marié à Marie du Doignon. (.4. M. P. ÙGfi et 31, et Notos de M. l'abbé DriKjihre.)

(2) Henri de Bourdeille, chevalier des Ordres du roi , sénéchal de Périgord, etc., était fils d'André et de Jacquette de Monlberon , et éjjoux de Madeleine de La Ghastre ; il mourut en 1(341. ^'oir sur ses rencontres avec les Croquants en 1594 1e Bulletin, t. VIII, p. 457, de notre Société.

(3) Probablement Holie de Jehan, écuyer, seigneur de Varboulet [aliàn Valboulet), qui est qualifié de vice-sénéchal dans son contrat de mariage passé, le 22 mai 1642, avec Jeanne de Ghatard, fille de Monsieur Maître Cosme, sieur de Puyboissier, et de Jeanne du Theuilh. Hélie était fils de Jean, écuyer, sieur de Borie-Porte, et de Mar.'c d'Arlot [A. D. 1.) — Dans un mémoire de famille [Avcli. de M. do Livron), il est dit : sieur de Preissac et marié en premières noces à une demoiselle de yimon. Son fils Charles fut maire de Périgueux et également vice-sénéch il.

Hélie et son frère Jean de Jehan, écuyer, seigneur de Borie-Porte et La Rochejaubert, prirent toujours le parti du roi lors des guerres de la Fronde, aussi leur château et une mai -on sise rue de l'Eguillerie, à Périgueux, furent pillés par les P'rnndeurs. Leur mère, Marie d'ArloI, voulut en vain sauver les archives de la famille : elle offrit mille livres, qu'elle se proposait d'emprunter, pour les racheter du pillage ; son offre fut refusée. Ils fui'onl brùh-s, s;iuî les plus importants, qui étaient dans une boite de fer blanc qu'un soldat emporta. Les soldats de la compagnie d'Aubeterre, logés dans la nuiisiKi susdili^, y mirent ensuite le feu et la dame de Valboulet faillit périr. Après avoir été fouettée, elle allait être jetée dans les flanuTies, quand quelques braves femmes du quartier obtinrent de celte soldalesque que Marie d'.Arlot ne fût plus inquiétée. [Mémoire ci-dossus et commiiiiication de ^f. de Froide fond.)

(4) Alur, commune du canton de Saint-Pieirc-dc-Ghiguac : ancieime paroisse du pariagc.

i5)François-Sicaire de Bourdeille, appelé le marquis de Bourdeille, après la mort de son père, Henri, en 1641, fut nommé lieutenant général en septembre 16.">(J, puis chargé, un an après, de lever cpiatre régiments de cavalerie, deux d'infanterie, en prenani, pour acheter des armes, les fonds des tailles du Périgord, depuis 16i7. La retraite de Gondc dans son gouvernement de Guyenna rcn-

ceste grande assemblée ne fust pas grand. On visita la forest; Mons. le comte de Grignols {\) fut le premier qui y entra, mais il ne trouva point d'ennemis à combattre. Croyant qu'ils avoint tous pris la fuitte, toutes les trouppes se rendent à Perigueux. On laisse une garnison à Pissot, conduitte par mons. de La Valade (îJ), gentilhomme de mons. de Bourdeille ; mais il ne s'y arresta guères, soit qu'il n'eut pas de vivres ou autrement , et pour lors incontinent , nostre maison fust bruslée, avec celle de mons. Senard et Massorere, par les crocans.

1639. Mons. de La Chapelle (3) fut iaict maire de la ville pour la 3 fois.

1639. Le mesme an que dessus, mons. de Bourdeille, adverti que ces voleurs n'avoint point laissé leur vie ordinaire, y retourna pour une 2 fois a la teste de 12 cent hommes et se campa a Egliseneufve du Souc pour avoysiner d'avantage la forest.

1639. Mesme an que dessus, mons. le marquis de Bourdeille, pour le mesme subject, accompagne de deux cent chevaux, ayant roulé depuis Egliseneufve du Souc jusques à Verg , prit Greleti (4),

versa sa fortune, en ce qu'il ne s'atlacha à aucun parli ; il aurait même refusé le titre de duc et la pairie plutôt que de l'arrêter à son passage à Périj^ueux. Le sieur Vincenot et le conseiller d'AndrauH, l'un receveur des tailles, l'autre placé comme intendant à Perigueux, lui auraient cependant donné la main.

Il mourut à Pari.s, le 8 mai 1672, sans alliance. Le marquis de Laurière lui succéda comme sénéchal de Périgord. [F. P. 12i, f" i4S.)

(1) André de Talleyrand, comte de Grignols, baron de Beauvillo, seigneur de Saint-Léon, Beauséjour, etc., (fils cadet de Daniel, prince de Chalais, et de Françoise de Monluc), épousa, par contrat du 3 décembre 1639, Marie de Courbon, fille de Jacques, seigneur de Roumegoux et de Marie de Tison. Il lesta le 30 avril 1663.

Il fut colonel d'un régiment d'infanterie do 20 compagnies, en 1640, et fut grièvement blessé lors du siège et de la prise de Grignols et Beauséjour, par Baltazar. (Notes do M. de Gérard.)

(2) Henri de Genlil, écuyer, seigneur de La Vallade cl de Croignac, (■■pousa, le 14 octobre 1633 {alilis 1635)," Marguerite d'AUoigny, fille de François, ciievalier, seigneur du Puy-Saint-Asiier, et de Chariot te de La Porte.

Il était fils de Martial, capilaine du château de Bourdeilles, et de Marguerite de Perrolt [aliàs Fériol , Chérin). (/'. Anselme, rjéii. Alluigny, et N^adaiid, Nuh. du Limousin.)

(3) Bertrand de Chillaud, écuyer, seigneur de La Cliapelle-Gonaguet et des Fieux, conseiller du roi, maire en 1014 et en 1639, vice-sénéchal en 1616-1618. Il épousa, le h novembre 1013, Isabeau de Fayolle, fille de Philippe, écuyer, seigneur de Fayolle, et de Catherine de Taillefer. Il élait fils de Jean, écuyer, vice-sénéchid, et de Paule de La Porle. (D'IIozier, Armoriai de France, registre I ; et Liste des maires de Perigueux, par A. de Froidefond.)

(4) « Pierre Grelety, habit.nnt du village du Castaudour (?j, paroi'^se de Saint-Mayme, tirant vers la forest de Vern, estoit laboureur de son premier mestier. » Ayant vu un officier tirer un coup de pislolet sur son père dans une bagarre à Saint-Mayme, il lui déchargea son fusil. Sur ces entrefaites, le sieur Jonjay fut lue, el, conmic ils étaient ennemis (voir une note ci-dessus),

chef des voleurs, lequel fut roué à Bourdeaux de 3" coups de fer le 8 décembre.

1639. Le mesme an que dessus, Salce fut pris par mons. le prince par assaut , accompagné de mons. le vicomte d'Arpajon et du mareschal de Schomberg, puis mons. d'Espenari fut mis dedans avec bonne garnison et la mesme année reassicgé par les Espagnols et pris.

Prise d'Arras. SIous. d'Espriieil.

1640. Arras, capitale de l'Artois, fut [pris] par le roy après 5 uu 6 mois de siège et fut mis capitaine dedans ou pour mieux dire gouverneur [Saint-Preuil] (i), et y demeura environ un an, après quoy il eut la teste tranchée, soubconné de quelque trahison et de molester par trop les habitans.

1640. Les crocans ne cessans point tous actes d'hostilité, mons. de Bourdeille, pour seconder le zèle de nos nouveaux magistrats, se transporta à Peiùgueux pour résoudre du remède qu'on debvoit appliquer a un si grand mal, et après avoir faict de belles et bonnes ordonances enjonctions à tous les juges, lieutenants , curés et officiers des lieux et parroisses de courir sus à ses voleurs et les saisir pour leur parfaire le procès comme perturbateurs du repos public. En outre, fut d'advis de mettre sus pied une garnison composée de six vingt hommes et qu'elle seroit soldoyée aux despens de la ville.

on l'accusa de ce crime; 11 fut condamné à mort par contumace; c'est ce qui le lanr-a dans le parti des Croquants. (C C.)

Il ne fut pas roué, mais gracié après la pacification ; une fois pardonné, il fut conduit à l'armée d'Italie, oii il mourut comme gouverneur du château de Verceil. (IVotfS de ^f. Villcpclct, d'après Chevaliev de Cahlnrn'.

Bessol dit du reste, plus loin, qu'ils étaient deux Grcllely et qu'ils furent graciés.

(1) Franrois de Jussac d'Amhleville, seigneur de Saint-Preuil , (ils de François et d'Isabelle de Bourdeille, lit prisonnier le duc de Montmorency à Castelnaudary. Sur son arrestation, son, jugement et son exéi-ution \1> novembre), voir les Mémoires de Jacques de Chastenet, seigneur de Pnységur (édition de la Société bd)liogrnphique, tome II, 188o, p. 3). Puysé^ur rionnc à son compagnon d'armes cet éloge, que confirment d'autres contemporains : <' C'étiit un des plus braves et des plus hardis hommes qui aient été en France depuis plusieurs siècles, et l'un des plus libéraux et des plus généreux. » L'éditeur des Mémoires, qui cite, sur l'affaire de Saint-Preuil, les historiens de Louis XIII, Le Vnssor, le P. Griffft , aurait pu citer encore les Mémoires de Bussy-Rabulin et les Histnrieth-s fie Talleniant des Réaux.

ce qui fut exécuté, mons. du Pouset (1) estant conducteur de laditte garnison pour rouler par tous ces lieux suspects et ou on croiroit les pouvoir rencontrer.

1640. Le 20 de mars, un mardy, trois heures après mydi, le jour de S. Joachim, ma femme s'accoucha pour la première fois d'une fille, laquelle fust tenue a baptesme le 5 aoust , la mesme année que dessus 1640, par mon père et ma tante d'Egliseneufve (2) ; madamoysclle de Palisse ne l'ayant voulu i-S) tenir^ estant de la relligion, et mourut le 4 décembre 1640.

Débordeineut de rivière très grand.

1640. Le mesme an que dessus, le 14 juillet, il feit un si grand débordement d'eau, que, aux hyvers les plus pluvieux, l'on n'a rien veu de semblable ayant emporté tous les foins et gaslé ceux qui restèrent.

1640. La susdicte garnison ne subsista pas longtemps tant a cause de la pauvreté de la maison de ville que du peu de vivres et de fourrage qui se rencontrèrent à la campagne pour leur entretien, oultre que aussi il n'en revient aulcun bien à la communaulté; ce qui fut cause que quelques temps après on envoya en ce pais, le régiment de Ventadour, lequel, après avoir roulé asses longtemps, soit autour de Perigueux ou ailleurs, fut enfin commandé à cause de l'insolence de ses voleurs par le comte de Grignols, qui avoit auparavant vainement entrepris de les chasser ou les meinor à la guerre; a quoy ils n'avoint voulu entendre quel pourparler qu'il y eust eu de les aller forcer dans la forest ou on croioit qu'ils se tinssent les plus asseurés. Mais cella

(1) Pierre (Jruiil du Pouzol , écuyer, seigneur de Tcnteillac, élnil (ils de Pierre, écuyer, seigneur de Teillac el Tenleilhic ; il naquit à la fin du xv» siècle et niourut à Tenleillac, près de La Tour-Blanche, avant i(J53. Ce fut un brillant oflicier, il commanda lo régiment de Bourdeille et fut blessé au siège de La Force, en Uj22, oîi il accomplit des actions d'éclat. De son mariage avec Olive Iluflier, conli-acté à Cogn.tc le 5 février 'Iji'i, il laissa deux tlls : François, qui servit avec zèle la cause du roi pendant la Fronde, et Henri. [Notice sur Grant du Pouzet, par Dujarric-Doscombei^-.) C'est le i22 janvier 1640 qu'il reçut du comte de Bourdeille une commission, pour commander une troupe destinée à courir sus aux (Croquants. [Note do M. F. do Jhdlussièrc)

(2) Voir la note Chalup, page 9, note 3. Isabcau de Bessol , femme de Jacques de Chalup, écuyer, seigneur d'Eglisencuvc.

(3) On a écrit, après coup, au-dessus do ce mot, « peu •> pour pu. Nous connaissons cependant des exemples de catholiques parrain-* d'enfants protestants et vice versa.

réussit fort mal, car ce régiment, après d'estre engagé insensiblement dans la forest et forcé sans beaucoup de résistance deux ou trois de leurs forts, receut une si rude descharge par ces voleurs qui s'estoint choisy le lieu pour les combattre, que tout le régiment fut mis en routte, nonobstant le secours qui apporta monsieur le comte de Grignols avec sa cavallerie, lequel y fut légèrement blessé et y perdit son page; après quoy, beaucoup de ses soldats furent exposés à la fureur de ces voleurs, qui en retirèrent beaucoup d'armes et en fut tué deux ou trois cents avec beaucoup d'officiers, du pillage desquels on enrichit de beaucoup ces brigands. Les nouvelles de ceste desroutte estants arrivées aux oreilles de mons. le marquis de Sourdis i il qui donnoit pour lors les ordres du roy, comme lieutenant du gouvernement de Guienne soubs mons. le prince par le bannissement de mons. le duc d'Epernon, il se résolut d'y venir luy mesme en personne, et pour cest effect, s'accompagna du régiment de Tonnens et de celluy du comte de Grignols, qui depuis peu avoit este faict regimentaire par le décès du Vignan et se transporta au chasteau de Verg, ou il ne fut pas que messieurs de la noblesse ne manquèrent pas de luy donner de mauvaises mémoires et impressions de Perigueux ; mais nos deputtés ensuitte effacèrent cella de l'esprit de mons. de Sourdis, luy racontant le mieux qu'ils sceurent les sources du mal commun. Cependant mons. Bourdier {'2) et mons. Chancel (3) furent deputtés de la cour presidialle pour recevoir les auditions des tesmoings et instruire le procès de ces voleurs, lesquels ne quittèrent point la forest nonobstant la présence de mons. de Sourdis et de ces deux régiments qui estoint aux environs de Verg et Egliseneufve du Souc. Enfin, soit pour n'ahasarder point les forces ou pour croire celles des aultres plus grandes, il ni eut nulle attaque et les voleurs eurent loisir de se

(t) Cliarles d'Escoubleaii, marquis de Sourdis et d'Alluye, liis de Franrois et de Jeanoc Babou, frère du célèbre cardinal-archevêijue de Bordeaux, l'ut niaréctiai de camp, conseiller d'Elat, etc.. Il mourut à Paris, le :21 décembre 106.) : il avait épousé Jeanne de Moulue, princesse de Chabanais 'Ln Chesnaye des Bois.)

(2i Monsieur mai'tre Pierre Bourdier, sieur de Beaumont, conseiller du roi au présidial de Péripueux, liis de Michel, écuycr '.'s sieur de Beaumont, d'Aixe, crjseiirncur de Saint-Pardoux-la-Biviére, et de Marguerite (lirard, épousa, le IS novembre 1020, Marixuerite de Grenier. Il testa le 18 octobre lO'i^. Leur (ils Jean Bourdier, sieur de Beaumont, épousa Thérèse- Jeanne Videau, en lOW. lArrhives di'partcmentalcs de la Giroiidi', D. lùOl; arn-ts du Parloiiicnl de 1/08.)

(3i Peut-èlre Jean-Baptiste Chancel, conseiller au présidial de Perigueux, en i02.j, et époux d'Anne de Gravier. {A. D. I.) Par vengeance, sans nul doute, Grellety lit périr, en I6i2, dans une attaque, le sieur Chancel de La Voyssonnie, fils tlii maire de Perigueux Jean-Baptiste Chancel. (C (-.)

disperser et retirer a petit bruict, après quoi monsieur de Sourdis s'en vint à Perigueux, soit pour s'eclaircir mieux du tout, soit pour en conférer avec messieurs de la cour presidialle. Mais le tout se termina a ce qu'il y auroit garnison dans Verg au chasteau et aultres lieux circonvoisins et que la forest de Verg seroit couppée ; pourquoy les parroisses furent mandées pour s'y rendre en bon nombre, ce qui fut cause que ces deux régiments demeurèrent longtemps au pais pour executter les commandements de mons. de Sourdis, lequel, après avoir faict de belles ordonnances, s'en alla.

Dévotion à S. Joseph, aux Augustins.

1640. Les R, Pères Augustins (1) dressèrent un autel à l'honneur de S. Joseph en leur église et y fut instituée une confrérie le 19 mars qu'est que depuis on célèbre sa feste avec plus de dévotion, n'estant pas seulement cognue auparavant du peuple.

(àrande disette de viu.

1640. Arriva une extrême cherté de vin, la barrique estant montée jusques a douze et 15 escus, ce qui dura jusques à l'an 1641.

lOil. Le 14 mars mourut mons. de Bourdeille, nostre gouverneur, a sa maison de La Feulliade (2).

Assassinat de Gopgetorte, insigne voleur.

1610. Gorgetorte fust tué par Chalepe (3), l'ayant attrapé par finesse et forcé avec son fils a un disner, ce qui afoiblit tant soit peu le parti de Greleti, qui depuis se conserva mieux. Son corps fut mis sur une roue à la Croix-Ferrée.

1640. Je m'enrolle dans la compagnie de messieurs les Penitens bleus,

(i) Les Augustins furent établis à Perigueux, en 1615, sur l'emplacement (le l'ancienne prison, par M. de Tricnrd, vicaire-général. (lYoto sur Saint- Fvont. par Je chanoinp Hcné Bcrnarct.)

(^) Henri de Bourdeille, marquis d'Arcliiac, baron de La Tourblanclic, n'est qualitic que de chevalier ih. 1 Ordre dans son acte d'enterrement à Agonac, le 14 mars 1641. (Etat civil if Agonac.)

(3) Chalepe (peut-être se nommail-il Pierre et était-il ne en 1603, A. M. P., GG,i48), commandait 200 paysans du parêage, sous Chanlost ; un de ses fils servait avec lui. Il fut tué, à la prise de Perigueux, au coin de la maison du sieur Dupuy et fut enleri-c, le 17 septembre 1653, à Saint-Silain. iBilyliothhque de Perigueux, mss. Lnpevrc XIII, et A. M. P. (iU^lyO.)

monB. Margeot (1), prebendier de la cité, estant prieur et fus receu le premier demenche de caresme.

16'iO. Le 4 novembre ma femme perdit son père et assista à ses funérailles, s'estant trouvée a Belves pour lesd.

Trau<<>port d'un nouveau couvent de flUes de la Visitation, de Limousin à la cité de Perigueux.

1611. Le vingt quatriesme de mars, jour des Rameaux, fut establi un nouveau couvent de religieuses nommées de la Visitation (2^ filles du bienheureux François de Sales, evesque de Genève, ou plustost un transport du couvent deGueret en Limousin, a la cite dePerigueux, dans la maison de mons. de La Selvagie, {S) ou mons. Martin (4), le conseiler dit sa première messe.

(1) Les Pénilentri bleus, établis en 1585, se réunissaient dans la chapelle neuve de Saint-Fronl aujourd'hui détruile. 11 y avait aussi à Péri^ueux les Pénitents blancs et les Pénitents noirs. {Notes de M. le chanoine René Sernaret sur Saint -Fronl.) Quant au nom de Margeot, nous le trouvons, dans les registres paroissiaux de Périgueux, toujours suivi de la profession de pelletier.

(2) MM. Pierre Alexandre de Fonpitou et Jean Martin, conseillers, désireux de doter Périgueux d'un couvent de l'ordre de la Visitation, sollicitèrent de la maison de Guéret l'envoi de quelques religieuses. La Mère de La Grave, interrogée, dit qu'elle y viendrait avec toute sa communauté. Le départ de Guéret ne fut pas sans y soulever quelque opposition. Les bonnes sœurs, grâce à 4 charr.ots et une litière venus d'Auvergne, se mirent en route et, après un séjour d'une semaine à Bourdeilles, arrivèrent à Château-l'Evêque, puis à Périgueux où elles furent logées d'abord à l'évéché , ensuite chez les Bénédictines. Le '2'i mars, jour des Rameaux de 1641, fut choisi pour la solennité de leur établissement dans leur monastère. iLa Visitaliin à Périgueux, avant 1789, par C. Condaininas, membre de la Société historique et archéologique du Périgord.)

(.S) Yrieix de La Bermondie, écuyer, sieur de La S'alvagie (nous ignorons son ascendance et s'il a été marié). Il demeurait à la Férilie, paroisse de Fanlac, et vendit, le 2 octobre ItjiO, à Françoise-Gasparde de La Grave, supérieure de la Visitation de Guéret, et à la Mère Chariel, assistante, « deux maisons cl trois jardins, au dit lieu de la Salvagie situé dans la Cité », pour 5,000 livres. iLa Visitation à Périgueux, etc.) Une transaction qui se trouve aux .\rchives départementales de la Dordogne, nous fait supposer qu'il pourrait être tils de Jean, vicomte d'.\uberoche, chevalier de l'ordre, et de Françoise de Merle.

M. de La Bermondie, en 1625, avait fondé, à Fanlac, un monastère de Bénédictines. {Monographie de Saint-Front, par l'aljbé Caries). Elles vinrent à Périgueux dans sa maison, vers 1647. (C.C.)

(4) La cérémonie fut présidée au nom de l'évûiiue par M. Jean Martin, le membre du conseil de ville et du présidial de Périgueux, qui avait été l'un des premiers promoteurs de la fondation. Il était entré dans l'état ecclésiastique après la mort de sa femme, et venait d'être ordonné prêtre, puis nommé père spirituel de la communauté. Il disait ce jour-là sa première messe. (La Visitation à Périgueux, déjà cité;.) II devait être de la famille de Jean

Mariage de nions. d'Anguieu avec la fille du luareschal de Bresé.

J641. Le mesme an que dessus, le duc d'Anguien (1), fils à mons. le prince, espousa la fille du mareschal de Brese et niepce de mons. le cardinal rie Richelieu, qui luy apporta en dot toute la duché d'Albret acheptée par mons. le cardinal (2).

Changement au gouvernement de Guienne.

1641. Le mesme an que dessus, mons. le mareschal de Schomberg (3) ayant quitté son gouvernement du Languedoc, par le commandement du roy, à mons. le prince de Condé, fut pourveu de celluy de Guienne pour trois ans.

Entrée de M. de Bourdeille en qualité de gouverneur et senesehal de Periguort dans Perigueux.

1642. Le 25 d'aoust François de Bourdeille, pourveu des charges de seneschal et gouverneur du Perigord, feit son entrée a raison d'icelles dans Perigueux, accompagné de bon nombre de noblesse, les honneurs

Martin, — à moins que ce ne fut lui-mûme, — conseiller du roi au pré.sidial de Perigueux, maire de cette ville en 1617, marié à Jeanne de Penaud , et parent de Ms"' Martin, évêque de Perigueux. On trouve bien en 1G39 un Jean Martin, conseiller au présidial , époux de Guillemelte Roy, mais deux ans semblent courts pour enterrer sa femme, la pleurer et franchir les degrés canoniques conduisant à la prêtrise.

(1) Louis de Bourbon II' du nom, prince de Condé, né en 1621, mort en 1686, marié en 1641 avec Claire-Clémence de Maillé, duchesse de Fronsac par sa mère, sœur du cardinal Richelieu.

(2; Il y a erreur de la part de notre auteur. Par contrat du 20 mars 1051, le duché d'Albret fut cédé à Frédéric-Maurice de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, vicomte de Turenne, en échange de la principauté de Sedan. Les lettres d'érection en duché pairie furent expédiées à Saumur en février 1652, puis confirmées en août 1662 en faveur de Godefroy-Maurice, lils du précédent [Père Anselme : Alhrct). A cette époque, le duché d'Albret s'étendait bien au-delà de l'ancienne sirerie de ce nom. Il comprenait une partie du Bordelais avec la sénéchaussée de Castelmoron, dans l'Entre-deux-mers, et sa châlellenie de Puynormand descendait jusque sur les bords de l'Ille, à Sl-Médard-de-Guizières. [Histoire de Libouvne, par Guinodie, III, 240.)

(.S) Charles de Schomberg, marquis d'Flspinay, comte de Nantueil, chevalier des Ordres, colonel général des Suisses, mourut sans enfants à Paris le 6 juin 1656. Il avait épouse : i" Anne, duchesse d'Hahvin, en 1621 ; 2° en 16-56, une Périgourdine, Marie d'Hautefort, dame d'atours de la reine, fdle de Charles, marquis d'Hautefort. (Père Anselme et Moréri.)

accoustumés luy ayant esté rendus et qu'on n'obmet dans telles occurrences ; et du corps de la ville luy allèrent au devant mess, les maire et consuls, suivis de soyxante ou quatre vingt chevaux environ une petite lieue, aussy bien que messieurs de la cour presidialle en nombre de huict ou dix, avec leurs huissiers, qui precedoint mons. de Ghampagnac, second président, faisant chef toutes les quartières pareillement assemblées, y comprins les fauxbourgs et la cité, avec quelques parroisses de la banlieue, feirent un gros de huict ou neuf cents hommes qui furent rangés en bataillon a l'arrivée de mons. le gouverneur au Terrieres par M. de Reillac (1), gentilhomme de la ville, major de ceste infanterie, qui ne voulut souffrir que les clercs allassent devant les escoliers qui, en vérité, estoint plus foibles que les aultres, quoyque deux fois en plus grand nombre, mais cella ne se debvoit pas décider par les armes, car la raison demandoit sans difficulté que les escoliers précédassent les clercs, ce qui ne fut pas pourtant toutà-faict observé. Il y a voit ce distiche sur la porte de Taillefer :

Ingredere opfatam tandem féliciter url)em Mœnia nostra tibi, seil mage corda patent.

Il fut logé à la maison de mons. Boudi (2j, procureur du roy au presidial; on y avoit [placé], au-dessus de la première porte, trois armoiries, celles du roy premièrement, au-dessus desquelles estoit ce petit mot : Hœc onini tempore (lovent. A coste droict au-dessous estoint celles de la maison de Bourdeille, qui sont deux pattes de griffon rouges avec ce petit mot : Seciiri'tas altéra. CeWes de la ville estant a coste gauche avec ce peu de mots : Invicta fuies. On n'oublia pas de sortir, a ceste cérémonie, toutes les pièces de canon qui estaient à l'arsenac, propres à tirer, qui se rencontrèrent cinq en nombre et furent tirées. Comme il

(1) Pierre d'Abzac de La Douze, écuycr, seigneur de Reillial, fils de Gabriel et d'Antoinette Bernard de \'ieillcvillo, épousa le 2 décembre 1012 Marie de Jay, veuve de Denis de La Porlc, juge criminel de la sénéchaussée de Périgueux , fille de Bernard et d'Adrianne du Lau. (F. P. 116; et d'Hozier, rorj. III.)

(2) Jean de Bodin, fils de Pierre, avocat et capitaine de 200 volontaires au siège de Bergerac, et d'Isabeau de Pindray. Il mourut sans postérité en 1(543, laissant sa charge de procureur du roi au présidial de Périguoux à son frère Joseph, écuyer, seigneur de Saint-Laurent du Manoir, la Houdetie , etc., dont la conduite remarquable pcnddnl la Fronde, et la grande part qu'il prit à remettre Périgueux sous l'obéissance du roi en lG5o, lui méritèrent des lettres d'anoblissement qui lui furent octroyées l'année suivante. [Archives de M. Déodat do Bodin de Saint-Lniirent.)

entroit dans la ville ou à la porte, Mons. Clusel (1), advocat scindio de la ville, luy feit prester le serment sur le liuvre Te igituv et croix en tel cas requis, ayant sur l'espaule une cornete de taffetas bleu. Api-ès quoy il s'achemina dans S. Front et le président, à son entrée, lenoit le coste droit et le maire de la ville le gauche, le gouverneur estant au milieu, ou il fut receu à la porte du greffe par messieurs les chanoines et de la conduict au cheur au siège préparé a costé de l'autel ou il fut receu plus particulièrement par mons. Meredieu, doyen de ce chapitre, reveslu de la façon qu'on accoustume en ces rencontres, le sus dit chant rententissant d'un motet de musique en signe de rejouissance; lequel estant fini avec l'oraison, il fut reconduict à la porte deladicte église par les chanoines, d'où il se rendit à sa maison susdicte pour estre harangué de tous les corps de la ville. Après quoy ayant esté invitté à soupper par mess, les maire et consuls, il fut mené a la maison de ville où s'estoit appresté le festin, et furent 34 à table, le tout au despens de la ville. Le lundy matin 26 du mesme moys, il ne manqua d'assister au seneschal, ou il tint l'audiance en sa qualité de seneschal, ses lettres ayant esté au préalable Jeues et inlerinées,mons. Thinon, lieutenant-general estant à son costé gauche et de l'austre costé tous les consuls, et après eux, toute la noblesse qui respondoint a l'autre rang ou estoint messieurs de la courpresidialle. Ce fut à ceste célèbre audiance que le fils de mons. Dataux (2), lieutenant particulier, feit son premier plaidé, Audoin (3) l'advocat plaidant contre luy, après quoy finit l'audiance. Le mardy après il fut à l'audiance du présidial, ou il tint le rang de premier président, mons. de Champagnac second président a son coste droict, pour apoincler comme il feit et au seneschal le lieutenant général a ceste audiance ne fut pas non plus sferille

(1) Jean du Gluzel, avocat, fut nommé en 1G41 syndic de la ville pour cinq ans, peut-èt,i-e en remplacement de Grimaud Bouchillou, désigné en 1624 [C C). Il testa le 12 novembre 1657 ? nommant sa femme Marie Bodin , sœur du procureur du roi, Joseph. {A. D. I.) Il eut comme enfant Pascal, né en 1641 (A. M. P. GG, 54), Jean et Marie.

(2) Jean de Jay, écuyer, seigneur d'Ataux , avait trois lils : 1° Bernard, écuyer, sieur de Ferrières, conseiller du roi, lieutenant particulier, civil et criminel, marié le 22 décembre 1640 avec Marie de La Mothe, tille de Pierre, avocat, juge de la Tour-Blanche, et de Biaise Varailhon, et remarié en secondes noces à Sicarie de Vincenot le 19 août 1658 ; 2° Jacques, écuyer, sieur de Saint -Germain, marié le 12 juillet 1658 à Marthe de Lestrade de Floirac; 3° Pierre, abbé de Tourtoirac. (F. P. 145.)

(3) Arnaud Audouin , époux de Catherine Reymond , et l'un des huit prud'hommes en 1642. (Note de M. Hardy, d'après -Jes Archives municipales de Périgueux, DB. 15 et GG. 54). Il était fds ou parent, probablement, d'un Audoiiy, deuxième consul de Périgueux , mort à Bordeaux le l" août 16U8, [C. C.)

en beaux plaides le fils de mons. Chanion (1) l'advocat ayant faict son premier coup d'essay présenté par nions. Robert (2), advocat, Monteson (8) l'advocat, le second fils [de| Monteson l'advocat du roy, luy repartant; Bertin ayant présenté le fils de mons. Dataux, les mesmes fils de Monteson, l'advocat du roy, playdèrent une seconde cause et fut finie l'audiance par les discours de Verneuil (A) advocat, et Banaston (ô), tous lesquels susdict plaides ne manquèrent d'estre remplis de beaucoup de louanges, compliment et éloges d'honneurs addressans à mons. de Bourdeille,

Retraic'te de M. de Suissous daus Sedau au mois de juillet. — Le cardinal de Richelieu fut cause de sa mort.

1611. Mons. le comte de Soissons (6), second prince du sang, se meffiant de l'humeur de mons. le cardinal de Richelieu, ou se voulant mettre à l'abry de sa colère et de ses finesses, fut contrainct de se

(1) Gi-imon Chaitrnon on Iroiive aussi la foi-mo Chanion;, sieur de la Faucherie, avocal en parlement, l'ut nommé premier consul en 1081. Il devait être proche parent de François Chaignou , époux de Catherine Tourlel, deuxième consul en Itjll. Il est probable qu'il est le père de Dominique Chaignon, avocat en parlement, marié à Jeanne Lasvergnas le 23 avril l(J'i2. (Note de M. Hnrdy, d'après les Arrln'rcs municipales de Périguoiix, Livre- Vert, et GG, oO.)

(2) Jean Robert, siour de La Céparie, avocat, fut nommé troisième consul en 1633. (C. C.) Le Livre Vert, f° UU, désigne ce consul simplement comme archer du vice-sénéchal. {Note de M. Hardy.) Peut-être est-ce le même que le Robert de la Céparie, tué en ltj53 dans la lulte des citoyens de Périgueux contre les Frondeurs. {Armoriai du Périgord, //, 126.)

(3) Pierre-Léonard de Montozon, chevalier, sieur de la Chabanne, fils de Léonard, écuyer, sieur de La Coulessie, avocat du roi au présidial de Périgueux, et d'Ambroise Tourlel de Gramond. Il est nommé au testament de son père (3 avril 1(390), avec ses frères Robert et Jean; il mourut en mars 1G98. {Note du vicomte de Gérard, d'après Cliérin et les carrés de d'Hozier.) Léonard , le premier avocat du roi , fut maire de Périgueux en 1646 avec Antoine de Jehan. {F. P., 50.) Son fils Jean, avocat, veuf de' Jeanne de La Rarde, semble s'être remarié avec .\nne de Jaubert, fille de François, écuyer, sieur de La Courre, et de Jeanne Couraudin. (Archives de Cumond.)

(4) Pierre de Verneuil, sieur de La Peyre, avocat, premier consul en 1630, époux de Marie Dubois (A. M. P. GG,4H.) Probablement père de Pierre de Verneuil, avocat, qui épousa, le 19 avril 1656, Marie d'Alesme. {Archives dép. de la Gironde, C. 3,334.)

(5) De 1632 à 16r)2, on trouve François Banaston, avocat ; en 16")!, dans l'acte de baplêmo di' Benoit, son fils, il est également dit juge des juridictions de La Chapelle-Gonaguet et de Chancelade. Il fut consul de Périgueux, en 164.^ et en 16r)2 ; il avait épousé, avant 1636, Françoise Dubois. (F. P. 49, et note de M. Hardy, d'après les A. M. P. DD lÛ ; GG,7, 54 et 58.)

(6) Louis de Bourbon, comte de Soissons, de Clermont (fils de Charles, comte de Soissons et de Dreux, pair et grand-maîlre de France, et d'.\nne, comtesse de Monlafië), né le 11 mai 16f)4, fut lue à la bataille de la Marfée, près Sedan. 'Moréi'i.

- 3-i retirer de la cour ou par quel artifice que ce fut il ne fut plus possible de le faire revenir, quoyque madame sa mère fut à Sedan exprès de la part du roy pour l'asseurer de ses bonnes volontés touchant son retour, lequel il délaya bien. Mais il ne peut dilayer le malheur qui le talonnoit, car s'estant cantonné dans Sedan et embarque par conséquent le seigneur de ceste place avec messieurs de Vendosme dans son parly pour l'appuy duquel il appella des forces estrangères tirées des terres de l'empereur conduitteî parle gênerai Lemboy(l); de quoy s'estimanl asses fort voire de beaucoup plus que l'armée de mons. le mareschal de Chastillon (2), qui avoit eu ordre du roy de se rendre aux environs de Sedan, soit pour épier leurs actions, soit pour les combattre, si l'occasion s'en presentoit, comme il arriva malheureusement, car l'armée du mareschal de Chaslillon fut toute mise en routle et quantité de prisonniers menés dan Sedan , mais plus malheureusement pour le cooite de Soissons, car il se trouva mort dans la meslée, quoyque luy et ceux de son party eussent emporté la victoire, laquelle ne se peut dire entière par la mort de ce prince, qui eut mieux faict de gagner des batailles pour son roy, en restant avec honneur, que de perdre la vie en gagnant des victoires contre le service de son seigneur.

Sceoude fille.

1641. Le 20 septembre, a onze heures et demy de nuict, ma femme s'accoucha pour la seconde fois d'une fille (3), laquelle fut présentée à baptesme a mons. Palisse, mon beau-frère, et à damoyselle Françoise Mourcin, femme en secondes nopces a mon père, lequel elle receut le 25 febvrier par mons. Robert, vicaire (4).

(1) Le baron Guillaume de Lamboy, né en Belgique, mort vers 1670, prit du service à l'âge de 14 ans clans les armées de l'Empereur. Il secourut Dôle, en lUoG; fut nommé feld-maréchal, en 1G3U ; reçut deux blessures à Lcns (1648), et prit sa retraite après la paix des Pyrénées, 1659. (Notes de Bavry, dans l'Histoire de la guerre de Guyenne, par Baltazar.)

(2) Gaspard de Coligny, duc de Chàtillon, etc., maréchal de France, naquit en 1584 et mourut le 4 janvier 1646 : c'était le petit-lils de l'amiral tué à la Saint-Bartliélemy. (Moréri .)

(3) Françoise, morte avant 1664, fut baptisée le 25 février 1642. {A. M. P. — GG,55, f" 9.)

(4) Geoffroy Robert clail vicaire de Saint-Front, commis par le chapitre de celle église. [A. M. P. GG,48, 54, etc.)

Erection do la nouvelle confrérie du «capulaire dans l'egliae de S. Sillaiu.

I6il. Mons. Fargeas, curé de S. Silain (1), voyant que la confrérie du saint scapulaire estoit installée en plusieurs bonnes villes soubs le nom de Nostre Dame du Mont Carmel,feit tant par ses soings qu'enfin il en establit une dans sa parroisse de S. Silain et pour la célébration de ceste dévotion et affîn qu'on y gagnât les indulgences y comprinses qui sont bien si grandes que, comprenant toutes les aultres de quelle nature qu'elles soint , on asseure d'avantage que ceux de ceste confrairie, portant le scapulaire comme il fault, ne passent point par les flammes du purgatoire, ou le premier samedy après leur mort en sont deliuvrés par les intercessions de Xostre Dame. Le quatriesme dimanche fut choysi pour leur dévotion, ou après vespres le curé, portant une image de Xostre Dame, accompagné de ses confrères, fait procession tout autour de sa parroisse, recitant les litanies de Nostre Dame du Mont Carmel, assorties particulièrement à ceste compagnie.

Dévotion des Pères Augustins tous les seconds dimanches

du mois.

1641. Le mesme an que dessus, les R. Pères Augustins érigèrent aussy une aultre confrérie pour tous les seconds dimanches du moys soubs le nom de Xostre Dame de Pitié et de Consolation, c'est-à-dire pour ceux qui porteront la ceinture beniste, à laquelle il y a une infinité d'indulgences que les curieux et dévots pourront veoir dans les bulles, ou par exprès privilège on participe aux indulgences de toutes les aultres confréries, et on expose à vespres le S. Sacrement de l'autel particulièrement. Ce fut le 10 novembre qu'elle fut installée.

(1) Antoine Fargeas succéda , en seplembre 1031 , à Pierre Simounet, comme curé de Sain( -Silain ; il était bachelier en théologie. Il décéda le 8 septembre 1647, et fut enterré le lendemain « dans ses tombeaux qui sont dans la chapelle de Nostre-Dame de la Pilié ou des Trois-Maries, « dite aussi Notre-Dame de La Sauvelat. f.l. M. P. GG,llô et IW.)

Dévotion du rosaire perpétuel des Jacobius.

1641. Le douziesme décembre, je me suis mis de la confrérie du rosaire perpétuel, establi au couvent des Jacobins (1), avec obligation de le reciter à pareil jour de dix à onze heures de matin tous les ans une fois, le tout à l'honneur de Jésus et de Marie, et le 13 décembre, ma femme en doit faire le semblable de 4 à 5 heures après minuict.

Le Portugal restabli en royaume, ayant secoué le joug de l'Espagne.

1041. Le royaume de Portugal se ressentant par trop des imposts d'Espagne ou de la levée des gens de guerre, ou pour quelque aultre fin, secoua le joug Espagnol et recogneut pour roy le duc de Braguence, qui s'est trouvé l'estre du sang royal descendant de dom Sébastian, dernier roy de Portugal.

La Catalogne s'estant révoltée se niist soubs la protection de France.

1641. Pour mesmes raisons que dessus, la Catalogne, grande province et dont le roy d'Espagne tiroit les principalles forces pour la guerre, après s'estre révoltée contre son prince, pour se mettre à l'abrv de sa colère et pour espérer son trailtement plus doux, se mit soubs la protection de France.

Mariage de ma sœur de Laborie.

1642. Le 19 janvier, Pierre Chancel (2», sieur de Barbadau, espousa ma sœur par les mains de mons. Duran , vicaire (S) de S. Front, dans la chapelle de Noslre Dame de la Guardc.

(1) Les Jacobins ou Dominicains, fondés en 1241 par Pierre de Saint- Asticr, avaient leur couvent là où sont aujourd'hui les Ursulines. [IVotes de M. le chani)ine René Bernaret sur Sl-Fronl.)

(2) Pierre Chancel, écuyer, sieur de Barbadaud , Boriefrogne [filiàs Borieroque;, quaiilié aussi de sieur de La Borie, fut baptisé, le 8 septembre ÎOlu, comme fils de noble Jean, sieur «.le La Fouillouze et Barbadaud, et de Marguerile de Jehan. Les registres de Saint-Front donnent bien, comme date de son mariage avec Arne de Bessol, le 19 janvier 1642. (A. M. P. — GG. 41, f" m, et 56, /° l'J ; d'Hozier, Armoriai général, reg. III, Chancel.)

Le contrat reçu par Philipot, notaire royal, avait élé passé le 22 septembre 1641. [La Chesnaye des Bois.)

(3) On trouve le nom Pierre Durand, vicaire à Salnt-F'ront, de 1636 à 1G47 envu'on. (A. M. P. GG.50.)

I\ouveau couvent d'I'rsulines.

164:2. Arriuua en ceste ville un aultre famille de religieuses appellées de S. Ursule (1) qui achepterent la maison et enclos de mons. Vige [i) appellée les Bateries et font la leur demeure.

Abolition de Greleti.

1642. Le 25 janvier, Pierre Greléti, natif de la terre de Verg, avec son aullre frère, capitaines des voleurs du pareage , obtindrent du roy leur lettres d'abolition pour eux et pour tous leurs adherans et complices qui les avoint accompagnés en leur meurtres, vols, bruslemens et brigandages continues depuis l'an 1637, jusques à présent et fut enregistrée à Périgueux le 18 mars mesme an que dessus, Alexandre (?), advocat, juge de Lardimarie, ayant playdé pour Greléti, et passèrent sur le pont de la Cité en nombre de cent ou six vingts et de la à Nostre Dame de la Garde [4) pour se rendre à Trigonan (5), ou ils logèrent.

(1) I.es Ursiilines de Périgueux, venues du couvent de Bazas, furent fondées en 1641 par Marguerite de Calvimont, fille de Jacques, baron des Tours de Montaigne, qui fut" leur première supérieure; elles habitaient en face du couvent qu'elles occupent aujourd'hui, rue de Bordeaux. [Xotos de M. Ip chanoine Bevnaret sur Saint-Front , et Saint-Allais dans sa généalogie Calvimont.) Cependant les registres paroissiaux de Saint-Etienne de la Cité (.4. M. P. GG, y5t donnent "au 28 avril 1669 l'enterrement dans l'église des religieuses de Saint-Benoît, de Marguerite de Chillaud , « fondatrice des L'rsulincs. «

(2) Pierre Devige, prêtre, prébendier de la Cilé , vivail en 1636. Guinot Mge, époux de Jeanne Jacoby, vivait en 1636. Pierre Vige, éiioux de Marguerite Gayaud, vivait en 1637 : tels sont les seuls paroissiens de la Cité dont les noms ti'gurent sur les registres paroissiaux. Guilhem de Vige, époux de Marguerite Cheyral ou Cleyrac, messager ordinaire de la ville , vivait en 1642, mais il fait baptiser ses enfants à Saint-Front ou à Saint-Silain. (A'oie (/e .1/. Hardy, d'après les Archives municipales de Périgueux, GG,8, 54, 55, 115.)

i3) Il y avait à cette époque quatre avocats appartenant à la famille Alexandre : 1° Jean, qui maria en 1641 sa fille Berlrande à Odet Le Long, écuyer, conseiller au présidial, et avait épousé avant 1615 Marie de Valbrune ; a» François, épou>: de Michelle de Monlozon , dont Thibaut, né en 1643. (.4. D. /., et .4. .1/. P. GG, 55 ; 3° Léonard, mari de Catherine du Teilh, nui était en 1628 procureur général du roi aux comté de Périgord et vicomte de Limoses {d'Hozinr, généalogie Chahip, et A. M. P. GG,i7); 4° Nicolas, sieur de la Roulandie, 'député du Tiers-Elit pour Périgueux aux Etals- Généraux en 16i9, dont le fils Franrois fut anobli en mars inô4.^ {Archives départementales de la Gironde, Cour des Aides, registre i67i-78.)

(4) La chapelle de cet ancien pèlerinage était située au nord cl non loin de Périgueux, en face de la chapelle actuelle des Clarisses, rue de Paris. — La maison de la Garde [Domiis Gardiœ , 1482) était une communauté de femmes, dont la date de fondation n'est pas connue, et qui fut unie en 14'>2 à l'abbaye de Peyrouse. (iXote de M. Hardy, d'après Lespine, Gounjucs, Taille fer et Caries.)

(5) Trigonan , ancienne paroisse , formant une section de la commune actuelle d'.\ntonn(!, canton de Savignac-les-Eglises.

1642. Mourut mons. le duc d'Epernon en chasteau de Loches au mois de janviei' ou febuurier (1), après quoy le comte de Harcourt (2) fut faict gouverneur de Guienne quelques mois après (3).

1642. Pendant le siège de Perpignan, monsieur de S. Marc, appelle mons. Le Grand, à cause de la faveur du roy, fils de mons. le marquis d'Efiat (4), fut arresté prisonnier dans Narbonne et conduict dans les prisons de Monpelier et de la à Lyon, ou il eut la teste tranchée avec mons. de Thou (5) et Chavagnac, gentilhomme (6).

(1) Ce fut le 13 janvier que mourut au château de Loches, où il était interné, Jean -Louis de Nogaret, duc d'Epernon, âgé de 88 ans. De hi monographie déjà citée, publiée par M. le mar({u is de I>amj)ierre, il faut rapproclier la plaquette spéciale de M. George de Monbrison, comme on rapproche d'un grand tableau une exquise miniature.

(2) Henri de Lorraine, comte d'Harcourt, fils de Charles de Lorraine, duc d'Elbeuf, et de Marguerite de Chabot, naquit le 20 mars IGOl et mourut le 25 juillet 1666. Sur cet habile capitaine, comme du reste sur la plupart des capitaines célèbres mentionnés en ces pages, nous nous plaisons à renvoyer aux derniers volumes de V Histoire des princes de la maison de Condé , où l'éloquence des récits égale leur exactitude.

(3) Erreur de notre chroniqueur! Le comte d'Harcourt ne fut jamais gouverneur de la Guyenne. Voici la liste de ces gouverneurs dans la première moitié du xvii» siècle, telle que la donne la Chronique Bourdeloise (édition de 1703, in-4"', p. 190) : Henry de Bourbon, prince de Condé; — Henry de Lorraine, duc de Mayenne; — Jean-Louis de Nogaret, duc d'Epernon; — Bernard de Foix, duc d'Epernon ; — Henri de Bourbon, prince de Condé ; — xVrmand de Bourbon, prince de Conti; — Bernard de Foix, duc d'Epernon.

(4) Henri Coiffier, dit Ruzé, marquis de Cinq -Mars, eut beaucoup de pari aux bonnes grâces de Louis XIll. Il fut capitaine aux gardes, puis maître de la garde-robe du roi en 1637, et deux ans après, grand écuyer de France. Le cardinal de Richelieu, qu'il voulait perdre, l'observa si bien, qu'il surprit un traité que Cinq-Mars avait fait avec l'Espagne. Il fut arrêté à Narbonne et conduit à Lyon, où il eut la tête coupée le 12 septembre 1642, n'ayant que 22 ans. (Moréri.)

Ajoutons , sans parler du roman fameux d'Alfred de \'igny, qu'on peut consulter sur la conspiration cl le supplice de Cinq-Mars, un mémorable travail de feu Avenel, l'éditeur des Lettres et papiers d'Etat du cardinal de Biche lieu, travail où tout est dit et excellemment dit.

(5) François-.\uguste de Thou, fils aîné du président Jacques-Auguste de Thon, li; grand historien, était encore adolescent, même presque enfant, quand il fut nommé grand-maître de la librairie du roi (1617). Il devint intendant d'armée, conseiller d'Etat, fut, comme son père, un fervent bibliophile ; il fut aussi un grand voyageur. (On a publié dans la Bévue rétrospective ses impressions de voyage en Italie et en Orient.) Son nom ligure souvent dans les Historiettes de Tallemant des Beaux et dans les Lettres de Fabri de Peiresc, duquel il fut le correspondant et l'ami.

(6) Josué, comte de Chavagnac, appartenait à une ancienne maison d'.\uvergne, sur laquelle on peut consulter le registre H de V \rniorial de d'Hozicr. Après avoir servi dans les guerres de religion sous le duc de Hohan, il devint premier chambellan du duc d'Orléans. Quoi qu'en dise notre chroni((ueur, il n'eut pas la tête tranchée en 1642, et il devait la garder assez longtemps encore sur ses épaules. La vérité est qu'il fut mis en prison et qu'il y resta jusqu'à la mort de Louis .\1H. On ne doit pas le confondre avec son fils Gaspard, un des plus brillants lieutenants de Condé, déjà maréchal de bataille en 1646, à l'âge de 22 ans, et dont la vie aventureuse est racontée dans ses intéressants Mémoires (1699, 2 vol. in-12i.

Reddition de Sedan au roy par M' de Bouillon pour sortir de prison, ayant esté arresté à Casai par les ordres du cardinal de Richelieu.

1642. Au mois de juin, mons. le duc de Bouillon (1), commandant les forces qui estoint dans l'Italie pour le roy, après avoir visité ceste année mesme ces places de Guienne et aultres qu'il a en France, s'eslant rendu dans l'Italie et commandé en qualité de général, fut arresté prisonnier dans Casai par ordre du roy, soubconné d'estre de quelque cabale contre les ministres d'Estat, à raison de quoy, il demeura longtemps prisonnier et mesme sa vie fut balotée durant quelques jours ; néantmoins, le roy s'estant asseuré de Sedan pour quelques considérations, oublia tout ce qui s'estoit passé et consentit à son élargissement, après quoy il retourna avec toute sa maison à Lenquais ("2).

1642. Mons. le duc de Longueville (3) espousa madamoyselle de Bourbon, fille de mons. le prince de Condé, premier prince du sang.

1642. Le 3 juillet, mourut à Cologne, ville imperialle , Marie de Medicis (4), fille du grand duc de Toscane , vefve d'Henri quattre, après la mort duquel elle fut régente en France. Les honneurs furent faicts le 11 et 18 aoust dans S. Front, et à la Cite, mons. de Meredieu le vieux célébrant la messe en présence de mons. de Perigueux, avec le presidial et le corps de la ville. 11 y a quelques vers en forme d'épitaphe à la fueille 28 (5).

(1) Frédéric-Maurice de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, prince de Sedan, vicomte de Turenne, possédait en Périgord la comté de Montforl et la vicomte de Lanquais. Etant entré en 1642 dans un traité avei", le duc d'Orléans, il fut obligé de donner Sedan au roi. Il mourut le 9 août 1G52. On serait étonné de ne pas nous voir citer ses Mémoires, rédigés par son secrétaire le Périgourdin Langlade.

(2) Lanquais , commune du canton de La Linde, dont le château était arrivé aux Lalour par le mariage de Marguerite de La Cropie avec Gilles de La Tour, baron de Limeuil, des vicomtes de Turenne, sous Henri II, puis passa aux d'Antin qui le vendirent aux Gourgue. (Bulletin de la Société historique du Périgord, XV'I, 7b.)

{'Al Hrnri d'Orléans, duc de Longueville et d'Esloutcville, prince souverain de Neufchàtel, etc., né en IfiUf), mort le 11 mai OîVyS. Il épousa : 1° en 1017, Louise de Bourbon, fille du comte de Soissons ; 2» Anne-Geneviève de Bourbon, tille du prince de Condé, en 1042. Il fut un des chefs de la première Fronde. [Dictionnaire de Lalannc.)

i4) Sur la dernière et misérable période de la vie de la mère de Louis XIII, voir un ouvrage spécial fen un gros volume in-8°) d'un crudit belge, le major Heprard : Marie de Médicis dans les Pays-Bas, ouvrage auquel un de nous a donné de grands éloges dans la lievuc' critique, il y a quelques années.

['}] On les trouvera plus loin.

Bastisse de la maison de la Commeinii.

1642. Au mois de may, mon père feit bastir la maison du clos de la Gommeimi (1) et fut achevée au mois de juin suivant.

Prise de Perpignan.

1642. Perpignan, capitale du Roussillon, fut pris par le roy au mois de septembre (2), après quelques mois de siège (3), et ayant affamé la place, se rendirent avec capitulation. Le fils de mons. le prince, appelle duc d'Anguien, y ayant faict son entrée pour le roy, accompagné de trois mille gentilhommes, la pluspart desquels estoint de la province du Languedoc, a cause de mons. de Schomberg, qui avoit tousjours assisté au siège (4) et estoit gouverneur dudict Languedoc; et mesme an que dessus, Salce, qui ne pouvait tenir après la prise de Perpignan, fut pris et rasé tout-à-faict.

Orage de gresle très grand.

16i2. La veilhe de la Fesle Dieu , la gresle tomba en quantité d'endroicts, mesme à Pissot et Beauregard (h), que fut cause que ne reculleimes en tout que sept ou huict barriques de vin a nostre part, sans avoir eu de bled quasi rien.

(1) Le clos des Commeymies {las Coulz Je Moymi) esl, prés de Périgueux, sur la roule de Sarlal, en sortant du faubourg i--ainl -Georges ; la maison, bâtie en 1642, serait voisine, si ce n'est clle-mùn)e, du logis ou niRnoir de MontpIaisJr, qui appartient de nos jours encore à la famille de Bessot, ou du moins à Juliette-Marie de Uoyère, veuve de Jean-Baptiste- Achille de Bessot de Lamolhc (Benscignoments de M. ViJlrpelet.) Cependant, le manoir de Montplaisir, lui-même, ne serait venu aux Bessot que par une alliance avec les de Jehan. (Renseignements de M. Louis de Lamolhc.)

(2) La capitulation est du 29 août ; l'entrée des troupes françaises est du 9 septembre.

(3) Après trois mois et quelques jours de tranchée ouverte. L'Ail do vérifier les dales assure que Bichelieu écrivit au roi : « Sire, vos ennemis sont morls el vos armes sont dans Perpignan. » C'est là un des innombrables mois célèbres qui n'ont jamais été dits ou écrits. Le piquant volume d'Edouard Fournicr sur L'esprit dans Vllisloire pourrait facilement être plus que doublé.

(4) Ainsi que le maréchal de La Meilleraye.

(5) Beauregard réuni à Bassac forme une commune du canton de Villamblard. Consulter le Périgord ilhistré de l'abbé Audierne, el le Ihillelin généalogique de France qui, en 1892 (col. 185), a reproduit la charte de 1280 de celle ancienne bastide, construite sous Edouard I""', défendue par un château cl dont la chàtellenio comprenait quatre paroisses.

Troisième tils Jaques.

16i2. Ma femme s'accoucha pour la troisiesme fois d'un fils (li le 13 de novembre, qui fut un jeudy, et fut babtisé le 26 décembre 1643, mon frère ayant esté son parrein et marreine ma fille Françoise Bessot, au lieu de madamoiselle de Souffron , tante de ma femme. Jaques fut son nom.

1642. Le 30 novembre mourut madame de Bourdeille {i), de l'illustre maison de La Ghastre , et luy fut faict un service par les deux chapittres et par la ville aussy, la cour presidialle y ayant assisté.

Mort du cardiual de Riehelieu.

1642. Le 4 décembre mourut le grand cardinal duc de Richelieu (3), premier ministre d'Estat soubs le règne de Louis 13, ayant fort avancé les affaires de France , particulièrement aux despens .des Espagnols et des François, et donné au roy son palais cardinal avec ses meubles et papiers. En mesme temps ou peu après sa mort, tous les poètes qui ne composoint de pièces qui ne retentissent de ses louanges, jusques aux plus petits l'imeurs, s'essayèrent de luy faire des epitaphes, la plus part plus pour noircir sa mémoire que pour le flatter, comme on avoit accoustumé. Entre aultres furent faict ces vers :

Jésus venant d'un pauvre lieu

Apporta la paix à la terre ;

S'il fust venu d'un Richelieu,

Il nous eut apporté la guerre.

rixit in bello requiescat in pace.

\[) Jeari-Jacijucs de Bessot , sieur de Lamolhc , épousa le 3 juin 1(171 {A. M. P. GG.llS, A 22 v) Sicai'ie du Cheyron. Iille de Théophile, ceuycr, conseiller au présidial, eî de Diane di- Vinccnot ; il tesia le 15 aoùl 1(51)0. Son lils aine Théophile, snbslilut des yens du roi, n'eut ipi'nne (illn de Mai'guerilc de Monlozon : le second, F3ernard, continua la descendance, cl est le bisaïeul de MM. de Lamotbe existant de nos jours.

(2) Madeleine-Marguerite de La Ghastre, Iille de Gaspard seigneur de Nançay et de Ciabrieile de Hatarnay, une fois séparée de Charles de Chàtillon, seigneur d'.Vrgenton, épousa Hoiiri, vicomte de Bourdeille, baron df La Tour-Blanche, clc, par contrat du 14 janvier 1004. 'A. /). I. ol La Cliosnnye des Bois, yen. Iiourdpilh\)

(3) Une noie sur Richelieu est bien difficile à faire. Que dire d'un loi homme? On propose de rappeler tout simplement que : Armand-.Iean du Plcssis de Kichelieu, le plus grand de nos hommes d'Etal, n'élail âgé (|ue de 57 ans au moment de sa mort. (L'Art ilc vérifier les dates dit à tort 58.)

La sœur de M. de Thou (1), sur le tombeau de mons. le cardinal, luy adressoit ces parolles : Domine si fuisses liio frater meus non fuisset mortuus.

La reine déclarée regeute.

1643. Au mois d'auuril ou environ, estant survenue une grande maladie au roy, la reine, son espouse, fut déclarée régente et sacrée comme telle dans la chambre royalle par monsieur frère du roy et par mons. le prince ; et le Daufin ayant esté tenu à babtesme par mons. Mazarin, cardinal, et Madame la princesse, il fut nommé Louis par la volonté du roy.

Mort de Louis treze.

1643. Le quatorziesme de may, le jour de l'Ascension, mourut ce grand et incomparable roy, Louis treziesme du nom surnommé le Juste, le trente trois de son règne et le quarante et deuziesme de son aage, à S. Germain en Laye, entre les mains du père Dinet (2), jésuite, son confesseur, et mons. de Lisieux (3) et de mons. Séguier, evesque de Meaux (4), a deux heures après midy. Après quoy, le lendemain la royne fut à Paris, accompagnée du roy Louis

(1) Gabrielle-Henrielte-Louise de Thou, à laquelle son malheureux frère donna un souvenir du haut de l'échafaud, (voir la touchante relation insérée par P. Paris, dans son édition de ïallemant des Héaux, tome II, p. 113), épousa, le 11 octobre 1632, Armand de Pontac, seigneur de Salles, Belin, Beliet, Haut-Brion, Bisqueytan, premier président au parlement de Bordeaux, par succession de son père Geoffroy de Pontac. Voir le contrat de mariage dans les Archives Iiistoriques de la Gironde, tome VIII, page 259.

(2) Jacques Dinel, né à Moulins en 1580, reçu dans la Compagnie de Jésus en 1604, se distingua dans la prédication. Il fut recteur d'Orléans , Tours, Reims et Paris, provincial de France et de Champagne, confesseur de Louis XIII et de Louis XIV. Il mourut dans la maison professe de Paris, le 12 décembre 1653. On a publié deux relations de la mori de Louis XIII tirées des manuscrits de son confesseur : 1° L'idée d'une belle mort ou d'une mort chrestiennc, dans le récit do la fin heureuse de Louis XIII, surnommé le Juste, roy de Franco et de Navarre, tiré de quelques Mémoires du feu P. Jacques Dinet, son confesseur, de la Compagnie de Jésus. El dédié au roy, par le P. Antoine Gérard, de la mesme Compagnie. A Paris, de l'imprimerie royale, 1676, in-f" de 60 pages, reproduit dans le tome XXIII, des Documents du P. Carayon ; 2° Derniers moments de Louis XIII, racontés par le P. Dinet, son confesseur, dans le Cabinet ) istoriquo de Louis Paris (1866, tome II, p. 225-259.) Voir, sur les autres ouvrages du P. Dinet, la Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, par le R. P. Caries Sommervogel (Bruxelles et Paris, in-4", tome III, 1892, colonne 85).

(3) L'évêque de Lisieux était alors Philippe Cospeau, né dans le Hainaut le 15 février 1571. mort le 8 mai 1646.

(4; Dominique Séguier occupa le siège de Meaux, d'août 1637 à mai 1659.

quatorziesme, dict Dieudonné, et de son frère appelle Monsieur et duc d'Anjou, ou elle feit retentir toutes les rues de Paris de "Vive le roy à son arrivée.

1643. Par la mesme déclaration ci-de3sus mentionnée, donnée au moy d'auuril, mons. le duc d'Orléans (1), frère unique du feu roy Louis treze, fut faict lieutenant gênerai dans tous les Estats de France, le tout soubs l'autorité de la reine. Et furent faicts ministres d'Estat, mons. le prince, mons. de Mazarin , cardinal (2), mons. de Seguier, chancellier (3), mons. de Bouteiller et Chavigni, son fils (4), lesquels devoint demeurer en ceste charge sans aucun changement, si ce n'est par forfaicture.

Acquisition du bien de SIas<«oubre . à Pissot.

1643 Mon père feit l'acquisition, de la contenance de 122 journaux, du bien de Massoubre, consistant en deux paires de bœufs, situé à Pissot, le unziesme du mois de juillet 16i3. Signe Phelipot, notaire royal, 5,200 livres.

Re«tablissenienf de nions, de La Valete au gouvernement de (wuienne.

1643. Mons. de La Valete, nommé maintenant après la mort de son père mons. d'Epernon, fut restabli dans le gouvernement de Guienne, duquel il avoit esté pourveu du vivant mesme de son père.

(1) Jean-Baptiste-Gaslon de France , duc d'Orléans .. de Chartres , de Valois et d'Alençon, frère puîné de Louis XIII, naquit le 25 avril 1G08 et mourut à Blois le 2 février 1660. [Moréri.)

(2) Jules Mazarin était alors âgé de 41 ans. Il avait été nommé cardinal quelques mois auparavant (le 16 décembre 1641). De même qu'il faudra toujours citer sur son prétlécesseur les travaux de feu Avenel, il faudra toujours cit(M' sur Mazarin les travaux do feu Chéruel. Mentionnons, de plus, un tout récent et très important ouvrat^e de M. le comte Jules de Cosnao : Maz.tvin et Colbert (Paris, 1892, 2 vol."in-8»i.

(3) Pierre Seguier, chancelier de I-'rance, duc de Mllemor, comte de Gien, pair de France et garde des sceaux des Ordres du roi, né à Paris le 29 mai 1088, fut président à mortier pendant neuf ans au parlement de Paris. Il fut honoré par Louis XUl de la charge des sceaux en i6;i.'î et devint chanceliev par la mort d'Etienne d'Aligre en 16'fô. En 1650 et 1651, il quitta les sceaux, qui lui furent rendus et les posséda jusqu'à sa mort, arrivée à Saint-Germain en Lave le 28 janvier 1672, à l'âge de 84 ans. (Moréri.) On ne saurait trop recommander la monograjjhie qui lui a clé consacrée par M. René Kerviier. (Paris, 1874, in-S".) Si on voulait, à côté d'un livre très sérieux, lire une notice très anecdolique, il faudrait s'adresser à Tallemant des Rcaux (tome Ili, p. 385).

(4) Sur les secrétaires d'Etat, Claude Bouthillier et son flls Léon Bouthillier, comte de ChaTigny, on peut encore consulter (/i«ss;m) les Hisloricttos oii, comme on l'a fait justement remarquer, les médisances sont plus nombreuses que les erreurs.

Prise de Theonville par les François. — Les doubles convertis

en deniers.

Geste mesme année, Theonville fut pris sur les Espagnols par les François (1). Et à cause du grand nombre des doubles (2) qui s'esloint glisses en France de diverses parts, ils furent convertis en deniers au mois de septembre ou environ.

Victoire de Roeroy de M. le due d'Anguien sur les Espagnols.

16i3. Fut célébré pour )a journée de Roeroy (3), en laquelle monseigneur le duc d'Anguien remporta ceste signalée victoire sur les Espagnols, le comte des Fontaines, grand capitaine du roy d'Espagne, estant trouvé parmi les morts (4), et dom Francesquo de Melos ayant pris la chasse bien loing , après avoir laissé à nos soldats pour butin tout leur bagage, avec quantité do canons et drappeaux qui furent portes à Nostre Dame de Paris ; et ceste mesme campagne Theonville fut aussy prins par nions, le duc d'Anguien, avec quelques aultres villetes.

Aultre déclaration confirniative de la régence de la reine. — Grande faveur du card. Maxarin. estant tout le conseil de la reine.

1613. Le parlement s'eslant assemblé après la mort du roy, la reine fut déclarée seule régente en chef, et s'en ensuivit aullre déclaration confirmant ce que dessus , sans que pourtant le cardinal Mazarin

(1) La prise de Thionvilie est du 10 août.

(2) Il s'agit sans nul doute de doublons , monnaie espagnole, dont la valeur a varié suivant les époques. Les derniers frappes depuis Charles III à l'erdinand VII ont une valeur d'environ 80 francs.

(S) Sur la journée de liocroy, il n'y a, après le sublime récit de Fîossuel, (ju'un seul récit à citer, celui de l'auteur de VHistoirc des princes tic. ta maison de Condé. Nous ajouterions que c'est la plus belle page d'histoire écrite de notre temps, si le plus récent récit de la bataille de P'ontenoy par le duc de Broglie n'obligeait à partager entre les deux académiciens le premier prix de narration.

(4) Plusieurs historiens ont espfrjnoliso à la fois le nom et l'homme cl appelé comte de Fucntos le comte de Fontaine, né en Lorraine d'une famille originaire du pays basque, qui s'étail fixée dans le nord du duché de Bar dès le x\" siècle, comme vient de le rappeler (Intermédiaire des chercheurs et curieux du 30 octobre 1892, p. 453), M. Léon Germain, auteur (en collaboration avec M. Charles Guyol) d'une brochure intitulée : Paul Bernard, comte de Fontaine, mort à Rocroi en 1643 (Nancy, 1886, in-S").

decheut de sa faveur ; au contraire, depuis s'est trouvé le plus avancé près de la reine, à laquelle il sert de conseil (1).

1643. Mon beau-frère de Palisse l'aisné se maria dans Sarlat avec la fille d'un bourgeois nommé mons. de Surguier (2), de la famille des Derupes, le 23 novembre.

16ii. Mourut mons. le mareschal de la Force (3), après avoir veu cinq rois et eu d'iceux beaucoup d'emplois honorables. [Ce para- (jraphe a étu barre tout entier. \

Dedieatîon des thèses de philosophie ù la grande eongregation.

1614. Les philosophes du collège des Jesuiltes dédièrent leurs thèses à nostre congrégation : nions. Guimbelot estant présent, mons. Alexandre de Fonpitou, premier assistant, monsieur Chalup, advocat, sieur de la Tsupane, second assistant, et pour cest effect, le fils de feu mons. Bertin , l'advocat, et le fils de mons. Vernueil, advocat, vindrent faire leurs harangues dans la congrégation.

1644. Mourut à Paris mons. de Coligni, fiis à mons. le mareschal de Chastillon (4).

(1) El de mari, pourrait-on ajouter, si l'on en croyait celle mauvaise langue de Guy l'alin et plusieurs autres mauvaises langues contemporaines.

(2) Jean Palisse, avocat, épousa religieusement à Sarlat, le 23 novembre lG'i3, Marthe de Rupe de Surguier [Etat civil de Sarlat). Il eut un fils, dont le prénom est inconnu, également avocat, marié avec une fille de Géraud de Cordis, sieur de Tordes, conseiller au présidial de Sarlat, époux d'Anne de Sainl-Clar. [Renseignements du vicomte de Gérard.)

(3) Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, pair et maréchal de France, général des armées du roi, était fils de François de Caumont cl de Philippe de Beaupoil. Dès son plus jeune âge, il porta les armes, et s'attacha au roi Henri IV, qu'il servit en diverses occasions à la journée d'Arqués. Sous le règne de Louis XIII, il prit le parti des prétendus réformés contre le roi, et emmena quelques troupes pour empêcher celles de Sa Majesté d'entrer dans Montauban en Uj21 ; puis, s'étant soumis au roi, il fut fait maréchal de France à Sainte-F'oy, le 27 mai ltj22, et lieutenant-général de l'armée do Piémont. Le roi érigea sa terre de la Force, dans le Périgord, en duché et pairie en 1637. Depuis, ce maréchal s'étant retiré chez lui, à cause de son grand âge, mourut à Bergerac le 10 mai Uiô^, âgé d'environ 97 ans.

L'indication dans le manuscrit du décès du maréchal en 1(344 doit être une erreur, ce qui expliquerait pourquoi le paragraphe a été barré.

(4) Le narrateur n'aurait-il pas élc tronqjé par quelque faux bruit? Nous ne voyons aucun membre de la grande maison de Goligny-Chaslillon mourir on 1044. Un fils du maréchal, appelé Gaspard, comme son père, et qui était duc de Ghâtillon, fut tué au combat de Gharcnton, le i) février 11549, trois ans après la mort du pelit-fils de l'amiral (4 janvier 1640). Rien ne semble confirmer l'assertion de P. de Ressot. Mais ne voit-on pas, de nos jours, annoncer souvent le décès de gens (jui se portent assez bien ? Les erreurs de ce genre devaient être encore plus rares au xvu» siècle qu'en notre siècle de lumière.

1644. Le douziesme octobre mourut ma tante (1), femme de mon père.

1644. Le 23 septembre, le pape Urbain huictiesme estant mort, Innocent dixiesme fut créé pape suivant les formes ordinaires. Le nom de sa famille est des Pamphiles et furent faicts ces vers suiuuans sur le pape Urbain par quelque libertin :

Heec pauca Uibani sunt verba incisa sepulchro Quam bene pavit apes (am maie pavitoves.

Mella dédit soboli Romanis spicula flxit Urbanus soboli, barbarus in po]tulo.

Arrivée de la reine d'Angleterre ù Paris.

1644. Une grande guerre estant allumée entre le roy d'Angleterre et ses subjects, la relligion en estant le prétexte, leur reine fut contraincte de se réfugier en France, ayant este receue à Paris par le roy et la reine environ la Toussaincts et entretenue aux despens du roy, suiuuant sa qualité, avec son fils aisné, ensuitte le prince de Galles, qui s'eschappa de Londres.

Louis, 4* fils.

1644. Ma femme s'accoucha pour la quatiiesme fois d'un aullre fils le quatoi'ziesme décembre, entre minuict et une heure, et fut babtisé le 26 décembre 1645, mon père l'ayant tenu a babtesme avec madamoiselle de Palisse (2), ma belle-sœur. Louis (3) fut son nom.

Cl) De nos jours encore, les gens du peuple appellent onc7e, tanleje second mari de leur mère, ou la seconde femme de leur p -re. Dans les actes anciens, ces expressions sont souvent employées par (ouïes les classes de la société, et peuvent ainsi induire en erreur celui qui n'est pas averti.

(2) Marthe de Rupe ; voir page précédente. {^) Cet enfant mourut avant IGU'j.

EMtablisseiiieul de lu coufrofie du très S. Sacronioiit à S. Front.

1045. I.e 6 juillet, par le soing et zèle de quelques particuliers habitans de Perigueux, la confrérie du très S. Sacrement de l'autel fut restablie dans l'église S. Front (1) ; et fut donné à la dicte confrérie !e grand autel du chœur pour i célébrer les messes et faire leurs dévotions par messieurs du chapitre, et furent créés suiuuant leur statuts trois protecteurs chanoines debvant changer tous les ans, en demeurant un pourtant pour instruire les successeurs des precedens officiers, le chapitre ayant par statut particulier et du consentement des confrères pris la protection susdicte. De plus, furent créés trois directeurs, un trésorier et un secrétaire pour enregistrer et mettre dans un liuure particulier le nom de tous les confrères et confreresses.

1645. Le 3 novembre, entre une et deux [heure] de nuict, ma sœur s'accoucha d'un fils qui [fut] présenté a mon père et babtisé Louis (2). La marreine fut madamoiselle de La Grange (3).

Prise de l'isle de Caudie par le fïrand Seigneur.

1645. Le Grand Seigneur vint fondre dans Testât de Venise et parti pulièrement dans l'isle de Candie, ayant pris la principalle ville qu'est Canée et bailla grand espouvante à toute l'Italie, qui fut cause que le S. Père Innocent dixiesme ordonna pour eest effect par toute l'église des oraisons de quarante heures et y envoya des forces de sa part.

(1) • Le 6"" juillet, 1" jeudi de ce moys, fut estably la confrérie du S' Sacrement dans l'esglise de S' Front par ordonnance de M' l'evesque ; M"'* les maire et consuls y contribuèrent généreusement par leurs soins, leur autorité et leur bon exemple. » [C. C.)

(2) Louis Chancel, écuyer, sieur de La Borie, épousa le 13 mai 1G78 Françoise de Montozon. (La Chesnaye des Liais.)

(3) F'rançoise de La Brousse, mariée le 10 novembre 1G40 à Pierre-Jean Chancel, écuyer, sieur de La Grange, et ainsi belle-sœur d'Anne Bessot, était fdie, selon La Chesnaye des Bois, de Jean, chevalier seigneur de Verleillac, et de Narde Vidal; mais d'Hozier la dit lille de M. M* Jean de Labrousse, écuyer, sieur de Brognac, vice-sénéchal et conseiller du roi, ce qui est conlirmc par un acte {A. D. /.), où Marie de La Brousse, veuve de M. de Chancel, est dite en 1050 remariée à Mathieu de La Brousse, écuyer, sieur du Mazet.

Voyage de ]\[ostre Dame de Guerisou.

1646. Je feis le voyage de Nostre Dame de Guaraison (1) avec M. d'Arlensec (2) , advocat, pour raison d'une grande maladie qui estoit survenue à ma femme.

1646. Du règne de Louis quatorze. Le Grand Seigneur se prévalant de la guerre allumée ja longtemps entre la France et l'Espagne , vint fondre sur Testât des Vénitiens et leur emporta toute Tisle de Candie ou quantité d'ames se perdirent; et ceste mesme année il y eut grand m"sconl|en]tement entre Louis quatorze et Innocent dixiesme touchant le cardinal Barberin (3) et beaucoup d'aultres cardinaux de ce parti qui viendront se réfugier en France.

(1) Garaison , monastère dans la commune de Monléon-Magnac, canton de Castelnau-Magnoac, arrondissement de Bagnères-de-Bigorre, ancien diocèse d'Auch.

L'acte le plus ancien mentionnant la chapelle, lieu du pèlerinage, est du 22 novembre 153G; elle faisait à cette époque-là partie de la cure, elle en fut désunie en 1G07. Il est dit dans des lettres de confirmation de privilèges, datées de septembre 1721, que « depuis plus de deux cent ans, les peuples accourent non seullement de tous les endroits de noire royaume, mais même de toutte la chrestienlé » à Garaison " oîi les miracles bien vérifiez qui s'y sont faits ont tellement augmenté cette dévotion que les deffunts roys Louis XIII et Louis XIV.... par leurs lettres patientes des moys de maylG39.... may 1(355 ont confirmé et approuvé l'establissemenl de la Société et congrégation de douze prestres chapelains perpétuels. » Une bulle d'Urbain VIII a confirmé au spirituel cette maison en mai 1G25. [Renseignements de M. P. Lahrouche, archiviste des Hautes-Pyrénées.)

Le pèlerinage à N. D. de Garaison est mentionné dans un autre livre de raison de notre région, le livre de raison de la famille Fontainemarie, p. 103, et ce qui permet de rapprocher encore plus le document de Marmande du document de Périgueux, c'est que, dans les deux cas, c'est un bon mari qui voyage pieusement pour obtenir l'amélioration de la santé de sa ftimme.

(2) Jean-Baptiste d'Artensec, écuyer el avocat, naquit le 24 octobre 1597, du mariage de François, procureur aux sièges royaux, et d'Anne Boucher, et se maria le 1" juin 1629 à Saint-Paul-Lizonne avec Marguerite de Simon, probablement fille de Jean, sieur de Queynat, el de Marguerite de Charron. Il fut anobli par lettres patentes, du 15 mai 1655, confirmées en août 1675 pour les seripices rendus pendant les troubles de la Furoncle, notamment lors de la reprise de Périgueux sur Ghanlost. [A. M. P. GG.,62. — A. D. I ; Ai'ch. dép. de la Gironde, cour des Aides, et Renseignements du vicomte de Gérard.)

Jean-Baptiste fut mis par Ghanlost à la question, cl resta infirme toute sa vie. Il mourut le 18 avril 1670, ayant eu onze enfants. {Livre de raison déjà cité.)

(3) Antoine Barberin, cardinal, archevêque et duc de Reims, grand aumônier de France, etc. .\près la mort du pape Urbain VIII, son oncle, il se réfugia en France, ayant été disgracié comme tous les Barberini par Léon X ; mais réconcilié avec ce pontife, il mourut ù Nemi , près de Rome, en 1671, âgé de 64 ans. [Moréri.^

iGiG. Le li may, François de La Hei-audière (1), evesque de Périgueux, mourut a sa maison du Chasteau Levesque (2), et fust enterré a la Cite dans la grande église. Son oraison funèbre fut faicte par le R. Père Cloche, recteur des Jesuittes(.i), et ne se trouva aux susdicts honneurs le chapitre S. Front pour quelques différons qui estoint entre les deux chapitres. Et le chapitre S. Front feit des honneurs en son particulier deux jours après , ou mons. le président , les consuls et mess, de l'Election assistèrent.

lGi6. Au mois de mars mourut mons. d'Espernon (i), grand capitaine, et qui avoit eu de grands emplois.

1610. Au mois de mars, je m'en aile en dévotion avec Mr. d'Arlensec, advo<'at, à Nostre-Dame de Huaraison, et m'en revins par Tholose et Montauban.

Prise de Doiiiquerqiie i>ai' îll< trAiiguieii.

1G4G. Au mois de septembre ou environ , Domquerque fut pris pai' mons. le duc d'Anguien, ville de grande importance et ou il y a un beau port de mer.

.Mort du priuce de Coudé, preuiier priuce du saug.

IGiG. Au mois de décembre mourut Henry de Bourbon, prince de Condé, premier prince du sang, ayant laissé deux enfans, l'un appelle Mr. le duc d'Anguien, l'aultre Mr. de Conti et une fille mariée avec Mr. de Longueville, à Paris, a son hostel.

(1) François de La Béraiulii'i'c , sieiir do Sii^on, llls de René, seigneur de Houct on Poitou, et de Catherine Ilerlji'i-t, fut nommé conseilter au parlement (te Paris en ITiST et se maria la même année avec Isabcau des Dormans. Après la mort de sa femme, il entra dans les ordres, fut nommé, en i5'J7, abbi; de Xouaillé, évoque de Périgueux en 1G12, sacré en 1(314 (la prise de possession est du 2(5 juilleli, il mourut le 14 mai 1(J4('>, âgé de 9U ans et fut enterre le 23 mai. {F. P. 32 et iO. — Dict. géiiéal. du Poitou par B. FiUcau.)

(2) Chàteau-rEvêque, commune du canton de Périgueux, résidence de-î prélats de cette ville.

(3) Jean-Jacques Cloche {aliîts de Cluche) entra au noviciat de la compagnie de Jésus, à Bordeaux, le 14 août 1()22, il en partit en septemijre 1(344 pour venir à Périgueux comme recteur du collège ; il fut ensuite recteur des collèges de Limoges et de Pau. iHensci(jnoiiienl.s <lu li. P. A. Denjoyjésuili'.) Il avait du succéder à Périgueux au K. P. Ladevizc, recteur on lG3i.

i4) Inexplicable erreur du chroni(|UCur. Aucun duc d'Kpernon ne mourut en lf)40, car le premier duc d'l']|)ernon était, comme nous l'avons vu, mort en 1(342 et le second duc d'Epernon ne devait mourir qu'eu 1(»(31. La phrasi- >i grand capitaine et qui avait eu de grands emplois » semble bien s'appliquer à Jean-Louis de Nogaret ; peut-être y a-t-il eu quelque transposition dans le lexle et la mention ielalive à l'anni'e ic.'t2 a-t-elle été rejelée à l'année Ki'jC).

— TiO —

Biistiisi^o lie la Coiileîrîo.

IGiG. Mon frère, par la permission de mon père, commença à faire liastir une maison à Cres^jiat (ij et jouit aussy trois ou quatlre ans du revenu dudict bien et des rentes de Limeuil (2j, sans conter les obliges levés (3), entre aullres celluy de Larmandie (i;, et estant babillé aux despens de la maison tousjours.

Los consuls ot sciiiilie de la ville furent cassés par l'aulorité de M. d'Espernon.

164'. Le onziesme febuurier, les consuls faicts l'an IGiG, dont Mr. Duchaine, advocat du roy, estoit maire (ô), furent cassés par l'autborité de Mr. d'Espernon (G), et le scindiquat qu'on avoit engagé à Mr. Cbalup, advocat, par un conlract signé des consuls et quantité d'aultres babitans, fut remis en la liberté, en vertu de l'ordonnance de Mr. d'Espernon, du nouveau maire qui fut Mr. de Lavaice (*), esleu, d'en créer un aultre qui seroit annuel ou bien qui dependroit des consuls qui seroint en charge.

.1; Crospiat serait dans Pissol, mais ni ce nom ni la Conleirie no figurent dans le Dict. topogr. de M. de Gourgues. La branche de Pcrigucux de la famille Bessol, bien qu'elle ne fnl pas encore noble à cctle époque, pouvait posséder des rentes en Limeuil.

(2) Limeuil, commune du canton de Saintc-Alvère , oli la famille de Bessot possédait des biens nobles très anciennement, cl où résidait la première branche qui fut anoblie.

(.">) Les obliges ou oublies étaient primitivement des pains ronds et plais dus au seigneur; ils s'étendirent plus lard à toute espèce de rente, et finirent par être souvent convertis en deniers. [Glossaire du droit par Laurière.)

(4) Maison du bourg de Limeuil. (Dict. topogr. par de Gourgues.)

(5) Jean du Chesne. avocat du roi, maire 1646-1647.

Il n'exerça pas longtemps la charge de maire , car on lit dans i'.hevalier de Cablanc, qu'il eut pour successeur le 11 février 1G47 Jean Girard de Langlade, écuyer, seigneur de La Vaysse, conseiller du roi. Peut-être est-ce le même (|ue Jean du Chesne (ou son fils), lieiUenanl civil et criminel en 1605, et époux (le Marthe de Muguet.

(6) «M. iJuchaisne. . . y étoit entré par la porte d'honneur... cependant

un peu trop de complaisance et de longueurs maladdroitement à rendre

SCS devoirs au gouverneur de Guyenne fut cause que M. d'Espernon alors le destitua. » (G. C.j

(7) Jean Girard de Langlade, écuyer, sieur de La Vaysse, conseiller du roi, maire de Périgueux en 1647, élu en l'Election le 17 janvier 163."), en remplacement de son père, puis président au même siège, fut baptisé à Périgueux il' ;!0 juillel l(^)()(>, comme fils de Geoffroy, écuyer, seigneur d'Ëyliac, et de

Pierre, 5* filz.

164". Le \S febuui'ier, ma femme s'accoucha pour la cinquiesme fois d'un enfant que je présente ù Pierre Palisse , mon beau-frère, escolier, et à madamoiselle de Laborie, ma sœur. Xasquit un mercredi, entre dix et neuf [heures] du soir, et fut babtisé le Hl febuurier 161".

Prise lie Léritla par Mr. le prîuee (i).

ICI". Lerida, ville frontière de l'Aragon, fut assiégée par mons. le prince, auparavant appelé duc d'Anguien, de la vie de son père.

Desseins de llr. de Guise sur le royaume de l\aples.

1641. Sur la fin de ceste année, la révolte du royaume de Naples, les semences de laquelle avoint esté jeltécs par les intrigues de Mr. le cardinal de Richelieu, a enfin esclatté en laveur du roy de France. i*our cest effect, un des messieurs de Guise (2) s'estent rendu do Home à Naples avec beaucoup de difficulté, a este magnifiquement et à bras ouverts receu dans ceste ville. On dict que ce traffic de nouveau s'est faict par un evesque de la maison des Carraffes, a quoy ont aussy notablement contribué Mr. de Darbarin , ensuitte de quoy Gapoue a este assiégée par Mr. de Guise.

r>uzanne du Peychicr. Il épousa par contrat du 3 décembre 1637 Renée de La Rorio, fille de Philippe, écuycr, sieuf de La Rampinsollc el de Jeanne Broulhel. B. .X. Mss. Ecoles militaires. Vol. /, et Arcli. dép . de In (Urondc C. 4080'. Il mourut à La Combe, en Kyljac, le 22 septembre ItjSG. [lYote de M. Cyprien (le Langlade.j

(1) C'est par inadvcrlance sans doute que le chroniqueur a écrit prise de I.érida. C'était éclier devant Lérido qu'il fallait écrire. On connaît la ci-uelle oxclamalion d'un individu qui, un jour oii l'on représentait devant le vainqueur de Rocroy je ne sais quelle pièce, faisait du bruit au parterre : Condé, (jui avait l'impatience facile, ayant demandé qu'on s'emparât du perturbateur et ([u'on l'expulsât, l'autre, en s'esquivant, s'écria : On ne hjo prend pas. Je m'appelle Lérida.

(2] Henri de Lorraine 11"= du nom, duc de Guise, etc., pair et grand chambellan de France, né le 4 avril 1014, mort le 2 juin IGlJi, sans avoir été marié. On prétendit pourtant (juMl avait épousé à Bruxelles, le 11 novembre 1(341, Honorée de Cdimes, veuve d'Alljerl-Maximilien de Hennin, comte de Bossu, el lille de Geoffroy, comte de Grunbergli. [Moréri.)

.^ur l'expédition de Najiles qui ressemble à un chapitre de roman d'avenlures, on peut consulter, outre les Mémoires du duc de Guise, le recueil de documents qu'ont publié deux érudits Orléanais de haute valeur, M. .Iules I. oiseleur et M. RaCTuenaull de Puchcsse.

Arreiileiiiout lio riiospïliil de I.:i Cu 'iM«>.

1G47. Au mois d'octobre environ, Mr. de Saint-Pierre, Je la maison de Ghanleirac (l,i, après avoir passé conti act avec messieurs les defâniteurs de l'hospilal et tous auHres qui y pouvoint estre intéressés, arenta a perpétuité Thosiiilal de La Cueille (-2i, i joignant le cimetière de la Cité , faisant la condition meilleure de l'hospilal , le tout pour le commencement de la fondation des missionnaires en ce diocèse et pour l'hospital susdict destiné pour la commodité des pauvres. Il a faict accomodder pour le mesme usage des églises desei'les dans le mesme cimetière.

1&48. L'employ de la Catalogne qui avoil esté donné à Mr. le prince a esté redonné à Mr. le comte de Ilarcourt et l'employ d'Italie parlant mesme sourdement d'attaquer le Milannois a este donné à M. le prince : l'employ de la Flandre demeurant tousjours à Mr. le duc d'Orléans, accompagné du mareschal de Ransau i3i et du grand maislre de l'artillerie, Mr. de La Mailleraye (4i.

(1/ Jean de La Grnple, archiprètre de Chantérac, fils de Charles, chevalier, ■seigneur de Chanlérac , etc., el d'Isabeau d'Auzaiieaii : il était eu graudo relation avee Saint-Vincent de Paul. Il mourut dons un àïo avance le iO aoùl 171.J. Sfini-AIJais XL p. 90.

(2) L'hôpital de La Cœuille, ainsi appelé du nom de son principal bienfaiteur, Jean de La Cœuille, de Montanceix, était situé au nord du cimelière de l'érigueux. [RenseigncmeDt f/e M. Hardy, d'aprhs Jcs A. M. P. BB. 17 : el Los Antiquités de Vésonc, par TailJofer.'

(3) Josias Cjmte de Rantzau, maréchal de France, né le 18 octobre l(JUt) dans le ïlolstein, mort à Paris le 4 septembre lëôO. Il entra au service de la France en 1(5:3,") ; arrêté sur des soupçons de trahison le il janvier iG40, il fut mis en liberté le 2:2 janvier lOôif. Il avait perdu à la guerre un 'i-il. un bras, iMif jamlio (^1 une oreille, ce qui fit dire dans son épilaph>» :

Epitaphc du maréchal de Rantzau.

Du corps du grand Rantzau tu n'as qu'une des jiarts, L'aLtrc moitié resta dans les plaines de Mars ; Il dispersa partoiil ses membres et sa gloire : Tout abattu qu'il lut, ihlemeura vainqueur; Son sang lut en res lieu\ le prix de la victoiro Et Mars ne lui la;ssa rien d'entier que le cœur.

Charles Beys.

. .'«'Charles de La Porte duc de La Meilleraye, maréchal de France, fils d'un modeste avocat, nat]uit en 1602 el mourut en ItiOL II épousa : 1° Marie Ruzé (l'F.I'tial, 2° Marie de Cossé-Brissac.

On sail que la véritable lorme du nom de terre de Charles de La Porte est La .\ft'illora\ i\ On sait aussi ijue Tallemant des Réaux a consacré à ce cousin-

Pensi'es d"establîs«i':up7iJ «le ii'»ii\i'-.iin sii«gi's |»;ir les pitrltsaii'ï.

lOiS. On parloit fort dj l'érection d'un siège presidial à Nontron fi) qui revient à très grand préjudice de cestc communaulté, aussy bien que le presidial de Libourne et l'Election de Sarlat. M. Ychen y travailloit fort. Enfin, les partisans l'ont tousjours emporté par dessus l'équité et justice, ne contant pour rien l'inlercl des peuples (2i.

IGiS. Tous les ol'liciers de France lurent privés de tous leurs gages et droicts, ce qui revient a un très grand préjudice aux officiers de finance particulièrement.

M. «Ir (aiiis)' Tiil arr4'sl('' |ii'isi>>i;iî<M' a>.i iiiilieii de ses coiifiiiostos «le Aaplos par ri-]spaj|j^iiol.

lGi8. Mr. de Guise, plein décourage et s'ennuyant des délices de lu cour romaine, ayant traffique du coste de Xaples et taché d'osier ce royaume au roy d'Espagne par ses addresses, feil tant que i estant allé après s'estre desrobbé de Rome qu'il fut receu magnifiquement et à cœur ouvert dans Naples et receut présents du peuple, lequel, comme il est inconstant et brutal, le quitta au bon besoing comme il nlloit secourir quelque place voisine assiégée par les Espagnols, et enfin, prins prisonnier et ramené à Naples pour servir de jouet ou il avoit receu complimens, argent et toute sorte de bon traittement et recogneu comme souverain.

lO'iB. A la quinzainne de l'asques , la procession du Buguo, rc-

gi'i'iiiaiii du iMi-diiial dr iîiclu-licii — lc'([iicl lo pt.Urisa b('aucoii[) ; le impolisnie n'a-t-il pas été de tous les lemps ".' — une de ses plus inlci'essaul<~ Iiiston'cttcs fT. II, p. i21(|'. On peut rapprocher des révclalions du grand atieedolier cpielqnes passades bien curieux aussi des Mémoires de Puységui- sur la iriarêchal duc de La Mcillerayc. Voir nolamnicnl le récit de sa querelle avec (Jassion à Gravelines, U'A'i. (Tome II, p. '21 de rédilion, déjà citée, de lS8".'i

(1) Gela arriva quelques années plus lard. Ouanil l'érigueux tonUia au pouvoir des Princes, les sièges royaux furent transportés à Noniroii, oii ils reslércnt de Itjûl à octobre 105']. (Monographie do .Xontron, ]);ir II. 'lo I.nnijnnliire, p. 80.)

(2) N'est-ce pas là une prpleslalion d'honnête homme, un eri de justice et de charilc? Kl combien d'antres sentiments généreux se montrent sans s'étaler jamais dans ces pages d'un chroniqueur auquel s'applique si hien le mol de Tacite : Vir »ntiqii;i' ])rriliititis !

venant de dévotion de Cadouein (1) de veoir le Saint suaire, un plein baiteau de personnes, femmes, filles et hommes, se perdit à Limeuil, soixante et dix personnes ou environ, et pour le soulagement de ces âmes, les religieux de l'abbaye de Gadouin se mirent incontinent en prières et recitèrent roffice des morts, et tout l'ordre de Cisteaux feit aussy des prières pour eux, les susdicts religieux l'ayant escrit à Paris.

Les penitens bleus, 1648, feirent faire le portai de leur chapelle avec des balustrades par dessus, en remettant, du consentement du chapitre, les autels qui y estoint auparavant aux deux cosiés.

Jeliau, sixicsine fllz.

1648. Ma femme s'accoucha pour la sixiesme fois, le 3 de novembre, une heure après minuict, d'un enfant, lequel je présente au frère de ma femme le plus jeune, Jehan Palisse, et à ma tante d'Egliseneufve. [Les cérémonies de l'église furent remises jusques en l'année 1663 par le défaut de Jehan Palisse, ne c'estant jamais presanté pour le fayre baptiser, et en ladite année 166.^, mon beau frère Jehan Charon, advocat (2), et ma niepce de Ghassenac (3), en la place de ma gœur^ le présentèrent à baptesme.]

1648. Au mois d'octobre, M. Bessot le vieux (4), de Gadouin, et son fils, juge de Moulières ensemble, deux de ses enfans ne restant,

(1) Le Bugue, canton ilo, l'an'ondissement de Sarlal , sur les bords de la Vczère; la forme paloisc Jo Buguo était employée par les gens parlant français aussi bien que par l'administration jusqu'à la fin du xvii" siècle. — Gadouin est un canton de l'arrondissement de Bergerac, célèbre par son pèlerinage motivé par le Saint-Suaire, encore conservé dans sa vieille église, dont les cloîtres gothiques sont connus de tous les archéologues.

(2) Jean Charron, écuyer, sieur de La Real, fils de Denis et de Jeaiuic de Jay, était cousin-germain de l'auteur. Comme il épousa, en 1631), Anne de Salleton, fille de Jean, receveur des tailles et de Jeanne du liourg, il semble difficile d'expliquer comment il put devenir son beau-frère\ (F. P. gén. Chnrroii.]

(3) Marguerite de Chalup, fille de Jacques, écuyer, avocat du roi au pré^idial, et d'Isabeau de Bessot ; femme de François de Tourtel, sieur de Ghassenac, conseiller du roi.

(4) Le l""" janvier 1645, baptême à Gadouin de Jean Bessot, fils de Jean, juge de Moulières, et de Suzanne Ribière.

Le l""' mai 1G86, sépulture de M. M" François Bessot, sieur de Farfal, veuf d'Isabeau Martin et âgé de G9 ans, donc né vers 1G17. Un Baymond Be.ssot dut épouser, peu avant 1615, une Marthe Laïauvie {Communication de M. l'abbé Goustat d'aprl-sles registres paroissiaux de Cadouin, dont les actes de sépulture ne remontent qu'à 1664.)

({u'une lille et un hwc du juge de Mouliùres le plus jeune, decedèient à Cadouin.

1648. Messieurs du parlement de Paris, consyderant les misères de la France à cause de la yuerre et l'excès des tailles qui accabloint le royaume, feirent relasclier au peuple la huictiesme des tailles pour la ditle année, et pour l'an 1049^ le roy rabattit sur la France dix millions qui reviennent à une cinquiesme de toutes tailles, subsistances et aultres impositions extraordinaires, le tout par les soinys du parlement a la grande chambre, duquel estoit un grand personnage et fort zélé pour rufileté publique et le bien de la France, nommé Mr. Brouxel (1), a la louange duquel fut faict le sonnet suivant :

Sonnet nur M. Brouxel ^ conseiller nu parlement de l'uria, fnirt l'an lGi8.

La plus liaulle verlu doilit céder à la tienne Et je n'en cognoi point qu'on luy puisse esgallcr. Des Grecs et des Romains, la sagesse ancienne Revit en la personne et te vient signaller.

Toutefois, elle prend le tiltre de chrestienne, Et chacun est d'accorJ qu'on ne peut l'esbranler. Telle ne fut jamais ceste vertu payenne. De celluyqui pf.ur Rome a voulu s'immoler.

In illustre consul mourut jadis pour Rome, Et le Tybre pleura la mort de ce grand lionime, Qui volust que son sang paya sa liberté.

La France, grâce au\ dieux, quoyque en die le Tybre,

Parle [ilus haultemeut de sa félicité,

Puisifue de Brouxel vit et que la France est libre.

(On lit en marge et au bas de la page 27 du manuscrit] :

La déclaration du roy touchant le rabais des tailles pour l'an IGJn

de la cinquiesme fut vérifiée le ii d'octo))re lGi8 au parlement et

ailleurs ou l'on a de coustume.

Il Pieirc, Hroussel, fils de Jaccpics, sieur de lîazcncoiirt ri do Marie llcmuti, fui conseiller clerc au parlement de Paris, puis doyen de sa grandi' • '.lianibre. Il ciiousa Marie-Marguerite Bousserat, et fut enterré le 17 seplenilire 165^1. Ifiih. nnt. Dossiers Ijleus. iS9). Après la Fronde, où il Joua un ei-aiid rôb' conim<^ gouverneur di' la Bastille imi llîVJ et prévôt d^i marchands en IG.")!, il fut exilf. (Consultez sur lanleur de la Joiinu-o dos hnirinidcs les notes des .}lcinuifcs Ju cardinal de Bct/. .éilitioii Hachette, eollectioti des (IrandsPIe.rivains) à la rédaetinn desipielles un ih' in;ns a [U'i s pari .

M, le cardinal Mazarin , italien et principal ministre d'Estaf, descheut en ce temps la presque de tout son pouvoir et risqua sa vie aussy bien que Mr. le chancelier Seguier, et parce que par le commandement de la royne on avoit prins divers conseillers du parlement et entre aultres le président Potier (1 ) et Mr. Brouxel, le peuple de Paris s'arma et les fallut rendre sans leur faire aulcun mal , et les suisses du roy essuièrent la furie de ce peuple, en ayant este tués assez bon nombre, environ la saison de l'esté.

F|û<aiihe sur Marie de Medicis. régeulc de France et mère de Louis i3.

La France m'a veu iiaistre, Florence est mon berceau.

J'e pour gendres deux roys, pour fils un clair Qarabeau,

Qui de mille rayons esclatte dans l'histoire.

Parmy tant de bonheur (2), qui le pourra bien croire,

Je suis morte en exil, Cologne est mon tombeau ;

Vieille université de la terre allemande ,

Si jamais un passant curieux te demande

Le funeste récit des maux que j'e soufferts,

Dis : Ce triste cercueil chetivement enserre

La reine dont le sang règne en tout l'univers,

Qui n'eut pas en mourant un seul poulce de terre.

Coniuienrenienfde guerres de Paris et du Parlement.

1649. La déclaration du roy de l'an 16i8 ayant este enfreinte en

il) René Pctier sieur de Blancraesnil , président à morlier aux enquêtes du Palais. Son oncle, l'évêque de Beauvais, Augustin Potier, grand aumônier de la reine Anne, parut un moment, en 1643, contrebalancer la puissance de Mazarin, et fut mis en avant par le pavW des Inipurtanls allié à celui des Dévots ; mais Mazarin l'emporta et le renvoya dans son diocèse. Les Potier, déçus dans leurs espérances, se jetèrent dans le parli de l'opposition; M. de Blancniesnil , un des plus ardents dans ce parti, car personne ne déblatérai! ])lus dans le parlemen';,, fut arrêté avec le honhowinc Broussel ; ce fui là sa seule gloire. 11 intrigua dans quelques conjurations avec la princesse Palatine, mais joua un rôle fort effacé. Son cousin germain Nicolas Potier, sieur de Novion, après avoir figuré avec les mécontents, sut s'arranger à temps avec la cour et devint premier président.

Michelel marque René dans ses jugements à l'emporle-pièce de ces Irois épilhètes : « pur, utopiste, fou. >> Pur, c'était certainement un honnête homme, puisqu'il ne tira rien de la Fronde; fou, c'est trop dire, il n'était que fort original, d'après Guy Patin, qui était son ami.

if était fils de Nicolas Potier, sieur d'Ocquerre, secrétaire d'Etat sous Louis XIII, et de demoiselle Barré de Cousteau ; il épousa sur la soixantaine une demoiselle de Grimonville de La Meilleraye dont il n'eut qu'une fille non mariée.

(2) Il y avait d'abord malheurs qui a été barré.

divers articles, le parlement, qui n'avoit pas discontinué de s'assembler, mena grand l)ruit pour l'aproche des j^ens de yuerre qui estoint auN environs de Paris, ou ils faisoint grand ravage. Sur quoy la cour donna arrest pour informer de toutes les violences des soldats et que les capitaines en seroinl responsaliles , a peine de la vie^ s'ils ne se presentoint. Le second article fut le parti des tailles contre lequel le parlement se roidit si fort et tant de murmures à Paris que la reine régente, le rov, Mr. le isir) Mazarin et tout le reste du conseil quittèrent Paris a minuiot, la veille des Roys. Knsuitte de quoy Mr. le prince, prenant le party du roy pour Mr. de Mazarin, principal ministre d'Estat, affin qu'il ne quittât le royaume comme servant de prétexte à l'esmeute du parlement, on se mit en essay d'assiéger les Parisiens , le parlement transféré à Montargis et les aultrcs cours divisées ailleurs, comme la chambre des comptes et la cour des aydes, a quoy personne n'obéit, au contraire. La cour de parlement donna arrest contre Mr. le Mazarin, hiy enjoignit de vuider le royaume dans liuict jours, et à fnulte de ce faire, permis à toute sorte de personnes de luy courir sus comme a un iierturbateur du repos public et enncmy de la France. Après quoy, le parlement commença d'armer pour la deffence et pour empescher les courses de M. le prince qui vouloit retrencher tous les vivres à Paris, a quoy s'offrirent pour le susdict parlement Mr. de Conty (1), mescontent, frère de Mr. le prince, avec Mr. de Longueville, son beau-frère , Mr. le duc dElbeuf (2), avec quatre de ses enfans, Mr. de Pouillon, mescontent, la recompense de Sedan ne luy ayant esté encore donnée, Mr. de La Mothe Ilaudencourt (3), qui avoit este vice-roy de Catalogne , Mr. de \ei\-

(1| Armand de Hoiirbon, piiiicc de Conli, comte de l'ézciias, iuii(iiit iii 1020 el moiirul ;i Pézenas le 21 février IGIJ'J. En lliô'i, il avait épousé Ainie- Maiic Marlinozzi, nièce du cardinal Mazarin, et l'ut gouvernom- de Guyenne, puis, l'année suivante, général des armées françaises en Catalogne. "(J/o/vn'.)

i2) Charles de I^orraine II du nom, duc d'Elbeuf, pair de F'rance, comte d'ilarcourt, de Lillebonnc, de Hieux, gouverneur de Picardie, né l'an lô9(;, mourut le ') novembre l').")?, âgé de (31 ans, ayant eu de Calherine-Henrietlc, Icgilimce de France (lillc de liein-i I\' et de CabrioUe d'Es'rées, duchesse de IJeaufort, (ju'il avait épousée en février IGl'J,) Charles de Lorraine III du nom, duc d'Elbeuf, et plusieurs autres enfants. yMjréi'i.)

[■S] Philippe de La Molhc Houdancouvt, duc de Cardonnc, comte de Meaumonl-sur-Uise, vice-roi et lieutenant-général des armées du roi en Catalogne, maréchal de France; après la perte de Lérida, il fut arrêté et conduit dans le château de Pierre Encise, à Lyon, d'où il ne sortit qu'au mois diseptembre 1(>48, après (jue son innocence eût été pleinement justiliéc au pUrlemcnt de Grenoble. Le mi le lit une seconde fois vice-roi de Catalogne au mois de novembre it>")l. Il y força les lignes des ennemis devant Uarcelonc le 23 avril 1052, ci défendit pendant cimj mois cette place contre les mcil-

dosme (I), avec ses enfans , tous pour le parlement, Mr. de Brouxol fut pourveu dans ce changement du gouvernement de la I3astille , avec son fils, qui estoit enseigne au régiment des gardes, auquel on donna la lieutenance.

1649. Depuis , le roy, voulant rompre le coup et les desseins du parlement, ordonna, par une déclaration et manifeste dressé contre le parlement, une convocation d'estats indit[tée] à Ork-ans au mois de mars de la ditle année, et pour cest effect, Mr. de Hourdeille receut une despesche par les mains de Mr. d'Espernon, lequel, dans ce trouble, escrivit à la pluspart de la noblesse, laquelle vint en asses petit nombre et fut faicte l'ouverture desdicts Estais, le 2 de mars, par M. Boudy (2), procureur du roy, accompagné des deux advocats du roy, es présences de Mr. de Bourdeille. Le lieu de l'assemblée ayant esté transféré dans la salle de l'audience du presidial, au lieu que les estats avoint accoustumé de s'assemljler à la salle de l'evesché. Mr. de Sarlat, accompagné de ses deputtés de l'église et du tiers estât, se rendit aux Estats et emporta sur le chapitre calhedral, par la division d'icelluy avec les vicaires généraux depuis la ]n'ise de possession qu'il feirent pour Mr. Brandon , evesque de Perigueux {S), la présidence, laquelle le chapitre cathedra! luy vouloit disputler en l'absence de nostre evesque , qui est président nay aux estais de la province. Pour le clergé, furent nommés nonobstant la briguo do quelques particuliers au chapitre calhedral : pour Perigueux,

Icurcs forces d'Espagne II avait épousé Louise de Prie, lilie de Luuis. marquis de Toucy, el de Françoise de Sainl-Gelais de Lusignan, doul il eut un tils mort jeune et plusieurs filles, et mourut à Paris le 24 mars 10">7. ^Morcri .]

(1) César duc de \'endôme, tils naturel d'Henri 1\' el de Gabrielle d'Esli'ëes, naquit en l.")'.)i et mourut à Paris en octobre 1065. On sait combien il se mêla aux intrigues politiques sous le règne de Louis XIII, spécialement avec son fils, le duc de Beaui'ort, comme chef de la faction des Importants. Il épousa Françoise de Lorraine, tille du duc de Mercœur [Dict. de Lalannc.)

(2) Sir pour Podin.

(8) Philibert Brandon était tils d'Antoine, conseiller ilu loi, tpésoi'ier de P'rance à Moulins, maître ordinaire en la chambre des comptes, et de Charlotte Gayant. Il fut conseiller du roi au parlement de Paris le 18 février 1622, et épousa Marie-Charlotte de Ligny, fille de Jean, maître des requêtes, el de Charlotte Séguier, dont il eut Antoine Brandon, capitaine au régiment des gardes du roi, décédé en lu74. Une fois veuf, il enlra dans les Ordres, fut nommé évèque de Perigueux le 28 septembre 1(348, puis sacré à Ponloisc la même année, et prit possession de son siège le 2o mars IGVJ. [Bib, nnl . M.-iS. Pii'ccs (jiiijinalcs 492 ; Dossicis bleus.) •

Mr. Brandon, cvesque , et Mr. Seuuin di, evesque de Sarlat; pour Mrs. de la nol)lessc , Mr. de S. Aluere (2| et Mr. de Bidue (3) que Mr. d'Espernon feit nommer sus une lettre portée de sa part par Mr. de La Hoche, capitaine de ses gardes (4), qui en sollicita toute la noblesse qui s'estoit rendue en ville; pour lo tiers estât de Perigueux, fut nommé Mr. Alexandre, advocat, sieur de laRoulandie; pour Bergerac, Mr. Ghillaud, lieutenant gênerai (5) ; pour Sarlat, Mr, Brousse ((5). Lesdicts estais n'avoint esté tenus depuis l'an 1(314, soubs Louis 13.

fl) Nicolas de Sevin, abbé do Saial-Vubnai', fui nommé ovôquo do Sai-lal à la suite de la démission de Jean de Lingendes; il fut coadjuleui-du vénérable Alain de Solminihac à Clahors, puis son successeur en Ui5H, cl moui-ul eu 1078. {Sigillographie du Périgord, par Pli. de Bosrcdon , :?" édition, n°S(>9.) On a publié, dans le Bullelin de la Société des Eludes du Lot, le testament de ce prélat. La famille de Sevin (à Agen) possède son portrait.

(:2) Emmanuel Galiot de Lostanges (fds de Jean-Louis et d'Elisabeth de Crussol d'Uzcs) chevalier, niai-quis de Sainte-AIvère, b;u'oii de Saverdun cl du \'igan, seigneur de Puydaréges. Bidonne!, de Milloles, sénéchal et gouverneur du <Juercy, fut institué héritier universel par le leslament clos de Jean-Louis, son père, du 18 juillet IGIT. Il élail capitaine d'ime compagnie de chevau-légers, eu Itjrjô. Louis XIII lui écrivit, le 14 mars lOtJB, pour lui ordonner de se rendre en diligence à son armée d'Ilalie, avec sa compagnie. Il reçut plusieurs autres lettres du même prince, et il fui nommé avec le seigneur de Beduer son cousin, et dépulé par la Noblesse du Périgord, le 2 nuu-s IG'j'J, pour aller à Orléans, oii le roi avait convoqué les Etals-lîenéraux. Il épousa, le 25 juin 1G48, Claude-Simonne Hébrard de Saint-Sulpice Pelegri, dame du Vigan, La Molhc, Cassel, etc., veuve de Gujon, comte de Clermonl- Touchebœuf, et testa en 1G78. (F. P. 149 f" S7.)

(3) Jean-Louis de Lostanges, chevalier, comte de Beduer, capitaine commandant le régiment de Candale-cavalerie. Il était lils de Louis-François, baron de Beduer dans le Maut-Qucrcy et de Jeanne de Marquessac. Il avait épousé Françoise de Gourdon de Genouillac, et fut député de la Noblesse du Périgord en 16'i9 {St-AIlais, généalogie Lostanges, XIV, p. 90.)

(4) Ce gentilhomme est mentionné dans l'Histoire de In vie du dw d'h'spcruon par Guillaume Girard (Paris, Kj.w, in-f"). Nous l'ogrellons de ne pouvoir fournir sur lui de précises indications.

(5j Pierre-Front de Ghillaud, écujer, seigneur dWdiaii, étail (ils du pi'cmier mariage d'IIélio de Ghillaud, juge royal de La Linde, et d'.Vnne di- Jay, lequel se remaria en IljrJtj avec Jeanne de Tours, veuve de niessire Jac- (|uc.s Dauroux, maire de Bergerac, et décéda en août l(j4(>. Pierre-Front succéda à son père comme lieulenant-géni'ral de Bergera<: provisions du :2i mars ItjiT), dont il fut nonum; maii'e en IGTt) ; il était consiMJlir d'Hlat deimis IGiiO. H niourut âgé de 8ij ans le 9 octobre 1709, laissant d'un mariage contracté le 27 décembre iBf)") avec Marie du Lyon do Belcastel (veuve d'Emmanuel de Houx, ccuyer, seigneur de Campagnac, fille de Jean, écuyer, cl de Madeleine de Lusignati', un lils, Ilélic, insla'llé lieulcnanl-généial en mars 171U, et qui mourut le 2r! décembre 1711. (/•'. /'. '18. — Archives inuniripnles de IJergerar. — Anh. dtp. de la Gironde, enreg. des L'dils royaux li la cour des Aides.)

(0) Pierre Brousse ifils de Baymond de La Brousse el de Marguerite Bridai, filli; de Pierre Bridai, groflier on chef à Sarlat , assassiné, en 1577, par les factieux de la Beligion pendant les guerres civiles). Avocat au

Le parlement d'Aix , en Provence , se déclara pour le party du parlement, en ce qu'il se saisit du comte d'Ales, leur gouverneur pour le roy (1;, du duc de Richelieu (2) et d'un intendant. Cela fut executté à l'occasion de ce que M. le comte d'Ales essaya de se rendre maistre dans la ville y faisant glisser des trouppes à un certain jour que le peuple esloit à quelque procession qui tailla en pièces tous leur soldats, et s'asseura de leur personne , cassa les jurats de la ville et mit en leur place leurs prédécesseurs, créa gouverneur M. le comte de Caches, grand seigneur du pais (JÎ), qui fut recogncu en ceste qualité par toute la province.

Au parlement de Bourdeaux vérifièrent avec quelques modifications [ces trois mots ont clé ajoutes en inai-ge\ la déclaration du parlement de Paris donnée en faveur du peuple au mois d'octobre touchant le rabais des tailles. Au mois de fobuurier, interdirent les jurats comme créatures de Mr. d'Espernon et foirent inhibition et (leffenses par un arresl a toute sorte de pei'sonnes de faire aulcune levée de gens de guerre que les commissions ne fussent enregistrées au greffe de la cour,

1649. Madame de Longueville s'accoucha d'un fils à Paris qui fut

Ijai-loincnl de Bordeaux, épousa le' 81 décembre IGUO, Jeanne de Gonct. 11 lui pourvu de l'office de lieulenant-criminel au siège de Sarlal, sur la résignalion de son père, le 4 février 1008, ,el reçu le 3 mai suivant. Il se trouva en qualilé de syndic-général aux Elals-Généraux tenus à Paris en 1014, et aux Palais tenus à Périgueux en 1649, etrésigna sou office à son fds Jean, en ltjrJ8. Il fut aussi conseiller du roi, enquêteur par provision du 14 novembre 1615, obtint lettres de confirmation et d'anoblissement en tant que besoin, pour lui et ses enfants, au mois de mars IfôO ; il fut égalemcnl capitaine au régiment de Sauvebœufpar commission de l'an 1651. [F. P. 125.)

(1) Louis-Emmanuel de Valois, comte d'Alais, puis duc d'Angoulèmo, lils de Charles de Valois comie d'Auvergne et duc d'Angoulème, et par conséqui'iit ix'tit-ftls du roi Charles IX et de Marie 'J'ouchcl, fut nommé, dans l'aulùniui' de 16.37, gouverneur de Provence en remplacement du maréchal de N'ilry. \'oiisur son administration que troublèrent tant d'orages, l'excellente Hist'ji'ro de h ville d'Aix par J. de Maiize (en cours de publication dans la Revue Sexlicanc.)

(2) C'el.iil un lils d'Henry du Plessis ifrère aine du grand cardinali qui s'appelait Armand-Jean de Wignerod du Plessis. duc de Hichelieu. Il n'avait alors (ju'unc vingtaine d'aimées et allait épouser, le 26 décembre 164'J, Anne Poussart, veuve de P'ranrois- Alexandre d'Albret, sire de Pons.

(;1) Le comte de Carces appartenait à la famille de Ponlevès, une des plus anciennes de Provence. Peiresc, dans une lettre du 8 janvier 16.36 (Correspondance avec les frères Dupuy, lome III, 18Ui, p. ii'.h, s'exprime ainsi: " M. le • omte de Carces, dont le pouvoir de lieutenant de Roy a esté vérifié et publié à l'audience depuis hier, est parti [d'.\ixl cejourd'huy. . . »

t)resen(é à Mr. de I.a Mollie Uaiulencouit et fui apiiollé Chailes de Paris (I).

1G49. Le 20 mars arriva en ceste ville Mr. l'arche vesque de Tolose revenant de la cour (2) et fut logé à l'evesché à la prière et recommandation de Mr. Brandon qui le suivoit, lequel arriva dans Perigueux a se])t heures du soir, surprenant toute la ville par son entrée le 21 mars 16'i9. Mr. de Fonpilou (3) receut ledicl sieur archevesque au nom de Mr. Brandon, evesque de Perigueux.

Arrîvro ilc Mr. Brandon, ovosquo «le P«'rigiiciix.

lGi9. M. Philibert de Brandon, successeur de Mr. François de la Beraudière, prit possession réelle de son evesché le -23 mars. C'est pourquoy s'estant mis en chemin dans son caresse, revestu en evesquc messieurs de la Cite le furent recueillir jusques à la croix qui est entre les deux villes, Mr. l'abbé de Peirouse (4) portant la parolle, accompagné de trois ou quatre chanoines. Ce que voyant, M. Bran-

\ï] Charles Taris d'Orlùans II» du nom, duc de Loiiguoville, et d'Estoutevillp, prince souverain de Xeufchiîtel, né le 25 janvier ÎGV.), fut tue au passage du Rhin le 12 juin l(i72, sans avoir été marié, dans le temjjs qu'il allait être élu roi de Pologne. (Dict, de Lalannc.)

(2) L'archevêque de Toulouse ét;iil alors Charles de Montchal qui avait succédé, en janvier 1028, à Louis de Nogarot, cardinal de La Valelle, et qui mourut le 22 août 1051. Charles de Montchal, qui était un docte prélal, fut remplacé par un prélat encore plus docte que lui, l'illustre historien du Biiarn, Pierre de Marca. Outre ses Méit'oircs (1718, 2 vol. in-12), Montchal a laissé d'intéressantes lettres qui ont été publiées les unes par M. Eug. Muniz. (LcPuy, 1882), les autres par M. Léon G. Pélissier (Home, 1886). Les lettres écrites par Peiresc à Monlcluil tigurrronl dans la série du recueil consacré aux Lettres ;< divers.

(:5) Pierre .\lcxandre, sieur de Fonpitou, conseiller au présidiîd de Périgueux, épousa (ialienne Homanel, dont il eut Catherine, qui fut tenue sur les ionts baptismaux le 0 janvier HJoO par Ilélie Alexandre, sieur de Fonpitou (dont il a été parlé plus liaul), et qui fut nommée, en 1007, supérieure du couvent (le la Visitation, qui était une seconde maison de famille pour les Alexandre, il eut aussi un lils ((ui hérita de sa charge de conseiller ;iii présidial.

(jalienne Romanel mourut le 30 octobre 1042 et fut inhumiie dans le nouveau couvent de la Visilation, à la fondation duquel son mari avait contribué; i|uant à lui, il entra alors dans les ordres sacrés, devint directeur spirituel de ci'lle conmuuianté, ofli<'ial et grand-vicuii-e de P<''rigueux; il fut enterré à l'hôpitid de la Cn/uillf le 211 fcvic^r 1057. Lu M'silatioii ii l'érÏQiieux, par C. Coiidawiiias, et notc^ parlii'ulières de notre nurne confrère.)

i4) L'abbaye de Peyrousc (commune de Saint-Raud, canton rlc Paint-Pardoux-la-ltiviérc; dont Ifs ruines S(jnt dans un conqjiet et iViclieux Mbaiulon, d'-p(ii(|,'iit i\r l'oi-dri- de (;ite;iux. S(*n abbi; finit ;dors Nicolasll de La lironsse, lils de Thibault, sieur de Puyrigard, chevalier de l'Ordre, et d'.\nloineile du Mazeaii. H mourut en liw'i. Itnlletin de la Soeiélé ariliéoloiji'/iie ilii J'i'riyord.,

don mit pied à terre et marcha droict a la parroisse de la Cite, ou le neveu de Mr. Jonjay (1), en qualité de curé, fut le recueillir pardessus les degrés de l'église, dans laquelle il entra pour y adorer le S. Sacrement, quy esloit exposé à raison de l'oraison de quarante heures, qui avoit este indilte en ce lieu pour demander à Dieu la paix et particulière pour le royaume et generalle pour tous les princes (Mirestiens. Après avoir faict la prière, il fut habillé pontificalement, et les chanoines avec le cœur le conduisirent devant la porte de l'église, ou il fut harangue de la part du chapitre par Mr. le grand archidiacre de Beaufort (2), à laquelle il repartit sur le champ. Après cella, avant entrer dans l'église, on luy feit presler le serment, suivant les formes accoustumées, de conserver les droicts et prérogatives de l'église, ce qu'il promit en disant : Juro et proinitto, a genoux sur le Te igilur et croix. Après quoy on le mena devant la porte du cœur, laquelle ayant [été] fermée par cérémonie de l'église, il heurta par deux fois, après quoy on le mena au grand autel, ce jiendant que le bas cœur chantoit des motels de rejouissance et que l'on a accoultume de chanter en telles solemnités. Du cœur on le mena derrière le grand autel dans un lieu destiné à ceste fin, ou tous les evesques prennent possession par ceste cérémonie ; puis dict la messe basse et donna à la fin la bénédiction , et ayant reprins les habits pontificaux, et fut reconduict par le chapitre au lieu ou l'on l'avoit prins, qui est dans sa chapelle qui sert a présent de parroisse de la Cité.

Le mesme jour, trois heures après mydy, il fut receu en qualité d'abbé dans S. Front. C'est pourquoy le chapitre et le bas cœur l'estant venu prendre dans la salle de l'evesché , il descendit dans S. Front jusques à la porte du cœur ou Mr. Meredieu le vieux, doyen du chapitre, l'arengua au nom de tout son chapitre, et pareillement Mr. Drandon luy respondit et puis entra dans le cœur, et fut conduict au grand autel ou il feit la prière durant demy heure presque, cependant que la musique chantoit le Te Deuin et aultres antiennes accoustumées. De là il fut conduict au chapitre pour prendre posses-

(Ij M. Jonjay dut devenir curé au commcnoemonl de 1G47, ou à la fin de lù40. Il succéda à M. Drcuilh, et fut remplacé par M. Coulegent, docteur en tliéologfie, archiprêlre de la Quinte vers le milieu de l'année 1(354. (A. M. P. 00,10,11.)

(2) François de Jay (deuxième fils de Pierre de Jay, seigneur de Beaufort,) et (ie Marguerite de Mar({uessac), prêU'e, grand et premier archidiacre en l'église Saint-Front de Périgueux (F. P. l-ir>) où il fut enterré le 3 février 1G88.

[A . M. P. 00, ::>, f" cfi.)

— GrJ —

sion de la première place en qualité d'abbé pour recueillir les voix et avoit droict d'opiner le premier, ce que estant faict , il s'en revint dans le cœur revcslu seulement d'un surjielis des le beau commencement, et entendit les complies qui furent chantées en musique, à la fin desquelles il donna la benediclion et fut rcconduict dans la chambre par les chanoines.

1649. Mr. Filibert de Brandon, evesque de Perigueux , honnora de sa présence noslrc congrégation le jour de l'Annonciation. Mr. Damelolc(l), de la maison du sieur evesque, y prescha, lequel avoit esté maislre de mon frère.

IGiU. T>e G auuril, Mr. de Perigueux ayant prins les parolles des deux chapitres qui avoint quelques dilTerens pour les processions et aullres poincts, obligea Mrs. de S. Front de venir en procession le mardy de Pasques à la Cilé, et luy mesme y vint pour entendre le sermon de la paix, à la fin duquel tous ensemble allèrent a l'église des R. P. Jacobins faire une station; après quoy Mrs. de la Cite les conduisirent jusques à la porte de Taillefer, et ceux de S. Front s'en retournèrent dans l'église avec le peuple, ce qui servit comme d'une espérance d'une bonne et sincère réunion entre les deux chapitres.

<irantlo iuoudatiou.

l(Vi9. Au moys de janvier, il feit une trez nolable inundation de toutes les rivières. L'isle n'en fut pas exempte, ayant faict un grand degast aux fauxbourgs de la ville et abbalu les murailles du cimetière et du jardin et près de Mr. Duchaine, juge mage, pour se faire passage, et dit on (jue l'eau avoit monlé a pardessus le pont <le Bergerac, (juoyque très hault.

Convoqiiation du proiiiirr sjiiodo de .Ur. Brniid(»ii . «'vos(|ii<'.

Le 13 avril IG'iO, monsieur de Perigueux convoijua le synode qui fut bien si beau que on n'avoit jamais rien veu de pareil, s'y estant trouvé en procession, laquelle commencea a S. Front, le chapitre de

(l) Df'iiis Ameloto, docfcui' on tln^ologie, prieur de CliampdoI.Tiil, supérieur de l'Oratoire, naiiuil à Saintes le 1.") mars 1()0(j du maria^je de Mery Amelole, écuyer, et de Madeleine Ooy. Il mourut .i Paris en i(i78. Il fui irrand vicaire de Monseiimciir de Brandon en 1048, auquel, il avoit fnseigné la lliéolo^ie, ;iinsi i|n';i son IVi-re ijo ilassi-iieniu-l . C)n a de lui de nombi-eu.v riiivrai:i's de

la Cité estant venu en procession pour reaccompagner leur evesque dans l'église calhedralle. Il s'y trouva donc près de quatre cent prestres qui venoint tous deux à deux, les archiprestres estans tous avec leur prestres et distinguez par des estoles. Tous les religieux y assistèrent aussy, et M. l'evesque venoit revestu pontificalement à la fin des deux chapitres. Estant arrivé à l'église, il dict la messe du S. Esprit pontificalement , à la fin de laquelle Mr. Camelote, de la maison , feit une prédication sur la dignité des prestres et encore nutres deux les deux jours suivans, mons. de Perigueux ayant faict durer son sinode trois jours pour cognoistre ses brebis et proftiter de ceste cognoissance pour la reformation de tout le diocèse.

Paix de Paris ot <lii Parlonieiit.

lC)i9. La paix tant désirée de tous les bons François fut conclue la sepmaine saincte à l'avantage du Parlement. Mr. de Bruxel ayant este adjoinct pour le maniment des finances à Mr. de La Melleraye, ensemble tous les princes des deux partis furent recompensés. Mr. le prince protecteur de Mr. le Mazarin quitta à Mr. de Beaufort le gouvernement de Bourgogne, et en contrechange , on luy a donné l'admirauté ; Mr. de Longueville a eu tous les regimens qui estoint à Mr. le Mazarin pour messieurs ses enfans; Mr. de Bouillon a eu la vicomte de Roussillon en souveraineté; Mr. de Turenne, son frère (1), le gouvernement de l'Alsace; Mr. de La Mothe-Houdencourt la viceroyauté de Catalogne, avec la duché de Cardonne. La paix générale ne se pouvant conclure si promptement, Mr. le prince a este déclaré généralissime de l'armée de Flandres , qui debvoit estrc composée de trente mille hommes et de dix mille chevaux. On donnoit le commandement de l'armée de Catalogne à Mr. de Bouillon et Mr. de La lAfote, laquelle (levoit estrc de douze mille fantassins et huict mille chevaux.

lliéologie, el narliculièrement des ouvrages contre le jansénisme, ainsi que le Bitiiel du (liocèse de Perigueux. (BibliofjrapbJc sairitongoaiso, par Rainijuct, et liihl. nat. AIss. Pièces originales, Vol. C>3.) Voir sur Anielole la Jlibliographie orutorienne du P. Ingold, et diverses communications faites en l'année 18i)2, au Bulletin de la Soeiété hist. cl areii. du Périgord.

(1) Henri de La Tour vicomte de Turenne, maréchal de France, na(|uil en lljll et fut tué par un boulet le 27 juillet 107'». Il avait épousé en H353 Anne de ('.aumr)nl, fille du duc de La Force.

— Ilô —

A iolcnec «lo Mr. d'F.spernon dan<i le palais. — Mr. d«' Saiivebœuf prît les iiilereis de Ni-s. de Uoiirdeuiix. ^ Prise du C'husteau- Troinpette. — Deiiiolisseiiieat de Piitpaulin. iiiaisou à M. d'E-3pernuu.

1G49. En suitte de la paix de Paris, M. d'Espernon ayant cho<iae M. Daffis (1), président au parlement, et faict démolir quelque moulin a poudre et taché d'interrompre le commerce, empeschant la descente des viuures, allarma tellement le parlement ot la ville qu'ils s'unirent poui- s'opposer aux violences de leur gouverneur, lequel augmenta leur mesco[nte]nlement et les obligea de prendre un chef et lever des trouppes pour assiéger la ville de Libourne, dans laquelle M. d'Espernon avoit faict commencer une citadelle , après avoir desarmé tous les habitons d'icelle. Mr. de Chambarot, gentilhomme Limosin i'ï), fut le chef de ce party et fut posé le siège devant Libourne, le 21 may 1649; lequel Mr. d'Espernon feict lever le 26 raay, ayant avec luy le régiment de Crequi, le régiment de la marine e» partie du régiment de duienne et aultres volontaires du corps de la noblesse a qui il avoit escrit singulièrement , a ceux qu'il croioit estre ses plus affectionnes. Enfin, le siège fut levé très ignominieusement pour le parlement de Bourdeaux. Mr. de Chambarot, chef de ce parti, fut des premiers qui furent tués , le reste s'estant mis à la fuitte et s'en estant noyé beaucoup en fuiant , leur canon enlevé par le victorieux qu'il avoint faict venir de Bourdeaux, et la garnison de Libourne fortifiée d'hommes et de munitions. La citadelle de Libourne

(1) Guillaume d'Aflis baron de Langoiran, seigneur dcGoudourville, fils de Jean et de Catherine de Louppcs, sa première femme. D'abord conseiller au parlement de Toulouse, il succéda, eu 1038, à son père comme président à mortier au parlement de Bordeaux, et mourut sans postérité en septembre 105:3, après avoir joué, pendant les troubles de sa province un rôle diversement apprécié par les historiens. {Statist. do lu Gironde II, 1U3 ; et Parlement de liordcaux par Communay.)

2) Benjamin de Pierre-Buffièrcs , marquis de Chambarct [aliàs Chambret), (ils de Louis et de Marie do La Noue, remariée au maréchal de Ttiémincs, fil partie, quoiiiue de la R. P. li., de la maison militaire de Louis XIll. il fut tué de trois coups de pistolet, sous Libourne, le i\j mai IGVJ ; cependant la France protestante (édition des frères llaag) le fait vivre jusqu'en illSi, ce qui est d'autant plus erroné, qu'il était déjà âgé en lliW. {Coniinuiiay, dans SCS Notes sur l'Ormée à Hordeaiix, et Histoire du Parlement de liorilcaux, par fiosclieron des Portes ■)

Il t'qjousa Louise Aubéry, lille de Benjamin Aubéry du Maurii-r, ainbassad<'ur, née en liU'j et tenue au baptême par 1rs Ll-its-tlén'rau.K de, ilollandc et la princesse douairière d'Orange ; elle mourut en 107i. [\obil. du Limousin, par .Yailaud,;

lust eslevée, dit-on, sur les ruines d'un hospilal et d'une église ; ensuille de quoy, le parlement de Bourdeaux ayant esté interdit par l'ordre du conseil, les huissiers, craignant de Caire leur charge en signifiant l'interdiction du conseil, Mr. le duc d'Espernon se rendit à Bourdeaux et dans le palais mesme, ce qui efîrala un peu le parlement et obligea messieurs de luy depulter Mr. le procureur du roy (1) pour luy dire que on s'eslonnoit fort de son arriuuée et avec armes dans un lieu de paix et avec ordre de luy dire de leur part qu'on ne donneroit point d'audience aux huissiers qu'il ne fut sorti du palais, ce qu'il fut obligé de faire. Et ayant commandé qu'on luy amenast du Chasleau-Trompelte deux pièces de canon . elles furent soudainement arrestées par la foule du peuple et des bourgeois, partie desquels faisoint mine auparavant d'approuver son procodé. Cependant que M. d'Espernon, par le conseil de ses amis, quitte Bourdeaux avec desordre et grandement injurié à sa sortie ; le parlement donne arrest toutes les chambres assemblées que, nonobstant l'interdiction (lu conseil signifiée, très humbles remonstrances seroint faictes au roy sur ce subject, et que cependant ils conlinueroint a rendre justice. Aj)! es quoy les huissiers se retirèrent, et le parlement songea plus que jamais à sa conservation et generrallement de toute la ville de Bourdeaux, et pour se retirer plus facilement de dessoubs l'autorité de Mr. le duc d'Espernon, ils songèrent à assiéger le Chasleau- Trompete, dans lequel il y avoit grosse garnison. Le capitaine quy y commandoit s'appclloit Mr. Daumoal (2) et bonne provision de viuures et de toutes munitions de guerre, nonobstant quoy on assiège le chasteau, et pour y mieux réussir, le parlement faict dresser une batterie sur les pillicrs de tulele (3) pour abattre toutes les dolTences

il] Jacquis de Poulnc, comlo de Dulluido , seigneur de Monlplni.sir, cinil fils de Jean, dont il a élé parlé plus liaïU. Il siiecéda, en WA:), à son père dans la eliarL;e de procurenr jj-éncral. Sa femme, Jaequelle-r"'inelle d'Alesmc, lille de Toussaint, conseiller au parlement de Hrclagne, et de Paule de Ponlae, lui apporta la baronnie de Belliade ou tJalade, dans les Landes, qui avait ap|iarlenu à une autre famille du Périgord, les de Lanes, barons de La lioehe-Chalais. Belliada l'ut érigé en coml(> en IB.Vi, pour les services que J. de Ponlac rendit à la cause du roi durant les troubles de VOrinro. [Lo Parinwcnl., (h'Jii rit,'-, el Arch. ilo Ln Valuuzr.]

ii^ Fonleneil, dans son Histoire des mouvements de Bordeaux, el Rosclieroii lies Portes, dans Y Histoire du j)nrleineiil de Bordeaux, l'appellent du Haulmont. Il appartenait iieul-rtre à la famille |)érigourdine de ce nom, qui possédait La Garde dans Beaussac et avait embrassé le proteslanlisnie. Dans ce cas, il pourrait être fils de Moïse de Haulmont, écuyer, sieur de La Garde, el de Judic de 1 a Porte.

(o) Les Piliers-de-Tnlclle , iMiines d'un Icnqile romain eonsa(M'é à la lléesse Tutrlle, dont il ne reste plus aucun \eslige.

du ehasteau et tout ce qui pouvoit endommager la ville. Cependant la garnison tire grande qua|n|tilé de coups de canon et y fut tué quelques personnes, au nombre de sept ou huict. Pendant ces enlrcfaicles, Mr. de Sauvebœuf (1), genlilliomme , anivé depuis peu de la cour, avec ordres secrets de Mr. de Beaufort, vint en Periguord et mesmes dans le paréage, faisant semblant de les vouloir soubslever et leur laissant en passant quelques papiers volans pour les obliger à suiuure le parti du parlement, ce qui d'abord ne feit aulcun effect, et luy cependant, par artifice pour amuser les armes de Mr. d'Espeinon, prit la poste et se rendit à Bourdeaux toute la nuict pour éviter les cmbusches qu'on luy pourroit avoir dressées de la part de Mr. d'Espernon, ou il fut très bien receu du parlement et de toute la bourgeoisie. Cependant, Mr. le marquis de Lusignan {"l), qui s'estoit déclaré asses de temps auparavant , tenoit la campagne avec une compagnie de cavalerie et de l'infanterie aussy, avec lequel aussy se joignit pour le parlement le marquis de Teaubon (3), avec une

Il Charles-Anloine de Ferrières, chevalier, marquis de Sauvebœuf, preinior baron du Limousin par sa première femme, conseiller du roi en ses conseils, lieutenant général de ses armées, lils do Jean, baron de Hauvebœuf, pDiilbi-eton, et de Claude des Cars. Il épousa : 1° en 1020, Marguerite de Pierre Buftléres , veuve du marquis de Chateauneuf; 2° par arliclcs du '2') mars KJ.ÎÔ, Marie-Claude de Housiers, dame de Chéronnac et Longoussat, lille de feu François sieur de La Molte-Chéronnac et de Frarieoise de La Hoquc-Senetzergues, dame douairière des Bories. [B. JV. Mss. Pièces oviqijtnliis 11S2, et /•'. P. IGO. — IVohiliaire du Limousin .]

11 servit tout d'abord la cause du Parlement et des Princes. De'guisé en cliasseur, il traversa le Périgord et fut reru en audience solennelle aii parlement de lîordeaux, oîi il prêta serment comme général des armées du roi (s/rj dans l'étendue du ressort. Il s'empara du Château-Trompette et fut surnomma Smive-Peiiph^ par les Bordelais. (Hist. du parlement de Bordeniix.i Le vicomte Paul de Chabot prépare une histoire de la maison de P'errières et en particulier de notre célèbre marquis de Sauvebœuf.

i'2; Celait François III de Lusignan, fds de François II d(! Lusignan et de la Périgourdine Jeanne d'Escodéca de Baisse. Il joua dans la Fronde bordelaise le rôle le plus actif et fut en plusieurs occasions le général des révoltés. \'oir dans l'oitusculc : De la l'ondalion de la Société des hibliopliiles i!e (itiyenne p. :i-'i), la mention d'une mazarinade (pii semble aujourd'hui perdue et intitulée : Il'-eit des exploits de M. le marquis de Luysirfnan durant les irjuhles de Bourdeaux et de la Guyenne, pour servir à l'Histoire. (Bourdi'aux, par Guillaume de La Court, imprimeur du Roy et de son .Vitesse, HmI, iii-'j".) François de Lusignan ligure dans bien d'autres mazarinadcs. \oir, sur ce personnage, sur son père et ses aieu.v, sur sa femme i.Vnne de .Monlpezat), sur son lils (.\rm-ind, mort à .Vgen, sans postérité, le 19 janvier ltW4i, divers renseignements dans le Becueil de documents inédits relatifs à l'histoire de l'Agenais, de la page 17.J à la page '22S, passim.)

(.•îi Charles de Rochefort de Saint-.Vngel, marquis de Théobon, captai de Puchagut, seigneur de Monneins, en Périgord, né en 1503, fils de Charles de Rochefort, baron de Saint-Angel et d'Elisabeth de Royère. Il avait épousé, le iiO octobre 1GU3, Jeanne d'Escodéca de Poisse, fille d'Hector et d(^ Marie de Ségur, dame de Pardaillan (Plaquettes Gontaudaises, n" 0, f° ô4i. Il jona un rôle des plus importatils peiulant les derniers temps des guerres do reli-

compagnie de cavalerie. Tout lequel secours feit continuer le siège du Chasleau-Trompele, lequel enfin fut pris au mois Je septembre ou environ 1G49 (1) par Mr. de Sauvebœuf, par capitulation, Mr. Daumont, capitaine, estant sorti avec l'espée, aprehendant l'efTect de la mine, laquelle estoit preste à jouer, comme on luy feict veoir avant la capitulation, Mr. de Sauvebœuf l'aiant traitlé avec grande bonté et generositté dans sa sortie, après laquelle il se rendit dans Cadillac (-2) pour rendre tousjour service a un mesme maistre. Après quoy, on démolit aussy Puipaulin (3), maison à M. d'Esjternon en propre et fut vendu tout ce qui estoit dedans.

\Lps deux lignes qui suivent et qui viennent duns le texte ii hi suite (lu passage jirêcédent ont été bavvées.\

Mr. de La Meilleraye , nepveu a feu M. le cardinal de Richelieu, decede à Prris au mois de novembre 1019.

Vvkix de Boimloaiix. — (warnii^ion dans Porigiieiix par les nrdre<< de Mr. d'Esperiion.

lOriO. Ensuille de tous ces désordres de Bourdeaux, messieurs du conseil, voyant les grandes conséquences et suites de ceste guerre dans laquelle ils se perdoint quantité do monde qui pouvoint servir

^■ion. Gouverneur pour les hui^uenols de Saiiile-Foj', donl il s'élail empare, il refusa d'assisler au li-ailé parMequel le duc de La P^orce rendit celle ville à Louis XIII. Il lesla le 1.3 décembre 1(>58. [Hist. de Lihoiirnc, par Guinodii>, III, p. 10 ot II.) Sur ce Théobon et sur sa famille, voir divers rcnseignemenls dans le lexle et dans les notes du Livre de raison de N... de IJdon, sieur de Savignar, publié dans Deux Jivres de raison de l'Amenais, par Tamizey de Larroque. (Alph. Picard, Paris, 18H2, gr. in-8".)

(1) Le Chaleau-Trompelte capilula le 18 octobre 1G49, et les troupes en sbrlirent le 19. [Notes de M. D. de Boisville.) La garnison comprenait 2()0 hommes, non compris les r^r.ladcs. lllistnire du parlement de Boe-

(Iraux.)

(2) Chef-lieu de canton de l'arrondissement de Bordeaux oii se trouve le château des ducs d'E|)crnon converti en maison centrale de délenlion pour les lenimes. Lu érudit, (|ui s'est occupébcaucnup de l'histoire du parlement de Bordeaux et de la î''roncle Ijordchiise, avait rintenlion de publier une Chronique du château de Cadillac pendant an sii'cle !l.")r)()-lG5l)i, chronique qui aurait été formée de mille cl mille renseignements empi-untés à toute sorte d'imprimés du xvi" et du xvii» siècle, et surtout à toute sorte de documents inédits.

(.-{) Voii', sur la maison appelée Puypaulin, le 1res remarquable ouvra ge (le M. Léo Drouyii : Bordeaux vers 1450. Description topographique (I87u, in-4°.) Voir,.encore, s; parva licet eomponere niagnis, une note des Mazarinades inconnues ifasQ\cn\o IV. ûe'^ Plaquettes Gonlaudaises, Bordeaux, 1879, 1>. lai;

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le. i'0\ , soit du l'OSlo des li'(iuites que Mr. d'Espernon iivoit reccu de Paris, qui consisloint en dix ou douze legimens d'infanterie et i\o cavalerie faisant près de dix mille hommes, soit aussi du costé du parlement qui se croioit bien fonde* dans sa légitime défense, portèrent le roy a accorder la paix par sa bonté à la ville de [iourdeaux, souslraiant laditte ville du gouvernement de Mr. d'Espernon, levant pareillement l'interdiction du parlement avec une amnistie générale de tout ce qui s'estoit passé d'un costé et d'aultre. Et le parlement eut cest avantage que tous ceux de la noblesse ou aultres personnes qui avoint servi M. d'Espernon peussent décliner la jurisdiction du parlement. Fut aussi arresté l'avantage du parlement que tous les forts et nommément la citadelle de Libourne, cause de la guerre, seroint entièrement rasés et démolis. Apres quoy tous les regimens estants li^enlics par les ordres de Mr. d'Espernon, le régiment de Picardie vint hiverner dans Perigueux (IV, vingt compagnies et dix du niesme régiment s'en allèrent aussi à Sarlal pour avoir la tout quartier d'hiver, et y eut aussy en d'aultres endroicts du Periguord d'aultres régiments de cavalerie composés d'Alcmans. Tous les lieux circonvoisins de Boui'deaux furent quasi tous bruslés pendant la durée de coste guerre, Larmon '2) et La Bastide (3), par li's Irouiies de Mr. d'Hlspernon, Podensac ( 1 1 par les troupes du parlement. Mrs. du parlement , pour tesmoigner une partie <le leur recognoissance et des obligations qu'ils avoint a feu .Mr. de Chambarot, leur premier gênerai, qui esloit décédé honorablement au levement du sie^fc de Libourne, luy feirent fi.ire une oraison funèbre dans S. André, avec un service solemnel pour le repos de son ame, auquel tout le parlement en corps assisia le 18 janvier 1050. La plusparl des maisons de Mrs. de la cour furent gastées oubruslées. Un gentilhomme

'il « Le r<-giniciil de l'iciii-dic , furt di' oO compairnies , vini fii vill.', ce i|ui caiisoil aiic grosse dcpeiise à la comuiunauli. » On alla se plaindre an duc d'I-'.piTiioii ; mais le sienr » de l'aeliae, qui conuiianduil alms i-c n'ginieiil..., '-'OMimi'nra à fairi' mille menaces couli-e la ville. « Des désordres s'en snivireiit, fjni rnrcnl apaisés grâce à M?"" Brandon, M. d'Arlenscc et M. (iodervilliers, capilaine à ce rcirimenl, « si dévot, qu'on dit fpi'il laisoil Ions les jours 7 ticures d'oraison. « {C. C.>

(2) Lormont est une conunune du oanlon de ( '.arhon-Iilane. A I.onnont. naquit Hichard II, roi d'.VnglcIerre.

f^i La Ijaslide, située, comme Lornionl, sur la rive droite do la ilaroniip. fait de[)Uis quelque» années partie delà ville mèuic de Bordeaux.

4 Podensac, silné en amont d>' Bordeaux, est un canton de eel ari'(;ndis'iement.

nommé Mr. de Choupes (li vint mettre en possession la garnison le n janvier 16ï)(), et disoit on qu'il commandoit 5 regimens.

Mort du poy d'Angleterre.

1650. L'Angleterre, qui avoit dessein de se mettre en République, s'ennuiant de tenir si longtemps leur roy en prison, le portèrent à cest excès de barbarie que de le faire condamner par quelque chambre basse, aulhorisée par la haulte, à avoir la teste tranchée; ce qui fut executté. On dict que le président de ceste chambre estoit un sergent.

EiupriKiiouuenieut des princes.

1650. Mr. le prince et M. de Conli, son frère, et Mr. de Longueville furent arrestés prisonniers par ordre du roy (2), lequel fut executté par Mr. de Villequier (3) touchant la personne de Mr. le prince et par Mr. de Guitaud (4) et de Comminges (5) touchant Mr. de Conli et de Longueville. Ils furent eonduicls au lieu de Vincenes en carrosse.

([) Sur Ainuird. marquis di; Chouppcs, liciilo,iiaiil-y('ncral d'ai-tillerie en 164o, plus tard gouverneur du Roussillon, puis de Delle-Isle, nous ne voyons rien de mieux à ciler que ses propres Mémoires qui parurent pour la première fois en 17^3 (in-12) et qui ont reparu de nos jours, par les soins de M. (;. Moreau, dans la Bihliothhque eizévirionno (18131). On ignore la date précise do la naissance et du décès de celui qui fut, pendant la Fronde, un des meilleurs lieutenants de Condé, et on est obligé de se contenlor de ces deux dates approximalives : né vers l(jl2, mort vers 1678.

(i] Voir Relation inédiln de rarrestafion des Princes {18 janvier lGÔ(h (écrite par le comte de Cominges (extrait de la Revue des questions historiques du 1" octobre 1871). Paris, grand in-8'. S'il nous était permis de joindre aux curieuses anecdotes réunies dans celte brochure une anecdote de notre temps, nous dirions que le marquis de I.asteyrie, membre ('o l'Assemblée constituante, homme distingué s'il en fui jamais, ajaul été charge par l'annotateur et éditeur d'offrir sa plaquette à l'hislorien des Condé, celui-ci se n^cusa ou, pour mieux dire, fil, en riant, semblant de se récuser, s'écriant : comment voulez-vous que j'ose présenter au duc d'Aumalc un travail dont le titre est si compromettant : F arrestation des Princes?

(3) Antoine d'Aumont de Rochebaron, marquis d'Isle et de \illcquii.r, né en IGOI, mort en lOGâ, tour .à tour capitaine des gardes du roi, lieutenantgénéral (11344), maréchal de P'rance (1(351), gouverneur de Paris (1(362), duc et pair (1665).

(4) François de Cominges, comte de Guilaul, mourut à Paris, d'une attaque d'apoplexie, le 12 mars 1663, âgé de 82 ans.

(5) Gaston Jean-Baptiste de Cominges, seigneur de Saint-Fort, de Fléac et de La Réole, si célèbre sous le nom de comte de Cominges, naquit en 1()13, il était fils de Charles de Cominges et de Marie de Guip. Il était, dejiuis 1644, lieutenant delà compagnie des gardes du corps de la reine-mère, coni-

Cli:iii^<>iii4']it «!<> (*li:iuc«>lior.

iG.'iO. Après remprisonnomcnt de Mrs. les princes, Mv. de Seguier, chancelier, soubconné d'estrc de la maison de Mr. le prince, fut prive des sceaux et fut mis en sa place Mr. de Chasteauneuf (1), qui avoit ilcmenrc si longtemps reîenu prisonnier dans la citadelle d'Angoulesme, et ce par les intrigues de madame de Chevreuse {i}.

DciiioliNMCiueut (le l'halle du Cornière.

KiôO. r>e -20 mars \C)hO , l'haie du Couderc fut démolie ; la raison principale de la démolition d'icelle estant que le régiment de Picardie, qui estoil en garnison [tour lors dans Perigueux, s'en esloit saisi et y faisoit corps de yarde, ce qui revenoit a grande incomodittc a toulo la ville, particulièrement a ceux qui habitent ce quartier. Mr. le lieutenant gênerai Duchaine Ci) fut le premier qui commença a

pîiLiaio doiil le oapil;iiiie tJtail soii onck' sns-iioinnu', le comte di' Giiitaiil. Si iiioj.n'apliic, très détaillée, précède la Relation citée plus haut. Uii de nos compatriotes, M. J. J. Jusseraïul vient de puliiier en An^rJeterre, et on lani;ue anglaise, un ouvrage important sur le comte de Gominges considéré comme ambassadeur à la cour de Charles II (Londres, 1892, in-S").

flj Charles de l'Aubespinc, iTianpiis de Chàteauneuf, né eu [~>H'.), mort rn ltjÔ3, avait élé déjà garde des sceaux de iG'30 à 1(33;}. Tous les mémoires du temps s'occupent de son double ministère.

(:2; Marie de Rohan duchesse de Chevreuse, m'e en iCiDl), morle le IS aoril IGT'J. Fille d'Mereule, duc de Montliazon, épousa, eu 1GI7, le connétable di- Luynes, et peu après la mort de celui-ci (1621), Claiulc de Lorraine, duc di^ Chevreuse. Elle l'ommenea alors une vie de galanlei-ie et d'intrigues qui la força de se réfugier en Angleterre. A la moi-t de Richelieu, elle reparut à I;i cour, et jouit ((uelquc lemfis de toute la faveur d'.Vnue d'.Vu triche ; mais sc^ menées contre Mazarin la tirent de nouveau éloigner, cl, dès lors, elle se trouva mêlée à toutes les conspirations ourdies contre lui avant et pendaii! la Fronde, par le duc de HeauforI, la duchesse de Monlba/.on et le coadjuleur, qui devint ramant de sa tille, et ipii, dans ses mémoires, nous a it- Iracé de main de maître ses honteuses et misérables intrigues. [lJi<l. do I.nliinnc). \"nir, sinon comme complète contro-parlie, du moins comme |)laidoyer réclamant le b:-néticc des circonstances atténuantes, le livre du galant philosophe Victor Cousin, intitulé .l/ar/aHic </e Chevreuse, qui a mérité d'avoir d'aussi nombreuses éditions que plusieurs de nos romans à la mode.

irfi François -Philibei-t du Chesnc, chevalier, vicomte de Montrc'-al, seigneur de Monlaul, Labatnt, et le Hreuil, licutenanl-génèral et juge mage de l'erigord, épousa en premières noces, le 12 mai l('>:î'.), Marianne de Thinon, till.' (le Pierre de 'l'hinon, seigneur de Fléat , lieutenant-général au sMiéchal (h- Perigueux. 11 acheta de son beau-père sa charge pour 70,()U()", et se remaria le 2'J octobre 1()78 avec Catherine d'.\ubusson, tille de Jean, chevalier, seigneur de Henuregard et de Jeanne de Loudat i7'. /'. l:^K'. François-l'liili- Itert était fils de Jean, avocat du roi au présidial de l'érigueux et d' Aiil'Unetlc do Jehan. (.L D. l.)

démolir, après quoy plusieurs aultres personnes s'enhaidirent et poursuivirent la ruine jusques à l'entier demolissement, et le toul fut faict sans appeller aulcun magistrat politique ; neantmoins, personne ne s'en formalisa beaucoup, fors le maire et les consuls, attendu l'utilité publique et le consentement tacite de tous les habitans. Le régiment de Picardie demeura en garnison dans Perigueux deux mois huict jours, et la ville leur donna quatre mille francs pour les obliger à sortir.

Scittie«iine filz.

Le 20 avril 1650, ma femme s'acoucha , jour de mercredy, d'un enfant pour la septiesme fois , entre trois et quatre [heures) après mydy, lequel je présenté à M. de Laborie, mon beau-frère, et à ma tante de Sensenat (1).

Eulevoinent du bagage et équipage de JUr. de La Valete par Nr. de Bouilluu. — Arrivée de iiiadaiiie la princesse dans Bourdeaiix. eondiiitle par Mr. de Bouillon en cette ville.

1650. Quelques jours après que messieur les princes furent arrestés, Mr. le duc de Bouillon se rendit dans ses terres, en Guienne, pour divertir les desseins qu'on pouvoit avoir sur sa personne. Son arrivée d'abord bailla jalousie à Mr. le duc d'Espernon , lequel pourtant luy envoya un gentilhomme de sa part, après en avoir receu un aultre de la part de Mr. de Bouillon, lequel, pour persuader qu'il n'avoit aulcun dessein contre le repos de Testât et service du roy. Quelques jours après son arrivée , il feit enregistrer sa déclaration par devant le seneschal de Brive et par devers Mr. de Foule, lors intendant dans ceste province, comme quoy il ne desiroit armer en [aucune] façon du monde. Mais la grande foule de noblesse qui le visitoit et qui l'accompagnoit dans la visitte de ses terres, les conférences qu'il avoit avec Mr. le duc de La Rochefoucaud (-2), mescontant et disgracie

(1) Anne Pelit , deuxième lemmc de Denis Charron, écuyer, seigneur de Sencenat, qiù s'était converti au catholicisme. [F. 1'. 1^8.)

(2) François, duc de La Rochefoucauld, prince de Marcillac, naquit en 1613 et mourut à Paris en mars ItiSO; il avait épousé Andrée de Vivonne dame de La Chàteigneraje. S'étant attaché à Anne d'Autriche, il fit de l'opiiosition à Richelieu, ce qui lui valut huit jours de Bastille et l'exil. Pendant ht Fronde, il suivit le parti des Princes et fut blessé sous les murs de Paris. Ses Maximes et ses Mémoires sont dans toute bibliothèque sérieuse. Voir la

du roy pour avoir taché de surprendre Poitiers et Saumur, le rendes vous qu'il se donneront à Marqueissac [\ ) au mois de may ou environ, feirent cognoistre qu'ils avoint quelque dessein, lequel parut encore plus clair, lorsque Mr. le duc de Bouillon et do La Rochefoucaud, avec sept ou huict cent genlilhommes, furent au-devant de madame la princesse jusques dans l'Auvergne, laquelle ils menèrent au chasteau de Turene (2i avec son fils que elle ammenoit avec elle ; ce qui obligea M. de La Valete, créé gênerai des trouppes de uuienne soubs Mr. d'Espernon, qui s'estoit desja saisi de Bergerac à cause du pont et avoit envoyé divers regimens a Beaumont(rT),Tremoulat (i), La Linde (û) et aultres lieux qui avoisinoint la vicomte de Turene, de mander a nostre maire de luy tenir deux pièces de canon pour contrequarrer les desseins de Mr. de Bouillon. Ensuitfe de quoy, Mr. de La Valette, ayant eu advis que Mr. de Bouillon avoit dessein de traduire madame la princesse du costé de Bourdeaui, il feit avancer son armée du costé de Terrasson , passant par Sendreux (G) et Bouffignac (1) pour empescher qu'on ne se saisit du pont de Terrasson (8) pour passer la Vesere , ou il séjourna quatre ou cinq

complète notice sur cel homme poliliijue et liltéi-aire, mise en lOle de l'édition de ses Œuvres qui fait partie de la coUeclion des Grands écrivains de France, et oii ont pnru quelques lettres inédites qui étaient conservées flans les archives de M. Pol du Rival, à flahusac, seigneurie des La Hochefuucauld, et patrie d'un érudit dont le nom est cher au Périgord comme à l'Agenais, Martial Delpit.

il) Marqueyssac , repaire noble de la commune de Saint-Pantaly-d'Ans, canton de Savignac-les-Eglisesl , ayant Inute justice sur plusieurs paroisses.

1-2] Dans le département de la Corrèze, autrefois Bas-Limousin. !Sur 1'château et la vicomte de Turenne, voir les renseignements donnés par VArtdr véviGev les dates.

(8) Beaumont-du-Périgord, canton de l'arrondissement de Bergerac. B.istide fondée dans la seconde moitié du xin' siècle par Luc de Tcrny, oflicier anglais; sa chàlellenie comprimait huit piroisses.

(4) Trémolat, commune du canton de S;nnte-.\tvère ; monastère do l'onlr'' de Saint-Cybard d'Angoalème.

(.0) Canton de l'arrondissement de Bergerac. Edouard II, roi d'Angleterre, y bàlil une bastide auprès d'une paroisse de ce nom. Sept paroisses dépendaient de sa chàtellenie. Dict. top. de h Dord. par de Goiirfjues.^ Voir, sur celte ville, le volume de notre savant confrère, M. l'abbé Goiislal : La Linde. (Périgueux, imp. Dupont, 188'», in-8°.)

(U) Scndrieux, ancienne ville close, connnune du canton de N'ergl. i >n trouve aussi écrit Ccndrieux.

(7) Commune du canton de Montignac-sur-Vuzère, appelée jadis Boufligiiac-de-Lair, et actuellement Houffignac-de-Montignac.

(8) Canton de l'arrondisscmenl de Sarlat. Abbaye de l'ordre de daint- Benoîl dont la juridiction s'étendait sur i>lusieurs villages.

jours. Après quoy, ayant sceu que Mr. de Bouillon avoil faict faire devant Limeuil un pont de bateaux et faict passer madame la princesse et rendue audict Limeuil son armée, prit sa marche du cosfé de Tenon (1), puis à Plasac (-2) et Rouffignac et à Monclar (3) et Clermon (4), ou il couchèrent. De quoy Mr. de Bouillon ayant eu advis, partit de Limeuil avec une belle troupe de cavalerie et quelque infanterie a dessein de combattre les armes de Mr. le gênerai de La \'alelte, ce qu'il ne peut faire si avantageusement qu'il avoit espéré, parce que Mr. de La Valette, informé que Mr. de Bouillon talonnoit de près leur armée, donna ordre à son arrière-garde et à son bagage de partir des la minuict pour se rendre a Bergerac ou il pretendoit aller en grand diligence, craignant que Mr. de liouillon ne s'en saieit; lesquels neantmoins furent surpris et attaqués au lieu de La Monsie (5), ou ils furent deffects, et le bagage et équipage de l'aimée enlevé et pillé, c'estime a plus de cent mille frans net. Le gênerai ayant perdu son bulTet et pierreries, et les aultres capitaines y ayant aussy perdu la plus grand part de ce qu'il avoint butiné sur la campagne, les gens de Mr. de Bouillon avoint aussy démonté à Brive quatre vingt ou cent cavaliers qui suivoint, disait-on, madame la princesse avant son arrivée à Turene, le tout au mois de may 1650. De Limeuil, madame la princesse vint coucher a Yerg et alla passer l'eau à Mauriac (6), et après avoir passé par ses terres de Coutras (7 , arriva le 31 may dans la ville de Bourdeaux , avec le conten-

iljThenon, cniilon de rari-ondisscinonl de Périgiieux, ancienne ville close.

f2) Plazac, commune du canlon de Monlignac , dont l'évcque de Périguenx (■•lait co-seigneur avec le baron de Segonzac. {Chroniqufuv du Périfjord, If, 179.)

i3) Montclar, commune du canlon de Villamblai'd ; son cbàlcau avail jui-idiclion sur neuf paroisses. Souvent ce nom revient dans nos annales périgourdines. — Il y a aussi un MontrUir en Agenais dont le nom revient également souvent dans \c Livre de raison de N... de Lidon, sieur de Savignoe., déjà cili'.

(4) Glci-moiil-de-Ooauregard, communi' du c.iiUon de \'illainlil;u'd : aiicirmio ville close. Consulter Villamlilard el Griijnol.s pai- E. (iarraud. [Paris, Dumoulin, 1868, in-8''.)

(5) La Monzie réuni à Monlastruc, commune ('u canlon de Bergerac.

(U) Repaire noble sur le-i bords de r[lle,dans la commune de Douzillac, i|ui appartenait aux Taillei'er depuis le xiv siècle. La princesse de Condc s'y arrêta en lil'i'J. (Villamhlard déjà eitj, p. 79.)

;7) Coulras , cher-lieu do canlon de rarrondissemenl de Libourne , au conlluent de i'ille et de la Dronne ; d'ipcndani de l'ancien duché de Fronsac.

tement de tout le peuple de Boui-deaux , nonobstant l'artifiec duquel on s'estoit servi, luy ayant fermé les portes du Chapeau-Rouge et du Gaillau, lesquels Mr. de Lusignan feit rompre accompagné de beaucoup de bourgeois et aultrc menu peuple. Elle fut logée à la rue S. Catherine, chez Mr. le président do Lalane(l),et Mr.de Bouillon, au bout de la mesme rue. Elle fut le lendemain de son arrivée au palais, et présenta une requelle par laquelle elle prelendoil se meltre soubs la protection du roy et de la cour. Mr. de Bouillon en prcsenl.i une aultre et luy fut donné six sepmaines de delay pour se juslilier envers le rov.

Execntîou d'un officier de Bergerae.

l(j,-)U. La mesme année 1650, le parlement de lîourdeaux feit Irencher la teste a un nommé Loiseau (-2), juge criminel de Bergerac, prévenu de divers crimes horribles, quoiqu'il se voulut aider de la protection du gouverneur.

(Il Sarran de La Lane, pr(''sideiil à morlior au porlemeiil de Bordeaux, fds de Lancelot cl de Finelte de Pontao. Il élail « le troisième de son nom, revêtu de père en lils de ce haut "l'adc (président!, il comptait déjà (en i&d) dix-neuf années de service. » il fut desliluo en Ki'iO pour s'êlre reconnu coiipai)le du crime (le ror/ntire des bords des pièces d'or, puis rétabli en Uji'i dans sa charge et non sans difficultés, car le premier arrèl rendu contre lui, i>ar contumace il est vrai, l'avait condamné à mort. {Histoire rlii parlement lie Ùordeaux.) 11 avait épouse Marie-Thérèse de Mons. [Archives de La Tresne, analysées par notre savant, autant qu'obligeant, confrère M. Léo Drouyn.l

i'I) Dans les Annales liistori(/ues do la ville de Benjerar on lit : .• — Miri — Messire .Iac((ues Loyseau, conseiller et lieutenant criminel poui-veu par lettres du l" ft'-vrier lliil, fut décapité par arrest du parlement de Bordeaux. •> Jacipies Loyseau pouvait rtre fils, ou de Jacques Loyseau, lieulenanl criminel ("Il IGIO, ou de riuillaume Loyseau, chirurgien ordinaire du roi, (pii avait extrait une balle de la poitrine d'IIeni-i IV. Il pouvait être frère de Guillaume Loyseau, lieulenanl criminel en ItJ^ô. Quant à lui, il lit parli(> des dou/.i; otages envoyés à Nérac pour la garantie de l'exécution d'un arrêté du l.jjuilli-l l&2\) du dui- d'Kpernon, relalif à la diimdlitioii des fortiliiNitions de la villi'. iftenseii/m'iurnls di' MM. (.'Jiarrier, Lahroin- et Dnjiiiy.. de licr^ierae . Il fui iiremier i;oiisul (le Hcrgi'rac en Itj'iT et un HJrJS, puis maire en IG'il. (;'(/.; Lors de la surprise de cette ville par les Croquants, il eut une conduite très digin;; il avait, du reste, rempli plusieurs fois des missions de confiance. [Bullelin de la Soeiétâ hist. etarcli. du Périr/ord, déjà cité.)

Elisabeth de Lacoste, demoiselle, est indi<iuée comme sa veuve dans un [irocès pendant le H août Itj")!, devant le parlement de Hordeaux, entre elle et Marguerite Pelil, veuve de Nailliars Lasseri'e, et le sergent Houeliard. Elle demanrlait qu'un arrêt du .'il décendire HViT iVit cassi-, arrêt dont la minute n'existe plus malheureusement. (A'o/cs de M. I). de Boisville d'après les Arcli. dép. de la Gironde^ B. 822.)

-^ 7fi -

Arrivée du duc* de Pi^aerauda . Kspaguol. en reste ville.

Le 8 juin 1B50, arriva en cesle ville le duc de Figneranda (li, ambassadeur du roy d'Espagne , plénipotentiaire à Munster, pour la paix generalle. Il avoit couché à Riberac et avoit son passeport du roy pour s'en retourner en Espagne. Il fut harangué par Mr. de Pieihardi (-2), maire, de la part de la communaulté ; il fut logé ches Mr. Raudon Taisné (3j.

1650. Le Ifi juin vint en ceste ville Mr. de La Moilleraye (4), maréchal de France et grand maistrc de l'artillei'ie, accompagné de Mr. do Comminges et aultres volontaires et de ses gardes. Mr. de Perigueux

'i"; \'oici commiMil Monlulul dans .■^os Mémoires racoiilc ce fail, iiéi;lit;é par la plupart des historiens. « L'Archiduc, après la prise de Gravelines, bloqua Dunkerque, par terre et par mer, mais ne le voulant pas attaquer pi-c-

senlenienl il laissa seulement ses vaisseaux à l'cnlréc du port, et lit

faire des forts et des redoutes autour pour empêcher les vivres d'y entrer

et lors étant pressé par les Princes (ie France d'aller à leur secours, il y envoya le comte de Fuensaldagne avec une armée, (le comte attaqua

Ghauny de tous côtés. Le duc d'Elhcuf voyant la tête de l'armée tournée contre Ghauny se jeta dedans ; mais comme cette ville n'est point forti-^ tiée, et que le comte de Fuensaldagne la baltoil rudement, le duc d'Elbeuf fui liientôt contraint de capituler. » Chauny fut repris quelque temps après par le maréchal de La Ferté.

Tallemant des Réaux [Hisloi'icttrs, tome I\', p. 1U4), rcprotluisant une lettre écrite par Jean-LouisGuez de Balzac à Conrart sous la signature de Girard, mentionne les politesses du diplomate espagnol pour l'ermite de la Ghai-ente : « Adjousteray-je encore à cecy les complimens extraordinaires qu'il reçut, il n'y a pas long-temps, du comte de Pigneranda ? Cet ambassadeur, fameux pour la rupture de la paix de l'Europe, ayant passî à Angoulesme, s'enqueroit, à l'ordinaire des estrangers de ce qu'il y avoit de plus remarquable dans le pays. On luy proposa incontinent M. de Balzac comme la chose la plus rare... ». Entre autres compliments, Pigneranda appela Balzac « une persoime si célèbre dans tous les lieux oii les grandes vertus sont en estime. »

('2) François de Chempagnac, écuyer, seigneur do Puyhardy (fds de Jean de l'.hampagnac, écuyer, sieur du Mas, lieutenant assesseur au présidial de Périgueux, maître des requêtes de l'hôtel de Gatherinc, sœur de Henri IV et de Marie de Lambert), épousa, le 31 octobre 1032, Almoise Girard de Langlade, fdle de Geoffroy, conseiller du roi en l'Élection, et de Marguerite du Peychier de Chaumont. {Uibl. not. Carrés do d'IIozicr, Wù, f" 340.)

Il fut anobli par lettres patentes enregistrées au greffe du consulat le 15 mai 1G55 {C. C)

IS) Bertrand Baudon , avocat, est premier consul en 1G3G [F. P. ÔO. Pierre Baudon est conseiller du roi en l'Election, en Uî.jO et 1(3132. (.4 rc/j. déji. Gir.C. i08().]\'o[v plus loin la note sur le maire de Perigueux.

(4) « Le 30* du moys de juillet de cesle année (1650) M. de La Meille-

raye estant venu en cesle ville, les corps de ville s'assemblèrent pour luy

aller au devant. M. Brandon notre evêquo l'alla recevoir à une grande lie ie de la ville, cl quantité de bourgeois à cheval; les six compagnies de la ville

se mirent soubs les armes M. d'Arteusec le harangua...*, le sieur maire

à l'entrée de la ville lui offrit les clefs » [C. C.)

!e logea ches luy et luy donna a souper; les aultras furent dispersés par les maisons et hostelleries. Il commandoit une armée de quatre à cinq mille hommes.

Prise du Calclel par M. de Tureno pour les princes prisonniers. — (■uise avant tenu pour le roj eut exemption de taille pour C» ans.

Hji)0. Mr. l'archiduc (Ij d'un costé et Mr. le mareschal de Turene ayant pareu forts sur la frontière de Picardie entrèrent dans icelle et prindrent Le Catelet et posèrent le siège devant Guise, au mois de juin ; le siège duquel fui levé par le deffault de vivres qui survint a leur armée, les habitans de La Capelle leur ayant pris un grand convoy, duquel ils avoint grand besoing; et à raison de la bonne deffense que leirent les habitans de Guise, la pluspart desquels avoint bruslé leurs maisons, le roy les ennoblissant exempta toute la ville de Guise de taille pour cinq ans {'2\.

1050. Au oommencement de juillet, arrivèrent à Bourdeaux quelques fregattes garnies de gens de guerre qu'on asseura avoir porté une asses notable somme d'argent à madame la princesse et aux Bourdeloys, qu'on accusoit avoir trait té avec l'Espagnol.

.arrivée du roy à Poiefiers. — Deputations deiers le ro;».

KkiO. IjBS affaires de Guienne ne s'estans peu pacifier obligèrent le roy a s'en venir de pardeoa, ayant pris sa marche de Poicliers a Angolesme, ou il arriva le -25 juillet, et de la se rendit a Aubeterre (3) pour aller de la à Coutras et s'approcher parce moyen de I5ourdeaux. Nostre maire fut dopulté et Mrs. du presidial y en deputterent six de leur corps et Mrs. du chaiùtre deux de chacque corps de chapitre, lesquels se joignirent à Mr. de Perigucux pour se présenter tous

(1) L ari-liidiic Lt-opold avait pris, en 1G47, le commandemenl des Iroupcii impériales dans les l'ays-Bas, et, après nous avoir enlevé quelques places I Armenlières, I^andrécies, Courtrai, Lens), allait être b,illn, à filato coulure près de celte dernière ville par Condé {'20 août 1U47.)

(2i La prise du Câlelet est du 15 juin, la levée du siè<,'e de Guise est du i" juillet et la prise de la (Jupelle est du S août.

(.1) Anhelei-re-siir-Drorne . rnnicn d<' l'aiTondisseinent de H.irhe/jeux, appartenait autrefois à l*ivè<;lié de IVeigueiix, hien fpi'ilanl df l'An^'OUniOis,

ensemble au roy. Mr. de Chaslillon,second président du presidial(i), portoit la parolle pour le presidial.

Paix de Bourdeaiix.

Enfin, après quelques deux mois de siège, la paix fut conclue, les articles principaux de la paix ayant esté envoies de Paris par les soins de monseigneur le duc d'Orléans et du parlement de Paris qui agissoit dans celte alTaire par ses deputlés ; et le roy, avec Mr. le cardinal et toute la cour, entra dans Bourdeaux au mois d'octobre, ou pourtant ne fut nommé aulcun gouverneur. Mais Mr. de Selve, lieutenant de Mr. d'Espernon, eut commandement de donner les ordi'cs pour le roy en Guienne pendant la disgrâce de Mr. d'Espernon.

Kstablissenionl de la eoufrerie de Aosfre Dame des Agoniisaiis à S. 8illaiii.

i()r)0. Au mois de juillet, par les soings du révérend père Du Bourg, jesuitte ('2j, fut installée la confrérie de Noslre Dame dos Agonisans dans l'cglise de S. Sillain , dans laquelle les pi-estres religieux et généralement tous les confrères se doibvent rendre lorsque quelqu'un est à l'agonie, ce qui se scaura par le signal accordé de la cloche de la maison de ville, qui frappera sept ou huict coups. La feste de la conception de la Vierge a esté prise pour establir certain jour auxquels tous les confrères poussent gagner indulgence plenière. 11 y a seulement obligation de faire une prière tous les jours pour ceux qui sont en l'agonie, et par ce moyen, l'on participera à toutes les prières qui se fairont a ceste intention.

il; F'raiioois de Simon, écuyci', seigneur de Gliaslillon, maire de Périgueux on 1851 , puis premier président au presidial ; il pouvait être fils de l'ierre de Simon, sieur de Ln Gardie, conseiller au presidial de Périgueux, qui acheta en 1(W3 à noble Louis Dcxans, la maison noble du Masgerenl on Saint-Paul-Lizonne, "autrement diclc de Cliastillon. » {Arcli. t/e .1/. Pasqiiy Diicluzeaii) cl qui avait épousé Anne de La Bermondie. Franroiî épousa Jeanne Martin le 2'J janvier 1047. [A. M. P. GG. 11^.)

Il eut Jean de Simon, écuvci-, sitHU" ih- La (Jardic, marié le [>< d''ccn)bi'e 1078 avec Philippe de lieaupoil. (.\. D. I.)

'il Moïse du Bourg était fds de Dominique du Bourg, sieur du l'i^i-ou, de Dion, maire de Saintes en 1508 et 15ij'.), médecin ordinaire do Henri I\', et de t^alherine Cailleet. Il entra au noviciat des Jésuites à Bordeaux, en 1015, et mourut au collège de Limoges le 3 mars 100:2. (Za fut un zélé prédicateur cl un laborieux écrivain; il était de la même famille qu'Antoine du Bourg, ciruicelier de France en 15:25; son frère Dominique fut conseiller au jinidejnenl de Bortleaux. i//r/).se;'yHc/j;(';)/.s du /?. /*. .A. D('njoy^ j('-siiit('.

Pendant la guerre de Bourdeaux, le chasleau de Vaire 1 1 1, tenu par ceux de Gourdeaux, pris par les gens du roy, Mr. le Mazarin feit pendre soubs la haie de Vaire le commandant nommé Richon ri) et Mr. de Bouillon, en conlrechange , en feit de mesme dans Bourdeaux au baron de Laquenau (;!>, prisonnier et commandant le régiment de Navaille.

[On lit on inar(io .] C.eluy qui fut pendu a Bourdeaux par l'ordre île M. de Bouillon s'appelloit Canoles, natif de Monpazier.

IGôO. Le 15 aoust, le régiment do Choupcs passa à Perigueux. Après la paix des Bourdelois, la pluspart de Tannée défila en Periguord et y passa le régiment roial , le régiment Mazarin, Paluau, Coudre, Monpensier, Banville, La Meilleraye, de cavalerie et d'infanterie, et douze compagnies d'iceluy hivernèrent à Perigueux et les aullrcs à Sarlat et en il'auUres pelites villes de Periguord.

(Ij Chàlcau de la commune du miMUc nom (canton do Libourne, Gironde, bàli sur une légère eminence de la rive gauche de la Dordogne, qu'il touche. Il apparlonait en i()49 pour un tiers à Olive de Lestonnac, femme de Marc- Anioinc de Gourguc ison .i' époiix) el pour les deux autres tiers à Jean-Jacques de Gouri^ue, dont le cousin, le capitaine de Gourgue, s'était empan-. Le parlement, comptant sur lui, lui en contia la défense pour résister aux efforts do d'Epernon et envoya des troupes éprouvées. Mais soit dissenlimont entre chefs, soil trahison de de Gouri^ue, le château ne put tenir long-temps, et les Epernonisics, après avoir pille l'église et tué le curé, s'en empareront. {La Guyenne militaire par Léo Drouyn.)

(2) N Richon, sieur de La Houdière , fils do Jean do Richim et de

Cathei'ine Mei-cade, né à Guilres, fut cajjitaine au rogimoiU do l'érij^ord, puis gouverneur du château de \ayres ; il l'ut psndu sous la halle de Liliunnie, malgré l'engagement que le maréchal avait pris de lui laisser la vie sauve. iStati:it. (le la Gir., 11,539.) Voir divers détails sur Richon et sur sa famille dans l'Histoire de la ville et du canton de Guitres par .\. Godin et J. Hovyn de Tranchère, iLiljourno, 18!-!9, grand in-8°i, soit dans le texte ip.G'i-Tli, soit aux pièces justificatives p. 87-43), oii l'on trouve à côté de letti'cs échansiées entre le marquis de La Vriilièrc et le président Pichon, au sujet de Richon La Rondière et du chevalier de Canollc, la généaloçrie de la famille de Richon. Il y est dit que M. de Bouillon ijarda Canollc quelques jours prisonnier avant do le pendro. Quant à Richon : « Ce pauvre garçon a voulu se perdre, car M. le maréchal de La Meilleraye a faict depuis quelque tems toutes les dilii^encis possibles pour luy faire connoilre. . . . qu'il ne devoil pas attendre miséricorde s'il allcndoil le canon. » [Arcli. nationales, K. I\. 1:^28, f"' ■'i29, 'iSO, 440.)

'3). Les auteurs qui se sont occupés de la Fronde et les généalotrislos n'ont pu identifier ce Canollc, officier désarmées royales, connnandant l'Isle- Sain(-Geort:es, et immolé en représailles de la mort de Richon. O'Gilvy i.Vo//. de Guyenne, II, 148) le suppose d'une branche cadette restée en Périgoi'd. liessol semble confirmer le fait el est le premier à lui donner le titre de baron do Lai(ueneau, ru)m qui no fiiiure cepindani pas dans le Did. top. de la Dord. par de Gnurgues. Chevalier de Calilanc parle ainsi de lui : " Le bai-ou de. Canoulos, capitaine? dans le réyiimenl de Navailles. » Hoschoron des l'drtcs, dans Vllistoico du Parlement iléjà cilée, raconte que le capitaine C;anol ou CanoUe fut pendu, aux Churtrons, la iiuil el avec tant de hàlc (|u'on lui refusa un prêtre qu'il demandail p(Uir abjurer, car il était hui^uenol. \oir, sur le baron de Canolle. fleux eommunicalions, faites sur notre demande, à l'Intoruiédi.'ii rr dr.-i c/u-ro/jeH/^ il (./c.ï> cHr/' t/.v, tome .\X\I, IbUi, p. p. l;'.', S<-^,

Mort cio M. le gênerai de La Valette.

Mr. le gênerai de La Valete fl), frère bastard de Mr. d'Espernon, duquel [fut r]attaque de Lisle S. George (2), au mois d'aoust ou septembre, receut un coup de mousquet à une jambe, ou la gangrène s'y estant mise, il mourut peu de jours après de sa blessure.

La paix de Bourdcaux. fut arrestée à Bourg^.

Madame la princesse premier que le roy entrât dans Bourdeaux leit sa cour au roy et Mr. de Bouillon de mesme , et tout se passa à Bourg ou le roy avoit séjourné (3) depuis son départ de Libourne audict lieu de Bourg, et y eut des articles secrets accordés entre Mr. le cardinal et madame la princesse, et entre aussy Mr. le cardinal et Mr. de Bouillon, auquel on rendit sa femme au mois de novembre ou environ. D'aultres articles aussy furent accordés avec les Bour- (lelois, comme seroit le changement de gouvernement et leur dedomagement qu'ils faisoint monter à quatorze cent mille liuures.

Voiage du roy, l(ioO.

Le roy se rendit de Bourdeaux à Sainctes et Poicliers, et enfin arriuua avec toute la cour à Fontainebleau ; et nonobstant la paix de (iuiennc, l'archiduc prit en ce mesme temps Monsons , Rethel et aullres petites villes avec dessein de s'y fortifier, faisant contribuer la plus grand part de la Champagne à l'entretien de son armée.

(1) Jean-Louis , dit le chevalier de La Valette (fils bâtard de Jean-Louis de Nognret de La ValcUe, duc d'Epernon), lieulenant-général de l'armée navale des Vénitiens en 1B45, gouverneur de Bergerac^ mourut, pendant ii>s (roubles de Guyenne, en 1650, et avait épjusé Gabrielle d'Aymar, fille d' Honore, président au parlement de Provence. [MorérL]

!2) L'Isle-Saint-Georges, commune du canton de La Brède, arrondissement de Bordeaux, sur la rive gauche de la Garonne, à 20 kil. au S-E. de celte ville; il y a les restes d'un vieux château. iRonseignowonl de M. Uo- Ijorel de Climcns.)

(S) Bourg-sur-Gironde, canton de l'arrondissement de Blaye. On désigne cette petite ville également sous les noms de Bourg-sur-Mer et Bourg-riu- Itec-d'AnilK's, ICr. did. fi^^or/r. pnr ]'ivion di' S.ninl-^f!)rtin^

RoihlUion il(> Botliol ù Mairariu.

1650. Rethel, qui avoit este pris avec quelques aultres petites villes par l'archiduc et le mareschal de Turene, furend rendus au mois de décembre (1), apivs laquelle reddition Mr. le cardinal Mazarin se jelta dedans. De quoy ayant advis, Mr. le mareschal de Turene et de l'armée du roy qui n'estoit esloignée de luy que d'environ une lieue, commandée par Mr. le mareschal Plessis i'2) Pralin et recognoissant ne pouvoir plus secourir ses places, songeoit a la retraicte; neantmoins, les deux armées se commencèrent à s'escarmoucher. Cela se finit en un combat asses considérable ou l'avantage et le champ de bataille demeura aux armes du roy, quoyque neantmoins quantité de gens de marque de la part du roy et officiers y demeurèrent sur la place, entre aultres le fils de Mr. de Plessis Pralin (3), un frère du gênerai Kose (4), de la part du roy l'ut aussi tué. Le regimentaire alleman nommé Bains tué de la main propre de Mr. de Turene, le régiment de la marine fut aussy defîaict, mais aussy du coslé de Mr. de Turene toute son infanterie, en partie espagnolle, fut rompue et delîaicte et luy fut légèrement blessé à la main. Sa cava-

li) Ce fut le 13 décembre 1650, selon le Dictionnaire de L. Lalanne, le \\ , suivant YArt de vérifier les dates, que la ville de Rélhel fui reconi|iiisie sur les Espagnols par le maréchal Duplessis qui, le 15 du même mois, ri-mporta sur Turenne et sur Don Estevan de Gamare, la bataille dite dilit-tliel. La ville de Mouzon, qui nous avait élé enlevée le G novembre 1G5U, fut reprise <i l'ennemi le 20 septembre 1(353. Le narrateur mêle un peu tous les événements en cette partie de la chronique. Revenons à la bataille de Hclliel, sur laquelle P. de Bessot va donner quelques détails et rappelons (|ne l'on en trouve une ample et fidèle description dans les Mémoires de J'iiyséyurj lequel prit grande part à la victoire (t. II, p. 103-13U.)

(2) César duc de Choiseuil, comte du Plessis-Praslin, pair et maréchal de France, naquit eu i5'J8 et mourut en décembre 1()75. Lors de la Fronde, il rendit d'éclatants services à la cause royale et battit Turenne à Réthol le 23 décembre 1G50. Ses Mémoires, parus en 1(570, sont attribués généralement a Scgrais. (Dicl. de Lalanne.)

(.3) Ce fut Puységur qui annonça au maréchal du Plessis la mort de son fils Charles de Choiseul, comte du Plessis, maréchal de camp, alors ligé de 24 ans, lui disant (Mémoires, t. II, p. 12"J) : « Vous vous en devez consoler. Il est mort dans une belle action, qui est une bataille donnée et gagnée par .Monsieur son père. »

(4) Voir une noie de l'éditeur des Mémoires de Puységur (t. II, p. 124), sur Rcinolt de Rozen, seigneur de Crosroop, en Livonic, d'abord un des lieutenants du duc de Weimar, puis (1044) lieutenant-général des armées du roi de France, gouverneur de l'Alsace en 1052, mort en 1007; souvent nomme d"ns les Mémoires de Richelieu, dans ceux de Monglat, dans les Lettres du cardinal Mazarin, etc.

le.rie fut aussy rompue et on feit assez bon nombre de prisonniers, entre aullres un lils de feu Bouteville,

Traduction des princes au Uauure de Grâce.

IGûO. Mrs. les princes furent traduits après l'arrivée du roy dans Paris au Hauure de Grâce pour dissiper leurs intrigues , ce qui estonna peu les frondeurs et obligea madame la princesse à présenter requeste au Parlement pour faire faire le procès au princes s'ils estoint coupables et pour les ouir les faire ramener à Paris.

Madame la princesse la douairière mourut au mois de novembre ou environ de l'an 1650.

Te Deuni chaulé pour la deifaicle de M. de Turene.

"1051. A raison de la victoire sus escritte obtenue contre le mareschal de Turene, le roy feict chanter le Te Deiun par tout son royaume, et il fui chanté à la Cite, ou tous les corps avoint esté convocqués, Mr. l'evesque s'y estant rendu et non Mrs. du chapitre S. Front à raison de leur differens fl) avec le chapitre cathedral , tellement que à l'aceoustumée à la fin de vespres, le 8 janvier, Mrs. les chanoines vindrent prendre Mrs. de Perigueux a sa chambre, et de la s'estant rendus dans le cœur de l'église S. Front pour commencer VExaudiat pour le roy. De la se rendirent a la Clautre ou le buchel esloit dressé, lequel fut allumé a l'ordinaire, Mrs. de Perigueux ayant un flambeau à la main, Mr. de Ghampagnac , premier président, un aultre, et Mr. I3oudon, maire (;2) de la ville, un aultre, et on tira mesme les canons.

(1) Ce différend ne se lerniina que le 11 janvier 1G69, lorsque l'évèque de Perigueux, abbé de Saint-Front, lit de son monastère du Puy-Saint-Front son palais épiscopal. On avait travaillé pendant près d'un siècle à l'union (les deux chapitres. L'église de la Cité de cathédrale devint alors paroissiale. a\oIos sur Saint-Front, par B. Bcrnaret.)

(2) Pierre Boudon, écuyer, sieur de Fougerat, conseiller du roi, fut maire de ItjSO à KJôïi. Par ordonnance du duc de Caudale, en date du 29 septembre Kî.'J.S, il futdcslilué ainsi que les consuls, et le même M. de Caudale nomma, par ordre du roi, pour le reste de l'année et la suivante, mais sans déroger aux prérogatives de la ville, François de Simon, écuyer, seigneur de Chastillon, conseiller du roi en ses conseils d'Etat et privé, et premier président. (Liste (IfS maires de Perigueux^ par de Froidetund.)

De ltj38 à 1G5(), on trouve deux Pierre Boudon, tous deux conseillers en l'Election en même temps ; l'un avait épousé Catherine de Puvffe, l'autre M ai-lho Gravier. (Note de M. Hardy d'après les A. M. P., GG., 54 et C>8.) L'un d'eux fut nommé lieutenant particulier en l'Election le 10 décembre 1()25, fonction qu'il résigna le '2?, décembre UVkS, en faveur de Jean Piat, sieur du Chadenil. (Arch. dAp. Je In Giv., G. ¥)S().^

Arrest du itarleniout de Bourdoaiix contre les gardes d4> II. d'Esperiiou.

1650. Au mois de décembre de l'an 1G50, a raison de quelques violences commises par des gardes de Mr. d'Espernon , le parlement de Bourdeaux prit occasion de donner arrest tant contre Mr. d'Espernon que les gardes faisant inhibitions et desfences par iceluy a toute sorte de personnes de recognoistre Mr. d'Espernon pour gouverneur, a ses prétendus gardes de prendre sa liuurée, à peine de la vie.

Mrs. du parlement de Bourdeaux, environ ce mesme temps ou peu auparavant, tenoint dans leur prisons un prisonnier assez considérable, qui estoit le lieutenant gênerai de Bergei^ac , nommé Chillaud, y ayant esté traduict par des gens appartenans à Mr. le mareschal de La Force, qui luy faisoit partie, pour estre soubconnée d'estre créature à Mr. d'Espernon et d'avoir recherché diverses procurations de Bei'gerac et aultres lieus circonvoisins pour demender le restablissement de Mr. d'Espernon pour le gouvernement de Guienne. Il estoit aussy accusé d'avoir enlevé quelques prisonniers, que Mr. de La Force faisoit conduire a Bourdeaux pour leur faire faire leurs pièces.

Liberté de MU. les prinees.

1G5L Mr. le cardinal ayant peu réussi à la guerre de Bourdeaux, la Fronde se maintenant et augmentant tousjours, il fut contrainct de quitter la France et porter luy mesme les nouvelles de la liberté de Mrs. les princes à Mr. le prince, croiant l'attirer par ce moien encore à son parti , pour se restablir encore un coup dans son premier esclat, tellement que Mrs. les princes sortirent de prison au mois de febuurier ou environ contre la volonté de la reine et de son conseil, après quoy ils se rendirent à Paris, comme aussy Mr. de Bouillon et de La Rochefoucaud, qui furent tous bien receus des Parisiens.

Les frondeurs de Bourdeaux, croians avoir bonne part à l'eslargissement de Mrs. les princes, feirent ensuitte quantité de feux de joye, accompagnés de beaucoup de feux d'artifice dressés en diverses places de leur ville, 1G5L

Mr. le prince, après les premiers accueils faicts au roy et à la reine, séjourna à Paris environ quatre ou cinq mois, avec quelque légère deffience qui l'obligea a en sortir avec quelque mesconl[ent]oment, lequel il prétexta de la visitte de Mr. de Longueville, après quoy il se

rendit à S. Maur, une de ses maisons asses pioche de Paris; et après quelques séjours en celte maison, ses amis, qui estoint en bon nombre autour de sa personne, de quatre cents ou environ, l'obligèrent a reveoir le roy à Paris, après quelle entreveue il se retira de rechef sur quelques advis et n'y retourna plus , nonobstant toutes les semonces du roy et du conseil qui tendoint à l'attirer à Paris pour assister à l'acte de sa majoritlé. De quoy s'estant excusé par une lettre de laquelle Mr. le Conti fut le porteur, peu de jours après, il se rendit en Guienne pour prendre possession de son gouvernement, et pour cest estât se rendit à Bourdeaux, et y estant soudein feit donner arrest d'union au parlement, à laquelle se joignirent tous les aultres corps de la ville. 11 visita ensuilte Libourne, de laquelle s'estant asseuré, li se rendit à Agen, lequel ayant signé la mesme union, s'estant rendu à Villeneufve, s'estant au préalable saisi de tous les passages de Garonne, jusques a Agen, il vint à Bergerac , lequel il confia entre les mains du mareschal de La Force , auquel il donna ordre de le fortifier, et pour les frais de la ditte fortification , il ordonna qu'il seroit levé un sol pour liuure sur le passage des marchandises de transport ; il lui donna aussy le gouvernement sur S*''-Foy et Clerac. De la il prit la route de Perigueux. Mr. de Bourdeille luy estant venu au-devant jusques à Bordes et le maire de la ville a l'entrée de la banlieue, les deputtés du presidial, le rencontrèrent à une lieue et demy de la ville, à laquelle il arriuua en ceste compagnie le quatorziesme octobre 1651 (1). A son entrée furent tirées deux volées de canon, la musique S. Front l'aiant receu a la porte, le chapitre S. Front estant sorti hors la ville avec la croix ; le poêle luy fut aussy présenté par les consuls^ et on cria en entrant : Vive le roy I et puis : Vive le roy et Mr. le prince ! Ensuilte, il se rendit à l'église S. Front, dans le cœur, ou le Te Deiiiii fut chanté et y presta le serment accoustumé par les gouverneurs. Cela faict, il fut conduict dans l'evesché, ou il fut d'abord complimenté par tous les corps de la ville. I-c lendemain s'estant rendu à la maison de ville, la cloche sonnant pour faire assembler les bourgeois qui n'estoint encore retirés, il feit jurer pareillement l'union, laquelle fut signée par les plus apparens

(Ij Le sieUr Vinconot, receveur des tailles, aurait proposé à M. de Bourdeille d'arreterle priiicie de Condé quand il vint à l'érigueux, et celle entreprise paraissait d'aulant plus facile à exécuter quo M. d'Aiidrault, conseiller an parlement de Bordeaux, placé comme intendant de celle ville, y pi-était la main. [Bibl. de P(-rigueux : Mamiscrils Lapeyre.) — ^'oir aussi ce qu'en dit le-marifuis de Bourdeille dans : Maison de Bourdeille, filiation complète (inb" ; Troyes, L. Legleu, 18U8.)

qui s'y rencontrèrent, après quoy s'eslant retiré après avoir maltraicté le receveur des tailles, il laissa Mr. Andraut (1), conseiller au parlement, pour recevoir les rôles des tailles. Dans le séjour do Mr. la prince à Perigueux, Mr. de Bourdeille feut sollicité d'entrer a son parti, a quoy il s'engagea par traicté, qui fut signé seulement le -21 novembre. Les clauses principalles furent que Mr. de Bourdeille fairoit trois ou quatre régiment , deux de cavalerie et l'aultre d'infanterie, qu'il seroit un des quatre généraux de son armée, lesquelz estoint [ici une ligne a été laissée en blanc) ; qu'il n'entreroint d'aullres troupes en Perigord que les siennes. Le marquis de la Douze [-2) fut associé au traicté en qualité de mareschal des logis et promit de faii'e un régiment de cavalerie et un aultre d'infanterie.

Mar<iiu. géuéral pour M. le iiriuce. arrive à son seeours.

Marsin (3), commendant les troupes de Catalogne pour le roy, bandonna tout ce pais pour seconder les desseins de Mr. le prince,

(!) André d'Audrault, pourvu le 1(3 février 1646 d'un office de conseiller ;iii parlement de Bordeaux en remplacement de son oncle, Joseph d'Andraiill. Pendant l'Ormée, il créa de sa bourse un régiment qu'il commanda. ï'.n 1704, il abandonna sa charge à son pelil-fds M. Le Berthon qui devint premier président. {Statisliquc de la Gironde par E. Ferct.) Altaqué, en lij.")f, par un assassin, il reçut à la poitrine un coup de pistolet, dont la balle alli e'aplalir sur son scapulaire. [iXobil. de Guyenne, II, 31.)

(2) Charles d'Abzac, marquis de La Douze, baron de Laslours, seigneur de Barrière, eut une existence des plus mouvementées. Accusé d'avoir contribué à l'assassinat de son frère Gabriel, il fut condamné à mort, par défaiil. par sentence rendue à Orléans, mais il obtint une sentence d'absolution l'arince suivante. Néanmoins, ayant enlevé sa belle-sœur, la veuve de Gabriel, il fut condamné à être rompu vif par arrêt du parlement, heureusement sui\i de lettres de grâce en 1639. Lors des troubles de la Fronde, il se jeta dans le parti des Princes, puis bientôt servit avec zèle la cause royale : nominé maréchal de camp en 16.50, il leva à ses frais — après s'être échappé par nmforte rançon des mains de Ballazar — un régiment d'infanterie et un (bcavalerie. Il prit, en 1653, le château de Grignols, commandé par Eylier, et fut mis ensuite à la tête de la moitié de l'armée royale.

Il fut cruellement puni par ses enfants, des actions dont il ne put se la\i r. L'un esl l'infortuné époux de Finette de Pichon ; l'autre, le marijuis de Vei-gl, qui, au lieu d'aller porter au roi la soumission de son père, s'empara à main armée du château de Lastours.

(Jharles testa le 11 (aliàs le 120) février 16.59, ayant été marié deux fois ; 1" en 1621 avec Anne-Louise Chapt, fille du marquis de Rastignac ; 2» en 1628 avec Charlotte Tbinon fille de Pierre, lieulenant-général de la sénéchaussée de Perigueux (/•'. P. 115 /^ 4, et 116, i^ 308.) "

(3) Jcan-(jaspard-Ferdinand, comte de Marcin (on trouve les formes Mai • siii et Marcliin), originaire du pays de Liège, entra au service de la France il commanda l'armée française de (Catalogne en 1648. Il subit une détention de treizi' mois à la suite de ses intelligences avec Coudé dont il suivit la forlune. En KJ.")!, il épousa Marie de Balsac, fille du manjuis de Clermont d'Kn Iragues.

Dans la nouvelle édition de Saint-Simon de la collection des Grand."*

et ayant traversé le Languedoc, se rendit à Moissac , qu'il assiégea et prit en faveur de Mr. le prince. Le duc de Richelieu, allié de Mr. le prince, prit Sainctes par l'assistance du comte d'Oignon (i), lequel, peu de jours auparavant, avoil promis à Bourdeaux secours d'hommes et d'argent à Mr. le prince. Le bruict fut grand aussy que l'espagnol avoit aussy donné quatre mille hommes qui se rendirent à l'isle de Ré avec promesse de cent mille escus par mois pour les mesmes desseins, ce qui obligea le roy de se rendre à Poictiers , et le comte d'Harcourt fut choisi pour commander l'armée du roy, le comte de Ribérac (2) s'estant absenté pour ne veoir pas Mr. le prince, quelques troupes furent commandées d'aller loger dans ses terres.

1651. Le second de febuurier 1651, mon frère célébra sa première messe aux religieuses de la Visitation a la Cité.

1651. Mr. Baudon, estant en charge de maire, convertit l'arsenal, proche de la porte de Taillefer, en la saline et le lieu ou estoit la

icrivains de la France, on trouve sur ce Liégeois de très peu de chose une note de M. de Boislisle, renvoyant aux Mémoires de Monglat, de Lenet, de M"" de La Guette, aux Souvenirs du règne de Louis XIV, au Ministère du cardinal Mazarin par Chéruel ; puis un important fragment inédit de Saint-Simon sur le Maréchal de Marchin (IX, p. 30, 31, 354-357.)

(1) Louis de Foucaud, comte de Doignon, gouverneur de Brouage, de La Rochelle, des îles de Ré et d'Oléron, eut une des existences les plus singulières de ce temps. D'abord page du cardinal de Richelieu , puis gouverneur d'Armand de Maillé-Brczé, beau-frère de Condé, il quitta précipitamment la flotte après la bataille d'Orbitello où son chef avait été tué (14 juillet 1G4G) pour revenir en France se saisir de Brouage avant qu'on y connut la mort

de Brézé qui en avait le gouvernement Il vint à Bordeaux offrir ses

services au prince de Condé sous l'expresse condition du bàlon de maréchal de Franco. Son concours ne fut guère utile au prince, ayant refusé de lui livrer son gouvernement comme base d'opérations. Détesté à La Rochelle, il en fut bientôt chassé par le comte d'IIarcourt et dut se réfugier à Brouage, ou il attendit les événements (1G51). Il fit son accommodement avec la cour et fut créé maréchal en 1653.

Il mourut en 1G59, ne laissant que des filles de son mariage avec Mario l'ourrc de Dampierre. L'abbé Nadaud, dans ce trésor appelé Nohiliairc du Limousin, lui consacre une longue notice (II, 47 à 50). Voir aussi les notes de Barry dans l'Histoire de la guerre de Guyenne, par Baltazar.

(2) François d'Aydie comte de Ribérac, vicomte d'Epeluche, seigneur en parlie de Puy-Paulin, de Cadillac, servit en qualité de capitaine dans le régiment de son père au siège de La Rochelle à l'âge de 14 ans, commanda ce i-éginient, dans Cazal, après la mort de Jacques-Louis, son frère aîné, et fut l'un des otages donnés aux Espagnols lors du traité de Gazai. Il servit depuis en Flandre, en Italie et en Guyenne, [Père Anselme, VII.)

Il épousa le 4 mars 1G31 (?) Anne de Raymond, dame de Bellevue, fille de Gabriel, écuyer, et de Jeanne de Raymond; Marguerite de Foix, sa mère, le rlésliérita, en 1G38, jiour avoir introduit dans la maison de Ribérac une personne qui n'était pas assez noble. Il fut enterré à Ribérac le 26 mai 1694, âge de 84 ans. Son fils Joseph-Hcnri-Odct, marquis de Ribérac, mourut sans postérité. [Ms. du Ban de 1689, ann. par A. de Saint-Saud.)

saline fut destiné pour les bouchers, grands ot petits, et les canons avec toute l'artillerie furent conduicts au consulat, ou est de présent l'arsenal, et fut faict un portail pour lez faire entrer et sortir, le tout par arresté public.

.11. le Prince pourvcu du gouvoriieiiieut «io Giiîoiiiic.

IGÔl. Depuis la destitution de Mr. d'b^spernon pour le gouvernement de Guienne, les deputtez de Bourdeaux ayant tousjours faict instance a demender un prince pour gouverneur, Mr. le prince de Condé leur fut accordé ; et la nouvelle n'en fut pas si tost certaine que les habitans de Uourdeaux en tesmoignerent si grand joye jusques a deffoncer les tonneaux dans les rues et à allumer quantité de feux par tous les quartiers de la ville , avec quantité aussi de feux d'artifice. Quantité d'aultres villes prindrent aussy part aux rejouissances de Bourdeaux ; ce fut au mois de may 1651 . On parloit de donner en recompense à Mr. d'Espernon le gouvernement de Bourgogne, qui estoit à Mr. le prince.

1651. Les provisions de l'office de mon père furent obtenues en ma faveur, le -2 de may 1(351, et fus receu en la cour des aydes qui estoit pour lors à Libourne le "22 juin 1651, Mr. Bonnaud (1) estant président lors de ma réception. Mr. Dicquen (2), conseiller, fut mon rapporteur, et preste le serment par devant Mrs. les trésoriers généraux le 26 juin 1651. Mr. de Pontac, le doien et président, me feit prester le serment (3) et fus installé (Mr. de Guillommias, président (4), de la famille de Mr. de Montoson) le 3 juillet 1651.

(1) Jacques de Bonnaud, président en la cour des Aides de Guyenne, était pelit-fils de Jacques de Donnaud, conseiller du roi, receveur-général des flnances en la généralité de Guyenne, reçu bourgeois de Bordeaux en [riHi. Jacques épousa Marie-Madeleine de Gasc(j; ayant rendu au roi de signalés services pendant la Fronde, il souffrit des persécutions et fut ruiné, aussi le roi permit-il à son fils Léonard d'être, en 1656, conseiller en la cour que son père présidait. iXotcs de M. Dast do Boisvillc.)

(2) François de Sauvage, écuyer, seigneur d'Vquem, fils de Jacques, conseiller au Grand-Conseil, épousa Marie de Calvimont, veuve dès 1692. [Noies de M. D. de lioisville.)

(3) Pierre de Pontac, baron d'Escassefort, fils d'Etienne, greffier en cbef dn parlement de Bordeaux et de Catherine de Geneste, mourut san,-< enfants le 24 août 1661, époque ou Biaise do Suduirault le ronqjlara connnc j>remier président de la cour des Aides [Xob. de Guyenno, II, dôô). Pontac soutint contre le parlement une lutte violente et bien en rapport avec ces époques troublées.

(4) <i Jean de Monlozon sieur de Guillanmias de La Tayé « [ou mieux de La Faye], père de (Catherine, mariée à Pierre du Cluzel, fut nommé président en l'Election le 5 juillet 1607 (C. C. et Arch. dép. de la Gif. C, W^O).

Il avait épousé <Jalherine du Beclus, veuve de Jean de Cliillaud, lillc de

1651. 11 s'estoit parlé aussy depuis la sortie de Mrs. les princes de la tenue des Estais, la reine les vouloit tenir à Tours, et Mrs. les princes eussent désiré qu'ils se fussent tenus à Paris pour leur plus grande seurté.

1651. Le quatorziesme novembre ou environ de l'an 1651 , il feit une grande inondation qui fut si grande que elle endommagea fort quelques particuliers des fauxbourgs et mesmes Mr. Duchaine, lieutenant gênerai, qui avoit faict bastir quelques maisons et boutiques depuis ches la Douze lioste jusques aux Recollets, la pluspart desquelles furent ruinées par l'impétuosité de l'eau et ensemble les murelles du cimetière.

[Coguac a«>siog(S 1<^ siège fut levé à raison d'un grand débordement d'eau.

1651. La ville de Coignac, en Angoumois, fut assiégée par les troupes de Mr. le prince au mois de novembre, et dans le mesme mois, le siège fut levé a raison des inondations qui emportèrent un pont que Mr. le prince avoit faict bastir sur la Charente, et par quelque léger secours des trouppes de Mr. de Ilarcourt qui se joignirent à Mr. de Gonzac (1) qui gouvernoit dans le chasteau pour le roy ; et dans la ville de Cognac y avoit nussy quelques volontaires de la noblesse (2) et un maistre de camp de quelque régiment envoie par le roy (3).

Tliibaud, conseiller du roi, cl de J. de Chamhes, et mouriil vers 107G. i.Xoto (lu comte E. de Montozon.) 11 serait le même que Jean de Montozon, sienr des Rocs, conseiller élu en Périgord , fils d'autre Jean élu en 1605, et d'Anne Alexandre, et qui aurait reçu les lettres de provision en remplacement de son père le 29 mai 1G29 ; en 1662, il est dit doyen en rEleclion. [Arch. dfp. de la Gironde. C. 4080.)

A cette époque, le procureur du roi en l'Election (1639 à 1662) se nommait Hclie de Montozon.

(1) Probablement Alexis de Sainte-Maure, comte de Jonzac , fils de Léon et de Marie d'Esparbès de Lussan : il fut lieulcnant-çrénéral de Sainlonge et Angoumois après son père, et premier ccuyer du duc d'Orléans. Il mourut en 1677 ne laissant que des filles de Suzanne de Castellan, (Hainijnet, Biographie Saintonrjeaise.)

(2) C'étaient les sieurs de Blénac , Bellefonds , Rippe de Beaulini, d'Aultion, Saint-Orens, Brémond d'Ars, Chàleau-Chesu»!, Real d'Angeac, des Fontenelles {Histoire de Cognac par l'aijljé Cousin. — Bordeaux, GounouilJiou, 1882 , in-S».)

(3) Voir à ce sujet : Relation véritable de rc qui s'est passé à lu levée du siège de Coianac..., à Paris par les imprimeurs et libraires du Itoy, MDCII.

Majorité du Roy.

Au commencement de septembre, le roy s'estant rendu au parlement, ayant un jour dans la quatorziesme année , suivant l'ordonnance de Charles cinquiesme, fut déclaré majeur en la séance de son parlement à Paris et entouré de ses princes , à la reserve de Mr. le prince, gouverneur de Guienne, et de son frère et de Mr. de Longueville.

luoudatiou.

Le 18 et 10 novembre 1651 feit une aultre inondation presiiuc aust^y grande que celle du 14 novembre, mesme an que dessus.

Prise du Ciiasteau l'Evesque par Sauvebœuf. par iutelligeiicc

seerelo.

16ÔI. Los derniers jours de novembre, par les menées de Mr. Labrousse de Verteliac Cl) et aultres, Mr. de Sauvebœuf fut introduict dans Xontron et y séjourna quelques jours , ce qui obligea Mr. de Bourdeille de mettre sur pied ses forces. Mr. le marquis de La Douze en feit de mesme et s'en vindrent tous à nos portes, roulant dans la banlieue et aux fauxbourgs. Cependant, le 3 décembre, Mr. de Sauvebœuf s'empara des chasleaux d'Agounnac (2) , et y ayant laissé garnison, le 4 décembre s'estant présenté devant le Chasteau Levesque, dans lequel estoit un certain Raspiengens, habitant dudict lieu du Chasteau Levesque, auquel on avoit confié la garde de ceste place ; ncantmoins intimidé par les menasses de Mr. de Sauvebo^uf ou iiaiaultres ordres secrets, il rendit la place au susdit .Mr. de Sauveboîuf, qui estoit accompagné seulement de Mr. de La Beilie , gentilhomme,

fil Tliibaud de La Brousse, fils de Thibaud et d'Anloinelle du Mazc.iii, ccuyer, seigneur de \'ei'teillac, La Pouyade, naquit en lUiO. Cajjilaine de chevau-légers sous le duc d'Angoulêine, il fut anolili en considération de ses services et de ceux de son père par leltres du mois d'octobre ltJ54, contirmécs en juin l<j7L II épousa, le ^2 février 10^7, Bertrande du Chesne, lille de Jean, premier avocat du roi an présidial de Pi-rigueux, et d'Antoinette de Jehan. [F. P. l2o, et Carrés de d'Hozier, 1S7 .]

(2)Agonac, commune du canton de Brantôme. L'évêque en élait seigneur, cl son château était défendu par quatre tours bâties sur la colline d'Agonac, et portant les noms des familles chevaleresques Bruzac, Chabans, Chambar- Ihiac, et Montardit, à qui la garde en était confiée,

et de Ferran de Thiviers (1; et de quelques messieurs de Nontron, qui feirent puis après les forces les plus considérables de Mr. de Sauvebœuf. Pendant ces entrefaictes, les forces de Mr. de Bourdeille se fortifièrent par l'arrivée de huict vingt maistres, commandés par Mr. de Canillac, gentilhomme d'Auvergne (2), et envoies de la part de Mr. le prince ; nonobstant quoy ils ne donnèrent aulcune attaque au Chasteau l'Evesque, qu'un seul jour ou il n'i eut qu'une très légère escarmouche, sans aulcune effusion de sang. Après quoy, les troupes, augmentées des forces que Mr. de Castelnau (3) ammenna , neantmoins ne feirent que rouler et suiuure de loin Mr. de Sauvebœuf, quoyque non pas beaucoup fort. Le jour que le Chasteau Levesque fut rendu, Mr. de Bourdeille se rendit à onze heures du soir à Perigueux, accompagné de Mr. de Beauvais (4), cadet de la maison de Chanterac , et de Mr. de St-Léger, cadet de la maison de la Brangolie(5). Peu de jours auparavant, Mr. de Bourdeille s'estant rendu dans le presidial, il fut tenu un conseil public qui se termina a ce qu'on feroit une très exacte garde, le tout soubs les ordres de Mr. de Bourdeille, lequel fut remercié de ses bonnes volontés et prié de Ise vouloir continuer. Quelques jours après, Mr. de Beauvais, voiant que ceste armée ne faisoit aulcun progrès à l'avantage de Mr. le prince, que on ne reprenoit aulcun des postes tenus par Mr. de Sauvebœuf, quitta l'armée et s'en alla trouver Mr. le prince dans son armée, du cuslé de Xuinctes, et après quelques douze ou quinze jours de séjour,

(1) Maîlre Jean Ferant était, en I(j30, conseiller du roi, lieutenant particulier assesseur, vimier et premier conseiller au siège royal de Thiviers. [Généalogie de Vaucocoiir.)

(2) Peut-être Gaspard de Beaufort-Canillac-Monlboissier , chevalier, seigneur de La Roche-Canillac, fils de Gilbert, vieomle de La Motlc-Canillac cl de Claude d'Alègre, marié en 1048 à Marie d'Aurionz de Crux. (La Chesnaye dea Bois.)

(3) Henri Nonipar de Caumont, marquis de Castelnau, duc de La Force après la mort de son père, né en 1582 , mort en janvier 1G78, pair el maréchal de France. Il avait épousé, le 17 octobre 1G02, Marguerite d'Escodéca, dame de Boisse, fille de Armand et de Jeanne de Coustin de Bourzolles. [Dirt. de Lalanne.)

(4) Franeois de La Gropte, seigneur de Beauvais, lieutenant-général des armées du roi, épousa Charlotte Martel, comtesse de Marennes en Saintonge. Il était meslre de camp de cavalerie en 1649. (F. P. 130.)

fÔ! Antoine Joumard, vicomte de Léger, fds du seigneur de La Brangclic. \o\v la dernière de toutes les notes , elle le coneerne. "^

Des Joumard, la terre de la Brangelie, en Vanxains, passa aux Beynac, ))nis aux Chasteigncr, aux Lostanges, et enfin aux d'.\uga. \'oici comment .M. Sallcix en est propriétaire par succession.

s'en revint en la compagnie de Mr. de Matha (1), cousin gernnain de Mr. de Bourdeille , envoie pour commander, de la part de Mr. le prince, les troupes de Periguord. C'est povirquoy, le 29 décembre, ayant donné rendes vous à leur troupes du costé du Pont-de-Ves i'2). proche de Coulaures, Mr. de Mattra sortit de la ville pour se rendre en ce lieu, comme aussy Mr. de Bourdeille fut de la partie.

DelTeuse de l'abbaie de Chaneclade eoutre les troupes de Sauvebœnf.

Le li ou 15 au mois de décembre, Mr. de Sauvebœuf ayant grossi la garnison de Chasteau Levesque et ayant peine d'i subsister, parce que l'année estoit très disetteuse en bled, il songea de se saisir de l'abbaie de Chancelade (3), et pour y mieux réussir, il feit un gros de cavalerie de deux cent maistres ou environ et de cent fantassins, avec lesquels, le tambour battant, ils se rendirent à Chancelade, derrier le moulin de l'abbaie, croians entrer par la. Les pères et religieux, advertis de leur dessein, qui ne leur pouvoit qu'estre très nuisible, se munirent do quelques gens du parcage et de leur terre au nombre de quelques cinquante, et avec ce peu de secours, en feirent demeurer sur la place dix ou douze cavalier et mesmes des officiers et en blessèrent jusques à une trentene ; ce qui les obligea à faire sonner la retraite et porter les nouvelles de leur deroutte à Mr. de Sauvebœuf, qui s'en estoit retourné d'asses proche de l'abbaie les croians asses forts, ce qui recula les espérances qu'il pouvoit avoir d'entrer dans Perigueux par l'intelligence de quelques particuliers, ce qui ne leur peut réussir, la ville estant préservée de ses embusches par une bonne garde aux portes et murailles.

(1) Charles de Bourdeille, de la branche de Maslas, capitaine au régiment des Gardes du Roi, marie avec Catherine de Nouveau, mort en 1674. Ses trois frères, Henry, François et Barltiélémy, étaient morts dès 1641 au service du roi. (Maison de Bourdeille ; cité ci-dessus.)

(2) Pont-de-Vey, liameau de la commune de Coulaures (oanlou de Savignacles-Eglises), au confluent de l'Ille et de la Loue. (Dict. de la Dard, déjà cité.)

(3) Ctiancelade forme avec Beauronne une commune du canton de Périgueux; c'était une abbaye célèbre fondée en 1128 et appartenant à l'ordre de Saint-Auguslin.

En 1651, l'abbé de Chancelade élail encore le vénérable Alain do Solminiliac, ijuoiiiuc évOquc de Galiors, car il ne donna sa démission d'abi)é «pie le 15 novembre lljôâ. {Dullêtin de la Société archéol. du Péri(/ord, IX.p. ,i53.) Alain de Solminihac naquit au cliâleau de IJéiol le 2;3 novemin-c iù',i:] du mariage de Jean, écuyer, seigneur de Belel, et de Jeanne de Maivjuessac. Il fut pourvn de l'abbaye de Chancelade à 22 ans, fut nommé en 16ri6 évoque de Cahors ou il mourut en KiC'J. [Généal. SolininUtar, par Drouyn.)

Souiiiialiou de M. de Sauvebceiif à Perigueux inutile.

Peu de jours après Tarrivée de Mr. de Sauvebœuf au Chasleau Levesque , ayant dressé deux ou trois squadrons de cavalerie au dessous de Barbadau, croiant diviser la ville et se servir des amis que ;\rr. de Labrousse de Yerteillac pouvoit avoir dans la ville , il envoia sommer la ville par un trompette ; ce qui obligea Mr. de Beauvais de se rendre au corps de garde, le(iuel luy ayant dict de se retii-er, neantmoins estant retourné pour une seconde fois, Mr. de Beauvais luy tira un coup de mousqueton , duquel il tua le cheval du susdict trompette.

Trompeté de DI. de Cauillac reteuii par la gariiiitiou du C'iiasteau

Levesque.

Peu de jours après, Mr. de Sauvebœuf en eut raison, car les forces de Mr. de BourJeille estant sorties avec la compagnie de Mr. de Canillac et du régiment de La Douze, le trompette de Canillac estant allé sommer la place du Chasteau l'Evesque , fut mené prisonnier par quatre mousquetaires et y demeura quelques jours prisonnier, pendant lesquels Mr. de Sauvebœuf songeoit tousjours d'enlever quelque carticr de quelque régiment. 11 en trouva une occasion un matin, un peu avant le jour, ayant surpris quelques compagnies d'infanterie de Mr. de Bourdeille, a un village de Chariervineu, nommé Beiiallac ( I), dans lequel fut tué Mr. de Larivière (2), fils de Mr. Chancel, capitaine d'une compagnie, et menné blessé à la mort dans le petit ventre au Chasteau l'Evesque, ou il mourut et y fat enterré. Canau, cirurgien, pour y aller en seurte, se servit d'une lettre de Mr. de Labrousse de Yertellac qui luy servit de passeport, en la compagnie de Mr. de La

(1) Il faut lire Réjaillac, pelil village de la commuae de Champccvinel, qui csl peu éloigné, en effet, de Chàleaii-rÉvêque. Champcevinel est une commune du canton de Pcrigueux.

(2) Peut-Cire Pierre de Chancel, sienr de La Rivière, marié à Marie du Reclus, et dit mort, avant l(j72, lors du mariage de son llls Gabriel, aveo Jeanne Poulard. {Etat civil de Boutdeilles.)

« La Rivière-Chanccl, capitaine dans le régiment de Bourdeille, se trouva... l'uveloppé dans un méchant poste...; il mourut le lendemain de ses blessures et fut enterré à Château-rLvêque. » (C. C.)

Rivière. Fut aussy blessé à la main, Mr. de Bourgogne 0)^ Je la famille de Mrs. de Montoson.

Rémission du Chastcau l'Evesque entre les mains de Mr. de Foapitou, vicaire gênerai, et puis Mr. le prince y mît Ciialepe en garnison, avec un de ses gardes.— Procez verbal de Testât du Cliasteau I.evesque.

Le '21 décembre, par ordres du conseil ou autres ordres secrets' les prisonniers du Cliasteau l'Evesque estant sortis un jour de devant, Mr. de Sauvebœuf avec Mr. de Labrousse quittèrent le Chasleau Levesque, ensemble la garnison d'Agonnac s'y estant joincte, ils prindrent la routte de Nontron pour de la se rendre en cour. Il fut commis quantité d'actes d'hostilité dans le Chasteau Levesque, jusques à se battre en duel dans l'église et à y faire mesmes des ordures, y tuer du bestail, boire dans les calices, voler les ornemens du preslre; enfin, les habitans du lieu, qui y avoint réfugié tous leurs viuureS; les perdirent et furent à la faim et grande nécessité. Le 28 décembre, Mr. de Fonpilou , vicaire gênerai, après la sortie de Mr. de Sauvebœuf avec Mr. Montoson, advocat du roy, se rendirent dans le cliasteau pour veoir ses espouvantables desordres et faire faire procès verbal de Testât du chasteau. Le 29, Mr. de Ferrières, lieutenant particulier, accompagné de Mr. de Fonpitou et de Mr. Montoson, advocat du roy, commissaires, y retournèrent pour travailler au susdift procès verbal et inventaire.

Deputation secrète «levers Mr. le prince.

La ville de Perigueux , aprehendant ces desordres ou plustot les particuliers qui avoint signé l'union de Mr. le prince , deputlèrent Mr. Moisson (21, advocat, devers Mr. le prince pour l'informer de ce qui se passoit dans la province et dans la ville, et que le gênerai d'icelle ne se separeroit de son service et pour reclamer sa protection et assistance, lacjuelle deputation depleut à Mr. de Oourdeille, craignant qu'on ne parlast de luy.

(2) François Moisson, avocat, épousa Jeanne Loiivic, le 2ii mai K'/Ki, doiu Aaue, née en 1047. [A'otc de M. Hardy d'aprijn Ica A. M. P., GO. ùô et 56.)

Cessation des serinous des advenfs.

1051. En mesme temps, au mois de décembre, les sermons cessèrent dans S. -Front a cause de la deffiance des bourgeois qui aprehendoient le dedans et le dehors, et n'en fut faict que trois ou quatre. Un jour de ce mesme mois, Mr. le juge criminel receut(l) une lettre d'un certain Francpalais, quiestoit en la compagnie de Mr. de Sauvebœuf au Chasteau l'Evesque, laquelle il ne voulut ouvrir et Tapporta à M. de Bourdeille. Cette lettre tendait a descouvrir le sentiment de la ville sur les affaires du temps et pour avoir une response, laquelle fuj faicte par le maii^e que nous estions très bons serviteurs du roy, mais que nous ne recognoissions personne pour entrer dans la ville. La ville se maintint dans cette resolution et dans la continuation de la garde .

1652. Mr. le Prince vint dans caste ville pour une seconde fois, le 25 janvier 1652, et fit son possible de reunir tous les habitans dans les intérêts de Testât pour la conservation du roy et de la sienne, feit commandement a Chalepe de conserver le Chasteau l'Evesque et de périr plustot que parlementer ou le rendre, la ville fournissoit toujours pain de munition. Ce qui avoit effraie Chalepe, estoit la seconde arrivuée de Mr. de Sauvebœuf qui rodoit aux environs de la ville, depuis quelques jours, avec trois ou quatre cent cavaliers et quelques compagnies d'infanterie, et tachoit de passer la rivière pour aller inquiéter le parcage ou se joindre avecMr. le comte d'Harcourtquifaisnit aprehender à Perigueux le siège. Ceque voiantMr. le prince, avant son arrivée, envoia en ceste ville le marquis de Chanlost (2) pour porter

(i) Nicolas d'Alesme, juge criminel, fui nommé maire de Perigueux en 1648. 11 était fils de Martial d'Alesme, lieutenant criminel, décédé en 1647, et (l'Anne de Chalup. (C C). Par sa sœur, Anne d'Alesme, femme de Jean Chevalier, écuyer, sieur de Cablanc, il était oncle de Joseph Chevalier, rcuyer, seigneur de Cablanc, Saint-Mayme, Puygombert, etc., auteur de V Histoire de la ville de Perigueux, encore en manuscrit (que nous avons citée souvent dans nos annotations), dont le tome III seul est à la bibliothèque de la ville de Perigueux.

(2) Louis-Hilaii-e de Piédefer, chevalier, marquis de Chanlost, « premier olïicier de Monsieur le Prince, mareschal de camp dans les armées du Roy » (A. M. P., GG. 59), était fils de François de Piédefer et de Catherine de Châteauneuf. Il avait épousé, en 1646, Catherine Durand de Villegagnou. [Bib. Nat. Piiices originales, V. 2270. Piédefer). Il fut tué à la reprise de Perigueux en septembre 16.'î3, à la porte de la maison du sieur Bodin [Recueil des titres). Bien que ce Heeueil, et un manuscrit conservé à la biblio-

les habitans à prendre une garnison et mesme d'accepter le régiment d'infanterie de Mr. de Bourdeille, a quoy les habitans insistèrent et aymèrent mieux deputter devers Mr. le prince pour luy protester de nos obéissances et scavoir par sa bouche ses volontés. Ces rumeurs du siège de Perigueux s'augmentans, Mr. le prince îeit cognoistre a la ville qu'il estoit important pour la seurlé de prendre des forces. C'est pourquoy le régiment de Bourdeille entra dans la ville, et le 28 janvier le régiment de Condé vint aussy à Perigueux pour le defîendre. Le régiment de Baltasar vint ensuilte pour contrequarrer les desseins de Mr. de Sauvebœuf et, a mesme qu'il fut arrivé et traversé la ville, on advertit Mr. de Baltasar (Il que Mr. de Sauvebœuf n'estoit

ihèque de Perigueux (portefeuille X\ semblent l'idenlifler avec le sieur de La Roque-Gassionr Chevalier fie Cablanc, en parle cependant comme de deux personnages distincts. \'oici ce qu'il dit de ce dernier : « La Roque Cusson, autrement nommé La Roque Gassion, parce qu'il avoit servi longtemps et avec réputation sous ce maréchal, et qui éloil lors lieutenant-colonel au régiment de Raithazar.» M. Charles Barry, dans ses notes sur Raltazar (p. r>8) parle de ce colonel La Roque comme ayant été en garnison à Périgueux. — Du reste, il y eut un régiment nommé de La Boquc Cusson, appartenant à noble Jean de Lamouroux, écuyer, sieur de La Roque, (ils de Jacques et de Jeanne de Mirandol, marié à Damaris de Vivant, veuve dès 1606. {Notes du vicomte do Gérard.)

(1) Jean Raltazar ou Ballhazard, (fils de Jean Ballhazard de Gacheo, capitaine des gardes du corps de l'Electeur Palatin, Frédéric V, tué à la bataille rie Prague en 1620, et de Marguerite de Rahire), était né à Simmeren en 1600. Il commença à porter les armes sous Gustave-Adolphe, roi de Suède, et le grand-duc Rerncrd de Saxe-Weimar. Après la première bataille de NordHngen (1634), il cpiitta l'armée Suédoise et vint en France au service du roi, soit^qu'il y fut attiré par M. Gassion, depuis maréchal de France, soit ((ue la réputation du colonel Raltazar son grand-oncle, maréchal de camp tué à la bataille d'Ivry (1590), lui en eut ouvert le chemin. Il servit d'abord en Picardie, puis en Roussillon et en Catalogne, sous les ordres du niaréchal de Rrézé, en 1641, et du maréchal de La Meillernye en 1642. Comme lieutenantcolonel du régiment d'Alais, il fut envoyé au secours du maréchal de La Molhe-Houdancourt, et contribua â la prise de Collioure et à la victoire de Lérida. Il resta en Catalogne jusqu'en 1647, année où il servit sous le grand Condé, et fut nommé maréchal de camp. Le 25 juillet 1648, il épousa Madeleine de Brignac, lille de François de Rrignac, baron de Montarnaud. En novembre 1671, il se décida, paV suite des mécontentements qu'il avait essuyés de la part de la cour, à rejoindre en Guyenne son régiment qui avait suivi Marsin. Il s'y rendit fameux dans plusieurs combats sous le prince de Condé. A la paix de Bordeaux, il parvint à obtenir du duc de Caudale un traité Jort avantageux, puisqu'on l'envoya en Catalogne pour y servir en qualité de lieutenant-général sous le prince de Conli et en chef en son absence pendant la campagne de 16.">4, dans laquelle il se signala par de brillants faits d'armes. Dans les années suivantes, il fut envoyé extraordinaire du roi dans les cours de Brunswick et Lunebourg pour y négocier la paix, laquelle étant faite, Charles-Louis comte électeur palatin du Rhin, l'engagea, avec la permission du roi, d'entrer à son service et le lit gé-néralissime de ses troupes et son ministre d'Etal en 1657. Après la paix de Nimèguc, il se serait retiré du service pour habiter en Suisse sa baronnie de Prangins, où il serait mort en UJ«8. liih. Aat. ; />yS5/Vr5 hieus, Vol. 54.) Il a écrit une histoire do la

pas loing, ce qui l'obligea de prendre sa marche du costé de Chancevineau. Et, en effets assez proche de la et sur le chemin, il rencontra l'infanterie de Mr. de Sauvebœuf, laquelle fut aysement taillée en piesses par M. de Baltasar qui n'en peut faire de mesme de la cavallerie. Mais neantmoins la ville ayant esté advertie du combat de Mr. de Baltasar et de la cavallerie de Mr. de Sauvebœuf composée de quatre gquadrons, y envola soudain quelque infanterie par le secours de laquelle, et à sa faveur, Mr.de Baltasar rompit presque toute la cavallerie, fcit beaucoup de prisonniers, et en demeura sur la plasse trente ou quarante de morts ou environs. La plus grand part de leur bagage fut aussy enlevé, du bestail mesme qu'ils avoient pris (1). Enfin Mr. de Sauvebœuf fut poussé jusques à Sept-P"ons (2) qui est [à] une lieue de la ville. Cependant, la ville par les soings et ordres de Mr. de C.hanlos, qui avait commencé à fortifier ses dehors, continua de se renforcer par la vigilance des habitans et par leur travail pour se disposer à repousser leurs ennemis. Tous les habitans affectionnes au parti de Mr. le prince eurent une grande joye de cette defFaicte et le régiment de Baltasar logea dans la ville le soir. On creut que M. de Sauvebœuf, auquel on avoit faict affront à Chancelade peu de jours auparavant, luy ayant faict demeurer sur la place douze ou 14 cavaliers et blessé beaucoup d'aultres, vouloit avoir raison de cette déporte y allant plus fort que l'aultre fois. Peu de jours après, Mr. Marsin tailla aussy en piesses la plus grand part des forces que Mr. de Biron avoit mis sus pied, qui consistoint en deux mille hommes de guerre ou environ, et mesme dans le combat rendu aux

iiueiTo de Guyenne, dont le lexle authentique a été publié et annoté par CL. han-y. (Bordeaux 187G).

M. de Cosnac, dans ses Souvenirs du règne de Louis XIV, prétend que B;illazar n'est qu'un nom de guerre et que le véritable nom du colonel est Jacques de La Croix. L'origine de ce renseignement nous étant donnée par ^L de Cosnac, nous avons voulu nous en rendre compte par nous-mêmes. Nous' avons pu nous convaincre qu'il ne s'agissait pas de noire héros, mais d'un certain Gabriel Balthazard (vulgo : Jacques de La Croix) nommé le rijuillcl 1653 à l'office de prévôt pour l'exercice de la justice près et à la suite de M. le maréchal de Grancé. Celte place eût été indigne du grand capitaine auquel l'armée des Princes était redevable de ses succès en Guyenne. [Arch. du ministère de la guerre, vol. 138, f" 329.)

(i) Baltazar — , après avoir pris tout le bagage du marquis de Sauvebœuf et de ses troupes qui s'étaient enrichies de pillage...., fit porter ce butin dans la place de Périgueux, ou, ayant fait appeler les habitants à son de trompe, il leur dit qu'il savoit bien que ce butin étoit composé des dépouilles du pauvre peuple...., que cliacun put reconnoîlre et reprendre ce qu'il reconnoitroit à lui. (Notes de M. Villepelct d'après un ms. appelé : Défaite des tr'Aippes du sieur de Biron.)

(2) Hameau de la commune de Trélissac, qui eM du canton de Périgueux.

— dl —

environs de Villercal d), mons. de Biron {i) y fut blessé à la teste et se sauva ayant contrefaict le mort.

[On lit en marge en quatre endroits de ce long paragraphe] :

Arriuuée de Mr. le prince en ceste ville. — Garnison de Mr. le prince du régiment de Condé du consentement des habilans, du régiment de Bourdeille. — Le lieu du combat [entre Sauvebœuf et Baltasar] s'appelloit à la Combe des Dames (3). — Victoire de Mr. de Baltasar sur Mr. de Sauvebœuf, lequel dormit avec beaucoup d'aprehension dans l'église de Tralissac.

Arrivée de Mr. le eonilc d'Harcourt en Perîguord . niesmes à Bourdeille. — llr. de Bourdeille, a l'arriuuée de Ulr. le eouite d'Harcourt, quitta la province.

Cependant Mr. le comte d'Harcourt , tesmoignant avoir quelque pensée pour venir en Periguort, séjourna pourtant au port de Parcou (4), en Angoumois, douze ou quinze jours, après quoy il despescha un trompeté pour sommer la ville de Perigueux à luy bailler passage dans la ville, ce qui luy fut refusé, et on travailla continuellement aux fortifications et demy lunes. Dix ou douze en nombre furent dressées par l'ordre de Mr. de Chanlost, commandant tousjours pour Mr. le prince, auquel temps furent aussy démolies toutes les

(1) Villeréal, chef-lieu de canton de l'aiTondissemenl de Villeneuve-sur- Lot, bastide fondée au xiii» siècle. (Tarde, Chroniques.)

(2) François de Gontaul, marquis de Biron, lieutenant général des armées du roi, mort le 13 mars 1700, âgé de 80 ans. Il avait épousé : 1° Elisabeth de Cossé, tille de François duc de Brissac et de Guyenne de Ruellan ; 2° Béatrix Le Dour. [Moréri.)

(3) La Combe des Dames, petit hameau de la commune de Perigueux. Baltazar est très bref sur ce combat.

(4) Il faut lire : pont de Parcoul.

Parcoul, ancienne sénéchaussée de Sainlonge, dont il fut même le chef-lieu pendant quelques années au moyen âge, est une commune du canton de Sainte- Aulaye (Dordogne), tout à côté de l'Angoumois. François I"', qui possédait celte paroisse el son château, comme seigneur foncier direct, les donna en échange en 1523, à François Green de Saint-Marsaull, sénéchal du Périgord. (Arch. du cln'it. de l'arcoul.) Les ponts de Parcoul (ainsi les désignent les manuscritsi ont servi maintes et maintes fois de passage aux troupes qui se rendaient d'Angoumois en Guyenne : on voit encore sur la Dronne leurs ruines pittoresques.

Le duc d'Harcourt établit son camp à La Roche-Chalais, à 6 kilomètres au sud de Parcoul; il s'y trouvait le 1" février 1052. (B. N., Carrés de d'I/ozier, vol. 'JiJ3, p. 170; note de M. de Gérard.)

maisons voisinnes de la porte de Taillefer, sans que personne en murmurast ouvertement. En ces entrefaictes , Mr. le comte d'Harcourt, pour augmenter la terreur que les habitans pouvoint raisonnablement avoir du siège, se rendit à Bourdeille le 4 de febvrier 1652 avec toute son armée, consistant par bruit commun en trois ou quatre mille vedettes et deux ou trois mille hommes de pied. Partie desquelles trouppes s'en allèrent a Brantôme (1), l'aultre partie fut envoyée à la Tour Blanche (2) et a l'Isle (ïî), après avoir faict séjour pendant dix sept jours aux susdicts lieux et consumé la plus grand part de leurs viuures et fourrage et commis quantité d'actes d'hostilité, mesme en la personne des curés et de leurs églises, forcé filles et femmes mesmes dans les lieux les plus saincts qu'ils avoint convertis en escuries et boucheries et bordels ; comme il veid que Perigueux ne demordoit point du parti du roy et de Mrs. les princes, il prit resolution d'aller veoir le Sarladois. C'est pourquoy ayant passé sur le pont de Ves et de Torrasson, il arriuua à Sarlat le 26 de feburier avec quelques 50 ou 60 de ses gardes et en partit le lendemain, jour de dimenche. Mrs. de Sarlat leur feirent grand accueil et changèrent de parti en sa faveur a cause de la nécessité et présence de son armée qui passa tout contre Tourville.

Escarinouclies de Baltasar sui> des froiipcs de Mr. le eomlc d'Mareourt.

Pendant le séjour que Mr. le comte d'Harcourt feit à Bourdeille, le régiment de Baltasar, qui s'estoit desja saisi du chasteau de Grignols, se meit souvent en parti et leur enleva beaucoup de prisonniers en divers rencontres et mesmes du régiment de Crequi, proche de Lisle. Ces prisonniers furent eschangés. Mr. de Pontac

(1) Canton de l'aiTondissemcnt de Perigueux, célèbre abbaye doni la fondation, dit-on, remonte à Charlemagne. On a publié beaucoup de choses intéressantes sur cette abbaye et sur plusieurs de ses abbés , notamment sur Pierre de Bourdeille, dans le Bulletin de la Société hist. et avcli. du Péri- <jord.

(2) Châtellenie de l'Angoumois , enclavée en Périgord , et relevant de l'évêché de Perigueux. M. de Bourdeille en était baron. C'est maintenant une commune du canton de Verleillac, arrondissement de Ribérac.

(3) Lislc, commune du canton de Brantôme. Les Fumel et les Pressac, comme successeurs des Lioncel, possédaient celte baronnie nar indivis.

Langlade (1), de Bourdeaux, fat aussy pris par Ballasar au mois de febviier 1652, et de la noblesse, Mr. de Frateau (-2) et Mr. de La Devise (^;!i qui furent mis a rançon et puis eslargis.

Aîftoîre <le Mr. le priui^e suv II. do S. Luc.

165:2. Le vingt et troisiesme de febvrier, il y eust aussy grand combat entre les troupes de Mr. le prince joinct avec celles de Mr. de Conti, son frère, contre les troupes de Mr. de S. Luc. La rencontre de la bataille fut entre Agen et Leictoure (4) ; les troupes de Mr. de S. Luc estoint de près de quatre mille hommes, lesquelles furent taillées en piesses et beaucoup de prisonnier faicts, et Mr. de S. Luc fut poussé jusqu'à Leictoure. En ce mesme temps, quelque Mr. de Poiannez (-d), accompagné de quatre ou cinq cents

(1) Gabriel de Pontac, soigneur d'Aiiglade, Foureas, etc., commandant de 100 liommes d'armes, demeura fidèle au roi pendant les troubles de la Fronde, et servit utilement, en 1645, le duc d'Epernon, aux troupes duquel il facilita les moyens de se servir du château de Vayres. Condamné à mort et exécuté en effigie, il s'enferma dans son château d'Anglade, véritable place forte, construite près du bourg d'Izon, sur les bords de la Dordogne. Gabriel de Pontac échappa de la sorte au courroux des Bordelais. Il fut tué par la suite en faisant, à la tète de ses vassaux, le siège de Villeiieuved'Agen, pour remettre cette ville sous l'autorité de Louis XIV. On l'accuse aussi d'avoir fait la guerre pour son propre compte. Il avait épousé Marguerite Ferrou de La Pe\-viève.( Histoire du parletacnt^par Boschcron, et Nohil. (h Guyenne, II, 359, déjà cités.)

(2) François Grimoard, écuyer, sieur des Jonies, ou plutôt son frère Jean, écuyer, sieur de Frateaux, nommé maréchal de camp en 1652. Il avait épousé, le 9^iîtai-1651, Charlotte de Villoulrcix. (F. P. 14i.)

(3) Noël-François Juilhot, chevalier, seigneur de La Devise, baron de Caziilac, fds de Bertrand, chevalier, seigneur des mêmes lieux, gentilhomme de la chambre, et de Jeanne de Foumartin, épousa Marie Gillet, et mourut en septembre 1682. Le fief de La Devise, dans St. Barthélémy de Bellegarde, I)assa, par le mariage de Mario Juilhot, en 1722, à sou époux Jean-Paul Déalis de Saujean, écuyer, dont les descendants le possèdent encore. (Généai. Juilhot en ms., par A. de St-Saud.)

(4)- C'est le fameux combat de Miradoux sur lequel on a tant écrit soit au XVII" siècle (plusieurs récits spéciaux sont indiques dans le Catalogue de la Bihliolbhque nationale. Histoire de France), soit de notre temps (Revue de J'Agenais, Ilevue de Gascogne, etc.), sans parler des page.'i écrites par des plumes telles que celles de Victor Cousin et du duc d'.\umaic.

(5) C'était Henri de Baylens, marquis de Poyannc, chevalier des Ordres du roi, lieutenant-général pour le roi en Navarre et Béarn, gouverneur de Dax, Navarreins et Saint-Sever, sur le(|Uol, comme sur tous les Poyanne, il faut citer surtout les savantes études de M. le chanoine Jules de Carsalade du Pont, secrétaire-général de la Société des .\rchives historiques de la Gascogne, notre confrère de la Société archéologique du Pèrigord.

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hommes de guerre, fut repoussé par ceux du .Mont-de-Marsan en Gascogne.

Forces de Mr. d'Harcourt prétendues desfaictes.

M. le comte d'Harcourt qui, après avoir passé à Sarlat et passé la Dordogne a Doume (1) pretendoit se joindre avec les forces de M. de Biron, si pluslost elles n'eussant esté desfaictes, et avec les troupes de M. de S. Luc et faire un corps d'armée asses considérable, d'onze ou douze mille hommes, pour pousser Mr. le prince.

Combat d'Angers et bon succès de Mr. de Roban.

Des que la roine et le roy eurent quitté Poictiers , leurs majestés se rendirent à Saumur accompagnés du cardinal Mazarin pour se disposer au siège d'Angers qui refusa de recevoir le roi qu'avec sa maison, Mr. de Rohan ri) estant dans le chasteau d'Angers, après qu'il se fut saisi, pour le parti des princes, du Pont de Gé. Les troupes du Mazarin et le fils de Mr. d'Hoquincourt (3), gouverneur de Peronne , assiégèrent Angers et commencèrent l'attaque par le fauxbourg, duquel pourtant ils furent repoussés avec huict cent hommes de perte et le susdict fils de Mr. d'Hoquincourt demeura mort sur la place. Le fils de Mr. de Grancey (4) fut aussy blessé à mort après ce bon succès pour Mr. de Rohan et la ville d'Angers ; ils receurent encore secours de quatre compagnies de cavalerie et

(1) Domme, canton de l'arrondissemenl de Sarlat, ancienne bastide fondée eu 1282 par Philippc-lc-Hardi, qui acheta cette colline à Guillaume de Domme, damoiseau, dont la famille continua à posséder Dommc-Vieille. (Tarde, Chroniques : Annotations de Gérard.)

(2) Henri de Chabot avait épousé, en 1645, la fille unique de Henri, premier duc de Rohan, et de Marguerite de Bélhune, appelée, comme sa mère. Marguerite, et il avait ajouté le nom de Rohan au nom de Chabot. Plusieurs, au lieu de dire Rohan-Chabot, disaient tout simplement Rolian. Avant d'être duc de Rohan-Chabot, Henri était connu sous le titre do sieur de Sainle-Aulaye. Voir, sur sa femme et sur lui, la peu édifiante historiette de Tallemant des Réaux : Mesdames de Rohan (t. III, p. 410-471.).

(3j Jacques de Mouchi, seigneur d'Inquessen , fds du maréchal d'Hocquincourt et de Louise d'Estampes, tué au siège d'Angers, l'an 1652. (Moréri.)

(4) Un fds de Jacques Rouxcl de Mcdavy, comte de Grancey, gouverneur de Monlbéliard, de Graveline, de Thionville, maréchal de "p'rance (1<J51), mort à Paris le 20 novembre 168U, à l'âge de 78 a-is.

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quelques d'infanterie que Mr. d'Orléans leur envoya, ce qui les feit résoudre a tenir tousjours bon pour le parti des princes contre le Mazarin.

Fuitte de certains liabitaus de la ville.

165'2. Des que M. le comte d'Harcourt sembla menasser Perigueux de siège par ses approches à Bourdeille (1), certain nombre d'habitans se trouvèrent absens de la ville, les uns couvrans leur fuitte d'aprehensiou, les aullres furent contraincts de sortir par les ordres du commandant pour Mr, le prince, d'aultres se retirèrent n'approuvans pas peut estre le parti des princes et estans de contraire parti. Il y en eut quelques uns de taxés et la taxe ne fut generalle.

Vœu de la ville de Perigueux pour la conservation de la banlieue.

I(3rr2. Le 1 de mars 165'2 toute la bourgeoisie de Perigueux, veu les maux généraux qui accablaint la province et la ville, particulièrement menassée de siège par Mr. le comte d'Harcourt, prit resolution de faire un vœu gênerai pour la protection de leurs familles et pour demander a Dieu la cessation de ses fléaux. Depuis le mois de febuurier, les deux chapitres assemblés à S. Front à la fin de l'office chantoint tous les jours en procession les litanies des saincts. Enfin, pour estre plus pleinement exaucés, le premier jeudy de mars auquel la communion generalle avoit esté indicté en présence du marquis de Chanlost, gouverneur })Our Mr. le prince de la ville, de Mrs. du presidial, des maire et consuls, et de Mrs. les bourgeois, et de Mrs. des deux chapitres, la messe fut chantée à l'honneur du S. Sacrement. Et à la fin d'icelle, Mr. Faiolle, chanoine de S. Front (2), feit la lectui'e du vœu faict à Nostre Seigneur, résidant au très

(1) Bourdcilles, commune du canton dcI3ranlôme. Celte imporlanlc seigneurie, qualilicc auxviodu tiirc d'une des quatre baronnics du Péi'igord, appai-tunail di'S le commencement du xin« siècle aux comtes de Férigord. .Vlaiii d'Albrcl, conile de Perigord, la vendit, malgré sa femme, le 14 févner 1480, pour 4,000 écus d'oi-, à Fran<;ois de l?ourdcille, dont les descendants en possèdent encore le cbàleau. lArch. <lo[). de lu fiiroinlo, C. -^ji^liiJ.)

L'n pa>san des environs do Bourdcilles , qui se faisait appelci- : /e petit lifilt^znr, allaqua liourdeilles, le prit, et Cdianlosl lit capituler la garnison et y mil « .Saint- Aubin, l'un des plus braves et anciens ofliciers de M. le prince. » (C. 6'.)

(2i Jean Fayolle, chanoine cl oflicial du diocèse, lesla le 0 aoi'it l(J8r>, jaissaul sa fortune ù mailre Pierre p-ayolle, avocat, son neveu. '.\. D. I .)

adorable sacrement de l'autel, et à la bienheureuse Vierge Marie, sa mère, à S. Anne, nostre libératrice, à S. Estienne,àS. Front, nostre apostre et patron, à S. Joseph, espoux de la Vierge, au bienheureux François de Salles lorsqu'il seroit canonisé, avec promesse de faire certaine procession à toutes ses églises auxquelles on feroit station particulière, et mesmes à Nostre Dame de La Garde et aux Augustins, à raison que l'autel de S. Joseph est érigé dans leur église. Oultre ceste procession, on résolut d'aller tous ensemble à la chapelle de Nostre Dame des Vertus (1), à laquelle on résolut d'offrir jusques à deux cent cinquante liuures en réparations pour la chapelle ou aultrement. On promit de plus de faire faire un tabernacle à l'honneur du très S. Sacrement à S. Front de l'argent qui fut amassé par toute la ville pour ce subject.

Alexandre Godefroy créé gênerai des Jesuittes.

Au commencement de l'an 5'2 ou sur la fin de ùl , Alexandre Godefroy, romain, fut créé gênerai des Jesuittes et fut créé en sa place le R. Père Michel de Cologne, aagé de 70 ans {i).

Siège du chasteau de Lardiniarie.

M. de Ghanlost, establi gouverneur dans Perigueux pour Mr. le prince, désirant faire souslever toutes les paroisses en faveur des princes, feit sonder la terre de Mr. de Lardimarie (3), laquelle ayant

(t) Notre-Dame des Vertus est une chapelle près de Perigueux, « distant d'une lieu de ceste ville, » dit Le Livre Vert, oii l'on se rendait en pèlerinage. N.-D. de Sanilhac, commune du canton de Saint-Pierre-de-Ghignac, mais proche de Périuueux, se nommait aussi N.-D. des Vertus. (Noie de AL Hardy.)

(2) Le R. P. Alexandre Gotlifredi , italien , fut général de la Compagnie de Jésus du 21 janvier 1652 au 12 mars suivant; il mourut durant la Congrégation générale (jui l'avait nommé. Le Ménologe mentionne son zèle, sa force d'àme et son esprit de prière. Il fut remplace par le R. P. Goswin Nicliel, ancien provincial du Bas-Rhin, qui fut général de Uiô2 jusqu'en 1(3(34, date de sa mort à Rome. Sous son généralat, après cinquante ans d'exil, la yociélé de Jésus fut rétablie dans la République de Venise. {Bensciijncments du R. P. A. Denjoy, Jésuile.)

(S) Henry de Foucauld, chevalier, seigneur de Lardimali.e , .A.uberoche, l'ut orphelin de bonne heure. 11 était lils de Jacques, baron d'Auberoche, et de Marie de Calvimont. Quoiqu'à peine âgé de i'3 ans, il défendit vaillamment Lardimalie avec le secours de son oncîc, François de Foucauld, seigneur de

feict reffus de se joindre au pareai;e, M. le gouverneur susdi(jt, après avoir asseml^lé la plus grand part du parcage et quelques uns aussy des terres du marquis de La Douze, se résolut à assiéger le chasteau de Lardimnrie (1), dans lequel Mr. de' La t'aie d'Auriac (i), oncle du seigneur et héritier du chasteau, avoit faict mettre cent cinquante fusiliers. Xeantmoins, la nuict du 13 mars, tout ce gros de dix ou douze cent hommes estant parti avec quelques soixante chevaux de la ville ou de la garnison de Condé et d'aulti'es habitans, le siège fut posé devant le chasteau et y ayant mené un des petits canons de la ville, après le refus qu'il feirent de remettre le chasteau, il y fut tiré douze ou quatorze volées de canon, ce qui obligea le commandant de ce chasteau, avec les soings aussy d'un gentilhomme du marquis de La Douze envoie exprès pour les obliger a remettre le chasteau a Mr. de Chanlost, a capituler aux conditions que Mr. de La Faie sortiroit du chasteau et que le chasteau seroit remis entre les mains de M. de Galvimont (3), oncle aussy du seigneur de Lardimarie, pour le faire offrir par le jeune seigneur de Lardimarie à Mr. de Chanlost et ensemble toute sa terre pour se joindre à tous ceux qui prendroint le parti de Mr. le prince; et par cette capitulation, le chasteau ne fut gueres endommagé par le canon et ne fut point pillé. Ce qui ne fut executté, La Faye estant rentré dans le chasteau pour soustenir son premier parti contre celuy des princes.

La Fayc. ilUbl. de la ville de Périguciix , niss. Lapcyrc, carton xiii.i II épousa", le :2i avril 1658, Suzanne de Losse, fille de Jean baron de Losse et de Jeanne de Monlaut- Bénac. Il fut capitaine de chevau-légers, et mourut avant 1710. [Courcellcs, généalogie Foucaiild.)

(Il Lardimalie , château situé dans la commune de Saint-Pierre-de- Ctiignac, à l'est et non loin de Périgucux. Les Foucauld le possédaient encore au commencement de ce siècle.

(â) Franf;ois de Foucauld, écuyer, seigneur de La Faye d'Auriac par sa femme, était fils d'Henri, seigneur de Lardimalie, et de Lucrèce de Saint- Astier, et ainsi oncle du jeune Henry. Chevalier de Cablanc raconte que M. de La Kaye d'Auriac « oncle du seigneur de Lardimalie incommodoit fort les paysans el l'aisoit des courses jusque dans les portes de Pei'igueux. » Il avait épousé Catherine Arnal, dame de La Faye et d'Auriac (fille d'Antoine, écuyer, et de Françoise de Sanauxt, qui lesta le ti mars ltj55. [Bihl. nat., Cliévin 7H el minutes de Boisset, notaire royal à Montignac.) II vivait encore en ItiSïj. (ficgistres paroissiaux d'A urioc . )

■Si Probablement Charles de Calvimont, ciirvalier, seigneur de Motilagnac, époux de Jacquetle de La Lanno, et (jui dérendil, en l(j53, Casiillon avec la compagnie qu'il conimandail. H ('lail lils de Marguerite de Lansac-Hoquetaillade. Son père Jacques, baron des Tours de Montaigne, s'étanl remarié en 1(544 avec Marguerite de Ségur Pitray, il ne ])eul y avoir hésitation qu'entre lui el son frère aîné Léon, marié en KJriô avec Marie de Beynac. (''^aint-Allais, généalogie Calvimont.)

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