I. Saint-Eloi
sa cordiale charité luy a\noieiit acquis l'estime, l'amour et la confiance de toutte la communaulté. Si le bon Dieu ne nous l'avoit pas retirée en l'autre monde, comme elle étoit capable de tout et propre à tout, elle auroit eu une des plus considérables charges du couvent, puisqu'elle avoit réussy des mieux dans celles où elle a esté emploiée comme il se voit par sa lettre circulaire.
Le dimanche neufiesme juillet M VP soixante-treize, jour auquel fut chanté en la cathédrale en cette ville en la présence de la reine et de touttes les dames de sa cour le Te Dcum pour la prise de Mastricq en treize jours sur les Hollandois par Louis XIIII, roy de France, commandant son armée, est née Anne-Françoise d'Aguesseau, ma fille aisnée, qui fut baptisée le lendemain dixiesme dans l'esglise de Sainct-Michel; son parrain, M""* d'Aguesseau, mon père; sa marraine, madame la présidente de Haille, ma bellemère, qui luy a donné ledit nom d'Anne-Françoîse.
Le vendredi vingt-neufiesme de septembre, madame la présidente de Haille, ma belle-mère, est morte à deux heures du matin après une maladie de cinquante jours, dans laquelle elle a souffert de grandes douleurs. C'estoit une personne d'un mérite extraordinaire, charitable, vertueuse, bonne et parfaitement aymable, estimée de tous les gens d'honneur et de bien. Sa vie exemplaire et sa mort sainte et douloureuse sont marques qu'elle est dans le ciel. Ceux qui l'ont assistée sur les derniers jours qu'il a pieu à Dieu nous la retirer comme un bon fruict meur pour le bonheur éternel ont eu sujet de croire que son âme jouit d'un repos qui ne finira jamais. J'ay esté sensiblement touché de cette perte.
Le dimanche seiziesme septembre mil six cens soixante et quatorze, ma femme est accouchée d'un fils qui fut lendemain baptisé en l'esglise de Sainct-Michel d'Amiens, sa paroisse; il a eu pour parrain M'^ Jean d'Herte, seigneur de Haille,
mon bcau-pcrc, et Marie de Louvencourt pour marraine, ma mère, qui luy ont donné le nom de François.
Le dixiesme avril mil six cens soixante-seize, ma tante Marguerittc d'Aguesseau, religieuse au couvent des R. M. Ursulines de cette ville d'Amiens, appellée ma mère de Sainte-Agnès, est morte à dix heures du matin aagée de soixante-seize ans et neuf jours. Elle portoit ce beau nom, en effet, estant un anneau en douceur, bénignité, patience, cordialité et toutte de ^:œur pour le support du prochain. Touttes les religieuses du couvent, où elle avoit cinquantesix ans et demy de religion, la regrettèrent extrêmement.
Le mercredy troisiesme jour de febvrier mil six cens soixante et dix-sept, ma femme est accouchée de deux filles, à cinq heures du matin^ qui furent cette mesme matinée asseurées de la permission de M. d'Amiens par M. le curé de Saint-Michel, ma paroisse, et portées le neufiesme ensuivant pour estre suppléé aux cérémonies à ladite paroisse ; le parrain de Taisnée fut M'''^ Nicolas de Herte, chevalier, seigneur de Haille, mon beau-frère; la marraine, dame Charlotte d'Aguesseau, vefve de feu M''^ Philippes Lesperon, escuyer, seigneur d'Ochencourt, des Granges, Audrechies et autres lieux, ma sœur, qui l'a nommée Charlotte. Le parrain de la cadette fut Jean d'Ochencourt, escuyer, seigneur dudit Ochencourt, des Granges et Audrechies, mon neveu ; la marraine, damoiselle Diane-Catherine Le Caron, fille de Le Caron, conseiller du roy, receveur des tailles à Montdidier, et de damoiselle Catherine de Lestocq, qui l'a nommée Diane-Catherine.
Diane-Catherine d'Aguesseau n'a vescu que dix jours', et a esté enterrée en l'esglise de Sainct-Michel, sa paroisse, vis-à-vis l'hostel de dix heures*.
1. Elle est décédce le lo février suivant et fut enterrée le lendemain dans l'église Saint-Michel, devant l'autel de Saint-Roch.
2. Cet endroit de l'église de Saint-Michel devait être le lieu ordinaire de sépulture des d'Aguesseau. Cette appellation d'autel de dix heures était
Le mardy dix-huictiesme jour de janvier mil six cens soixante-dix-huict, Jean d'Aguesseau, mon très honoré père, est décédé à deux heures du matin âgé de quatre-vingts ans dix-neuf jours, et a esté le lendemain inhumé en l'esglise de Saint-Michel, sa paroisse, tout proche le milieu du balustre de la chapelle Saint-Rocq, qui est le lieu où ses prédécesseurs ont esté enterrez. Il est mort d'une purésie dans rentrée du quatriesme jour; dès le second jour de sa maladie, en laquelle il a esté seigné huict fois par l'ordre de trois médecins, il s'est confessé à M. le curé de Saint-Michel, son pasteur; le troisiesme [jour], il a demandé le saint viatique, qu'il a receu avec dévotion à six heures du matin, ainsy que l'extrême-onction, qui luy fut donnée à * neuf heures du seoir. Dieu, qu'il avoit aimé et craind toutte sa vie, luy a fait la grâce de luy conserver le jugement bon et l'esprit sain jusques à la fin. Il a exercé la charge de trésorier de France avec honneur [3 1] ans entiers, en laquelle il a rendu des services considérables à sa compagnie, qui luy a fait l'honneur de le choisir pour la conduite des affaires qu'elle a eues de son tems. Il luy a encore aidé de son bon conseil et avis six autres années en qualité de trésorier honoraire. Il avoit le jugement solide, l'esprit clairvoiant et l'humeur agréable; fort homme de bien et bon chrétien, ce qui me fait croire que Dieu luy a fait miséricorde. Je le prie qu'il luy pardonne ses faultes et à moy les miennes» Ainsy soit-il.
Cejourd'hui dimanche vingt-troisième avril 1678, à quatre heures du matin, ma femme est accouchée d'un fils qui a esté baptisé ce mesme jour à Saint-Michel, nostre paroisse,
duc à une fondation faite par Marie de Louvencourt, veuve d'Antoine de Faulcon, qui avait légué cent livres de rente pour une messe qui devait être célébrée chaque jour à dix heures; une clause du contrat Je mariage de Jean II d'Aguesseau stipule qu'il devra acquitter cette rente; plus tard, la même clause est insérée dans le contrat de mariage de François I d'Aguesseau.
et a eu pour parrain M* Antoine Picard, prebtre, chanoine de l'esglise cathédrale, seigneur d'Aubercourt, et pour marraine dame Anne Piquet, femme de M. d'Hailie', mon beau-frère, lesquels l'ont nommé Jean-Baptiste.
Charlotte Clapisson, dite de Sainte-Ursule, religieuse au couvent des Ursulines de cette ville d'Amiens, auparavant vefve de François de Louvencourt, vivant, escuyer, seigneur de Vauchelles, conseiller du roy, trésorier de France, ma grand'mère maternelle, est décédée le vingt-deuxième novembre M VP iiij"", après avoir esté quarante ans religieuse, et avoir vescu jusques à l'âge de quatre-vingt-deux ans.
Le mard)^ troisième mars mil six cens quatre-vingt-deux, à sept heures du matin, ma femme est accouchée d'un fils qui a esté ce mesme jour baptisé à Saint-Michel. Son parrain, M''^ Claude Morel, chevalier, seigneur de Crémery, président au présidial de cette ville d'Amiens; sa marraine, dame Margueritte Piquet, femme de M. Piquet, conseiller au bailliage, qui ont nommé leur fieul Claude.
Le vendredi vingt-septième mars M VF quatre-vingtdeux, Anne Françoise d'Aguesseau, ma fille aisnée, et François d'Aguesseau, mon fils aisné, ont esté confirmez par monseigneur l'Évesque François Faure dans la chapelle de l'évêché.
• Le 24^ avril 1683, ^^"^^ femme a- mis sa fille aisnée à pension aux religieuses de la Visitation de cette ville d'Amiens, où elle a demeuré deux ans.
Le décembre 1692, Charlotte et Jean-Baptiste
d'Aguesseau ont estes confirmés dans l'esglise cathédrale par monseigneur de Brou, nostre illustre prélat.
I. Nicolas de Hertes, écuyer, seigneur de Hailles, fils de Jean et d'Anne de Bosquillon, avait épousé par contrat du 17 janvier 1671 Anne Picquet, fille d'Adrien, écuyer, seigneur de Dourier, lieutenant particulier A Amiens, et de Marie Mouret.
fcr