AU LECTEUR XVII
importantes des bibliothèques d'étude conçues sur un type uniforme pour mieux assurer la diffusion delà vraie doctrine et pour mieux coordonner notre action?
Nous savons bien, d'autre part, que notre travail, dans quelques années, ne sera plus « au point ». C'est pour parer à cette éventualité que nous comptons publier aussi souvent qu'il sera nécessaire, et avec la collaboration des savants les plus autorisés, un supplément qui, sous le même titre, dans le même plan et avec le même souci de l orientation doctrinale, donnera la bibliographie critique des livres les plus importants nouvellement parus, de façon à fournir à tous les hommes d'étude et à tous les esprits cultivés, en même temps que des pages précieuses sur le mouvement des idées, un répertoire continuellement à jour des meilleurs ouvrages relatifs à la vie ■tienne, à la vie sociale et à la vie civique.
Telle est l'œuvre que nous avons voulu faire.
Si imparfaite qu'elle soit, nous croyons avoir donné à ceux qui se jettent dans la mêlée sans préparation suffisante le moyen de découvrir la bonne route et de s'y engager avec confiance ; nous croyons aussi avoir montré à tous les exigences bénies du devoir et l'éclatante beauté de l'action. Et c'est pourquoi nous nous laissons parfois aller à l'espoir que ces pages pourront, avec la grâce de Dieu, éveiller des vocations et susciter des énergies.
Et puis, qui sait si elles n'aideront pas encore les hommes de bonne volonté à s'élever davantage pour mieux voir poindre ci l'horizon l'aurore dune chrétienté nouvelle. « // est certain, disait le P. Gratry, que l'aurore commence, l'aurore d'un jour nouveau de civilisation chrétienne. Le laboureur couché dans la vallée ne la voit point ; celui qui prie sur la montagne la voit déjà. »
Que ceux donc qui aperçoivent l'aube radieuse l'annoncent à ceux qui sont couchés dans la vallée î...
XVIII AU LECTLUK
Un dernier mot.
Ce livre, qui ne ressemble, croyons-nous, à aucun autre livre, est certainement très loin de présenter le degré de perfection qu'on pourrait souhaiter, mais c'est un livre de bonne foi. Quelques-uns, parmi ceux qui savent, y découvriront sans doute des points faibles, mais le lecteur bienveillant, à qui ce livre aura rendu service, voudra bien nous pardonner les omissions et les négligences, toujours inhérentes à ces sortes d'études, en considération de V effort que nous avons fourni et de l'esprit apostolique qui nous a animé et qui nous a soutenu.
Quelque soit l'accueil dont notre ouvrage sera l'objet, nous ne regretterons point les heures que nous lui avons consacrées à cause du grand réconfort que nous y avons trouvé nousmême et nous nous réjouirons de lavoir conçu et exécuté s'il apporte un peu d'unité dans le désarroi des idées, s'il fait mieux comprendre la nécessité de la doctrine et l'utilité de l'action, s'il fait mieux aimer le peuple et s'il fait mieux aimer l'Eglise.
Nous le désirons ardemment, car nous savons la responsabilité que nous encourons, et cette responsabilité nous effraye.
C'est pourquoi nous désirons tant que ce livre fasse un peu de bien afin de l'offrir à Dieu pour mériter sa miséricorde et de pouvoir redire ces paroles que le bon poète normand, Paul Harel, met dans la bouche du laboureur qui, le soir venu, s'en retourne vers sa demeure après avoir, malgré les tourments de la vie, jeté à pleines mains, dans le champ des aïeux, la semence féconde :
Je retrouve au foyer ma famille et mon culte, J'ai fourni mon labeur et fai contenté Dieu.
Frédéric Duval
Paris, 24 septembre igu.