VIII AU LECTEUR
g ieu se. » — Il faut savoir, déclare M. Decurtins, « à l'exemple des socialistes, apprécier toute la valeur de Vunité des esprits dans la manière de concevoir le monde et la vie... Pour déployer victorieusement notre bannière dans la bataille sociale, il faut baser l'action sur le fondement solide de l'unité de doctrine.» Et c'est aussi le comte de M un qui affirme: 0 // ne se fait pas de mouvement profond dans un peuple s'il n'est appuyé sur une doctrine et porté par Vidée qu'elle anime. » — « Toute croyance, dit-il autre part, s'appuie sur une doctrine, toute justice s'appuie sur une loi. Les aspirations s'éteignent en formules sans vie si la foi ne vient leur donner une conclusion précise. La souffrance se répand, en vaines clameurs si la volonté ne lui cherche un remède efficace, l'effort se perd en expériences inutiles, si la doctrine ne le conduit au but et ne règle son élan. C'est pourquoi, dans l' universelle perturbation des esprits, le catholicisme peut seul, par la foi qu'il impose, par la doctrine qu'il enseigne, satisfaire le besoin de croire et le besoin de justice qui tourmentent notre âge... »
Léon XIII, d'ailleurs, avait déjà attiré notre attention sur la nécessité de la doctrine : « Les catholiques, déclaraitil avec fierté, doivent se reprendre, s'affirmer comme des fils de lumière..,, et s'imposer au respect de tous par la force invincible de l'unité... » Pie X,à son tour, se préoccupe constamment de nous faire apprécier l' excellence de notice doctrine et d'en maintenir l'intégrité. « Ayez soin, conseille-t-il à ses prêtres, de fourbir longuement vos armes et d'amasser dans le calme de la retraite de grands trésors de doctrine. » Et Pie X nous rappelle cette profonde parole des Saints Livres: « A la doctrine, on connaîtra l'homme. »
Ayons donc une doctrine et répandons-la. Il faut quelle règne dans les riches demeures et dans les pauvres maisons, sur les sillons et dans les ateliers, dans la famille, sur la cité et sur la nation tout entière. Il faut la dévelop-