CONSTITUTION ET ORGANISATION DE L'ÉGLISE
La Constitution divine de l'Église.
Pour nous assurer que l'Eglise est vraiment l'œuvre de Dieu, on ne saurait trouver un meilleur livre que :
Gréa (Dom A.). — De l'Eglise et de sa divine constitution. — Paris, Palmé (auj. Beauchesne), i885, in-8 de xxiv-5i8 p. — Prix : 5 fr., — ou la nouvelle édition de la Bonne Presse en 2 vol. de xvin-236 et a4o p., à 2 fr. le vol.
Cette œuvre de vigoureux raisonnement et d'une orthodoxie inattaquable ne sera lue avec fruit que par les esprits cultivés. Des considérations historiques très heureuses et très sûres confirment la thèse de l'Eglise. L'auteur, aujourd'hui abbé d'un couvent de la province de Gênes, a su apporter dans cette étude la précision et la science d'un ancien et brillant élève de l'école des Chartes...
Le corps de l'ouvrage comprend trois livres :
Dans le premier, l'auteur expose « les principes généraux de la hiérarchie de V Eglise, les pouvoirs qui lui sont confiés et les modes mystérieux de son activité ».
Le deuxième livre est consacré « à V Eglise universelle dans son chef Jésus-Christ et le Vicaire qui tient sa place ici-bas et dans le collège des évêques, associés à son gouvernement ».
Dans le troisième livre, l'auteur traite « de V Eglise particulière dans son chef, VEvêque, et dans son collège de prêtres et de ministres ». — Il expose le rang et la distinction des églises, nous entretient des églises imparfaites qui, n'ayant point en elles le titre épiscopal, se groupent en essaim autour d'une église principale et forment les diocèses. Enfin, il retrace brièvement l'histoire de l'église particulière et ajoute quelques considérations sur les églises monastiques, les ordres religieux et la place qui leur appartient dans l'Eglise catholique.
« La sainte église catholique est le commencement « et la raison »
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« de toutes choses. Son nom sacré remplit l'histoire : dès l'origine du « monde, les premiers siècles lui ont été une préparation ; jusqu'à la « fin des choses, ceux qui suivent seront remplis par son passage : « elle les traverse, donnant seule à chaque événement sa significa- « tion providentielle.
« Mais elle n'est pas bornée par eux, comme toutes les choses « humaines, et ne s'arrête pas ici-bas. Au delà des siècles, l'éternité' « l'attend pour la consommer dans son repos. Elle y porte toutes « les espérances du genre humain, qui reposent en elle...
« L'Eglise, c'est le Christ lui-même ; l'Eglise c'est la « plénitude », « l'accomplissement du Christ, « son corps » et son développement « réel et mystique : c'est le Christ total et accompli » (Introd., pp. 1 et 2).
Organisation de l'Église.
Si, quittant les sommets où dom Gréa nous a conduits, nous voulons maintenant connaître la constitution et l'organisation actuelles de l'Eglise, nous nous garderons bien des livres tendancieux et nous Tétudierons dans des livres très sûrs :
Nous savons en effet qu'un livre récent a été écrit sur ce sujet : Mater, l'Eglise catholique, sa constitution, son administration. — Malgré de réelles qualités, malgré les comptes-rendus élogieux qui en ont été faits dans des revues notoirement catholiques (1), nous ne pouvons oublier que l'auteur poursuit un but inavoué. N'a-t-on pas prétendu que ce livre avait été composé à l'instigation de M. Briand pour « faire passer » les associations cultuelles? De là, sans doute, l'importance donnée par M. Mater à l'étude du rôle des laïques dans l'église. Nous ne pouvons oublier non plus que l'auteur, qui appartient à une université bien connue par son esprit anti-religieux, s'est signalé depuis par d'autres publi-
(1) Par exemple : « En tout état de cause et malgré les défauts graves qu'il présente, ce livre pourra rendre des services; c'est un assez bon manuel » (Guiraud, Revue pratique d'apologétiqae, 1906, t. II,p. 464). — « Tel qu'il se présente il est capable de donner une idée plus nette de l'Eglise et de la nature de son influence à un public profane » (G. Periès, Polybiblion, 1900, p. 5io). — « L'ouvrage de M. Mater est à lire avec attention : bon nombre de prêtres eux-mêmes y apprendront beaucoup de choses qu'ils ignorent.» (P. Despreux dans la Revue du Clergé Français, 1900, t. XL, p. 542.)
Le livre de M. Mater a paru à Paris, chez Colin, en 1906.
cations où il s'est complètement démasqué. Le livre enfin renferme des erreurs grossières.
Dans ces conditions, on voit tout le danger que présente la lecture de ce livre et on en avertira tous ceux dont la bonne foi a pu être surprise par l'apparente impartialité de l'auteur.
+~+ D'ailleurs, le livre de Mater sera avantageusement remplacé par un traité de droit canonique, car c'est un traité de ce genre qui nous fournira la meilleure étude qu'on puisse trouver sur la Constitution et sur l'organisation de l'Eglise,
Il faudra donc consulter avec soin :
Tilloy (Mgr A.). — Traité théorique et pratique de droit canonique. 7e édit., — Paris, Savaëte, in-8 de xxxn-6i3 et 535 p. [i8g4] . — Prix: i5 fr. — Il y a une édition courante, moins complète, en deux volumes à io fr.
Le droit canonique peut effrayer les laïques, qui se figurent aisément qu'il n'y a pas lieu de s'intéresser à ce genre d'études. C'est une erreur regrettable. On trouve, au contraire, dans ces travaux des idées et des enseignements insoupçonnés. Un Traité de droit canonique n'est autre chose qu'un traité de droit chrétien. Si les laïques étudiaient et comprenaient mieux le droit canonique, il y aurait plus d'unité parmi nous parce que la doctrine nous rassemblerait tous autour de l'Eglise. Et quand des évoques, mandés devant les juges, affirment bien haut le droit de l'Eglise, il devrait y avoir chez nous moins d'admiration et chez nos adversaires moins de surprise parce qu'ils ne font que commenter éloquemment quelques pages de Droit canon.
Accessible à tous les esprits sérieux, d'une grande largeur de vue, indépendante des partis, conciliante avec les libertés modernes, mais ferme pourtant sur les principes, très complète et très claire aussi sur ce qui touche l'organisation de l'Eglise, l'œuvre de Mgr Tilloy est vraiment recommandable et rendra de grands services à ceux qui sauront s'en servir.
Principes de la science canonique.
De l'état de l'Eglise. De la hiérarchie des pouvoirs de l'Ordre. De la juridiction du souverain pontife et de ses organes auxiliaires. Des évoques et de leurs auxiliaires et ministres (chapitre, archidiacre
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et vicaire général, archiprêtres, doyens, curés, vicaires, chapelains, aumôniers). — De la j urid iction conciliaire et des conciles.
De l'Etat religieux des personnes laïques.
Des moyens dont V Eglise se sert pour atteindre sa fin. Moyens spirituels : Enseignement, cultes, lieux sacrés, etc. Moyens temporels: Propriétés ecclésiastiques, bénéfices, fabriques.
Du pouvoir judiciaire de l'Eglise. Du pouvoir coercitif.
V Eglise et V Etat . Des rapports de droit et de fait entre V Eglise et l'Etat. Du régime concordataire.
. « C'est le droit chrétien qu'il importe aujourd'hui d'étudier et de
« connaître afin d'en rétablir la notion plus ou moins oubliée et
« dénaturée en ce qui concerne les droits respectifs de l'Eglise et de
« l'Etat... Cette notion nécessaire du droit chrétien, qui détermine et
<( pondère si justement les attributions et les limites respectives des
« deux pouvoirs sans les confondre ni les diminuer, qui garantit Tin-
- dépendance de chacun d'eux et les fait encourir, par leur action
arallèle et non contraire, sans heurt maïs avec accord, au droit
c commun, cette notion manque aujourd'hui à nos juristes et à nos
•( hommes d'Etat, aux hommes instruits, aux publicistes même catho-
< liques, elle manque également à une notable partie du clergé... »
« Ce droit a pénétré le monde païen et l'a régénéré. Il s'est assi-
k mile le droit romain et l'a dépouillé de sa barbarie native en le
urifiant au contact de l'Evangile ; plus tard, il a inspiré les codes
olitiques des peuples chrétiens qui lui ont emprunté leurs lois
« les plus sages, les plus humaines et même les plus vraiment libé-
•1 raies ; il a, en un mot, pénétré et transformé les mœurs et créé la
« civilisation de l'Europe. Tout ce que le pouvoir public a de plus
ilernel et la guerre de plus humain ; tout ce que la famille,
« reconstituée sur la base de l'Evangile, présente d'harmonie, de
« grandeur, de dévouement ; tout ce que les membres du corps social
« ont reconquis de dignité et de légitime indépendance par l'appli-
x cation du principe evangclique de l'égalité des citoyens entre eux
« et devant Dieu ; tout ce que nos législations modernes ont de plus
« rationnel et de plus équitable ; tout ce que leur procédure judi-
« ciaire offre de garantie et de protection pour tous les accusés sans
« distinction de conditions ; enfin, tout cet ensemble d'institutions et
« de lois qui a créé en Europe une civilisation telle que l'histoire du
« genre humain... ne saurait en présenter une semblable, est l'œu-
« vre du droit chrétien accepté par le peuple.. » (pp. ix et suiv.).
~~ Si Ton désirait se documenter davantage encore sur les Principes du droit canonique, il faudrait se procurer le sérieux travail de :
Duballet (Abbé B.). — Cours complet de droit canonique:
partie fondamentale, ou Traité des principes de droit canonique. — Paris, Oudin, 1896, 3 vol. in-8 de 600 p. environ, formant un ensemble distinct (avec table) du reste de l'œuvre qui est en cours et comptera une quinzaine de volumes. — Prix : les 3 vol. 20 fr.
*~ Il existe des livres « genre manuel », traitant de Y Eglise catholique et de son organisation. D'abord, Y édition abrégée de Tilloy, déjà citée, puis :
Desers (Abbé). — L'Eglise catholique. — Paris, Poussielgue, 2e édit. , 1902, in-16 de vi-291 p. — Prix : 2 fr. 5o.
~~ Consulter aussi le livre, aujourd'hui épuisé, deBAUMGARten : l'Eglise catholique à la fin du XIXe siècle. Rome : le chef supérieur, l'organisation et U administration centrale de l'Eglise.— Paris, Pion, 1900, in-4 de 708 p.,grav. et pi. hors texte.
+~* A défaut d'ouvrages spéciaux et bien au point sur les diocèses, nous passons tout de suite à l'étude de la paroisse.
La Paroisse, unité tactique de l'Eglise.
Nous avons sur la paroisse un excellent ouvrage :
Lesêtre (Abbé). — La Paroisse, 3° édit. — Paris, Lecoffre, 1908, in- 12 de 260 p. — Prix : 2 fr.
C'est une étude historique, en même temps qu'une vision pénétrante de l'avenir. L'auteur est bien documenté; ses sources sont bonnes ; son travail conduit avec méthode et sincérité. De là, l'importance qu'il convient d'attacher à ses conclusions qui, non seulement, sont les conclusions d'un historien, mais aussi celles d'un prêtre zélé, qui sait concilier les intérêts de sa paroisse et les exigences de la science.
La Paroisse, des origines à la Révolution ; La paroisse du iv« au vie siècle. La paroisse du vne au xie siècle. La paroisse du xie au xi ve siècle. La paroisse duxrve siècle à la Révolution. La vie paroissiale sous l'ancien Régime.
La Paroisse, de la Révolution au XXt siècle : La vie paroissiale au xix" siècle. La paroisse à l'étranger. La paroisse de demain.
« Pour le moment, le prêtre de paroisse doit se tenir prêt à toutes « les formes d'apostolat... Il lui faut reprendre plus largement et « plus intimement contact avec sa population, surtout avec les * hommes. . .
« La meilleure paroisse n'est pas celle où l'on distribue le plus de « sacrements et où l'on multiplie le plus les actes extérieurs de « religion : c'est celle où il y a le plus de chrétiens qui, aidés de « ces moyens, maintiennent et font croître dans leur Foi la fidélité « au devoir, la loyauté, la franchise, la bonté, la charité, le désin- « téressement, l'amour du sacrifice » (pp. i54 et 257).
L'année ecclésiastique.
Enfin on aura, chaque année, un état exact de la situation de l'Eglise en achetant :
Battandier (Mgr). — Annuaire pontifical catholique. — Paris, Bonne Presse, 1 vol. in-16 de 600 à 700 pages; illustré. — Prix : 5 fr.
Voici le sommaire habituel de cet annuaire :
Calendrier. Souverain pontife. Cardinaux. Episcopat catholique. Ordres religieux et missions. Statistique. Variétés ecclésiastiques. La famille pontificale. La chapelle pontificale. Administrations palatines» Congrégations romaines. Secrétaireries palatines. Ordres pontificaux. Corps diplomatiques. Diocèse de Rome. L'enseignement à Rome. Adresses. Nécrologie.
Cet annuaire, qui paraît chaque année depuis 1898, est très utile pour connaître non seulement tous les dignitaires de l'Eglise, mais aussi son organisation et son fonctionnement actuels, particulièrement l'organisation de son centre, c'est-àdire de Rome.