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LA FOI ET LES ERREURS MODERNES

A chaque époque, les erreurs auxquelles est sujet l'esprit humain qui veut se passer de la révélation se sont concré-

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tisées dans des systèmes adaptés aux préoccupations des temps. Ces systèmes deviennent alors « le rendez-vous de toutes les hérésies », des « cadres d'erreurs » qui feraient courir à l'Eglise les plus grands périls si, éclairée par Dieu, elle ne trouvait, dans l'autorité de son chef et dans les décisions de ses conciles, le moyen de sauvegarder la Foi en conservant son unité.

En somme, c'est toujours la raison qui, dans sa présomption, même chez les chrétiens, croit pouvoir atteindre plus ou moins directement la vérité. Autrefois, ce fut le protestantisme, puis le rationalisme, puis le libéralisme, aujourd'hui c'est le modernisme. Demain la raison cherchera et trouvera un autre champ de bataille...

L'Eglise et le Protestantisme.

Nous aurions voulu pouvoir recommander un livre de synthèse sur le Protestantisme, étudié au point de vue historique, philosophique, religieux et social, un livre récent, écrit avec une impartialité absolue par un théologien très écouté, mais ce livre n'existe pas.

A défaut de cette étude, on iira,si on veut bien comprendre le mouvement protestant, l'ouvrage de Mgr Baudrillart : l'Eglise catholique, la Renaissance et le protestantisme, déjà cité.

Pour le fond de la doctrine, on s'en rapportera aux deux œuvres qui restent encore les deux œuvres capitales, c'est-à-dire à l'Histoire des Variations, de Bossuet, qu'on lira avec les commentaires de Rebelliau (i) sur la grande valeur historique de ce livre et à la Symbolique, de Mœlher, dont on trouvera de larges extraits dans l'édition donnée parM. Goyau sous le titre :

(i) Rebelliau (Alf.) : Bossuet, historien du protestantisme ; étude sur l'histoire des variations et sur la controverse entre les prolestants et les catholiques au dixseptième siècle. Paris. Hachette, 1897, in 8» de xm-6oa p. — M. Rebelliau, qui est normalien, déclare que « Bossuet a fait un récit d'une exactitude presque irréprochable, d'une clairvoyance toujours judicieuse, parfois, d'une originalité aujourd'hui méritoire » p. V11I). Ajoutons que, sur le terrain des idées, quelques passages et quelques noies nous semblent légèrement tendancieuses. 11 nous suffit de 1 avuir signalé pour qu'on y prenne garde.

Moehler. — Paris, Bloud, 1905, in-16 de 367 p. — Prix : 3 fr. 5o.

w* Consulter aussi l'ouvrage légèrement vieilli, mais intéressant, de :

Balmès. — Le Protestantisme comparé au catholicisme

dans ses rapports avec la civilisation européenne, traduit par Bl. Raffin. — Paris, Vaton, i853, 3 vol. in-12 de 43o pages environ.

Et les ouvrages déjà mentionnés de :

Janssen : Histoire de la réforme protestante en Allemagne. — Batiffol : L'Eglise naissante et le catholicisme, qui ruine, après Moèlher, les prétentions qu'ont les Protestants d'avoir retrouvé le Christ et de l'avoir continué. — Goyau : L'Allemagne religieuse : le Protestantisme. — Weiss: Le Péril religieux, cité plus loin.

~v Enfin, bien qu'il soit épuisé, nous ne pouvons trop recommander le livre suivant de l'abbé Martin, livre déjà un peu ancien, mais toujours curieux et bon :

Martin (Abbé F.). — De l'avenir du Protestantisme et du Catholicisme. — Paris, Tolra et Haton, 1869, in-8 de xx et 608 p. Epuisé.

Voici quelques litres de chapitre: Le protestantisme est impérissable; c'est un cadre d'erreurs. — Du réveil du protestantisme. — Tolérances et intolérances protestante et catholique. — De la liberté et de son influence sur l'avenir du protestantisme. — Le Protestantisme a-t-il réellement fondé la liberté religieuse ? — Principe de la suprématie spirituelle de l'Etat ranimé par le protestantisme. — Funeste influence du principe païen de la suprématie de l'Etat, introduit par le protestantisme sur le protestantisme lui-même et sur la société en général. — Que penser de la décadence des nations et des gouvernements catholiques et de la marche ascendante des nations et des gouvernements protestants ? — Le Catholicisme est appelé à recueillir dans les Etats protestants l'héritage du protestantisme. — Alliance du protestantisme et de la révolution; ses conséquences.

« C'est l'immense dang-er du catholicisme d'être demeuré le seul « incorruptible adversaire de la révolution; mais c'est aussi son « immense honneur. J'ajoute que ce sera son salut. Que la révolution « achève son œuvre; elle n'entassera que des ruines; son triomphe

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(( sera sa perte : elle aura conduit les peuples à des agonies convul- « sives ! s'ils veulent vivre il faudra bien remonter aux principes de « vie.

« Qui les leur présentera?

« La science? Elle sera devenue de l'histoire naturelle et les âmes « humaines auront alors besoin plus que jamais d'un breuvage divin. « La philosophie? Mais elle disserte, elle n'affirme pas ; elle poursuit « la vérité; elle n'en a pas la possession. Le protestantisme? Mais il « ne sera plus qu'un rationalisme hésitant et incertain. Que restera- « t-il donc? L'Eglise.

« Ce sera l'heure de sa puissance et de son action réparatrice. Ce « qu'elle a fait aux trois premiers siècles du christianisme, elle le « fera encore, car les temps se ressemblent. Elle réunissait alors les « âmes fatiguées d'incroyance et de doute ; elle les recueillera de « nouveau et c'est avec ces âmes retrempées dans les vraies lumières <n de la foi qu'elle sauvera la société, qu'elle la relèvera de ses rui- « nés ou qu'elle recommencera une société nouvelle. »

-vw Enfin, on lira le sérieux travail de l'abbé Julien, dont la Revue pratique d'apologétique a publié de nombreuses pages; c'est le meilleur éloge que nous puissions en faire. Ce livre, d'ailleurs, a une portée beaucoup plus générale que le titre ne paraît le comporter :

Julien (Abbé E.) — Bossuet et les protestants. — Paris, Beauchesne, 1910, in-12 de vm-383 p. — Prix : 3 fr. 5o.

Le retour des protestants à l'Unité. — Comment le Protestantisme est devenu une religion sans dogme. — Christianisme et catholicisme. — La Tradition. — La Justification. — Les Œuvres. — Les Sacrements. — L'Eucharistie et la Messe. — Le culte des Saints. — Conséquences morales du Protestantisme. — Conséquences sociales du Protestantisme.

« Une nouvelle guerre religieuse s'est élevée de nos jours où l'on « se bat, non plus seulement pour savoir laquelle, entre deux « confes- « sions » chrétiennes, conduit le plus sûrement au salut, mais pour « savoir si la religion est encore nécessaire au monde ou si U « monde peut faire son chemin sans la religion. C'est la grande, la « dernière hérésie que le Protestantisme doit reconnaître pour sa « fille et son héritière, l'hérésie du rationalisme qui prétend sauver « les hommes sans Dieu...

« Et l'heure est venue de prendre parti. S'il y a des hommes pour « croire que la religion est indispensable à la marche de l'humanité, « qu'ils le disent et qu'en le disant ils s'unissent pour le salut du « monde...

« C'est aux Protestants à le dire les premier...

« Et si les Protestants chrétiens consentent à rompre avec l'ennemi « commun, pourquoi ne feraient-ils pas bon accueil à l'idée d'un « rapprochement, d'une réunion entre les églises s'il s'agit de sauver « non seulement les débris de leur propre foi, mais encore l'œuvre de « la Piédemption tout entière et par elle l'avenir du monde civilisé...

« De grands esprits ont déjà paru qui se montraient disposés à « chercher les moyens d'un rapprochement et les bases d'une réunion. k Bossuet, le premier, entretint avec le célèbre Leibnitz une corres- « pondance que les subtilités du philosophe allemand empêchèrent « d'aboutir à un résultat. De nos jours, Léon XIII y pensa...

« L'idée d'une réunion des églises n'est donc pas une pure chimère, « et, une fois les bonnes volontés tournées vers ce but, la Providence « saurait bien lever l'un après l'autre les obstacles qui sembleraient « pour le moment en rendre impossible la réalisation... »

~~ Enfin, le P. Lodjel a écrit sur la même question un opuscule qu'on pourra répandre : Nos raisons de n'être pas protestants, 4e édit- Paris, Bloud, io,ii,in-i6de64p. — Prix :ofr.6o.

L'Eglise et le rationalisme.

Le rationalisme, sous quelque forme qu'il se présente, naturalisme, positivisme, ne reconnaît que l'autorité humaine et procède du protestantisme, qui n'est lui-même qu'un rationalisme mitigé, appliqué aux choses de la foi. C'est une erreur que l'Eglise, obligée de se défendre contre ses incessantes attaques, n'a cessé de combattre. Tous les systèmes, toutes les doctrines, toutes les écoles qui ignorent la Révélation sont filles du rationalisme, car, dit Manning, « la réalité objective de la vérité ne dépend ni de la volonté ni de l'intelligence de l'homme, elle a son existence en Dieu et nous est proposée par la révélation, par l'autorité de Dieu... Les hommes ne sauraient l'édifier en nous, car les hommes se contredisent. La vérité ne varie pas, elle est toujours la même, toujours une et immuable ; les contradictions ne viennent que de l'esprit humain. La seule source de vérité : c'est Dieu ; le seul canal assuré de la vérité, c'est son Eglise par laquelle Dieu continue à parler... »

Et Ollé-Laprune, dans un livre cité plus loin, explique fort bien, en insistant sur sa présomption, la nature du rationalisme:

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« Dans l'usage ordinaire, le mot rationalisme.,, emporte avec lui l'idée de quelque excès, de quelque abus. Il consiste à déclarer, non que la raison peut quelque chose, mais qu'elle peut tout, non pas même qu'elle intervient d'une certaine manière partout ou encore qu'elle contrôle tout, mais que le reste ne compte pour ainsi dire pas ou revient à elle.

« Le mot rationalisme marque d'ordinaire une prépondérance de la raison , inquiétante, menaçante pour tout le reste ; un emportement, un abus de pouvoir, une façon d'entendre la raison qui supprime ou absorbe en elle tout le reste. Il signifie excès, abus de la raison ; en sorte que, dans l'homme, elle est tout, étant la seule chose qui compte ou celle à laquelle se ramène tout le reste.

« Et par une suite naturelle, dans le monde aussi, elle est tout, étant là aussi la seule chose qui compte ou ce à quoi tout le reste finit par se réduire.

« Le rationalisme est donc une doctrine, ou du moins une tendance, qui supprime au profit de la raison ou absorbe dans la raison même toute connaissance et même toute chose. »

^w On lira l'ouvrage d'où ces lignes sont extraites :

Ollé-Laprune (Léon) : La Raison et le rationalisme. Préjace de M. Viel-Delbos. — Paris, Perrin, 1906, in-12 de L111-272.P. — Prix : 3 fr. 5o

« L'homme est grand ; il l'est en particulier pour ce qu'il met de lui dans la science : Homo additus naturœ. Mais ne réduisez pas l'homme à l'homme : Deus additus homini. Ma raison trouve dans sa dépendance humble à l'égard de Dieu son suprême honneur et sa suprême force » (p. 262).

On trouvera aussi de très bonnes pages sur le rationalisme dans un opuscule, aujourd'hui oublié, mais toujours en librairie : Manning (Card.) : Les Fondements de la Foi. Il y a, dans ce court travail (pp. 88-1 37), un excellent chapitre sur le Rationalisme et bien que ces pages se ressentent des préoccupations de l'auteur à l'égard de Y Eglise anglicane, on les lit quand même avec intérêt et profit (1).

(1) Paris, Castermann, 1859, in-ia de i32 p. — Prix : o fr. 5o.

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,wv Si Ton veut avoir une apologie générale du christianisme contre le rationalisme , on consultera le Dictionnaire apologétique de la Foi catholique cité plus haut; on trouvera aussi, dans ce dictionnaire, une apologétique spéciale de Y Eglise, à l'article Eglise, signé Y. de La Brière; on se reportera enfin aux livres de l'abbé de Broglie : le Positivisme et la science expérimentale, qui est épuisé, et surtout la Réaction contre le positivisme. Paris, Pion, 1894, in-8 de 294p. — Prix: 3 fr.5o.

-vw Sur le Rationalisme du XV III ■- siècle et plus particulièrement sur Voltaire, son plus notable représentant, on lira non pas l'ouvrage de Lanson consacré à Voltaire (paru chez Hachette), mais :

Nourrisson (J.-F.). — Voltaire et le Voltairianisme. — Paris, Lethielleux, 1896, in-8 de 671 p. — Prix : 7 fr. 5o.

-v^v Pour J.-J. Rousseau, qui tient une si grande place dans le mouvement philosophique de la fin du xvme siècle, on se reportera encore à Nourrisson : J.-J. Rousseau et le Rousseauisme, cité dans la 2e partie de ce livre, ainsi qu'aux conférences de Jules Lemaître sur le même sujet, auxquelles nous renvoyons également. — Voir aussi Taine : l'Ancien Régime.

~w Pour connaître les véritables rapports de la Foi et de la Raison, il faut lire les livres de Newman (p. i32) et de Val-

VEKENS (p. 36).

L'Eglise et le Libéralisme.

Il nous a paru utile d'accorder une attention particulière au Libéralisme, qui reconnaît, en principe, les mêmes droits à Terreur qu'à la vérité, ce qui entraîne l'indifférence de FEtat en matière religieuse.

Les catholiques français doivent savoir ce qu'il faut entendre par ce mot et ne point s'effrayer d'une condamnation qui fut souvent mal interprétée par nous, exagérée par ceux qu'elle visait, défigurée par les adversaires de l'Eglise.

Léon XIII, d'ailleurs, a confirmé et commenté les enseignements de Pie IX sur cette délicate et importante question^

À défaut d'une étude à la fois complète, juste et pondérée, nous lirons d'abord l'Encyclique de Léon XIII sur le Libéra-

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lisme (Encyclique Libertas prœstantissimum naturœ bonum) qu'on trouvera publiée dans les Actes pontificaux (Bonne Presse), dans Cerceau (Catéchisme de Léon XIII) et commentée dans les Traités de droit canonique de Tilloy et de Duballet, tous ouvrages que nous avons déjà cités.

^w Nous recommandons également la lecture du chapitre Du libéralisme et de la liberté, dans le Manuel d 'apologétique de Devivier, dont voici le sommaire :

Notions sur le libéralisme : Définition. Genèse du libéralisme, son domaine, ses dogmes principaux, ses dogmes secondaires, ses genres, son histoire. Appréciation.

Des libertés modernes : Ce qu'on appelle libertés modernes. Ce qu'il faut penser de ces libertés modernes.

De la tolérance.

Résumé de la doctrine catholique sur le libéralisme et les rapports de l'Eglise et de l'Etat. Quelques notions sur la liberté et ses différentes espèces.

(( Il n'y a, pour personne, de juste motif d'accuser l'Eglise d'être « l'ennemie, soit d'une juste tolérance civile, soit d'une saine et légi- « time liberté. En effet, si l'Eglise juge qu'il n'est pas permis de « mettre les divers cultes sur le même pied légal que la vraie reli- « gion, elle ne condamne pas pour cela les chefs d'Etat qui, en vue « d'un bien à attendre ou d'un mal à empêcher, tolèrent, dans la « pratique, que ces divers cultes aient chacun leur place dans l'Etat. « C'est d'ailleurs la coutume de l'Eglise de veiller, avec le plus grand <( soin, à ce que personne ne soit forcé d'embrasser la foi catholique « contre son gré, car, ainsi que l'observe sagement saint Augustin, « l'homme ne peut croire que de plein gré. »

™~ Lire dans Ollé-Laprune : La Vitalité chrétienne, les pages lumineuses consacrées à l'étude et à la critique du Libéralisme (pp. 43 et suiv.).

-w». Sur la façon d'interpréter le Syllabus, on pourra consulter l'ouvrage, aujourd'hui épuisé :

Dupanloup (Mgr). — La Convention du 15 septembre [18641 et l'Encyclique du 8 décembre [ 1 864] - — Paris, Retaux, in-8 de 94 p.

Mgr Dupanloup se proposa, après 1864, de dissiper «les vains fantômes que des exagérations calculées voulaient rassembler et agiter » autour des âmes. Cette interprétation du Syllabus eut

un succès considérable. Une quarantaine d'éditions s'écoulèrent rapidement. Près de six cents évêques adhérèrent aux conclusions. Pie IX lui-même le félicita de ce commentaire, dont quelques pages, pourtant, gagneraient à être plus précises et, peut-être même, plus sévères.

~~ On se reportera surtout à l'ouvrage récemment réédité de Keller : « Le Syllabus » de Pie IX et de Pie X, ou l'Église, l'État et la liberté, déjà cité, — et on consultera encore : Fonsegrive : La Crise du libéralisme. Paris, Lecoffre, 1899, m'8. Prix :ifr.-— ou Sortais: La Crise du libéralisme et la liberté d'enseignement. Paris, Lethielleux, 1904,^-16 de 229 p. Prix ; 2 fr. 5o.

V Eglise et le Modernisme.

Le Modernisme, non content de dénier toute valeur objective à l'Eglise et aux dogmes qui ne seraient que des symboles issus des aspirations les plus intimes de notre être, en précipite encore la ruine sous prétexte de critique. Aussi Pie X a-t-il pu dire de ce dérivé du protestantisme et du rationalisme qu'il « était le rendez-vous de toutes les hérésies ».

Il faut donc savoir à quoi s'en tenir sur ces doctrines : i° pour se défendre, à l'occasion, de ceux qui les professent encore et qui savent les répandre avec une habileté consommée ; 20 pour pouvoir expliquer cette erreur à ceux qui ne l'ont pas comprise et qui de bonne foi regrettent presque sa condamnation; 3° pour rendre grâce au Pape d'avoir eu la claire vision de la catastrophe à laquelle courait l'Eglise et d'avoir condamné ces doctrines funestes dans son décret Lamentabili (3 juil. i907)et dans lacélèbreencycliquePascendi(8 sep. 1907).

Pourtant, s'il convient de dénoncer l'erreur moderniste, il ne faudrait pas voir des modernistes partout et raviver ainsi des blessures qui se guérissent. On laissera donc à P autorité ecclésiastique le soin de défendre l'Eglise et la Doctrine.

C'est pourquoi, afin de ne pas jeter inutilement le trouble

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dans l'esprit des hommes de bonne volonté qui nous liront, nous croyons qu'il ne convient pas de mentionner ici, quelles que soient leur valeur ou leur opportunité, toutes les études des théologiens qui, en ces dernières années, se sont donné pour tâche exclusive de relever dans les œuvres de nos contemporains les traces de libéralisme ou de modernisme qui ont pu s'y glisser à leur insu. C'est là un travail essentiellement critique qui ne s'adresse qu'à un petit nombre. Or, en écrivant ce livre, nous avons voulu faire une oeuvre positive susceptible, par sa fermeté maïs aussi par sa modération, d'apporter un peu de confiance, d'union et de paix entre tous les enfants fidèles et dévoués de la sainte Eglise. C'est pourquoi, en cette matière, nous ne recommanderons que les auteurs dont la lecture réconfortera, autant qu'il est possible, les âmes pieuses.

~~ On aura donc sur la question moderniste un] exposé clair, loyal et scientifique, en se procurant :

Lebreton (le P.)-— L'Encyclique et la Théologie moderniste. — Paris, Beauchesne, 1908, in-16 de 80 p. — Prix : o fr. 76.

^* Le livre du P. Maumus, cité ci-dessous, a été écrit, paraîtil, à la demande des laïques éminents qui étaient désireux de posséder sur cette grave question un livre lisible, mais que le langage des théologiens avait quelque peu rebutés :

Maumus (le P.). — Les Modernistes. — Paris, Beauchesne, 1909, in-12 de xv et 270 p. — Prix : 2 fr. 5o.

~~ Lire aussi le remarquable opuscule suivant :

Mercier (le Card.). — Le Modernisme, sa position vis-à-vis de la science, sa condamnation par le Pape Pie X,6e édition. — Paris, Lecoffre, 1910, in-i6 de 4& p. — Prix : o fr. 5o (TJl

( 1 ) Parmi les revues qui se sont fait remarquer par l'abondance et souvent par la vivant' de leurs critiques, citons : la Critique du Libéralisme, dirigée par l'abbé Em . Barbier, et la Foi catholique, revue critique anti-kantiste, airiffée par le P. CanHenn. Cette dernière revue est sensiblement plus modérée, plus doctrinale, plus informée que la Critique du Libéralisme.

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a~ Sur les origines da Modernisme et sur ses rapports avec le Pragmatisme et avec le Protestantisme, on lira non pas Bourdeau : Pragmatisme et Modernisme, mais :

Farges (Abbé). — La Crise de la certitude, critique du Néo- Kantisme, du Pragmatisme, duNewmanisme (déjà cité), — et A.Leclère : Pragmatisme. Modernisme. Protestantisme. — Paris, Bloud, 1909, in-16 de 296 p. — Prix ; 3 fr. 5o. Assez difficile à lire; les esprits cultivés le consulteront avec réserve.

<v~ Ajoutons que le modernisme peut avoir une répercussion également regrettable sur le terrain social. Voir sur le modernisme social un article de Zamanski : L'Encyclique, paru dans V Association catholique du 5 oct. 1908, p. 288. Prix : 1 fr. 75. — On trouvera, dans le même numéro, l'encyclique in extenso de Pie X, sur les Doctrines des modernistes. — Relire également la lettre de Pie X portant condamnation du Sillon, c'est-à-dire du Modernisme social.

<w* Enfin, nous lirons encore d'excellentes pages dans un livre qui, sans paraître viser spécialement les modernistes, dénonce, en termes sûrs et mesurés, le danger que font courir à la Foi les tendances dites « modernes » :

Weiss (Le P. Alb.-Mar.). — Le Péril Te\igieux,tradait de P allemand par l'abbé L. Collin. — Paris, Lethielleux, 1906, in-8 de xn-395 p. — Prix : 4 fr.

La situation religieuse. La moderne science des religions. La transformation de la religion en surréligion et en irréligion.

La Religion nouvelle. Le Néo-Protestantisme. Le Néo-Catholicisme (vieux style et moderne). Un accommodement entre le christianisme et les idées modernes est-il possible ?

Le Péril religieux : c'est l'homme moderne. Notre tâche en face du péril religieux.

« Tous les domaines de la science et de la puissance humaines, « tous les pouvoirs publics se soat donné le mot pour bouleverser « le monde. Pour faire face à cette vaste conjuration, le théologien « doit avant tout posséder la connaissance exacte de sa science et des « sciences qui s'y rapportent... Il doit posséder un savoir, le plus « universel et le plus complet possible... Il lui faut, de plus, un juge- « ment impartial, un coeur large, un regard ouvert, un esprit cou-

« rageux, un amour du travail intense, de la réflexion, de] la déci- « sion, afin d'être toujours à peu près à la hauteur de son' époque » (p. 393).

-v^v Telles sont les principales erreurs contre lesquelles l'Eglise doit se défendre aujourd'hui. On pourrait y ajouter un dérivé du rationalisme, le naturalisme qui nie toute intervention divine dans les affaires du monde (i) et Y américanisme qui tend, d'une part, à rendre moins efficace le magistère de l'Eglise sur les fidèles sous prétexte d'augmenter la liberté individuelle du chrétien et de faciliter en nous Faction de l'Esprit-Saint,et d'autre part, à exalter les vertus naturelles au détriment des vertus surnaturelles, enfin, à compromettre la doctrine, par des concessions regrettables, dans le but de rendre l'apostolat plus fructueux (2).

Comment se garder de l'erreur.

Le chrétien, qui a trouvé dans la lecture des livres précédents la réponse aux objections les plus inquiétantes et qui ne veut plus donner prise à l'erreur, doit tenir son esprit en éveil pour empêcher le mensonge de s'y établir à demeure. Il ne se contentera pas des réfutations hâtives et superficielles, mais il lira une Revue sérieuse, d'une orthodoxie sûre et d'une science indiscutable, et consultera Y Index pour se préserver des livres qui enseignent des doctrines contraires à la Foi et à la Morale chrétiennes.

La Revue d'apologétique qu'il faut lire.

La Revue qu'il faut lire et faire lire, c'est : La Revue pratique d'apologétique, qui paraît deux fois par mois, par livraison de 80 pages, et dont l'abonnement annuel est de 10 fr. Paris, Beauchesne. Toutes les études qui parais-

(1) Sur le Naturalisme, voir Dom Guéranqer, cité p. 5i.

(2) Sur l'Américanisme, consulter l'article de F. Deshayes dans le Dictionnaire de Théologie catholique. \S Américanisme a été condamné par Léon XIII dans sa lettre Testera benevolentiœ du 22 janvier 1899 adressée au cardinal Gibbons et, communiquée à tous les évoques des États-Unis. On en trouvera la traduction dans les Lettres encycliques de S. S. Léon XIII (déjà citées), t. V, pp. 178-201 = Voir aussi : Delatthk (le P.) : Un catholicisme américain, Namur, Godoene, 1898. En dépôt à Paris chez Hogeret Chcrnoviz,in-i 2 dexv-i85 \>.Prix:2 i'r.(Un peu acerbe).

LA DÉFENSE DE LA FOI l^J

sent dans cette revue sont écrites par des spécialistes écoutés, ce qui explique l'autorité et le succès de cette publication. Publiée sous la direction de MM. Baudrillart, Guibert et Lesêtre^yec la collaboration suivie de nombreux autres savants qu'il serait trop long- d'énumérer ici, la Revue pratique d'Apologétique doit être lue par tous les esprits cultivés.

« La Revue d'Apologétique, lisons-nous dans son programme, « née d'une pensée tout apostolique, est une entreprise de bienfai- « sance intellectuelle et religieuse.

« Elle se propose un double but : i° venir au secours de toutes « les âmes qui éprouvent des inquiétudes ou désirent des éclaircis- « sements au sujet des questions religieuses; 20 fournir des maté- « riaux et des renseignements prompts et surs aux prédicateurs, « aux conférenciers, aux directeurs d'œuvres... qui ont à traiter des « matières apologétiques.

« La Revue n'est inféodée à aucune école particulière. Elle veut « être sincère toujours, et elle s'efforce d'être vraie. Quand un fait « sera nettement établi, elle en usera; quand une théorie sera con- « venablement assise, elle y fera appel. Elle se servira, sansdistinction « de provenance, de tout élément sérieux, capable de l'armer pour « kvdéfense religieuse.

a Créée pour le soutien et la propagation de la vérité catholique, « elle fait profession d'une soumission prompte et entière à la sainte

« Eglise... »

L'Index.

Sur V Index, qui a pour mission de nous garantir des livres entachés d'erreur, il faut lire soit Périès (1), soit surtout l'excellente étude de :

Boudinhon (Abbé). — La Nouvelle législation de l'Index. Paris, Lethielleux, 1897, in-8 de 3(j6 p. — Prix: 4 fr. 5o.

~* On peut se procurer l'Index pu liste officielle des livres condamnés :

Index librorum prohibitorum Leonis XIII sum. Pont, auctoritate recognitus SS. D. N. PIl.P.X. jussu denuo editus. — Romae, Typis vaticanis, 1907, in-4 de xxm-3i7 p. — Prix: 5 fr. [On peut se le procurer à Paris chez Desclé].

\\]* Périès (AbbéjG.). — L'Index : Commentaire de la constitution apostolique « Officiorum ». — Paris, Roger et Chernoviz, 1898, in-12 de xn-261 p. — Prix : 2 fr. 5o.

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