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QUELQUES OBJECTIONS IMPORTANTES CONTRE LA FOI

Si nous savons où trouver maintenant la réponse précise aux différentes objections qui peuvent être faites contre la religion catholique, certains esprits ne sauraient,pourtant, se tenir pour satisfaits, car ils voudront pousser plus avant leurs études

(1) .Taud, U Œuvre apologétique de Mgr Gibier, dans Revue pratique d'apologétique, t. III, p. 162.

(2.) Le Jeune apologiste de la religion : Réponse aux objections les plus courantes contre la religion. Paris, Castermann, 1905, in-16 de 288 p. Prix : o fr. 70. — Vandepitte (Abbé) : Petite apologétique chrétienne ou démonstration et défense de la vraie religion. Cambrai, Imp. Deligne, in-8 de 96 p.,ofr.5o.

Ou ces deux-ci, beaucoup plus combatifs :

Magniez (Capitaine) : les Répliques du bon sens aux attaques et objections modern/'S contre la religion. Paris, Taffin-Lei'ort, 190 p. Prix : o fr. 3o. — Garnier (Abbé) : le Pour et le Contre. Paris. Ligue de l'Evangile. Prix : o fr. 20. — Répandre encore les Tracts de Propagande de Mgr Gibier. Paris, Lethielleux. Cent exempl. 2 fr. 5o. — Faire circuler : la Réponse, revue mensuelle d'apologétique populaire, dirigée par l'abbé Duplessy. Paris, Téqui, un an, 3 fr. — Faire lire aussi : abbé Duplessy : les Idées de Matuiinaud. Paris, Tequi. Prix : 2 fr. 5o.

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et approfondir les problèmes qui les inquiètent et les tourmentent.

C'est pourquoi nous citons, ci-après, des livres dans lesquels les esprits d'élite découvriront les solutions qu'ils cherchent et puiseront la paix intellectuelle dont ils ont tant besoin.

La Foi et les miracles.

Les événements de Lourdes rappellent constamment le miracle à l'attention des foules et des savants. Il est donc sacre de bien comprendre la nature vraie du miracle, dont Dieu use parfois pour manifester sa puissance. On lira donc le court et substantiel travail suivant :

De la Barre (Le P.). — Faits surnaturels et forces naturelles : L'ordre du monde physique et La miracle, 8e éd., 1910. — Paris, Bloud, in-16 de G3 p. — Prix : o fr. 60.

Etude très serrée d'une des questions les plus controversées de notre temps. Le miracle, nié par les incroyants, n'est pas toujours défendu avec assez de conviction par certains catholiques qui y voient je ne sais quel accroc incompréhensible fait aux lois naturelles. Or, le P. DeLaBarre, professeur à l'Institut catholique, a su répondre à cette objection par des arguments très nouveaux et très scientifiques qui donneront satisfaction aux plus difficiles. L'auteur étudie, en effet :

L'ordre de la nature et le groupement des forces ; — l'activité et la persistance des forces naturelles dans les tissus vivants ; — la trame de notre vie psychique dans les faits surnaturels; — les forces physiques et l'immutabilité des lois.

« Il n'y a point de démenti donné aux lois scientifiques.

« Au contraire, jusque dans l'ordre naturel, ces perturbations et « dérogations partielles furent bien souvent un moyen d'étude scien- « tifique, un indice qui fit connaître l'existence de la cause supé- « rieure ou conduisit à étudier son mode d'action.

« Il suffirait de rappeler ce que nous avons dit des perturbations « planétaires et de leur déformation elliptique. Ainsi, au frémisse- « ment d'un astre dévié de sa route, on a reconnu l'astre caché qui « l'inquiétait,..^

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« Ainsi nous reconnaissons l'action divine par la déviation que sa « toute puissance imprime au cours régulier des choses... » (pp. 56 et 57).

-wv Compléter par un livre que M. Henri Joly a pu appeler « un livre apôtre » :

Bertrin (Abbé G.). — Histoire critique des événements de

Lourdes. 34e mille. — Paris, Lecoffre, 1910, in-8 de 592 p. —

Prix : 4 fr- 5o.

Du même : Un Miracle d'aujourd'hui, discussion scientifique

avec une radiograpliie. 5e mille. — Paris, Lecoffre, 1909, 1 vol.

in-12 de 160 p. — Prix: 1 fr. 5o.

La Foi et la raison .

L'importante question des relations de la Foi et de la Raison a été étudiée par Newman, mais le livre qu'il lui a consacré n'est peut-être pas à recommander à tous sans réserve. Composé, croyons-nous, avant sa conversion, il est par endroits assez confus pour que modernistes et anti-modernistes se réclament de lui. Une doit donc être consulté que par des esprits très cultivés.

Newman (J.-K.). — La Foi et la Raison : six discours empruntés aux discours universitaires d'Oxford; traduction et préface de R. Saleilles, introduction par l'abbé Dimnet. — Paris, Lethielleux, 1905, in-16 de xlvii et a63 p. — Prix t 3 fr.

De la comparaison à établir entre la Foi et la Raison, considérées comme simples phénomènes intellectuels. — De la nature de la Foi dans ses rapports avec la Raison. — De Vamoar considéré comme sauvegarde de la Foi 'contre la superstition. — De la Raison implicite et de la Raison explicite. — De la sagesse comparée à la Foi et à Y Esprit de secte. — De la théorie du développement en matière de doctrine religieuse.

~v II faut lire aussi l'étude très accessible que Pabbé de Broglie a écrite pour consolider la foi des jeunes gens instruits qui fréquentaient, de son temps, les Facultés catholiques et l'Université :

Broglie (Abbé de). — Les Fondements intellectuels de la Foi chrétienne, avec préface et notes par Aug. Largent, 3e édit. — Paris, Bloud, 1907, in-16 de 1Z1 p. — Prix :2Ît.5o.

L'abbé de Broglie consacra sa vie à essayer de convaincre ses contemporains de la véracité et de l'excellence du christianisme. S'il a composé des livres d'une valeur supérieure à celui-ci, il n'en a guère écrits qui soient plus accessibles et plus utiles à la jeunesse studieuse. A l'heure où il convient que les catholiques instruits, e lus particulièrement les catholiques d'action, se montrent encore catholiques conscients, ce livre ne saurait être trop lu et trop médité. Pour amener les autres à croire, il faut d'abord savoir pourquoi l'on croit.

Pourquoi nous sommet croyants : Le problème de la destinée humaine, les solutions non chrétiennes, la solution chrétienne.

Les preuves historiques du christianisme : Les miracles qui accréditent la révélation. Les prophéties et l'attente messianique. La transcendance de la doctrine chrétienne. Où se trouve le christianisme véritable ?

Deux sortes d'objections : Celles qu'il faut combattre, celles qu'il faut regarder en face et qui ne demandent pas à être toutes combattues. Examen de deux questions. Relativisme religieux. Succès partiel du christianisme.

« Je montrerai que le christianisme répond d'abord aux besoins « intimes des âmes et surtout au besoin que nous avons de connaî- « tre notre destinée. Après tout, c'est la grande question ; c'est la « question capitale pour l'homme. L'homme demande à savoir ce « qu'on doit devenir et faire. Le christianisme seul donne la «réponse. J'essaierai de montrer nsuite les traces ineffaçables et « miraculeuses que le christianisme a laissées dans l'histoire et enfin « son action présente et sa merveilleuse adaptation aux besoins de a notre époque. Le résultat de ces études sera de vous montrer que « vous possédez en vous-mêmes, sans vous en rendre compte, la ré- « ponse à bien des objections, qui effraient au premier abord, et que a vous êtes, pour les luttes de la pensée, mieux armés que vous ne « le pensez. Si je fais cela, je rendrai un grand service à vous et à « l'Eglise, parce que, dans la lutte, il faut connaître ses armes et il « faut avoir confiance en soi-même... » (pp. 37 et 38).

~~ On n'oubliera pas de se reporter au livre déjà cité de Valvekens : Foi et Raison, livre excellent qui peut faire beaucoup de bien, et aux pages que nous consacrons plus loin à

l'étude du Rationalisme ; on y trouvera l'indication de quelques bons livres, particulièrement d'un ouvrage d'OLLÉ- Laprune sur la Raison et le Rationalisme.

La Foi et la critique.

On pourrait peut-être reprocher au travail de M. l'abbé de Broglie de ne plus être, en certaines parties, tout à fait au courant de l'exégèse qui, d'année en année, étend son domaine. Quelques intellectuels désireront un livre critique, plus au point, pour rasséréner leur foi ébranlée.

Catholique ou critique, dit le P. Hugueny, alternative angoissante pour les laïques qui savent et les clercs qui pensent... C'est par pitié pour cette angoisse et dans le but de hâter le terme de douloureuses hésitations que M. Guignebert et bien d'autres après lui, s'en viennent nous dire : « Soyez donc critiques et, si vous voulez garder encore une pensée religieuse, secouez du moins le joug du dogmatisme romain. C'est une utopie de vouloir à la fois « croire, savoir et penser ». Ce sont là « désirs mal faits pour s'entendre ». Pour croire, il faut ignorer, ignorer du moins l'exégèse, dont les conclusions sont impitoyablement ruineuses d'une foi qui prétend nous faire accepter sans raison un dogme contre raison. »

Eh bien,répondfièrement le P. Hugueny, soyons critiques... car le penseur catholique peut chercher et trouver, « dans une étude sérieuse de l'exégèse, de l'histoire, des sciences, de la philosophie et de la théologie, la double joie d'être en même temps homme de raison et de foi ».

Nous avons, affirme-t-ii encore, toutes raisons de donner notre assentiment et aucun motif peremptoire de le refuser. « Cela prouvé, nous serons en droit d'affirmer que non seulement le critique peut être catholique, mais que le penseur, pleinement instruit des garanties du dogme catholique et de son contenu, ne peut lui dénier sa foi, sans se soustraire aux exigences de la critique. On n'a pas à choisir entre la critique et le catholicisme : on n'est parfait critique, dans l'orientation de sa vie, qu'en étant catholique... »

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On lira donc avec le plus grand profit l'ouvrage suivant, excellent pour donner une direction intellectuelle et dont la lecture, dit la Revue du Clergé Français, est « une délectation pour l'esprit (i) ». D'autre part, le Bulletin de la Semaine, pourtant assez sévère pour l'auteur, déclare qu'il n'y a pas, dans ce livre, une page qui ne « respire la plus exacte modération et la plus parfaite bonne foi(2) ». D'autres revues, parfaitement orthodoxes, ont également fait le plus grand éloge de cet ouvrage :

Hugueny (Le P. Et.). — Critique et catholique. — Paris, 1910, Letouzey et Ané, in-12 de 3q5 pages. — Prix : 3 fr. 5o.

Exposés des motifs de crédibilité de notre foi : Le fait du Christ et le fait juif. La conscience catholique et la chrétienté nouvelle. Jésus et l'Eglise. La conversion de saint Paul. La conversion du Monde romain. L'Eglise et les sectes primitives. L'Eglise et les églises. L'Eglise et les religions universelles. L'Eglise et le monde. L'Eglise et la Sainteté. L'Eglise et le miracle. L'acte de Foi.

Le second volume, qui paraîtra bientôt, montrera « comment les plus mystérieux et les plus contestés de ses dogmes ne sont point en contradiction avec les données rationnelles de la métaphysique, de l'exégèse, de l'histoire et des sciences ».

« Sans doute, le mystère de l'Infini et des dogmes, qui nous en « balbutient la vie, est déconcertant pour la raison, mais, outre que « leur proposition n'a rien de contradictoire..., l'homme réfléchi peut- « il tant s'étonner qu'il y ait des réalités qui ne soient point faites « à la mesure de ses concepts naturels? Non, vraiment. Et quand « enfin il aura senti que la vie est dans la foi, qu'en dehors d'elle k il n'y a que malaise et impuissance pour la pensée supérieure et « étourdissement ou corruption dans les joies mondaines, il n'hési- « tera plus à se livrer à Jésus dans l'Eglise en répétant les paroles « de saint Pierre : « Seigneur, à qui irions-nous ? C'est vous « qui avez les paroles de la vie éternelle, nous croyons et nous « connaissons que vous êtes le Christ, fils de Dieu » (p. 324).

La Foi et l'exégèse.

« Les études bibliques, dit Albers, ont fait de grands progrès; cet avancement est dû, peut-être, à ce que les sciences

(1) Revuedu Clergé Français, i5 oct. 190g, pp. 182-200.

(2) Bulletin de la Semaine, 6 juillet 1910, p. 3ai.

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auxiliaires ont été cultivées plus que jamais ; malheureusement,sur bien des points, l'accord n'est pas fait entre exégètes, l'esprit critique a porté quelques-uns à trop de hardiesse, non pas tant dans la critique textuelle que dans la discussion de l'authenticité et des limites de l'inspiration... (i). »

Pourtant, les controverses s'affaiblissent, les esprits, plus éclairés, se rassurent, et nous pouvons aujourd'hui envisager l'heure prochaine où la foi et la science régneront d'un commun accord sur toutes les consciences apaisées.

On consultera donc des ouvrages très sûrs, c'est-à-dire, en plus du Manuel d' Histoire des religions du P. de Grandmaison, du Manuel Biblique, et de X édition de la Bible par l'abbé F illion, les ouvrages déjà cités de l'abbé Lepin : sur le Christ, Messie et Fils de Dieu et sur le Quatrième Evangile, — de l'abbé Mangenot sur la Résurrection du Christ, — les Dictionnaires édités chez Letouzey, les ouvrages d'Hugueny, de Bàtiffol et des autres auteurs recommandés au cours de notre travail.

On se reportera aussi au paragraphe consacré à Y Histoire des religions, et on se tiendra au courant par la Revue pratique d'apologétique, citée plus loin, et parla Revue Biblique internationale, dirigée par le P. Lagrange (Paris, Lecoffre, trimestriel, un an : 12 fr.).

La Foi et la science.

Combien nombreux, même parmi nous, sont ceux qui parlent de la science, sans se donner la peine d'en approfondir la notion. Et pourtant, cette étude réserve à ceux qui la tentent de grandes joies intellectuelles, en même temps que leur foi se consolide et s'éclaire; ce que nous cherchons, en somme, c'est une philosophie chrétienne de la science.

Nous ne renverrons donc ni à Emile Boutroux , ni à H. Poincaré, ni à d'autres savants, dans lesquels les esprits très avertis pourront cependant trouver de bonnes

(1) Albers, Manuel d'histoire ecclésiastique, p. Lbo.

pages, mais au livre suivant, qui nous donne vraiment toute satisfaction :

Lapparent (A. de). — Science et apologétique, 8e éd. — Paris, Bloud, 1908, in- 16 de 3o4 p. — Prix : 3 fr.

Nous ne saurions mieux dire que ce qu'écrivait le Journal des Débats, peu suspect de cléricalisme : « Ce livre est l'œuvre d'un savant qui fait autorité. Il montre comment la science peut s'accorder avec les principes religieux. C'est une œuvre d'une importance exceptionnelle, que tous les lecteurs impartiaux doivent, comme les catholiques, avoir dans leur bibliothèque un travail de grande valeur scientifique et de démonstration définitive (1). » Il est bon de rappeler à ceux qui l'auraient oublié que M. de Lapparent, dont la réputation était mondiale, fut professeur à l'Institut catholique de Paris et membre de l'Académie des Sciences.

Les Sciences ; Les conceptions de la géométrie. Les sciences des nombres et la mécanique. Les sciences à' observation.

L'Ordre dans la création : Le principe de la moindre action. Les notions d'origine et de fin; la finalité dans le monde.

L'évolution des doctrines scientifiques. La marche vers Vunitè dans la science moderne.

Les devoirs et les droits de l'apologiste en matière scientifique.

« Parfois, dans le louable dessein de dissiper certains préjugés

« ou de prévenir une infatuation possible, on s'attache trop volon-

« tiers à faire ressortir, jusau'à l'excès, ce qu'il peut subsister d'in-

« décision dans nos connaissances de tout ordre. Cette critique impi-

« toyable, qui semble ne rien laisser debout, n'est pas le bon moyen

« pour garantir aux intelligences et aux volontés la direction ferme

oc et sereine qui leur est nécessaire. De ces tentatives, on risque de

(( sortir troublé, désorienté, prêt à se demander où est la vérité, où

« est le devoir et si même ces grands mots ne cacheraient pas de

« pures illusions.

« Notre souhait est que, de cette série d'études faites de bonne foi,

« il se dégage une impression tout opposée; que, non seulement,

« les croyants y puissent trouver de nouveaux motifs de confiance,

« mais qu'à ce sentiment se joigne chez eux une saine appréciation

« de l'œuvre accomplie par tant de générations de travailleurs en

« vue de la connaissance de l'ordre qui règne dans la Création. De

(1) Journal des Débats, ao déc. 1906.

« cette manière on évitera d'être injuste à l'égard de la science en

« lui infligeant la responsabilité de l'œuvre de destruction mal à

« propos entreprise en son nom, et, peut-être du même coup, se sen-

« tira-t-on la démarche mieux assurée pour la poursuite du labeur

« quotidien » (pages 2 et 3).

v^v On aura un livre, d'une portée apologétique moins générale, mais bien utile pourtant, en lisant :

Guibert (Abbé J.). — Les Croyances religieuses et les sciences de la nature, 3e édit. — Paris, Beauchesne, 1908, in-12 de 320 p. — Prix : 3 fr.

Très bon livre à lire et à faire lire. L'auteur expose avec loyauté les découvertes de la science; il a su distinguer, des faits acquis, l'hypothèse et il démontre qu'en aucun cas la doctrine de l'Eglise ne se trouve en désaccord avec la vraie science.

Le conflit : Coup d'œil historique sur le conflit des croyances religieuses et des sciences delà nature. — Les commencements : Les sciences delà nature nous révèlent des commencements qui ne peuvent s'expliquer sans Dieu. — LI ordre da monde : Les sciences de la nature révèlent un ordre intentionnel qui ne s'explique pas sans Dieu. — L'Evolution : L'Evolution ne peut devenir l'histoire du monde qu'à la condition d'être un procédé de création aux mains d'une intelligence souveraine. — La biologie (ou conception matérialiste de la vie) : La biologie ne résout pas le problème de la vie humaine. — Le déterminisme ; Le déterminisme de la nature n'est pas un cercle si rigide que l'homme ne puisse y introduire des actes libres et Dieu des interventions miraculeuses. — Les origines deVhomme : L'histoire de l'humanité n'est pas réductible à une évolution animale. — Bible et Science : Gomment faut-il interpréter les données scientifiques de la Bible?

« Certains esprits, placés à l'avant-garde du mouvement apolo- « gétique contemporain, diront peut-être que cette publication n'est « pas d'une très brûlante actualité. Ils savent, en effet, que, depuis « une quinzaine d'années, les hommes réfléchis sont fixés sur l'an- « cien conflit de la science et de la foi, qu'il ne devrait plus être « sérieusement question d'un antagonisme quelconque entre les « croyances religieuses et les sciences de la nature.

a Mais ce que savent des intelligences très cultivées, la masse « l'ignore et il faut bien le lui faire entendre. Oui, pour le peuple, a et même pour les gens instruits qui ne sont pas initiés à nos con- « troverses, ce sont les sciences de la nature qui font échec à nos (c croyances religieuses. Pour les rassurer, il suffit, la plupart du

« temps, de leur montrer qu'une foi très fidèle peut s'allier dans « une même âme avec une science très ouverte. » (Avant-propos, pages i et 2.)

-vw Si on souhaitait plus de développement scientifique sur ces mêmes questions, on lira encore :

Guibert (Abbé). — Les Origines : Questions d'apologétique, 4e édit. — Paris, 1909, in-12 de vm-390 p. — Prix : 6 fr.

Ce livre est si documenté, ses gravures sont si nombreuses et sa bibliographie si riche qu'il pourrait presque — et ceci fera sourire M. Dechelette et M. de Mortillet — tenir lieu de manuel préhistorique. Les problèmes les plus ardus et les plus délicats sont exposés avec clarté et avec le souci constant de l'orthodoxie. Aussi cet ouvrage est-il indispensable pour tranquilliser les esprits inquiets, pour vaincre le parti pris de ceux dont un enseignement soi-disant scientifique a faussé le jugement, pour apporter des notions justes aux intelligences curieuses de savoir, pour rappeler à la pondération les imprudents qui combattent à tort et à travers toutes les affirmations de la science, souvent sujettes, il est vrai, à révision ; c'est ainsi qu'on n'oubliera pas, en lisant les études de M. l'abbé Guibert, qu'en « l'état actuel de la science, selon G. Bonnier, les procédés par lesquels s'effectue l'évolution nous échappent ». En effet, le néo-lamarkisme et la théorie des mutations, due à Hugo de Vryes, ont sensiblement discrédité le darwinisme.

<vw Quelques-uns pourraient préférer une étude écrite par un « spécialiste ». A ceux-là, nous recommandons, de préférence au gros ouvrage du chanoine Brettes, X excellent travail de l'abbé Senderens, qui traite de l'origine et de la formation de l'Univers (Cosmologie") — de l'origine et du développement de la vie (Biologie), — de l'origine, de l'histoire, et des destinées de l'homme (Anthropologie) :

Senderens (Abbé J.-B.). — Apologie scientifique de la foi catholique, d'après l'ouvrage de Mgr Duilhé de Saint- Projet, entièrement refondu par l'abbé J.-B. Senderens, docteur ès-sciences et docteur en philosophie, lauréat de l'Aca-

demie des sciences, professeur à l'Institut catholique de Toulouse. — Paris, Poussielgue, in-12 de xvi-444 p- — Prix : 3 fr. 00.

-ww Lire et répandre les études de savante vulgarisation de l'abbé Moreux, directeur de l'Observatoire de Bourges :

MoREUX(Abbé). — D'où venons-nous? Paris, Bonne Presse, vol. in-8, 127 pages. Prix: 1 fr. — Qui sommes-nous? Paris, Ibid., in-8 de io4 p. — Et enfin le livre suivant, en préparation : Où allons-nous?

^ Se tenir au courant par le Cosmos, Revue catholique des sciences. (Paris, Bonne Presse, hebdomadaire; un an : 8 fr.)

La Foi et les exigences sociales.

Il était naturel, à une époque où les préoccupations sociales sont devenues si aiguës, qu'une apologétique nouvelle apparût, qui essayât de défendre le catholicisme en montrant sa bienfaisance et sa nécessité sociales.

Laissant de côté, pour le moment, les doctrines et les actes des « catholiques sociaux », dont nous parlerons très longuement dans la deuxième partie de notre livre, nous nous bornerons à citer ici deux études remarquables qui sont vraiment des livres d'apologétique.

On peut, nous le verrons à l'instant, discuter la méthode et la valeur même apologétique de ces ouvrages, mais l'impression qui s'en dégage n'en est pas moins très réconfortante et très apte à frapper tous les esprits de bonne foi.

-wv Nous mentionnerons en première ligne l'intéressant travail de Balfour sur les Fondements de la croyance. L'utilité sociale du catholicisme est, selon Brunetière, un des arguments qui militent le plus en faveur de la Foi. « Le livre de M. Balfour, déclare-t-il, est un signe des temps », et il rappelle cette phrase de Benjamin Kidd : « De quelques côtés que nous nous tournions, l'attitude de la science en face des problèmes sociaux est aussi peu satisfaisante ; elle n'a pas de

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réponse à donner aux problèmes de notre temps. » Pais, M. Brunetière loue « l'accent de sincérité » qui se dégage de toute l'œuvre de M. Balfour, son originalité, et il ajoute : « On ne se met pas avec plus d'aisance ni de complaisance à la portée des esprits simplement cultivés, des gens du monde et des hommes politiques. »

Les esprits cultivés, et ceux-là seulement, devront donc connaître ce livre qui traite des conséquences, des motifs et des causes de la croyance et établit les bases d'une philosophie provisoire qui facilitera le triomphe définitif de la « Théologie», c'est-à-dire de la Religion :

Balfour (A.-J.). — Les Bases de la croyance, traduit de V anglais par G. Art, avec une préface de Ferdinand Brunetière. - Paris, Montgredien [1896], in-8 de xvm et 292 p. — Prix : 7 r. 5o.

« J'ai, jusqu'ici, cherché à établir que le corps de nos croyances « scientifiques, morales, théologiques, forme un tout plus cohérent « et plus satisfaisant, si nous le considérons dans une combinaison « déiste que si nous le considérons dans une combinaison natura- « liste. Une question se pose alors d'elle-même : pouvons-nous faire « un pas de plus et dire qu'elles sont plus cohérentes et plus satis- « faisantes dans une combinaison chrétienne que dans une combi- « naison purement déiste?... »

« Ce qu'il nous faut, c'est une foi tellement vive dans les rapports « de Dieu à l'homme qu'elle ne laisse pas de place pour cette révolte « désespérée contre l'ordre établi, révolte à laquelle nous sommes si <( enclins à la vue du malheur immérité. Et cette foi est le partage « de ceux qui conçoiveut profondément la forme chrétienne du « Déisme. Car ils adorent un Dieu qui n'est pas un créateur loin- « tain d'un univers aux maux duquel il est indifférent. S'ils souf- « frent,Lui aussi n'a-t-il pas souffert à cause d'eux» (pp. 2 70 et suiv.)?

-vw Et maintenant, voyons comment la dialectique de M. Brunetière a su, dans un ouvrage du môme genre, prouver la transcendance sociale du catholicisme.

Brunetière, chrétien tardif, apporta à la défense de ses idées nouvelles la sagesse du philosophe, la clarté et la méthode d'un professeur, l'intuition du penseur, l'éloquence d'un grand conférencier, et l'ardeur du néophyte.

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Ses œuvres apologétiques peuvent être consultées avec sécurité, bien qu'on ait pu leur reprocher une connaissance insuffisante de la théologie et une défiance exagérée de la raison naturelle incapable, semble-t-il croire, deconnaître parfaitement Dieu. D'autre part, les arguments de Brunetière « ne sortent pas de la sphère naturelle » et on ne saurait conclure de là à une religion surnaturelle, à des dogmes surnaturels, à une autorité surnaturelle, dans le sens théologique du mot surnaturel (i).

Si M. Brunetière s'attache à prouver l'excellence de la religion par une de ces preuves intrinsèques dont nous parlions plus haut, son apologétique n'en est pas moins venue fort à propos pour réconcilier avec la foi les hommes de bonne volonté en quête des principes de rénovation sociale :

Brunetière (Ferd.)- — Sur les chemins de la croyance première étape : l'utilisation du positivisme. — Paris, Perrin, 1908, in-16 de xxu et 3i2 p. — Prix : 3 fr. 5o.

Ainsi donc, le positivisme paraît avoir amené Brunetière à la foi. D'autres y viendront; déjà un homme éminent, M. Deherme, prétend, dans un livre récent, très loyal et très fouillé, que le salut est dans le catholicisme allié au positivisme (2).

C'est, certes, rendre hommage à la fécondité sociale de notre foi, mais le catholicisme, doctrine éternelle et divine, qui est tout esprit et toute autorité, n'a point à lier ses destinées à celles d'une science humaine et fragile, tout empirique et toute personnelle, malgré la prétention qu'elle a d'être à elle seule toute la Philosophie.

L'Eglise et les questions actuelles.

Enfin, il convient, pour mieux défendre sa foi, d'avoir sur les questions actuelles qui occupent le plus les esprits quelques idées précises. On lira donc, à titre d'indication, les études écrites par des auteurs de talent, au gré des circonstances, en se souvenant toutefois que l'opinion d'un penseur, quelle

(1) Voir abbé Chollkt, la Théologie de M. Brunetière. Arras, Sueur— Gharruey, 1907, in-8 de 3a p .

(2) Deherme, la Crise sociale. Paris, Bloud, 1910, in-12 de 343 p. Prix : 3 fr.

que soit sa notoriété, n'est pas toujours parole d'évangile... -vw En se rappelant les réserves déjà faites surles œuvres de Brunetière on lira, en plus des ouvrages du même auteur cités ci-dessus, les livres suivants :

Brunetière. — Discours de combat. — Paris, Perrin, 1908, 3 vol. in-12 de 34i, 3oo et 264 p. — Prix : le vol. 3 fr. 5o.

/r« série. — La Renaissance de l'Idéalisme, l'art et la morale. — L'idée de Patrie. — Les ennemis de l'âme fraDçaise. — La Nation et l'armée. — Le génie latin. — Le besoin de croire.

2* série. — Les raisons actuelles de croire. — L'idée de solidarité. — L'action catholique. — L'œuvre de Calvin. — Les motifs d'espérer. — L'œuvre critique de Taine. — Le Progrès religieux.

Je série. — Le Génie breton. — La Modernité de Bossuet. — La Liberté d'enseignement. — La Renaissance du Paganisme dans la morale contemporaine. — Les difficultés de croire. — Le Dogme et la Libre-Pensée. — L'évolution du concept de science. — La réunion des Eglises.

-v*v Du même auteur :

Questions actuelles. — Paris, Perrin, 1907, in-16 de xxvi et 409 p. — Prix : 3 fr. 5o.

Après une visite au Vatican. — Education et instruction. — La Moralité de la doctrine évolutive. — Le catholicisme aux Etats-Unis. — Voulons-nous une Eglise Nationale ? — La fâcheuse équivoque. — Le mensonge du Pacifisme. — Les bases de la croyance. — Pour les humanités classiques.

« Si [lisons-nous dans les Questions actuelles] c'est justement « l'honneur du christianisme, si c'a été sa force à ses débuts, si, « peut-être, il n'a pas donné de signe plus éclatant ni de preuve « plus convaincante de sa mission, que de s'être adressé d'abord « aux humbles de ce monde, là aussi est son avenir et, pour « ainsi parler, dans la société que nous a faite la philosophie « du siècle dernier, là est sa promesse d'éternité. Aucun pontife ne « l'a mieux senti que le pape Léon XIII, ni, l'ayant senti, ne l'a dit « avec plus d'abondance de cœur et d'ardeur de persuasion. Aucun « ne l'a redit avec plus d'insistance. Et aucun, surtout, en enseignant « à ceux qui pensentj'inutilité de la violence ou de la révolte et aux « heureux du jour ce que leurs obligations envers leurs « frères » « ont d'impérieux et d'absolu, ne l'a fait avec un plus vif sentiment « de la fraternité humaine, de l'égalité chrétienne, et de la liberté t< apostolique » (p. 3o).

[Et ailleurs] « Le protestantisme a sans doute « la raison » pour

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« lui, mais une religion n'est pas une philosophie et il faut recon- « naître que le catholicisme a pour lui « la logique ». Et il a enfin « Je n'être pas seulement une « théologie » ou une « pchychologie », « mais une « sociologie »... et c'est là, sachons-le bien, à l'heure « critique où nous sommes, son plus grand avantage... » (Ibid. 4o).

+** Citons aussi un livre qui contient d'excellentes études, très travaillées, sur des questions d'actualité.

SoKTAis(Le P.Gaston). — Etudes philosophiques et sociales. — Paris, Lethielleux, s. d. [1907], in-12 de viii-432 p. — Prix : 3 fr. 5o.

Il y a dans ce bon livre des chapitres qui valent mieux que bien des ouvrages. « En raison de leur importance et de leur actualité, dit le P. Sortais, on me pardonnera d'avoir osé réunir en gerbe des épis dispersés... Si mes lecteurs découvrent ça et là quelques graines de vérité qui leur agréent, je serai suffisamment payé de ma peine, car ces semences, tombant sur un bon terrain produiront peut-être un jour une abondante moisson. » On lira avec attention les chapitres qui traitent de l'intolérance de l'Eglise, des fonctions de l'Etat moderne, de la décentralisation administrative et de l'organisation provinciale. L'auteur, en outre, expose et réfute le Kantisme, nous entretient du Néo-Catholicisme et des rapports de l'Art et de la Science.

En terminant son étude sur Kant, l'auteur dit :

« Il ne nous « déplaît pas de formuler l'espoir que l'échec de son « relativisme radical facilitera aux penseurs contemporains le retour « nécessaire au réalisme tempéré, cette voie large et sûre qu'a frayée « le génie d'Aristote et qui fut savamment perfectionnée par les « grands maîtres de la Scolastique depuis saint Thomas et saint « Bonaventure jusqu'à Suarez et Kleutgen. On voit dans quel sens « et dans quelle mesure nous pouvons souscrire à ces paroles : « Le « kantisme est mort, l'esprit de relativité critique demeure vivant « et Taristotélisme reste possible » (p. 243).

~~ Nous mentionnerons encore un ouvrage qui, sans revêtirun caractère exclusivement religieux, et malgré l'esprit légèrement indécis de l'auteur, compte des pages pénétrantes qui mériteraient d'être plus connues et plus appréciées des catholiques :

De Vogue (Vte E.-M. de).— Heures d'histoire.— Paris, Colin, 1892, in- 12 de 303 p. — Prix : 3 fr. 5o.

« Quelle que soit la forme des réorganisations appelées par le vœu « ultime de notre société, elles ne pourront aboutir que par le lien « commun — religio, — d'un symbole et d'une discipline morale. « Parmi les foyers de force morale que nous connaissons, l'Eglise « apparaît comme le seul, assez vaste et assez puissant, pour pro- « curer les éléments de cette reconstitution. M. Renan découvrait « avec sagacité une des chances de l'Eglise lorsqu'il [disait]... « On « s'étonne souvent de la force que possèdent en province le clergé, « l'épiscopat. Cela est bien simple. La révolution a tout désagrégé; « elle a brisé tous les corps, excepté l'Eglise, le clergé seul est resté « organisé en dehors de l'Etat. Comme ces villes, lors de la ruine de « l'Empire romain, choisirent pour représentant leur évêque, l'évê- « que sera bientôt, en province, seul debout au milieu d'une société « démantelée. Cela est vrai dans l'ordre social; dans Tordre spiri- « tuel, l'Eglise est la pierre d'aimant où tendent fatalement ces aspi- « rations, idéalistes, mystiques, morales, qui donnent à l'élite des « générations nouvelles une physionomie si attachante et si confuse. « Précisément, à l'heure où tant de regards se tournent vers elle, « cette force au repos se met en mouvement ; elle revient s'alimenter « aux sources populaires. L'Eglise comprend que ces sources mon- « tent pour tout submerger. Réussira-t-elle à les capter, à leur don- <( ner un lit, une direction ? Toute la question d'avenir pour notre « race est là » (p. 3i3).

~~ Voir aussi le bon livre suivant, d'une tenue si littéraire et d'une doctrine si sûre :

Lamy (Et.). — Au service des idées et des lettres. — Paris, Bloud, 1910, iu-12 de 44 et 364 p- — Prix : 3 fr. 5o.

-*~ Compléter par l'excellente revue :

Questions actuelles, in-12 de 32 pages ou plus, paraissant le dimanche, 6 fr. par an, le numéro, o fr. i5. — Paris, Bonne Presse.

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