LE CULTE
« Que les gens, dit Huysmans, qui ne pratiquent pas la religion catholique ignorent le langage, le costume, le geste, toute la symbolique de l'Eglise, cela se conçoit, mais ce qui est surprenant, c'est que tant de fidèles, assidus aux offices, ne connaissent ni le sens détaillé des cérémonies qu'ils regardent, ni la signification des paroles et des chants qu'ils écoutent, ni même l'acception des divers ornements et des différentes couleurs dont le prêtre se sert suivant les jours... »
« Vraiment, ils ne soupçonnent guère le durableenchantement et la persistante émotion qu'ils éprouveraient à suivre Y au jour le jour admirable de l'Eglise, ceux qui, pour n'avoir pas tenté
un lécher effort, demeurent ignorants de laTscience desjprières
et des rites... »
Les Cérémonies du culte.
« Je veux que mon peuple prie sur de la beauté », disait un jour Pie X.
Aux chrétiens qui ne comprennent plus la beauté du culte que l'Eglise rend à Dieu, nous recommandons le magistral ouvrage de Guéranger (Dom) : Les Institutions liturgiques. Paris, Palmé (auj. Oudin), 4 vol.in-8 de 600 p. environ; 25 fr.
Mais en raison du caractère très scientifique de ce travail, on répandra plutôt le petit livre suivant, que sa forme catéchistique rend très attrayant. Si cet opuscule était plus répandu, les catholiques suivraient les offices avec plus ^cle goût, et leur piété, moins ignorante de la liturgie, serait plus profonde et plus vive :
Dutillet vAbbé). — Petit catéchisme liturgique, corrigé et augmenté d'un catéchisme du chant ecclésiastique, par A. Vigourel. Préface par L. Huysmans, 19e édit. — Paris, Bricon et Lesot (auj. Mignard). — 1908, in- 16 de xiv-207 p. — Prix: 1 fr. ; édition de bibliothèque. 1 fr. 5o.
Des objets qui servent au culte divin. Du saint sacrifice de la messe.
De V office divin (vêpres). De quelques cérémonies particulières :
Processions. Bénédiction du Très Saint Sacrement. Administration
des sacrements. Sépulture chrétienne.
Des fêtes de l'Eglise, ou l'année liturgique, cérémonie pontificale.
Du chant ecclésiastique.
On se tiendra au courant par les revues liturgiques (1).
La Blesse.
L'abbé Dutillet, dans son petit catéchisme liturgique, explique fort bien la sainte messe. Il est utile, cependant, de posséder sur ce sujet une étude plus complète. Des ouvrages extrêmement nombreux ont été faits sur la messe, et le livre du Dr Gihr nous a paru le plus scientifique, quoiqu'un peu dur à lire. Les explications qu'il donne des symboles sont conformes à la tradition et à renseignement de l'Eglise :
(1) Citons : La Vie 'liturgique, revue mensuelle pour servir de paroissial à l'usa-edcs fidèles. Louvain, abbaye du xMont-César :(abon. a fr. (à répandre). — la Revue liturgique et bénédictine, publiée par l'abbaye de Maredsous (Belgique), pour esprits cultivés : un an, 3 fr. — Questions liturgiques, revue réservée au clergé. Louvain, Ibid,, un an, 3 fr.
DES CONSÉQUENCES DE LA FOI l65
Gihr (Dr Nicolas). — Le Saint sacrifice de la messe : son explication dogmatique, liturgique et ascétique : traduit de L'allemand par l'abbé Th. Moccand, 2e éd., revue sur la 68 allemande. — Paris, Lethielleux, 1900, 2 vol. in-8 de xvi-366 et 526 p. — Prix : 10 fr.
« Le Saint Sacrifice de la messe est le centre de la vie et du culte « catholique. Il est donc de la plus haute importance ; il est même « d'une absolue nécessité pour tout fidèle, à plus forte raison pour « le prêtre, d'en posséder une connaissance approfondie.
« L'intelligence claire et vraie des cérémonies sacrées, les médita- « tions fréquentes des rites si profonds et si mystérieux de la messe « sont pour le prêtre le meilleur moyen de tenir loin de lui la rou- « tine et la distraction dans l'accomplissement de ses fonctions « saintes (1). »
-wv À ceux que les deux volumes du Dr Gihr pourraient effrayer, nous recommandons :
Gavin (Le P.). — Le Saint sacrifice de la messe: sa doctrine, ses rubriques, ses prières, traduit de l'anglais par Philippe Guéneau de Mussy. — Paris, V. Retaux, 1906, in-16, xxn et 263 p. — Prix : 2 fr. 5o.
Pas de considérations mystiques mais une explication froide et rationnelle de la doctrine , des rubriques et des prières. Ce petit ouvrage n'en est que plus impressionnant, et plaira mieux aux esprits cultivés que le livre du P. Martin
DE COCHEM (2).
^v^ Enfin, on trouvera dans le Livre de prières paroissial cité ci-dessous, une explication de la messe qui pourra suffire au commun des fidèles :
[Livre de messe] ou Livre de prières paroissial. — 3ooe mille. — Reims, Arm. Lefèvre, 1908, in-16 allongé de 184 p. — Prix : o fr. 20 ; 1 fr. 80 les dix ; 17 fr. le cent, etc. Il y a
(1) Sur la communion, lire THedley (Mgr S. C.) : La Sainte Eucharistie ouvrage traduit de V anglais par A.Roudière.Lecoffre,iç)0&, in-12 de xvi-343 p. ; Prix : 3 fr. 5o. — Dudon (Abbé Paul) : Pour la communion fréquente et quotidienne. Paris, Beauchesne, 191 1, in-12 de 296 p. Prix : 3 fr. — Bossuet ; Méditations sur l'Eucharistie, édition nouvelle par Marc Caron. Paris, Haton, 1908, in-16 de xi-324p. Prix: 2 fr.
(2) Martin de Cochem (le P.) : L'Explication du saint sacrifice de la messe, traduit de l'allemand par A. Rugemer. — Paris, Casterman, in-8 de 332 p. Prix : o fr. 80. C'est un ouvrage de simple édification, mais tout à fait recommandable.
l66 LA VIE CHRÉTIENNE
des éditionsde luxeào fr. 75 et à 2 fr. selon papier et reliure. Edition avec cantiques, o fr. 3o ; 2 fr. 70 les 10; 25 fr. le cent, etc
Il nous a paru utile, en effet, de recommander un livre de messe. Il y en a tant que Ton ne sait lequel choisir. Celui-ci est d'un format commode, très portatif, d'une bonne exécution typographique et très complet. C'est certainement un des meilleurs qui existent; on y trouve les prières, la messe expliquée, les offices de l'Eglise, un abrégé fort net et substantiel de la doctrine chrétienne, le rituel des sacrements, les Evangiles des dimanches et fêtes. « Si, dit le Guide à' Action religieuse, l'on y joint,dans l'onglet, les cantiques, la perfection du genre semblera réalisée. »(Guide de 1909, p. 208.)
wv Citons encore un autre « livre de messes, moins portatif, mais absolument complet :
Le Paroissial des fidèles : Rituel et paroissial réunis, in-i2de 1200 pages, par Mgr Marbeau. Paris, Desclée, édit. de propagande, reliée en toile souple, tranche roug-e. Prix: 2 fr.Ed. de luxe, 5 fr. — Enfin, la librairie Desclée a mis en vente le Paroissial dominical, en 52 livraisons s'encartant successivement chaque dimanche dans une reliure appropriée. Prix : 3 fr. — Voir surtout la Vie liturgique (citée p. 1 64).
Les Fêtes de l'Eglise et les Fêtes des Saints. Les dévotions capitales.
Si l'on hésitait à se procurer l'ouvrage considérable de Dom Guéranger : L'Année Liturgique (1), il faudrait lire un travail sérieux, nouvellement traduit de l'allemand :
Kellner (A. -Henri). — L'Année ecclésiastique et les fêtes des saints dans leur évolution historique, traduit sur la dernière édition allemande, par J.Bund. — Paris, Lethielleux, et Rome, Pustet, 19 10, in-8 de xi-556 p. — Prix ; 5 fr.
<v~ Puis un ouvrag-e écrit plus pour édifier que pour instruire :
Bouisson (Et.). — LesFêtes chrétiennes étudiées, expliquées, méditées. — Paris, Poussielg-ue, 1904, 2 vol. in-12 de 374 et 296 pp. — Prix : les 2 vol. 7 fr.
(1) Dom Guéranger, l'Année liturgique. Paris, Oudin, 16 vol. in-12. Prix : le vol. 3.75. (Ne pas confondre avec les Institutions liturgiques, citées p. 164).
^^ Pour ce qui est des dévotions capitales envers Y Eucharistie., voyez p. i65 (note), envers le Sacré-Cœur, lisez la savante étude de Bainvel (i) et [l'édifiant livre de Ramière (2) envers la Vierge, voyez p. 92, envers Saint Joseph, consultez Mercier (3), etc..
Les Chants liturgiques.
« A notre époque, dit Dom Pothier dans un livre cité plus loin, depuis le seizième siècle surtout, les mélodies liturgiques ne sont plus ce qu'elles étaient autrefois : elles ne sont plus ni comprises ni goûtées comme les comprenaient et les goûtaient nos pères, et surtout elles ne sont pas interprétées dans la pratique comme nos pères les interprétaient. On en est arrivé... aune exécution lourde et monotone, qui enlève au plain-chant tout rythme et toute couleur... »
Sur les mélodies liturgiques, à qui Pie X et des artistes éclairés veulent rendre la pureté primitive, sans proscrire pour cela la musique moderne qui s'inspire de la tradition sacrée et qui respecte la majesté de la prière, on lira d'abord un document capital, dont malheureusement on n'a pas assez tenu compte, nous voulons parler du Motu Proprio (2 3 nov. 1903) de Pie X sur la Musique sacrée (4)«
vw A ceux qui n'auraient ni le temps ni la patience de travailler les Institutions liturgiques de Boni Guéranger et les admirables publications de paléographie musicale des Bénédictins, on lira un livre, à la fois de science et de vulgarisation, qui suffira à nous initier aux beautés du chant grégorien :
Pothier (Dom Joseph). — Les Mélodies Grégoriennes. — Paris, Desclée, 1880, petit in-4 de 269 p. — Prix : 10 fr.
vw Cet ouvrage étant sur le point d'être épuisé, pourrait être remplace par les travaux de Bellaigue, de Coquard, de Ch, Bordes, de La T ombelle, de Sérieyx et par :
(1) Bainvel (le P.) : la Dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, doctrine, histoire. Paris, Beauchesne, 191 j, i 11-16 de vm-373 ]> — (2) Ramière le P.) : Le Cœur de Jésus et la divinisation du chrétien. Toulouse, Messager du Cœur de Jésus, 189 1, in-i 2 de 61 1 p. Prix : 3 fr. — (3) Mercier : Saint Joseph d'après l'Ecriture et la tradition. Paris, Lethielleux, 1^96, in-16 de xv-lii p. Prix : 3 fr. 5o. —(4) Motu proprio de Sa Sainteté Pie X en forme d'instruction sur la musique sacrée, traduction et commentaire par Amédée Gastoué. Bureau d'édition de la Schola Cantorum, 269, rue Saint-Jacques. Prix : 1 fr.
Wagner (Pierre). — Origines et développement du chant liturgique jusqu'à la fin du moyen âge, traduit de V allemand, par Vabbé Bour. — Paris, Desclée, 1904, in-8 de 338 p. — Prix: 5 fr.
~^ Les maîtres de chapelle et tous ceux qui s'intéressent spécialement à la musique sacrée voudront lire l'ouvrage de Mocquereau, prieur de Solesmes :
MocQUEREAu(Dom André). — Le Nombre musical grégorien ou rythmique grégorienne, théorie et pratique. — Paris, Desclée, 1908, 1 vol. in-8 de 429 p. — Prix : 6 fr. (en cours de publication, 1 vol. paru).
A lire également la impartie du Traité de composition de Vincent D'Indy (1), le Cours de plain-chant et les travaux d'AMÉDÉEGASTouÉ sur la Musique d'Eglise(2K Enfin, on aura un graduel complet et des livres de messe annotés en seprocurant:
Graduale sacrosanctae romanae Ecclesiae de tempore et de sanctis. Paris, Desclée, édition vaticane sur papier indien. Prix : 7 fr. 5o. — Une édition française dite : Graduel Romain, conforme à l'édition vaticane, a été publiée chez Lecoffre. Prix : 4 fr- 60. — Enfin, on aura chez Desclée un livre de messe annoté ou Liber usualis missae, en notation grégorienne avec signes rythmiques (1086 p.). Prix : 3 fr.- — et en notation musicale moderne avec signes rythmiques sur une portée de 5 lignes, clef de sol, 1.286 p. Prix : 4 fr. 5o. — Pour plus de renseignements, consulter le Catalogue du chant grégorien de la librairie Desclée et de la Schola.
Considérations générales sur la vie chrétienne.
Mais notre religion ne serait qu'un formalisme pharisaïque
(1) Vinrent d'iNDT : Cours de composition musicale. Paris, Durand et fils, 1904, 2 vol. gr. in-8. Prix : le ier vol. 10 fr.; le 2e vol. i5 fr.
çregt Sehoi
sique d'église, étude historique, de 283 p. Prix ; 4 fr. — V Art grégorien. Paris, Alcan.,1912, in-i6 de 207 p. Prix: 3 fr. 5o. — Lire aussi le compte-rendu du Congrès de chant liturgique et de musique d'église. Paris, Schola Cantorum, 191a, 'in-8 de 184 p. Prix: 5 IV.
et vain si nous ne savions vivre notre foi, c'est-à-dire conformer nos actes à la pensée du Christ et aux enseignements de son Eglise.
Le petit livre suivant est bien fait pour nous inciter à la vie surnaturelle :
Lacordaire (le P.). — Lettres à un jeune homme sur la vie chrétienne. ne édit. — Paris, Poussielgue,s. d. (1906), in-3a de 283 p. — Prix : 1 fr. 25.
Ces lettres contiennent la matière d'un gros volume ; on n'y cherche pas des directions et des conseils pour tel cas déterminé, mais une admirable explication de la vie. Le P. Lacordaire nous montre que le culte de Jésus-Christ est le fondement de la vie chrétienne et il nous initie au culte que les écritures et l'Eglise Lui rendent. Si ces quelques pages étaient plus connues et mieux comprises, il y aurait parmi nous plus de chrétiens convaincus.
« Qu'est-ce que la vie chrétienne? La vie chrétienne est le culte de « Jésus-Christ pour arriver, par ce culte, à l'amour de Dieu et des <c hommes, et par l'amour de Dieu et des hommes, à la vision de « l'essence divine. Jésus-Christ, voilà votre Maître. L'amour, voilà « votre loi. La vision de Dieu, voilà votre fin » (page 25).
*~* On complétera par les pages magnifiques, déjà citées, que Newman a écrites sur la Vie chrétienne.
Conseils pratiques sur la vie chrétienne.
Le P. Lacordaire et Newman nous enseignent la substance de la doctrine. Le P. Olivaint, dont nous allons parier, descend des sommets, où le P. Lacordaire s'élève avec tant d'aisance, pour mieux nous apprendre à triompher, dans les détails de la vie, des obstacles qui se mettent à chaque instant en travers de notre destinée. Ses conseils s'adressent à des jeunes gens, mais les hommes y trouveront un égal profit:
Olivaint (Le P.). — Aux jeunes gens, conseils du R. P. Olivaint recueillis parle P. Ch. Clair... 17e édit. — Paris, Taffin-
Lefort, 1906, in-12 de vi et 434 p. — Prix : édit. ordin. : 3 fr. ; éd. de luxe, in-12 de 4*3 p. : 5 fr.
L'auteur a laissé une assez belle réputation d'éducateur pour qu'il soit mutile de recommander le livre. Sa morale est ferme sans être rigide, agréable sans être lâche. — Excellents conseils qu'il faudrait suivre sans hésitation. Ce livre peut profiter à tous, mais plus particulièrement aux étudiants. Il ne fait pas double emploi avec l'ouvrage déjà cité de Vabbè Beaupin, car c'est une méthode pratique de vie.
Vers l'avenir : L'avenir. La carrière. L'entrée dans le monde. Le caractère. Ayons le courage de notre opinion. La vérité. La liberté. Le progrès. La lumière. La foi. La confiance. Le Saint-Esprit. Le travail. Se lever de bonne heure.
Les jausses maximes : Il faut tout connaître. Il faut faire comme tout le monde. Il faut que jeunesse se passe. Où il y a delà gêne,point de plaisir. La vertu est affaire de tempérament. Je ne peux pas. Je n'ai pas le temps. J'ai bien le temps.
Les tentations ; Le sang de l'homme. Le péché de jeunesse. Les mauvaises pensées. Les mauvaises paroles. Les mauvaises démarches. La mauvaise tenue.
Le jeune homme chrétien : Un jeune homme distingué. Un modèle. Le dévouement. Le zèle. L'esprit de corps. Joie de la confession. Le paradis rendu. La vie du cœur.
« Le P. Olivaint... fut, avant tout, l'homme des jeunes gens. Il a n'ignorait pas leurs besoins, leurs dangers, leurs faiblesses; il con- « naissait aussi la pente de leur cœur vers la générosité et vers le « dévouement, et c'était par les nobles sentiments, par les meilleurs « côtés de leur nature qu'il aimait à les prendre pour les pousser vers « Dieu. La vivacité de son esprit les charmait, l'exemple de son « énergie leur enseignait le grand art de vouloir. Rien de banal « ni de vague dans sa direction, rien qui sentît ce rigorisme ou la « noble complaisance. Il exigeait que le bon sens s'unît à la foi, « l'effort à la peine, la bonne humeur au sacrifice. »
-w* Nous croyons devoir citer, pour mémoire, un livre qui a exercé sur la génération qui s'en va une réelle influence :
Hervé Bazin. — Le Jeune homme chrétien. 6e édit.— Paris, LecofFre, 1906, in-12 de 269 p. — Prix: 2 fr.
D'aucuns le trouveront vieilli peut-être. Assurément il est moins pratique que le précédent, mais d'une allure plus fière;
ceux qui se conformeront à ses conseils auront beaucoup de conviction et un peu de panache.