LA PRIÈRE
Qu'est-ce que la prière ?
<( On pourrait dire, affirme Mgr Fuzet dans la préface du livre qui suit, qu'il y a chez nous trop de prières et que cependant on ne prie pas assez. Trop de prières, si nous entendons par là cette étrange multiplicité de formules nouvelles, insipides pour la plupart, que Ton voit éclore tous les jours. A tout propos, hors de propos surtout, des personnes de plus de bonne intention que de lumière, des femmes zélées, mais sans mandat, jusqu'à d'innocentes jeunes filles qui ne trouvent pas assez de sentimentalité pieuse dans leurs paroissiens, de bons prêtres même, oublieux sur ce point des prescriptions de l'Eglise, inventent, transcrivent, font imprimer, propagent autour d'eux, imposent au besoin des formules de prière, toujours efficaces, à les entendre, capables de forcer le ciel, à coup sûr, et dont la moindre critique qu'on en puisse faire est qu'elles sont hors de la règle... On compromet ainsi, sans le savoir, le bon renom chrétien.
« Et néanmoins on ne priepas assez. J'entends par là que trop de personnes en priant, soucieuses de l'abondance, ne tendent pas à l'intensité. J'entends encore que l'on fait insuffisamment de sa vie même sa prière principale. Prière, effort vers le bien devraient aller de pair. »
Et Mgr Fuzet, s'adressant au P. Monsabré, ajoute :
« Oui vous lira avec attention ne sera pas loin de connaître la théologie entière sur ce sujet. »
Monsabré (Le P.). — La Prière : Philosophie et théologie de la prière. — * Paris, Lethielleux, 1906, in-8 de xi-434 p. — Prix : 3 fr. 5o.
// faut prier. Devoir de la prière : Adoration et action de grâces. — Prière de demande. — Prière publique. — Prière d'office.
Formes de la prière : Prière mentale ; prière vocale.
Conditions de la prière : La préparation : les qualités ; l'objet. — Temps de la prière : Le jour ; les heures. — Efficacité de laprière: Comment Jésus priait.
« Toute vie participée (et il n'y a que la vie de Dieu qui ne reçoive « rien d'une autre vie), toute vie participée doit, sous peine de tarir, « communiquer avec sa source et en recevoir de continuels épanche- « ments. L'homme n'ayant, sous tous rapports, qu'une vie partici- « pée, doit donc communiquer avec Dieu comme le cours d'eau avec « sa source, comme la plante avec la terre où elle a germé : l'homme « doit en quelque sorte s'appliquer à Dieu comme l'enfant au sein de « sa mère et puiser dans les entrailles si riches et si fécondes de son « Père céleste les flots de vie, qui s'ajoutent sans cesse aux flots de a sa vie et se renouvellent à mesure qu'ils s'épuisent... Or, le moyen a pour l'homme de communiquer avec Dieu, de s'appliquer à Dieu, « c'est la prière. Voilà la loi... Nous ne l'ignorons pas. mais nous « l'oublions trop facilement.,. »
>vw Voir plus loin (p. 21 3) ce que nous disons de l'apostolat de la prière.
Le Pater.
Nous ne saurions trop recommander, en considération de la science théolo^ique d d'auteur, l'opuscule suivant :
Monsabré (Le P.). — La Prière divine. Le Pater. 6e éd. — Lethielleux, 1909, Paris, in-12 de 402 p. — Prix : 3 fr. 5o.
On pourra lire aussi un intéressant travail de G. Fonsegrive, sur le même sujet (1).
La Prière antique.
Le livre suivant convient surtout aux esprits curieux des beautés liturgiques, désireux d'en posséder la clef et d'en con-
(1) G. Foxsegrive : le Pater. Paris, Bloud, 1902, in-16 de 60 p. ; o fr. 60. — Sur Y Ave Maria, on pourra lire les pages si pieuses que Mgr Gaume a écrites dans son livre, r Angélus. Paris, Gaume, 1891, in-8 de a53 p.; 2 fr. — A défaut d'un travail plus complet, on trouvera, dans cet ouvrage, un aperçu très attachant, quoique sommaire, des additions successives qui ont été faites à Y Ave Maria avant qu'il ne parvienne à sa forme actuelle, laquelle ne serait peut-être pas définitive, si nous en croyons quelques articles parus récemment dans plusieurs revues mariales, notamment dans l'Apôtre de Marie, du i5mars 1 911. Ces revues se font l'interprète d'un vœu émis par des fidèles qui, s'inspirant de la tradition de l'Eglise et désireux d'accentuer davantage le caractère filial de la dévotion à la Vierge, demandent au Saint l'ère de décréter que la seconde partie de Y Ave Maria soit ainsi conçue : «... Sainte Marie, mère de Dieu et notre Mère, priez pour nous, etc. . . »
naître les origines. Cette œuvre, d'une agréable et sûre érudition, complète parfaitement le manuel de Dutillet :
Gabrol (Dom). — Le Livre de la prière antique, 3e éd. — Paris, H. Oudin, s. d. [vers 1905], in-18 de xvn-573 p. — Prix : 3 fr. 75.
Notions et éléments. L'assemblée chrétienne. Prière des chrétiens.
Culte de N. Seigneur et sanctification des choses créées: Le culte de Notre Seigneur et des Saints. Sanctification du temps. Sanctification des lieux et des éléments.
Sanctification delà vie: La. vie nouvelle (baptême, etc.). La vie reconquise (Pénitence, etc.). Voyageurs et pèlerins. Les malades. L'ordination. Le mariage. La mort. Prières.
«. Tout homme qui admet l'existence de Dieu reconnaît la néces- « site de la prière. S'il y a un Dieu, créateur de ce vaste univers, il « faut que l'homme l'adore, ie remercie, le loue, reconnaisse son « domaine, s'humilie devant lui pour ses fautes, lui demande misé- « ricorde et assistance... Si l'Eglise... est la vraie société fondée par « le Christ..., sa prière doit être la prière la plus excellente, la plus « vraie, la plus efficace; or, c'est le caractère que les indifférents « eux-mêmes et les adversaires reconnaissent aux prières et à la « liturgie catholiques... » (préface, p. 1).
<wv L'on peut aussi consulter :
ViGOUREL(Abbé). — La Liturgie et la vie chrétienne. — Paris, Lethielleux, 1909, in-12 de 5oo p. — Prix : 4 fr.