DE QUELQUES VERTUS NATURELLES NÉCESSAIRES A L'HOMME D'ACTION
Etudions maintenant les qualités qui « font les hommes ».
Si les vertus naturelles sont du patrimoine commun de l'humanité et si chacun de nous est libre de les utiliser comme il lui plaît, elles ne se développent, pourtant, dans le sens providentiel et n'atteignent leur fin ici bas que si Dieu les assiste. Seule, la foi peut vivifier nos actes; c'est pour cette raison que nous avons placé ici, et non au commencement de ce livre, les pages que nous consacrons à l'action.
Nous ne recommanderons donc, dans ce chapitre, que des livres d'inspiration chrétienne. On ne s'étonnera pas, par conséquent, de n'y point trouver les livres de Raviard, de Syluain-Roudês, de Payot, de G. Sorel, et de tant d'autres. Si les ouvrages de ces auteurs contiennent quelques bonnes pages, la morale chrétienne en est malheureusement complètement absente ; et nous ne pouvons les faire figurer dans notre bibliothèque.
L'Église, seule éducatrice des facultés humaines.
Un organe d'éducation populaire posait un jour cette question : « Existe-t-ilun livre sur l'Eglise, éducatrice des facultés humaines et comme telle pouvant seule prétendre à former des hommes complets...? »
On trouvera, dans les livres du P. Gillet, de bonnes pages sur cet important sujet :
Gillet (Le P.): La valeur éducative delà morale catholique. Paris, Lecoffre, 191 1, in 12 de xn-378 p. Prix : 3 fr. 5o (1).
(1) Voir, aussi du P. Gillet, la Virilité chrétienne, l'Education du cœur, Devoir deconscience, 1907-1910, 3 vol. de 442-368 et 32i p. — Prix : le vol. 3 fr. et 3 fr. 00. — L'Education du caractère {dans ses rapports avec V Idéal, avec les Passions, avec l'Action). — Paris, De sciées, in-16 de xn-3o2 pages. — Prix: 3 fr.
I*j8 LA ArIE CHRÉTIENNE
« Il nous a paru nécessaire de dégager l'apport de l'idéal chrétien « et de la «race clans l'œuvre de maîtrise de soi, sans oublier que la « grâce ne détruit pas la nature. . . » (p. xi).
« L'action surnaturelle mettra à votre front une auréole que la « nature sera impuissante à y mettre ; après avoir fait de vous des « hommes, elle fera de vous des dieux » (p. 7).
vw On pourra lire encore :
Meric (Mgr Elie) : Energie et liberté. Paris, Téqui, 1897, in- 12 de 4o4 p. Prix : 3 fr. 5o. — Dupanloup (Mgr) : L'Education (cité plus loin). — Desers (Abbé) : Lettres a un
jeune bachelier sur la virilité chrétienne du caractère.
3e édit. 1909. Paris, Poussielgue, in- 16 de 80 p. Prix : 1 fr.
Le Caractère.
C'est une étude pénétrante et pratique que celle de M. l'abbé Guibert, citée ci-dessous. Le caractère de chacun y est si bien analysé qu'il est facile de reconnaître ses qualités et d'apercevoir ses défauts ; d'où facilité de se corriger. On suivra donc à la lettre les conseils expérimentés que donne l'auteur à ceux qui veulent amender leur caractère et mettre un peu de méthode dans leur vie. Son livre est un livre de chevet :
Guibert (Abbé). — Le Caractère. Définition, importance, idéal, origine, classification, formation, 21e mille. — Paris, Poussielgue, s. d., 1907, in-16' de vin et 25i p. — Prix: 1 fr.
Définition du caractère : La marque morale de l'homme. La constitution morale de l'homme. L'énergie morale de l'homme. — Importance du caractère dans la vie : Le bon caractère. Le mauvais caractère. — Les traits du caractère idéal : La droiture de la conscience. La force de la volonté. La bonté du cœur. La dignité de la tenue. — Originedu caractère : La part de la naissance, la part de l'éducation, la part de la volonté. — Classification des caractères : Les sanguins, les nerveux, les bilieux, les flegmatiques. — Formation du caractère : La connaissance de soi-même. Un programme de vie. Les soutiens de l'effort moral.
« Les pages qui suivent, dussent-elles n'agir que sur une seule a âme, pourvu qu'elles la déterminent à la conquête d'elle-même et « la soutiennent jusqu'au bout dans ce long combat moral qui a
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« pour prix la maîtrise de soi, l'auteur estimerait qu'il n'a pas tract vaille en vain et que son livre n'a pas été dans le monde une « semence perdue.
a II espère cependant que la moisson d'âmes sera plus abondante. « Car il sait qu'elles sont légion, celles en qui fermente aujour- « d'hui le désir du bien, qui ont la noble ambition de donner à leur « être son plein épanouissement et qui disent volontiers comme Mon- « taigne : « fayme encore mieulx Jorger mon âme que la meua. bler >> (p. vu).
La Volonté.
Il faut bien croire que nos contemporains manquent de volonté, qu'ils en savent pourtant tout le prix et qu'ils voudraient bien la développer en eux, quand nous constatons l'extraordinaire succès des livres qui traitent de l'éducation de la volonté... Il y a là comme une lutte entre la raison, qui reste maîtresse d'elle-même, et un organisme qu'on dirait épuisé. Par exemple, le livre que M. Payot a écrit sur ce sujet compte plus de trente éditions (1) et l'opuscule plus récent de M. l'abbé Guibert marche allègrement vers la quinzième. Bien que le travail de M. Payot contienne d'excellentes pages, il présente, à nos yeux, le grave défaut d'ignorer Dieu. C'est pourquoi nous recommanderons l'étude de M. l'abbé Guibert, étude beaucoup plus concise, qui peut paraître d'une lecture plus difficile, mais qui n'en est pas moins d'une clarté et d'une utilité incontestables :
Guibert (Abbé). — La Formation de la volonté ; étude psycltologique et morale. i3e édit. — Paris, Bloud, 1908, in-12 de 63 p. — Prix : o fr. 60.
Combien il importe d'avoir de la volonté : Signes auxquels on reconnaît la volonté : décision, exécution, persévérance.
Dualité de V être moral : Dépendances organiques, classification de nos actes.
Conditions de l'exercice de la volonté : La vitalité assurée par l'hygiène, la création des habitudes par l'effort, la vigueur des impulsions initiales. Faiblesse de l'idée pure ; puissance du sentiment. La vie intérieure ; premier moyen d'exciter le sentiment. Influence du dehors. L'action commencée. Résumé et conclusion.
(1) Payot, l'Education de la volonté, 3oe éd. Paris, Félix Alcan, 1909, in-8 de xx-272 pages. — Prix : 5 fr.
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(( Une volonté est formée lorsque, semblable au mécanicien qui, « par la manette, gouverne les forces aveugles de sa locomotive, « elle s'est rendue maîtresse absolue de ses énergies vitales. Cette « maîtrise se reconnaît à trois signes : de la netteté dans la déci- « sion, de la fermeté dans l'exécution, de la constance persévérante a dans les entreprises.»
Et [ailleurs] : « Comme la conquête de soi exige un plus grand « eil'ort que la conquête des autres... le développement de la person- « nalité entraîne la puissance d'action et l'empire de l'influence sur « les autres hommes. Ceux-là donc gouverneront le monde et possé- « deront la terre qui auront pris possession d'eux-mêmes. Tout plie a devant ces volontés fortes... »
*~ Il faut compléter par :
Eymieu (Antoine). — Le Gouvernement de soi-même; 18e édition. — L'Obsession et le scrupule, 7e édition. — Paris, Perrin, 191 1, 2 vol. in-12 de 345-371 p. — Prix le vol. : 3 fr. 5o.
Etudes intéressantes et originales. L'auteur a su faire œuvre profondément chrétienne et n'a rien épargné pour essayer d'enseigner à ses lecteurs l'art de se gouverner, c'est-à dire de former son caractère et sa volonté.
Est-il possible de se gouverner soi-même ? — Par quelle méthode ? 1° Par les idées. Vérité de la loi. Explication de la loi. Les applications du principe. Lecture. Théâtre. Paresse et rêveries, fréquentations, amitié, musique, ambiances, résolution, émotion, choc, le découragement, le point stratégique. 2° Parles actes. 3° Par les sentiments.
« S'il existe un moyen de se gouverner soi-même..., d'arriver à « plus de rendement avec moins d'efforts et de risques, un moyen de « ne pas étouffer son cœur et cependant de l'empêcher de « faire « mal à la tête » ; si cela est possible, il nous importe grandement de « le savoir et d'en faire profit » (p. ix).
<c C'est notre liberté qui garde la clef de notre destin. Il s'agit donc « de vouloir systématiquement, sérieusement tous les jours, pendant < un an, deux ans, trois ans. J'en suis convaincu : l'homme peut se « refaire, bien plus, se faire ; c'est une grande puissance et un noble k emploi d'un esprit élevé et d'un cœur généreux » (p. 3oaj.
La Bonté.
La volonté doit s'allier à la bonté, vertu essentiellement chrétienne et virile, car la bonté n'est pas la faiblesse du carac-
l'apostolat, comment s'y préparer 181
tère. Nous renverrons à un petit livre de poche, où nous trouverons de judicieuses pensées et de sages exhortations :
Guibert (Abbé ). — La Bonté, son prix, ses caractères, ses sources, ses contrefaçons. 21e mille. — Paris, Poussielgue, 1906, in-16 de i32 p. — Prix : 1 fr.
Le Prix de la Bonté: Eloge de la Bonté. Combien nous l'aimons dans les autres. Joie qu'elle donne à ceux qui la pratiquent.. Sa puissance conquérante.
Le Caractère de la Bonté : Compatissante. Bienveillante. Aimante.
La Source de la Bonté : La part de l'esprit, de la volonté, du cœur, de la religion.
La Contrefaçon de la Bonté : Faiblesse de caractère, flatterie, indiscrétion, sensualité.
« Autant l'homme est avide de goûtera la bonté des autres, autant « il est lent à la produire en son cœur et à la répandre au dehors.
« C'est pourquoi il importe d'éveiiler cet instinct de bonté que Dieu « a déposé au fond de l'âme humaine et que trop souvent l'égoïsme « étouffe.
« Tout acte de bonté est un progrès pour celui d'où il émane; il « marque une victoire de la personne humaine sur les bas instincts « de la mauvaise nature » (p. 7).
La Pureté.
S'il est une vertu que l'Eglise a glorifiée entre toutes et qui donne à ceux qui la pratiquent des joies sereines et une volonté forte, sans compter la paix joyeuse que le foyer réserve à celui qui fut chaste, c'est la pureté. Et c'est encore à M. l'abbé Guibert que nous aurons recours pour nous aider à mieux la connaître et à mieux la pratiquer. L'auteur a su condenser, dans le petit livre que nous recommandons ci-dessous, le fruit de trente années de direction spirituelle. Il faut vraiment que le mal soit bien grand, pour que le distingué directeur du Séminaire des Carmes se soit décidé à jeter le cri d'alarme et à écrire ces pages qui semblent faites de confidences attristées. On lira donc :
Guibert (Abbé). — La Pureté. — Paris, Poussielgue, 1910, in-16 de xin-266 p. — Prix : 1 fr.
Qu'est-ce que la Pureté : La Pureté est-elle utile ? Des fautes qui per-
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vertissent la nature : 1° Déchéances physiques ; 2o déchéances intellectuelle et morale; 3° déchéance sociale. — Des fautes qui renversent l'ordre social : 1° les risques de la débauche ; 2° les erreurs de l'amour libre ; 3° les malheurs del'infîdélité conjugale. — Les bienfaits de la Pureté.
La Pureté est-elle possible : Les difficultés sont réelles: l8 la force de l'instinct; 2° les fautes des ascendants; 3° l'insouciance des milieux sociaux; 4°les défaillances personnelles. — La possibilité est pourtant certaine : 1° il y a des âmes qui sont vraiment chastes ; 2° comment la chasteté est possible.
Comment préserver la Pureté : Protection extérieure de l'enfant, de l'écolier, du jeune homme. La sauvegarde intérieure, le goût de Dieu, l'éducation de la Pureté.
Comment réparer la Pureté : Convictions préalables. Comment armer la volonté : matez la chair ; n'excitez pas la sensibilité, occupez l'esprit, appelez des secours humains. Recourez à Dieu dans la prière. Puisez la grâce dans les sacrements.
Comment se comporter dans la tentation.
Ces pages... « n'atteindront pas la masse qui, longtemps encore, « restera brutalement livrée au vice ; mais elles décideront quelques « âmes d'élite à lutter efficacement pour la pureté !
« Les âmes qui ont le bonheur de triompher du mal n'opèrent pas « seulement leur propre délivrance, elles concourent à l'épuration du « ^orps social. La solidarité, qui unit tous les hommes, est si étroite « qu'un individu n'est jamais vicieux ni vertueux pour lui seul ; son « état moral rejaillit sur tous les autres.
« En vous ménageant les joies présentes de la pureté et les espé- « rances qu'elle fonde pour l'au-delà, vous faites l'honneur et la « force de votre maison, vous contribuez au relèvement de votre « milieu social et à la régénération de l'humanité... » (p. 2 65).
wvOn pourrait lire également les ouvrages ou opuscules suivants:
Gibergues (Abbé de) : La Chasteté. Paris, Poussielgue, 1908, in-12 de 129. Prix ; 1 fr. 5o. — Fonssagrives (Abbé) : Conseils aux Parents et aux maîtres sur l'éducation de la Pureté. Nouv. édit. Paris, Poussielgue, 1909, in-12 de 161 p. Prix: 1 fr. 25 — Montier (Edw.); l'Education du sentiment.Paris, Société Franc, d'imp.etde librairie, 1903, in-16 de 56 p. Prix: 1 fr., et surtout Nast : Mariage et préjugés ; cité plus loin.
*~» Et enfin les deux opuscules qui donnent une large place aux inconvénients physiologiques de l'impureté :
L APOSTOLAT. GOMMENT s'y PREPARER 1 83
Goy (Paul) : De la pureté rationnelle. Paris, Maloine, in-16 de 52 p. Prix : o fr. [\o. — Fournjer (Alex.) : Pour nos fils quand ils auront 18 ans. 6oe mille. Paris, Delagrave, in-16 de 5i p. Prix : o fr. 3o.
La force d'âme .
Si le catholique, animé du véritable esprit chrétien, doit remplir exactement ses devoirs, s'il doit aimer la justice, la bonté, la tolérance, l'activité, la science, l'énergie féconde, s'il doit être, en un mot, un homme de foi et de progrès, il faut encore qu'il comprenne et supporte mieux que les autres la douleur, dont Dieu n'a exempté personne. On lira donc l'ouvrage suivant, qui contient un choix des plus belles pag-es qui aient été écrites sur la douleur et nous redirons à notre tour ces mots de César Cantu que l'auteur a mis en exergue de son livre : « Lecteur, as-tu souffert? — Non. — Ce livre n'est pas fait pour toi, »
Guillermin (Abbé). — Les voix consolatrices, choix de fragments des plus célèbres écrivains contemporains pour réconfort dans les heures d'épreuve. 3e édition. — Paris, Bloud, 1897, in-16 de 36o p. — Prix : 3 fr.
Parmi les principaux auteurs cités, mentionnons : Hello, Mgr Darboy, le R. P. Monsabré, Lacordaire, Léon XIII, Mgr Dupanloup, Léon Gautier, le P. Félix, le card. Pie, le card. Mermillod, Montalembert, de Ségur, Ozanam, Fr. Coppée, le P. de Ravignan, l'abbé Perreyve, Chateaubriand, Gratry, le curé d'Ars, etc.
+~* A recommander également :
Coppée (François). — La Bonne Souffrance. i4e édit. — Paris, A. Lemerre, s. d. [1910], in-18 de 266 p. — Prix : 3 fr. 5o.