CHAPITRE VII L'Action Religieuse
L'action religieuse est plus profonde que l'action sociale, plus urgente que l'action civique. C'est vers elle, d'abord, que doivent tendre nos efforts et c'est aux évêques qu'il appartient de les diriger et de les coordonner.
Quand la Foi a conquis un peuple, elle en imprègne si bien toutes les générations qu'elle inspire confusément, même lorsqu'elle s'affaiblit, leurs pensées et leurs actes et que les forces du mal s'épuisent souvent à la combattre.
Pourtant, sous l'influence des ennemis du Christ, la foi peut mourir dans quelques âmes, sommeiller chez d'autres et rester le patrimoine d'une élite.
Ainsi en est-il chez nous.
« La vie chrétienne en France, disait Pie X, est délaissée dans bien des milieux par ceux-là même qui devraient donner l'exemple et qui, hélas ! ne sont souvent chrétiens que de nom. Dites et ne cessez de redire qu'il faut, avant tout, revenir à la vie chrétienne. »
C'est à l'élite, qui possède la plénitude de la doctrine, qu'il appartient de réveiller la Foi endormie, car, selon la pittoresque expression de René Bazin : « Dans le plus pauvre sang de France, il y a toujours une goutte qui croit... »
A l'œuvre donc!
La foi catholique est un merveilleux ferment de rénovation ; nous pouvons ramener les foules à Dieu, mais les foules ne nous écouteront et les foules ne nous suivront que si nous savons élever notre vie à la hauteur de nos principes et manifes-
ter, par nos actes et par nos œuvres, la vertu sociale du christianisme.