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Louis-René-Antoine Grangier de la Marinière, né à Vitry-sur-Seine le 22 octobre 1844, est mort à Paris le 2 octobre 1882. Il était petit-fils du baron Antoine Dubois, le célèbre chirurgien de l’empereur Napoléon 1°. En 1840, M. Thiers, président du conseil des ministres, le nomma attaché d’ambassade à Madrid, poste qu'il occupa fort peu de temps. À l'avènement au pouvoir de M. Guizot, il suivit la fortune politique de M. Thiers et renonça à toute fonction publique : il collabora à cette époque à plusieurs journaux de l'opposition et publia notamment dans le Constitutionnel une série de lettres sur les élections anglaises qui obtinrent un vrai succès. Issu d'une famille nivernaïse, M. Grangier de la Marière se présenta, en 1848, dans l'arrondissement de Cosne, aux suffrages de ses compatriotes et fut nommé représentant du peuple : il siégea au centre gauche. Il ne fut pas réélu à la Législative, mais il resta plusieurs années encore membre du Conseil général de son département.
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Pendant tout l'Empire, il se tint à l'écart de la politique active et consacra tout son temps à des travaux littéraires et historiques. I fit, en 1856, un voyage en Angleterre et reçut à Twickenham f'accueil le plus bienveillant et le plus flatteur : le due d'Aumale, ce prince affable autant qu'érudit, mit à sa disposition les archives si précieuses de sa Maison. M. Grangier de la Marimière rapporta de son séjour des renseignements originaux des plus intéressants sur Marie de Gonzague et sa sœur, la princesse Palatine, dont il se proposait d'écrire l’histoire. Le siège de Paris Le trouva dans la ville qu'il aimait et qu'il défendit courageusement : il a retracé jour par jour ses sentiments sur les cruels évènements dont il fut le témoin. Il était lié avec les principaux membres du gouvernement de la Défense nationale, et les relations qu'il entretint avec eux donnent à ses souvenirs l'intérêt d'une page d'histoire. Après la guerre, M. Grangier de la Marinière fut appelé par M. Thiers pour remplir auprès de lui les fonctions de secrétaire particulier. Le président de la République n'avait pas oublié un ami qui avait tou- Jours eu pour lui le culte le plus fidèle et le plus respectueux. Quand M. Grangier de la Marinière parlait de M. Thiers, 1l disait : « Cet homme illustre que j'adore...» Telle était en effet la seule expression de l'admiration et du dévouement qu’il professait depuis le commencement de sa vie pour son éminent ami. Cette amitié, M. Thiers en savait le prix. En 1869, il écrivait à M. de la Marinière, en lui envoyant son portrait : « Acceptez ce souvenir de mon amitié, amitié invariable parce qu’elle a été digne de vous et de moi... » M. Grangier de la Marinière remplit avec le plus rare désintéressement les délicates fonetons que M. Thiers lui avait confiées. Tous les familiers de la préfecture de Versailles se rappellent sa bienveil-