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rareté ; — n° 394, l'édition originale de la Muse historique de Loret ; — le n° 470, première édition, de 1816, des Chansons de Béranger , — une nombreuse collection d'épistolaires à partir du n° 704, dans laquelle M"° de Sévigné est représentée par deux ou trois volumes peu communs (126, 727) ; — l'Histoire des Albigeois de 1569 (n° 906, 907) ; — n° 910, l'Histoire des Églises réformées de Th. de Bèze ; — n° 939, une Carte, très finement exécutée au xvr° siècle, du cours de la Loire.
L'histoire de France est représentée par une collection remarquable de ces amusants et rares pamphlets de la Ligue (n°° 1025 à 1107); — le Cartel du duc de Nevers au cardinal de Guise (n° 1299) ; — n° 1413, les Mémoires de La Fare, mss,; — n°1537, Mémoires mss. de l’abbé de Choisy; — n°1573, l'Histoire de Madame de Pompadour, attribuée à M'° Fauque, qui est rare, et les Mémorres, encore beaucoup plus rares, imprimés tous deux en Allemagne, quoique portant la rubrique de Londres : ces mémoires n'ont rien de commun avec ceux publiés à Paris ; — n° 1574, Histoire de la comtesse de Barré, livre impudent, sans aucun fondement, n'ayant ni queue ni tête, que la pauvre M" Du Barry eut la simplicité de faire racheter à Londres, rare et amusant ; — beaucoup de livres sur Paris, dont le Némeitz, cet ouvrage si difficile à trouver aujourd'hui, et dans lequel on trouve des renseignements uniques sur les voitures de remise, les auberges, les tripots, les intrigants, les intrigantes et généralement la vie de Paris au commencement du xvi® siècle ; — puis l'Histoire du Nivernais, page 226, articlé auquel on aurait pu ajouter bien des ouvrages répartis dans d’autres classes. Notons trois éditions, très rares, des Coutumes du Nivernais (n°* 1802, 1803, 1804) et une telle quantité de livres rares et curieux que je ne
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puis m'empêcher de regretter qu’il ne se soit pas trouvé dans cette belle province un amateur ou une ville désireux d'acquérir une collection si complète faite avec tant de recherches et de discernement.
Je ne suis cependant pas de ceux qui ne voudraient, jamais voir une bibliothèque dispersée; pour moi, une collection est comme un vêtement de l'esprit. Faite à la taille et à la mesure de l'esprit et du goût de son propriétaire, 1l va mal à tout autre qu’à lui. Et puis, comme je l'ai dit ailleurs, les amateurs d'aujourd'hui, qui sont les véritables héritiers de ceux d'autrefois, auront eux-mêmes pour successeurs les amateurs de l’avenir. Malgré cette pensée, il est impossible de voir partir ces livres qu'un ami avait recueillis avec tant d'amour, dont il vous avait tant parlé, qu'il vous avait montrés si souvent, sans éprouver un certain serrement de cœur, sans penser aussi que le jour est proche sans doute où l’on devra quitter soimême et ses livres et tout ce qui vous restait encore de ce qu'on avait aimé, de ce qu’on aimait encore sur la terre. Hodie tibi, cras mihi !
Baron J. PICHON.