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breuses pièces inédites ou peu connues qu’il utilisa en partie dans la Revue rétrospective, et qui lui permirent, à quelques années de là, d'écrire et de

livrer au public l'Histoire de lu vie et des ouvrages

de P. Corneille (1829), qui obtint un succès presque égal à l’Æsstoire de Molière.

M. Taschereau avait donné, en 1827, une édition complète des OEuvres de Boufflers; en 1829, au moment même où paraissait l'Histoire de la vie de P. Corneille, 1l commençait la publication importante de la Correspondance littéraire de Grimm et de Diderot (15 vol. in-8), qui fut terminée l’année suivante. Üne activité incessante le dévorait, une rare faculté de travail lui permettait de mener

de front plusieurs publications. Pendant qu'il

surveillait l'impression de ces quinze volumes, il

“préparait, avec MM. Monmerqué et de Châteaug1-

ron, la première édition des Historieites de Tal-

lemant des Réaux (6 vol. in-8), qui parut chez

Alphonse Levavasseur, en 1834, et 1l avait achevé dé rassembler ces documents de toute nature qui virent le: jour sous le titre de ÆRevue rétrospective (20 volumes in-8), 1830-1837.

A dater de l’année 1838, la carrière littéraire de M. Taschereau fut momentanément interrompue: Nommé député par le département d'Indre-

et-Loire, il fut absorbé par les séances de la

Chambre et par les fonctions nouvelles dont il

était revêtu, et 1] ne put plus consacrer que peu de temps à ses études favorites. Ce n’est pasici la place d’insister sur les titres qu’il acquit à l’estime et à la reconnaissance de ses compatriotes,.et si nous mentionnons la publication de la Nouvelle Revue rétrospective qui parut en 1848, c’est uniquement pour n'omettre aucun des ouvrages auxquels M. Taschereau attacha son nom.

La carrière politique, commencée en 1838 pour M, Taschereau, se termina en 1852. Le 24 janvier de cette année, il fut nommé administrateur adjoint de la Bibliothèque nationale, et reçut comme mission spéciale de surveiller et de diriger la-rédaction des catalogues. Avant cette époque, le nouvel administrateur avait été déjà plusieurs fois mêlé aux affaires de notre grande Bibliothèque. Grâce à ses indications précises, le département des manuscrits était, en 1846, rentré en possession d’an précieux autographe de Molière, qui avait été détourné longtemps auparavant. Le 15. mars 1848, il fut appelé à faire partie du Comité institué au ministère de l'instruction publique pour l’organisation des bibliothèques. Au mois d'avril de la même année, on lui confia, comme membre de ce Comité, la mission de poursuivre l’énquête sollicitée par M. Champollion, accusé de détourne-

ments. En 1850, il fut, en même temps que MM: de

Rémusat, Beugnot, Brunet et Ch: Giraud, chargé

d'étudier la question des catalogues du département des imprimés; aussi, lorsqu'il entra avec le titre d'administrateur adjoint à la Bibliothèque nationale, put-1l assez promptement se mettre au courant du service particulier qu'il était us de diriger.

Le 30 janvier 1858, M. Taschereau fut appelé au poste d'administrateur général, devenu vacant par la retraite de M. Naudet. Nous ne pouvons mieux faire 101 pour rappeler les services rendus par M. Taschereau, pendant les années où il dirisea la Bibliothèque, que de rapporter les paroles prononcées par M. Léopold Delisle, son successeur, dans la séance du Comité consultatif du 8 octobre 1874, paroles qui furent imprimées dans le

journal la Liberté, le 28 du même mois : « Le Jour

où nous cessons d’avoir M. Taschereau à notre tête, je crois me conformer à vos intentions, en vous proposant de consigner au procès-verbal de cette séance l'expression de nos regrets.

«Avec M.Taschereau, nous perdons un administrateur dont la bienveillance ég'alait la fermeté, et dont les actes tiendront une grande place dans les annales de notre chère Bibliothèque. C'est lui qui a fait prévaloir les salutaires principes consacrés par le décret de 1858 ; lui qui a provoqué les réformes les plus sages et les plus libérales, telles que la prolongation des séances de chaque jour,

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la suppression des vacances, l’organisation de la salle réservée et de la salle publique du départe-

ment des imprimés. C’est lui qui a fait améliorer

la condition des fonctionnaires de tout rang, lui qui a maintenu la discipline, entretenu l’émula-

tion et dirigé des travaux de classement et de ca-.

logue, dont le temps démontrera de plus:en plus l'utilité et l'importance.

« Vous savez avec quelle ardeur 1l a, dans toute circonstance, défendu les intérêts de la Bibliothèque, soit pour faire triompher devant les tribunaux des droits imprescriptibles, soit pour défendre l'intégrité de nos départements menacés par des adversaires puissants, soit enfin pour obtenir des crédits extraordinaires sans lesquels on aurait vu se disperser ou passer à l'étranger des collections dont la France n'aurait pu être dépouillée sans amoindrissement de son domaine historique, littéraire ou artistique.

« Nous tous, messieurs, qui avonsététémoins gs ces effortsincessammentrépétés,nous quien avons recueilli les fruits dans chacun de nos départements, nous garderons un souvenir reconnaissant de l’administration de M. Taschereau, et nous nous honorerons toujours d’avoir, été associés aux travaux qu'il avait entrepris, et dont 1la poursuivi l'achèvement avec tant de persévérance. »

Si les titres de M. Taschereau, comme homme

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de lettres et comme administrateur, sont rappelés ci-dessus, 1l importe encore de parler de ses goûts de bibliophile. Au moment où il s’occupait tout spécialement de Molière et de Corneille, il avait formé une bibliothèque dans laquelle avaient pris place toutes les éditions originales de ces auteurs, et tous les écrits qui pouvaient éclairer leur vie, ou aider à faire comprendre leur génie. Cette bibliothèque spéciale fut dispersée au mois de novembre 1841, et, lorsque l’on jette les yeux sur le catalogue, on demeure surpris des sommes modiques qu 1l fallait dépenser, à une époque aussi rapprochée de la nôtre, pour posséder les éditions originales des grands auteurs du dix-septième siècle. Les premières éditions de Tartuffe, du Misanthrope et des Fourberies de Scapin, furent données pour 20 francs 50 centimes, pour 6 francs et pour 2 francs; un recueil de douze pièces originales de Pierre Corneille fut adjugé pour 24 francs, et l’édition princeps d’Afhale fut payée 4 francs.

À peine M. Taschereau se fut-1l dessaisi de cette bibliothèque, qu’il se remit, lentement d’abord, puisavec une passion qu’il avait peine à contenir, à en reformer une nouvelle. N'ayant plus, pour l’accomplissement de ses travaux, les mêmes besoins que précédemment, puisque, même avant d'être entré comme administrateur à la Bibliothèque nationale, il y avait un accès facile par les

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