CONCLUSION
De l’étude précédente, nous pouvons conclure que la présence de l’hydroquinol entraîne celle de l’arbutoside.
Il est vrai que les auteurs dans Vaccinium Vitis- Idæa L., ont indiqué de l’hydroquinol libre. On sait que cette plante renferme en même temps de larbutoside. Il est possible que l’hydroquinol libre du Vaccinium Vitis-Idœæa ne soit également qu’un produit de décomposition de l’arbutoside. (Nota.)
Les feuilles de Lathyrus niger semblent contenir de l’hydroquinol libre en très petite quantité.
En effet, la microsublimation d’échantillons frais de feuilles révèle quelques cristaux de cette substance. La microsublimation, dans ce cas, est faite sans addition préalable d’acide chlorhydrique au dixième; elle porte uniquement sur l'échantillon frais, découpé en lambeaux et mis sur le porte-objet.
Nota. — MM. G. Rivière et G. BaizmacHe [30a], en 1904 ont isolé cependant de l’hydroquinol en nature des bourgeons de poirier (Pirus communis) ; il est à remarquer toutefois que la plante renferme de l’arbutoside.
EN
Peut-être cet hydroquinol vient-il du dédoublement de l’arbutoside dû aux acides oxaliques ou autres qui pourraient y être renfermés, ou de l’action fermentaire.
Nous avons montré qu’il est facile de combiner lhydrolyse avec la microsublimation dans l’analyse microscopique des plantes.
Les acides (acide oxalique, etc.) existant généralement dans les tissus à côté des substances sublimables exercent peut-être une influence sur la sublimation.
6° Application à la localisation de l’arbutoside dans les graines, les fruits et les fleurs de « Lathyrus niger Bernh. ».
La microsublimation des téguments de quelques graines de Lathyrus niger nous a donné de magnifiques cristaux d’hydroquinol. La grande quantité des cristaux obtenus indique nettement la densité de ce diphénol dans cette partie de la graine.
Ayant renouvelé l’expérience de microsublimation sur la graine privée de ses téguments, nous avons obtenu également ces mêmes cristaux, mais en nombre beaucoup moins grand.
L'opération fut faite sur deux échantillons de poudre de cotylédons décortiqués : le premier, microsublimé avec une goutte d’eau distillée, ne donna aucun cristal; le second, après addition de quelques gouttes d’acide chlorhydrique au dixième, donna de magnifiques cristaux d’hydroquinol.
Nous pouvons en conclure que l'apparition de l’hydroquinol a été provoquée par l’action de l'acide
chlorhydrique et qu’il n’existait pas à l’état libre dans ces graines.
Les différents microsublimats furent caractérisés par voie chimique, comme nous l’avons exposé précédemment.
L’arbutoside existe donc dans les téguments et dans les cotylédons (mais surtout dans les téguments).
Des fragments de gousses, des pétales de fleurs, soumis séparément aux mêmes opérations d’hydrolyse et de microsublimation, ont fourni de très beaux cristaux d’hydroquinol qui ont été parfaitement identifiés. La microsublimation sans dédoublement préalable a été négative. Ici, comme précédemment, nous ne trouvons pas d’hydroquinol libre, ce qui nous permet d'affirmer en toute certitude que la présence de l’hydroquinol entraîne celle de l’arbutoside.