MADEMOISELLE ROSITA MAURI
à profusion, font un cadre exquis à l'étoile adorée des abonnés de l'Opéra.
Dans son petit salon, un portrait en pied de la gracieuse artiste semble s'envoler de. la toile. Il est si frappant ce portrait, si suggestif, si joli, qu'il a inspiré au poète bien connu pour son magistral poème Lumen, — j'ai nommé Edmond Bailly, — les vers suivants, que je suis heureux de pouvoir citer :
En l'exil des firmaments
où s'ouvre son aile, ont brillé les diamants
noirs de sa prunelle.
Au son des harpes, des cors,
svelte, elle selance, enfrissonnant tout son corps
qu'un rythme balance.
Alors en un geste plein
de grâce indicible, avec le sol pour tremplin,
pour but, l'invisible ;
elle s'envole on ne sait où, mais, par l'espace,
une voix d'astre dit : c'est notre sœur qui passe!..
LOGES DARTISTES
Certes, Rosita Mauri est aujourd'hui sans conteste l'étoile de la danse.
Pendant quelque temps, il y eut lutte entre la Sangalli, une ballerine de grand talent, et la gentille Korrigane.
La Sangalli était Italienne et jalouse; elle ne pouvait
- r«^;l^^^^■^^ Ali-
souffrir sa camarade, qui pourtant s'accommodait fort bien de cet état de choses.
— Oh! cette Maori! disait-elle en la voyant passer, avec un geste pas précisément tendre.
Cette jalousie ne lui porta pas bonheur, puisque, son engagement fini, elle quitta l'Opéra, tandis que sa camarade demeurait seule reine du ballet.
[.OGE DE MADEMOISELLE ROblTA MAURI