II ERRATA
que nous regardons comme des juges, nous leur soumetions ce qui suit :
Il est dit dans l'Évangile : « Vous serez jugés à la même « mesure à laquelle vous aurez jugé les autres. ■» Or , voici la mesure que nous-même , lorsqu'il s'agit de philosophie, nous nous efforçons d'appliquer, en toute occasion, à la parole d'autiui.
Nous mettons à part les sophistes, que nous livrons à toute la rigueur des lois, des lois logiques et des lois morales. Ces méchants du monde intellectuel étant bien écartés, nous regardons tous les autres, même les incomplets et les chancelants , même ceux qui voient à peine leur route , nous les regardons tous comme des honnnes de bonne volonté , et nous disons : « Paix sur la terre de <( l'intelligence à tous les hommes de bonne volonté ! »
Les sophistes sont des esprits orientés vers l'erreur. Ce sont des boussoles retournées. Il en existe. Nous n'en parlons que pour montrer en eux la contre-vérité partout présente. Tous les autres, même ceux dont l'orientation vers l'Étoile des intelligences est la plus faible, la plus vague, la plus affolée, nous voulons les aider, les encourager, les pousser dans leur ligne , les expliquer , les compléter , pourvu qu'ils ne soient pas eux-mêmes trop durs et trop exclusifs pour les autres, et qu'ils ne prétendent pas avoir tout vu, et bien vu.
A cette condition , ou même sans cette condition , nous voulons prendre en bonne part , dans leurs paroles , tout ce qui ne s'y refuse pas absolument. Nous voulons traiter tous nos frères comme les théologiens traitent les Pères de l'Église, n'en pressant jamais les paroles pour en faire sor-