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CHAPITRE P

LOGIQUE DU PANTHÉISME. — PRINCIPE d'IDENTITÉ.

Jusqu'ici nous ne sommes pas entré dans le détail de la Logique. ]\ous avons donné des conseils fondamentaux sans la pratique desquels on n'avance pas dans la recherche de la vérité. Nous crovons avoir démontré qu'un esprit qui met de coté la religion et la morale , et qui veut faire abstraction, aujourd'hui, de l'admirable domaine des sciences mathématiques et naturelles , pour se poser dans cette j)hilosophie abstraite , cher-

cheuse de pensée pure, dont la devise est : « Moi ! « moi, dis-je, et c'est assez! » nous croyons avoir démontré qu'un tel esprit n'arrivera point à la sagesse, et ne connaîtra pas la vérité. L'homme n'a pas trop de toutes ses forces, l'intelligence et la volonté; il n'a pas trop de toute sa sensibilité, étendue à tout ce qui est. Dieu, l'àme et la nature visible ; la raison n'a pas trop de ses pieds et de ses ailes, comme on l'a fort bien dit, pour arriver à la vérité.

Ce sont là comme les indispensables prolégomènes, ou plutôt la première partie et le fondement de la Logique. Il fallait solidement établir ces principes manifestes, mais si souvent oubliés aujourd'hui parmi nous. Mauitenant nous pouvons entrer dans le détail, et aborder l'étude des procédés de l'intelligence, dans son opération sur les diverses données des trois mondes, au sein desquels l'homme vit.

Il y a deux procédés de l'esprit, le syllogisme et l'induction : le syllogisme, qui procède par voie d'identité, et déduit d'un principe ce qu'il contient ; linduction, qui prend son point de départ, non comme principe, mais comme simple point de départ, comme base d'élan intellectuel, et qui s'élève à des vérités plus hautes que le point de départ.

« L'induction, dit Aristote, trouve les principes; « le syllogisme déduit les conséquences. »

Jamais la Logique théorique élémentaire n'avait nettement posé cette distinction fondamentale.

L'induction , quoique continuellement pratiquée, n'était pas bien connue en théorie, si ce n'est des grands maîtres, qui même ne l'ont jamais bien systématiquement exposée.

Ces deux procédés reposent sur deux principes, que l'on peut appeler p/'/zic^e d'identité qI principe de transcendance.

Le syllogisme repose sur le principe d'identité, qui se nomme aussi principe de contradiction , selon qu'il s'applique à montrer l'identité là où elle est, ou bien à la nier où elle n'est pas, c'està-dire, selon qu'il s'agit d'affirmer ou de nier. Ce principe est celui qu' Aristote appelle le premier et le plus évident des principes, celui sur lequel repose tout raisonnement et toute pensée. Aristote le formule ainsi : « On ne peut affirmer et nier, dans « le même sens et sous le même rapport, un iiirme « attribut d'un même sujet. »

L'induction repose sur le principe de transcendance que Platon a la gloire d'avoir entrevu et décrit, quand il parle de cet idéal f(ue toute chose a en Dieu Mais saint Thomas d'Aauin surtout l'a t.

416 LOGIOLJ<; F)l PANTHEISME.

scientifiquement foi iniilé lorsqu'il dit : w Tout ce « qu'il y a, en toute créature, d'être, de bonté, de « perfection , tout cela est en Dieu infiniment. » [Quidquid entitatit , bonitatis , perfectiouis est in qudcuuiqiie cj^eatiira, totum est eminentius iiiDeo.) Nous allons étudier d'abord ces deux principes, mais indirectement, c'est-à-dire dans la doctrine qui les nie.

Cette étude sera pour nous du plus grand intérêt, puisqu'elle implique toute la question du panthéisme.

Nous avons annoncé, dans notre Traité de la Connaissance de Dieu, que nous ne parlerions du panthéisme qu'en Logique. En effet, c'est en I^ogique seulement que cette erreur peut être radicalement détruite, autant du moins qu'il peut être donné de détruire l'erreur en ce monde. C'est en Logique que s'est aujourd'hui réfugié le panthéisme, sous le nom àe. doctrine de Videntité. C'est en ce point même cpie le panthéisme réside. Les sophistes, en partant du principe logique d'identité, tel qu'ils le font, croient avoir établi solidement l'édifice de leur panthéisme, et c'est en y joignant le principe de transcendance, pris à rebours, qu'ils font de leur {Kuithéisme la forme la plus savante et la plus radicale de l'athéisme. Et c'est parce qu'ils se cioienr

bien appuyés sur les deux principes logiques fondamentaux, qu'ils nomment eux-mêmes leur doctrine, d'après Hegel, lui système scientifique absolument irréfutable. Et de fait, si on leur accorde le point de départ, ils ont raison : le reste s'en déduit. Mais pour établir ce point de départ, ils ont été forcés, et ils l'avouent, de clianger la Logique. C'est là même l'entreprise de Hegel, qu'il annonce sans détour quand il dit : « Le tenq^s est venu de transie former la Logique.» Cette entreprise, nous l'avons déjà dit et montré, est une attaque directe à la raison, c'est un effort pour renverser les lois intellectuelles nécessaires, coinuies et pratiquées depuis le commencement du monde.

Oui, on en est venu à attaquer en face la raison, non pas seulement en pratique , mais par des théories formelles. Nous avons dit, et nous croyons que là se trouve peut-être l'un des plus redoutables dangers du temps })résent : I^a lumière de notre raison naturelle, c'est la lumière de Dieu, c'est le Verbe éclairant tout homme venant en ce monde. Ce Verbe, lorsqu'il est incarné, c'est le Christ. Nous disons que les sophistes du xvui'" siècle ont attaqué le Christ au nom de la raison ; mais que les sophistes du xix'' attaquent à la fois et le Christ et la lumière de la raison, c'est-à-dire qu'ils poursuivent

le Verbe de Dieu sous toutes les formes où il se donne.

"Nous ne sommes pas seul à remarquer ce fait épouvantable, mais en un sens très-admirable, et qui peut devenir, grâce à Dieu, aussi fécond qu'il paraît d'abord désastreux. « Les sectes ennemies, « dit un savant auleur, travaillent et s'agitent, tance tôt pour nier la réalité historique du Christ, tance tôt pour dénier à la raison humaine une réalité ce quelconque. Voilà l'ennemi; tel est son plan'.»

Le représentant de ces attaques à la raison le plus complet qui ait jamais paru dans le monde, c'est Hegel. Ce sophiste résume en lui la sophistique de tous les siècles, et y ajoute la tranquille audace de systématiser l'absurde, et d'avouer cette entreprise devant les hommes, hautement et décidément.

Il est bien entendu que nous n'entreprenons ici, en aucune sorte, la réfutation dellégel. On ne réfute pas les sophistes, comme le dit fort bien Aristote. On les cite, on les décrit, on les classe, on les emploie, mais on ne se commet pas avec eux, parce qu'avec eux la victoire même est ridicule. lieau triomphe en effet, que d'arracher à un adversaire terrassé l'aveu que quelque chose existe, que l'on

' Rohrbacher, Histoire de l'Église Catholique, t. xxiv, p. 432.

PRIXCIPE D'IDENTITÉ. 119

en peut être certain, que le mal et le bien sont contraires, que les contradictoires ne sont pas identiques ! Sur tous ces points la victoire est déjà remportée d'avance. On ne réfute donc pas les sophistes, on les emploie comme démonstration par l'absurde. Hegel, sous ce rapport, est pour lious d'un usage excellent et presque continuel, comme contradicteur direct et complet de toutes les vérités, comme destructeur pratique et théorique de toute logique et de toute raison. Je ne puis m'empécher de comparer sa doctrine à ces substances immondes que l'art emploie dans la fabrication des produits les plus excellents. On purifie l'un des plus précieux aliments de l'homme, on le blanchit, par la plus noire des substances, affreux débris de mort et de putréfaction. En ce sens, les œuvres de Hegel doivent être désormais, selon nous, d'un assez grand usage en philosophie.

Nous ne réfuterons donc point Hegel dans le sens ordinaire du mot. Mais nous prétendons mieux. Nous prétendons et espérons, à la fin de cette étude, nous faire adresser, par nos lecteurs, l'éloge que Cicéron, dans ses dialogues, se fait donner par un de ses interlocuteurs au sujet d'Epicure : « \ous « venez, lui dit-on, de rayer Épicure de la liste des « philosophes. » {Epicurum e choro philosopha-

rum sustuUsti.) Nous aussi, nous croyons que tout lecteur, dont la raison ne sera pas entamée d'avance par la sophistique hégélienne, nous dira : « Vous « venez de rayer Hegel delà liste des philosophes. » Nous disons que Hegel n'est point un philosophe; nous le nonnnons sophiste, et, avec l'aide de Dieu, nous lui imposons ce nom pour toujours.

Quant au panthéisme lui-même, nous mettons, avec une grande confiance, la cognée à la racine de cet arbre.

Ou l'évidence n'est rien , et la raison est impuissante, ou nous allons faire voir que le panthéisme actuel, le plus savant, le plus complet qu'ait enfanté l'erreur, est, pour l'idée du vrai Dieu distinct du monde et créateur du monde , la plus puissante des démonstrations par l'absurde. Nous espérons dégager nettement la philosophie de cette lèpre, et m(;ttre un terme à cette gravité cauteleuse , à cette terreur respectueuse avec laquelle nous entendons encore parler autour de nous du panthéisme.

Cela posé, voici en résumé notre assertion touchant l'œuvre logique du sophiste, auteur du panthéisme, ou plutôt de l'athéisme contemporain.

La raison , avons-nous dit, a deux procédés qui sont toute la logique. Nous affirmons que Hegel détruit l'un et renverse l'autre. Il détruit et il doit

détruire les deux: procédés de l;i raison , toute la raison , pour établir le panthéisme. Si cela est vrai, comme nous le ferons voir , il s'ensuit que le panthéisme et la raison s'excluent. C'est tout ce que nous voulons démontrer.

Entrons donc dans l'étude de la Logique du panthéisme.

Hegel, disons-nous, détruit le procédé syllogistique d'identité en affirmant c[ue les contradictoires sont identiques.

Et il retourne le procédé dialectique ou inductif, qui, dans la vue du fini, affirme l'infini par la négation des limites; il le retourne, en appliquant l'affirmation à la limite, la négation à l'être.

Voilà tout.

C'est-à-dire que Hegel détruit absolument toute raison, en détruisant également les deux procédés de la raison.

Telle est notre assertion. Mais quelque vraie qu'elle soit, comment la rendre vraisemblable? Tout ce que nous pouvons dire pour l'expliquer en quelque chose, c'est que Dieu , dans sa miséricordieuse bonté, a permis qu'il y eût en ce siècle mie doctrine, fruit du rationalisme absolu, laquelle, avec beaucoup de science, arrivât en même temps à l'athéisme, au panthéisme et à la destruc-

122 LOGtQtlE DU PANTHÉIS'ME.

tion de lii conscience et de la raison, pourquela rigoureuse identité de l'athéisme, du panthéisme, de rimmorahté et de l'absurdité, fut scientifiquement démontrée.

A'oyons d'abord comment Hegel détruit le procédé syllogistique de la raison , en détruisant le principe d'identité ou de contradiction. Nous montrerons ensuite comment il renverse le procédé dialectique.

Chaciun sait quif^îe procédé syllogistIc|ttë est fondé, aussi bien que la théorie de la proposition , sur le principe d'identité, c'est-à-dire que lé principe d'identité est le fondement des règles universelles de Taffirmation ou de la négation. Par exemple, quaiid on dit : Dieu est bon; cela est vrai, parce qu'il y a identité entre Dieu et bonté. Dieu est mauvais ; cela est faux, paice qu'il y a contradiction. Donc, ce qui constitue la vérité ou l'erreur de la proposition, c'est le principe d'identité ou le principe de contradiction ; de métue pour le syllogisme : Dieu est bon : or ce qui est bon est aimable : donc Dieu est aimable. Il est clair que ce qui constitue la vérité

du syllogisme c'est l'identité, totale ou partielle, de ces trois propositions entre elles , aussi bien que l'identité, totale ou partielle, du sujet et de l'attribut dans cbacune d'elles.

Le principe d'identité signifie donc, tant pour le syllogisme que pour la proposition , qu'on peut affirmer de chaque sujet ce qui lui est identique , et le principe de contradiction qui en découle signifie qu'on en doit nier ce qui lui est contradictoire. Hegel nie cela. Il n'admet pas que les contradictoires s'excluent. Il soutient qu'ils sont identiques. Bien plus, selon lui, il n'y a que les contradictoires qui soient identiques , et il n'y a que les identiques qui soient vraiment contradictoires : de sorte que le fond de sa logique et de tout son système est exprimé par cette formule : T absolu, cest l identité de T identique et du non identique^ ; ce qui n'est pas une assertion émise transitoirement, mais le fond du système, le principe radical incessamment, imperturbablement répété à chaque page pendant dix-huit volumes. Nous citerons donc à ce sujet autant de textes que l^s bornes raisonnables de ce chapitre nous le pourront permettre. Et il ûuit bien savoir comment

' Œuvres (2'^ édition.) î>aê 2fbfoIutc iil bic ^bentttat bcê Sbcnti: \&)cxi unb 9lid)t;3bcntifd}on. Tome xiv. p. 226.

nu LOGIQUE l)L PANTHÉISME.

Hégeireiiteiid. Pour lui, rideiitiqueet le non identique sont l'être et le néant. Rien de moins identique assurément, puisque ce sont les deux termes les plus contradictoires qu'atteigne la jjensée. Mais justement le fond du système est ceci : Identité de lEtre et du Aéant ' .

C'est ici que vous commencez à apercevoir la marche et le but du sophiste. Il nie le principe de contradiction pour établir le principe de l identité absolue, l'identité des différences, des contraires et des contradictoires. Alors tout est même chose; il n'y a qu'une substance; tout est Dieu, rien n'est Dieu. Le panthéisme est établi , et l'athéisme du même coup.

Mais pour procéder avec ordre, prenons Hegel dans sa racine d'abord, c'est-à-dire dans ses prédécesseurs et ses pères, qu'il reconnaît kii-même comme tels , les sophistes grecs.

Il est bon d'ailleurs de savoir comment les sophistes , dans tous les temps, ont traité la raison.

Nous l'avons dit souvent, d'après Platon, Leibniz et d'autres : il y a deux directions contraires que peut suivre l'esprit de l'homme , l'une qui s'élève

* Tome VI, p. I (is. ®aê Sa)n aie fold;oê... baê n i d^ t ê ift. — Ibid., ■171. (Sci)n unb 9Ud}tê ijî baffdbc.

PRINCIPE D'IDKNTITE. 125

vers l'être, vers Dieu, l'autre qui descend vers le néant : celle des philosophes, celle des sophistes. Il y a, dans tous les siècles, des traces de ces deux directions , imitation intellectuelle de la vie ou de la mort des âmes , selon qu'elles montent vers Dieu ou s'en éloignent librement.

Les sophistes , en Grèce , représentent cette seconde tendance. Hegel les reconnaît pour ses prédécesseurs. « Oui , dit-il , les sophistes sont les maî- « très de la Grèce; les créateurs de sa civilisation '. « Ils sont décriés; je l'avoue , aux yeux de la saine « raison, aussi bien que de la morale, mais poiu'- « quoi ? Parce que, dans l'ordre spéculatif, ils disent a que rien Ji'existe, ce que l'on croit être \\v\ non « sens; et que, dans l'ordre pratique, ils renversent « tous les principes et toutes les lois — Voilà le fonce dément de la clameur universelle contre les so- « phistes : c'est le cri de la sai?ie raison qui ne sait « comment s'en tirer autrement -. » N'oublions pas

' XIV, îS. ,,3a, bic ©opt)ii"tcn finb bio Sctjrcr ©ricctjcnlanté, burc^ ,,n)clc^c bic SSitbung ûbcrt)ûupt in (S5ric(^cnlanb jur Sriftenj fam."

- XI v, fi et 7. ©0 [inb fie boim gcfunbon ?Oîcnfd)cnt>crflanbo cbonfo ocr; fctrii'cn aie bci bcv 9}îoralitat : bà jmcm, itn-cr tbcorctifdycn îc^rc ircgcn, ba ce cin Unfinn fci), baf nid)tê criilivc 5 in 2Cnfci}ung bcé ^raftifd)cn, xodX \ic attc ©cunbfà^c unb ®:fc|c umfîopcn ^icé ift bcL-®runbbcé atlgc:

que Hegel ne parle jamais ([u'ironiquement de la saine raison. Et il lui est en effet indispensable de connnencer par récuser la saine raison; car c'est le seul moyen d'établir la doctrine de ses pères et la sienne.

« Les sophistes apprirent donc à la Grèce à dé-

« ployer la libre pensée Cette pensée identique

« à elle-même qui dirige sa puissance négative con- « tre ces affirmations nuiltiples, théoriques et pra- « tiques, que l'on appelle les vérités naturelles de « conscience , les règles et les principes immédiatece ment évidents ' . »

« Gorgias , par exemple , était puissant dans la « dialectique oratoire ; mais son plus brillant tra- « vail est son œuvre dialectique pure, sur les caté- « gories universelles de l'Etre et du Néant. Tiède- « mann dit à ce sujet , fort mal à propos , que Goret gias a été beaucoup phis loin que ne peut faire « un honnue dont la raison est saine. Oui, tout « philosophe va au delà de la saine raison. En ce

mcincn ©^'fdirciê gcgcn bic ©ophiflif : cin ©ofc^vci ieè gcfunbcn SOîcnfc^cn;

ccrjîanbcê, bor \iâ) nid}t anborê ju t)i1fon wcijj.

* Sor mit \id) ibcntifd)c ©obanfc viditct alfo fdnc ncgattuc ^raft gegen bic mannid}faltigc SScftimmtlicit bcé 3;(}corctii'd)cn unb ^raftifdjcn , bie 2]3a()rt)citcn bcê natuvUdjcn SScioufjtfcinë, unb bic unmittctbar gcltcnbcn ©cfc^c unb ©vunbi'a^c» xiv, 8.

PELNCIPE D'IDE>TITE. 127

« sens seulement, Gorgias e^ été au delà de la saiiie a raison.. » En effet qu'a-t-il enseigné? Dans son livre de la Nature il prouve : « i° Que rien n'existe. « 2" Que supposé que quelque chose existe, nous « ne pouvons en rien savoir . 3" Qu'enfin , lors même fc que nous pourrions en savoir quelque chose, ce nous n'en pouvons transmettre la connaissance. « Or ce n'est pas là du bavardage comme on le « croit ordinairement : la dialectique de Gorgias « a une valeur tout à fait objective, et du contenu « le plus intéressant'. »

Gela posé , Hegel développe avec le })lus grand sérieux et la plus grande estime ces trois thèses de

• XIV. 33. Sr tvav fîarf in bcr 3>iati-îtiî fur bic SBcrcbfamfcit 5 abcr fein Tfuêgcjcidinctcé ift fcinc reine ©ialeftif ùber bie ganj allgemeinen .Ratego; rien oon (Sei)n unb Stic^tfe^n , unb jrnar nid}t nad} 2Crt ber (Sopt)iflen. Siebemann fagt fefcr fc^ief : ,,®:or9iaê ging oiet wciter, aie irgenb ein ,,SOîen[d) oon gefunbem S^erflanbe gei)en fann/' 35aê i^àttc Sicbemann t)on jebem ^t)i(ofcpt)en fagen fonnenj jeber get)t weiter aie ber gefunbe SOîcn; f(^cnDer|îanb..,. ©0 tp ©orgiaè allerbingë roeiter gegangen aie ber ge: funbe ?[Renfd}enoerjîanb.... ©orgiaeSCerf, ,,Uber bie 9îatur/' iporin er feine 2^ia(etti! uerfa^te, jerfàllt in brei Sl)eile : in bem erjîen hcwd^ er, tafi 5îid;t6i[tj im jweiten, ia^, aud) angenommen, baé ©eçn tvaxc, eê bod} nid}t erf annt n?erben îonne ^ im britten , baf , xvcnn eê aud) ifl unb er-fennbar mare, bod) feine «Oîittbeilung beë erfannten moglid) \cx)." ....Daê ijl fein ®e[d;wà^ , jcie man fonfl \voi)i glaubt : [onbern ©crgiaé Sia^ ïcfti! ijl ganj objeftioer "Hxt, unb oon t)6d}jî intereffantem 5nl)alt.

128 LOGIQUE DIJ PAM"nÉIS.>lE.

Gorgias; puis il ajoute : « Celte dialectique, qu'Aris- « tote reconnaît comme propre à Gorgias, a sa parte faite vérité: en effet, quand on parle de l'Etre, on (c dit toujours en même temj)s le contraire de ce que « l'on veut dire. Etre et non être sont tout aussi bien « mémechose qu'autre chose; s'ils sont même cho- « se, je dis qu'ils sont deux, donc différents; sont- « ils différents, j'affirme de l'un et de l'autre le mé- « me prédicat, savoir la différence; » donc ils sont même chose.

« Ne crovons ])as (pie cette dialectique soit mé- « prisable , comme si elle ne traitait que d'abstrac- « fions. Ces deux catégories dans leur puretéfl'être « et le néant) sont ce qu'il y a de plus général , et « s'ils ne sont pas le dernier mot des choses , ceci pendant être ou non être est toujours la ques- « tion ' . »

» XIV, .il. S)icfo Siatcftif, fcic 2frijîotdcê 9tcid)faUê aie bcm (Sorgiaê

cigcntbûmltd) angcboronb b^àclinct, bat ibrc ccllfommcnc 5ffîaf}rbcit 5 man fagt, inbom man »on ®ci}n unb 9Ucljtfci)n fpriclit, immcv aud) tiaè @vgcn= tbcil »cn bcm, xvaè man fac3cn miU. Sa)n unb 9îtditfoi)n finb fowot)l baé: fflbc, ûlê nid}t baJTclbc : [inb [te baf^abc, fo fagc tdi SScibc, alfo 23crfd)tc; bcnc 5 [inb [ic ocr[d}icbcn, [0 [agc iâ) oon it)ncn bafjclbc ^ràbicat, bic SBctr; [d)icbcnt)cit, auë. S)ic[f 2>iali'!ti! barf une nid]t »crdd}t(id) [dioincn, aU cb [ic ce mit (ccrcn 2(bjîracticncn jU tfjun t)abc ^ [cnbcrn bicfc jtatcgoricn [inb cincr[citg in it)vcL- 9îcinl)cit baê 2CUgcmcin[lc, unb [inb ^ic anbcrcv[cit6 aud) nid-it baê Cc^tc, [0 ijî (Sci)n obcv 9Udjt[ci)n boclj immcf bic gvagc.

De tout cela, Hegel conclut que les sophistes étaient de très-profonds penseurs.

Ces monstruosités sont de grande importance. Comme le remarque fort bien Hegel : être ou non étT'e, cest toujours la question. La question pour l'esprit humain est en effet toujours celle-ci : Dieu ou non. L'esprit de ténèbres ou d'athéisme a de tout temps lutté contre l'esprit de Dieu. Par un choix libre et secret de chaque âme , il y a des esprits qui descendent vers les ténèbres , il y en a qui montent vers la lumière de Dieu. La formule de Hegel, l'identité de l'être et du néant, est l'expression de cette tendance vers les ténèbres, qui, du même coup, pose que Dieu n'est pas, et que la raison n'a ni l'évidence positive de l'identité , ni l'évidence négative de la contradiction , par cela même que les contradictoires sont identiques.

Poursuivons donc. Nous prions le lecteur de nous suivre avec patience, avec courage, sans trop de regret, dans cette descente vers les mystères de la mort et de la décomposition intellectuelles. Ces spectacles sont profondément salutaires.

^^Ce qui est admirable , c'est que Parménide , ce penseur singulier que Platon nomme le grand Par-

ménide, a décrit ces deux voies. Hegel le cite, quoiqu'il soit absolument contre lui. Mais ici apparaît un des traits les plus saillants du caractère sophistique de Hegel. Rien n'est contre lui. Comment cela? précisément parce que ce qui lui est contraire lui est identique , puisque tous les contradictoires sont identiques. A^ous dites que l'être est, et que le néant n'est pas; fort bien; je le dis aussi : je les pose comme contradictoires ; mais c'est précisément en cela que je prouve leur identité, et vous aussi. Hé£;el cite donc Parménide dans ce texte étranaje où le philosophe éleate touche du doigt ce mystère de l'esprit humain, qui vacille entre l'erreur et la vérité , l'être et le non être. « Apprends , dit la « déesse, quelles sont les deux voies du savoir : a l'une part de ce principe que l'Etre seul existe, « que le Néant n'est pas ; là est la certitude, la vé- « rite. L'autre part de ce principe que l'Etre n'est K pas, que le Néant est nécessaire. Je te le dis, cette « voie-là marche en sens contraire de la raison. Car ce tu ne peux ni connaître, ni atteindre, ni expri- « mer ce qui n'est pas. Nécessairement , dire et pence ser portent sur l'Etre. L'Être est, et le Néant n'est « pas'. » Parménide parle ensuite de certains es-

' Essai sur Parménide, par Riaux, p. 209.

PRINCIPE D'IDEMITÉ. 131

prits « sourds, aveugles et insensés, pour qui l'être « et le non être sont à la fois même chose et autre a chose. » (oig zb Tiéliiy zz y.cà oiiy. ibjy.i Tscjtiv vîvoy.t(7r:zt yJoh Tdv-ôv.) Hegel cite ces textes et s'en tire aussitôt, d'abord par sa doctrine générale de l'identité des contradictoires , puis aussi , en remarquant que le raisonnement deParménide n'est que le point de vue de la raison abstraite. Il faut savoir que Hegel appelle abstrait l'être sans le néant, ou le néant sans l'être, et co/zc'/'ie^ l'être identifié au néant. D'ailleurs, Hegel remarque que ce point de vue de Parménide « qui croit que l'absolu c'est l'être, qui affirme « que l'être seul est , et que le néant n'est pas , ce est l'enfance de la Logique et de la philoso- « phie'. »

Heraclite, ce hardi penseur, dit Hegel, est le premier qui, même avant les sophistes, ait prononcé ce mot profond : \^ Etre et le Néant sont même chose'^ ... Cicéron ne l'a pas compris. Cela « tient à « la platitude de son esprit, qui met dans Héra-

' ....Dor îtnfang bcr Cogif, n?ic bcr Tfnfang bcr cigcntlidjcn ©cfd)id)te bcr ^f)ilofopt)ic. Sicfcn 2Cnfang finbcn rcir in bcn ctcatifc^cn unb nabcr in ber ^t)ilofop^ic bcs ^armcnibcê, njclc^cc baê 2Cbfotutc atè "^oA Sci)n auf; faÇt, inbem or fagt : "tioA Scçn nur ift, unb \ioA Sfîidjtê ijî nidjt. vi, p. 1 08.

- ®aà aUgemcinc ^rincip bctroffcnb, t)at biefer îùt)ne ©cift, juerjl baê ticfc aSort gcfagt : ^/Scpn unb 9Zic^t5 ijî baffclbc." xiv. 305.

132 LOGIQLE DU PANTHÉISME.

« dite sa propre platitude ' » Hegel ne peut pas souffrir Cicéron. Ci-dessous nous verrons pourquoi.

« Heraclite donc, étant le premier qui ait dit ce « grand mot, qui ait vu le 6'0/?c/'e^ et l'absolu dans « l'unité des contraires ', » Heraclite est le père de

la philosophie « C'est ici qu'il faut dire : Terre !

« il n'est pas une seule proposition d'Heraclite que « je n'admette dans ma Logique^. »

Déjà la pensée de Hegel est assez claire au sujet de l'un des procédés de la raison, le syllogisme , fondé sur le principe d'identité et le principe de contradiction. Il rejette ce principe, puisqu'à ses yeux la philosophie commence au moment où un premier penseur courageux ose dire : « L'Etre et le Néant sont même chose, et les contradictoires sont identiques.» Selon lui, le fondement de la logique, c'est la destruction du principe de l'identité, et du principe de contradiction, supprimés l'un par l'autre. Mais nous allons voir en détail comment Hegel, en pratique et en théorie, pose que le principe de

' ....2)ie figonc ^tattt)cit t»cë Siccro, bic cr jur ^tattt)eit ^evaîlit'è mad)t, XII, 3()i.

^ S>aê ift taè crjîo Soncrctc, baë ?(bfo(uto, aie in if)m bic (Sinbcit cnt= gcgcngcfdjtcr, xiii, 301.

= ^iiv fct)cn wit Canb^ ce ijî tcin ©a(j bcê •Sgcvcâiit, bon id) nid}t in mcinc Sogif aufgcnommcn» xiii, 301 .

Wuicienne logique doit être remplacé par le principe contraire ; identité de C identique et du non identique.

Et d'abord, de fait, en vertu de ce principe, aussi audacieusement appliqué en pratique que formulé en théorie, Hegel affirme en différents endroits les identités que voici ;

L'identité précise et rigoureuse de l'être et du néant. « L'Etre et le Néant sont même chose. (5ei;u « iinb 9îicl}t6 ift baffelbe. Le Néant, en tant que Néant, '( en tant que semblable à lui-même , est précisé- « ment la même chose que l'Etre. » 2)aô 9]ic^t^ ift a(ô biefeô unmittelbare, fid) [elbft9(cid}c, cbcn fo umgcfct)rt baffelbe , nmô baê @ei)n ift (vi, 171).

L'identité des ténèbres et de la lumière. « La « lumière pure, c'est la nuit pure. » Saê rciuc îicl}t ift reine ^infternip (vi, 76;.

L'identité de l'identique et du non identique, qui est la formule générale du système. «L'absolu, « c'est l'identité de l'identique et du non identi- « que. » 5)a5 ?lbfoIiite ift bie ^bentitàt beô 3î>eutifd)cu iinb 9tict)t''3beutifcl}eu (xiv, 22G).

L'identité des deux faces d'un dilemme. « Au lieu

IZk LOGIQUE DU PANTHÉISME.

« de poser le principe du dilemme, qui exclut tout « milieu, qui est le principe de la raison abstraite, il « serait plus vrai de dire : Les contraires coexistent « en tout. Dans le fait, il n'y a jamais de oui ou non « si absolu, comme le soutient la raison vulgaire. « Tout ce qui existe est concret, et, par conséquent, « renferme en soi les opposés et les contraires ' . »

L'identité de l'ideutité et de la différence. « Le « principe, c'est l'unité de l'identité et de la diffé- « rence. » Ter ®runb ift bie Gint)eit ber 3bentitât unb beê Unterf(î)iebeê (vi, 243).

L'identité du fini et de l'iufuii. « Le Fini et l'In- « fini, en tant que moments du développement, « SONT EN COM3IUN LE FINI ; » SOUS uii autrc point de vue « on les nomme avec vérité l'Infini. Leur « différence réside dans le double sens des deux « mots. Le Fini a deux sens : premièrement il est « seulement le Fini relativement à l'Infini; secon- « dément, il est égaletment et le Fini et l'Infini. L'In- « fini, à son tour, a deux sens : d'abord il est l'un a des deux moments, et en ce sens il n'est que le

* 3fn{iatt narf) bcm (Sa| bcê auêgcfdjtojycncn ©rittcn (>t)c(d)cê bcr ©a^ bcê abflraftcn 23cvfîanbcê ift^ ju fprcd}cn, warc oiclmct)r ju fagcn : 'KUcë ift cntgcgcngefc^t. ©ê gibt in bcr Sfjot nirgcnbê.... cin fo abjîraftcê entn?cbcr;Dbcr, roie bcr SScrfîanb fold)cê bcfiauptct. Mcê waê ir; gcnb ijî, baê ift ctn (Soncrctcê, fonft in ftd} fclbfî a3crfc{}icbcncë unb gnt; gcgcngcfcitcê. (vi, 242.)

« faux Infini. Ensuite il est Tlnfini en qui les deux, « l'Infini et son autre (le Fini), sont des moments. . . « C'est alors l'Infini véritable \ »

Donc poser l'unité du fini et de l'infini, c'est trop peu dire ; il faut dire que l'infini c'est le fini et réciproquement. « C'est le dualisme qui pose le con- « traste absolu du Fini et de l'Infini. « Ter !î)ualîê' mu6, we(d)er beit ©cgcnfa^ yon (ïnb(icl}cm lutb llncnbUrf}cm umlbcniMiiblid) macl)t (vi, i8G). Du reste, la doctrine de Hegel est que, dans la réalité concrète, il n'existe que l'infini. C'est le panthéisme. Mais comment Hegel l'entend-il ? Il entend que le fini, dans ses continuelles transformations, est le véritable infini (vi, i8G). Donc, en réalité, Hegel entend que le fini seul existe. C'est l'athéisme :

' ^nbcm fie bcibc, iaè @nbU(^e unb taè UncnbUd)c fclbjî SJîcmcntc bcê ^rcccffcê finb, finb fie gcmcinf c^aftlid} baê ©nblidjc, unb inbem fie cbcnfo gcmcinfdjafttid} in ii)m unb im 3îcfultatc ncgirt finb, fo ^cif t bivfeê Sîcfuttat a(ê 9îcgation jcncr (SnbUdjfcit bcibcr mit SBabr^cit baê Unonblidjc. 5bv Unta-frf}ieb ifî fo ter 3>cppc(finn, bcn bcibo iiabcn. ^aè Snblidic ijat bcn 2>cppctfinn , crjîenê nuv haè (Snblid}c gcgcn iaè Uncnblidie ju fcçn, iaè it)m gcgcnûbcrjlc^t, unb jwcitcnê baë ©nbtidjc unb baê iijm gcgcnûbcrftct)cnbc UncnbUdic juglcid) ju fci)n. "iUnd) baê UncnbUd)c t)at bcn Scppclfinn, cincr jcncr bcibcn SOîomcntc ju fcçn, fo ifl ce baê ®d)Icd)tuncnblid>-, unb baê Uncnblidic ju fcçn, in wcld}cm jcnc bcibc, ce fclbjl unb fcin 'Jfnbcvcê, nur 5JIomcntc finb.... aie SBai)rt)aft Um cnbUc^cê fcçn. (111, 134.)

136 LOGIOLE DU l'AN TIlllISME.

athéisme pour le fond, et panthéisme par la forme.

L'identité de Dieu et de T homme. « Dieu n'est « Dieu qu'en tant qu'il se coiuiait; la connaissance « qu'il a de lui-même c'est la conscience qu'il a de « lui dans l'homme. « @ott ift @ott nur tnfofern er ftc^ felbcr mi^', [eiiifid) @ic()^2Qi[fcn ift fenierfein 8e(bftbewuftfe^u im ^Dîenfd)cu (vu, ^l\S).

L'identité de la liberté et de la nécessité. « L'esprit (c est concret et ses caractères sont la liberté et la « nécessité. L'esprit dans sa nécessité est libre, et a c'est dans la nécessité seule qu'il trouve la lice berté, de même que sa nécessité repose sur sa « liberté. » 5)er ©eift ift concret, unb feine 33eftimmiuiC|cn Srci()cit mit» 9îott}a''cnt>ii}fcit. Xcr ©eift iii feiiier 9îott)U'>enbigfcit ift fvci, nuv in ihr finbct er feine 5reiï)eit, tt?ie feine 9îct^UH'nt>igfeit nur in fcincr 5rcil;cit rnht (^xni, Sg).

L'identité du bien et du mal. Après avoir montré que la nécessité et la liberté sont même chose, Hegel ajoute : « Il en est de même de l'opposition « du ùie/i et du /nul, cette grande antinomie du « monde moderne enfoncé en lui-même. » (^bcn fo ïier()vïlt e^ ftc()mit bcm ©ec^enfaëbeê ©uten unb Sofen, biefem ©egenfa^ ber in fid) sertieftcn mctcrncn 9Be(t (vi, •yS).

L'identité, en physique, du continu et du discontinu. « La matière, dira-t-on , est ou absolument « continue, ou composée de points. Non, dans le

PRIXIIPE D'IDEMITÉ. 437

« fait elle a ces deux caractères à la fois. La quantité « continue est en même temps discontinue. » (SnttDeber ift bie 9}caterie [rf)led}tl)itt contimiîrlicî) obeu ipunftueU; fie t)at abcï iii bcr Xhat bcibe ^Bcftimmungen (xui , 89). 'Zk contiiiu{vlic()c Duantitàt ift abcr etcii fo u>oI)(bi$? cret (vi, 201).

L'identité de l'épicurisme et du stoïcisme. « Il « arrive au même résultat que le stoïcisme. Son « but,. son résultat a la même élévation , et lui « est tout à fiiit parallèle. » llnb ce fommt 0(13011 1 (ici)

baffeîbe Dîcfiiltat bcraiii?, aU$ bei bcn 6toifcni 31)v3^i'^t-'tf

iinb 9îe[iillat [omit a\\\ y3lcid}cr Jpot}c , iiub gvinj ^vivviUel mit bcr fteiféen ^^l)i(o[opt)ie (xiv, 453).

L'identité du positif et du négatif en algèbre. (f On croit qu'il y a une différence absolue entre « le positif et le négatif. Non , les deux sont en « eux-mêmes la même chose , et l'on pourrait « nommer positif le négatif, et réciproquement. » '^(m ^cfitiiuMi uub 9îegatiiH'it mciut iiiau cincn abfolutcn llntcrfdneb 511 (mbcu. 33eiî'c fiub iuîief au ftd) baffelbc uub man foiuite bcebalb baê ^cfitiï>e and) baê ^îegativc nciincn, itiib cbcii [c uincjefcïjrt (vi , 240}. Ceci serait très-vrai quant aux noms conventionnels donnés en géométrie aux axes coordonnés. Mais le sophiste ne l'entend pas seulement ainsi , car il en conclut que 3 inoins 8 font onze et ([iie -\-y — -yzi^^y. <3o fîiib

iii — 8-f3 ûkr^au^t eilf ©inl)eiteii vorljanDeii 80 ift

+7"-J— 2j>(iv, 52).

L'identité de \ actif ^X. Aw. passif ^w économie, par celte raison que « ce qui est passif pour l'un « est actif Y^our l'autre. » 38a^ bei bem (Siiicii , aie (iéuibner, ein 9?egatiï>eô ift, baffcibc ift bci bcm ^lubevii, bcni ©Iciutnger, ein ^^cfitiï»cô(iv, 53, etvi, 240).

(f Quand l'actif et le passif se compensent, on « n'en a pas moins son capital positif, comme dans « l'équation ■\-a — a^=^a. » SBenn fcine actii^e unb paffiï»e Scftimmuiu] fid) aiid) juv "^înU vcbucivtcii , btcibt crfteno Vofitii'^cS (Capital, a(è -{-a — «=« (iv, 53j.

Ilégel pose aussi, si nous pouvons en croire nos yeux , une identité que l'on ose à peine énoncer, c'est celle du soleil et de la lune. Ici nous ne voulons rien affirmer. Nous ne soutenons pas que Hegel enseigne cette identité. Nous citons seulement le texte , écrit dans lui langage qui sera expliqué ci-dessous. Le lecteur jugera. « Quelque chose est « en soi Vautre de soi-même , et trouve dans cet « autî^e sa limite. Que si l'on demande maintenant « la différence entre quelque chose et autre chose, (f on trouve qu'ils sont même chose : identité que « le latin exprime fort bien pai- les mots aliud- « aliud. \j autre, opposé à quelque chose, est liii- « même quelque chose , et c'est pourquoi nous

« disons quelque chose cl autre ; de même que le « premier quelque chose , opposé à Vautre , est « \ui-mdme y autre de l'iiutre. Quand nous disons « quelque chose d'autre , nous nous figurons que « quelque chose , pris en soi , est simplement « quelque chose , et que la détermination c[ui le ce présente comme c?«^7'e c//o^e est purement acci- « dentelle et extérieure. Par exemple, nous nous « figurons que la lune , qui est quelque chose « d'autre quant au soleil , pourrait exister si le « soleil n'existait pas. Dans le fait, cependant, la « lune , en tant que quelque chose , a son autre

« en elle-même «(^i, 182, voir ci-dessous n. v).

Donc puisque quelque chose et autre chose sont toujours Tnéme chose, comme le démontre ce paragraphe, il s'ensuit bien que le soleil et la lune sont même chose ; d'autant plus que la lune a le soleil en elle-même, puisqu'en général quelque chose a toujours en soi-même autre chose.

Enfin l'identité de l'erreur et de la vérité. « L'idée , en se développant , pose en face d'elle- « même son contraire, une illusion, et son activité « consiste à enlever cette illusion. La vérité ne a peut sortir que de cette erreur, et ici est le fonce dément de notre réconciliation avec l'erreur, <c comme avec le fini. L'autre, c'est-à-dire l'erreur.

UO LOGlOlîE DU PANTHÉISMK.

<c en tant qu'absorbé , est un moment nécessaire « de la vérité * . »

On ne comprend le sens com[)let de ce passage qu'en remarquant qu'il ne s'agit pas de détruire l'erreur ou le fini, mais de l'absorber et de l'identifier. « Car, dit Hegel ailleurs, l'idée est l'unité « de l'idéal et du réel, du fini et de l'infini , de a l'àme et du cor])s. » Xie 3t)ee atô bie ©int)eit beâ Sbeel- (en iinb Dîeellen, beé 6'nbUd)cu imb UnenbU(l)en, ber Seele unb bcê Seibcê (vi, 388). De sorte que l'erreur, étant même chose que le fini , doit, comme le fini, être fondue dans l'infini , mais non anéantie. Pour mieux entendre tout ceci , il faut se rappeler le sens sacramental du mot enlever (auft)eben), qui est le ressort général du système de Hegel. Hegel définit ce mot comme signifiant à la fois supprimer et conseiver; et il loue beaucoup la langue allemande de donner à ce mot ce double sens sans lequel le système de l'identité serait impossible. « Remarquez ici , dit-il , le double sens de notre

' Sic Sbcc in ifcrcm ^vcccÇ mad)t ftd) fclbjî cinc Sûu[d)ung, \i\i cin 2Cnbcrcê fi(^ gcgcnubcr , unb it)r 5St)un bcjîcftt barin, bicfc Saufdjung auf« jut)cbcn. 9îur (xvA bicfcm 5rrt{)um gct)t bic 2Ba^rt)cit t)i'rDor unb ^icrin liogt bic 25crfot)nung mit bcm 2vrt{)um unb mit bcr (Snblidjfcit. Sue Tins bcrëfci)n obcr bcr 3i'vtt)um, aie aufgct)obcn, ift fclbp cin nott)ttJcnbi9ec gjîomcnt bcr S[Baf)r{)cit. (vi, 38 i.)

PRINCIPE D'IDENTITÉ. l'il

(c mot allemand enlever C'^uf()cbenj. Par enlever « nous entendons d'abord supprimer, nier, « comme quand nous disons qu'une loi ou une « institution est supprimée (aufcjc^obenj. ]Mais enle- « ver veut dire aussi conserver^ maintenir, comme « on dit qu'une chose est bien enlevée. Ce double « sens du mot , qui le rend à la fois négatif et af- (c firmatif , n'est pas un effet du hasard, et ne doit « point du tout être regardé comjiie un défaut de (c notre langue, ou une source de confusion, c'est « au contraire une preuve de son esprit spécu- « hitif transcendant, qui l'élève au-dessus des di- « lemrnes de la raison vulgaire'. » Vous avez là toute la clef du système hégélien : affirmer et nier simultanément par le même mot. Ce mot est la ^ raie clef du système de l'identité.

' Ss ifî t)icrbci an tic gcboppdtc SBcbcutung unforoê bcuti'ct}cn 2Cuebru; cfcê auft)cbcn %\x crinncrn. Untcr auff)cbcn ocrftit)on mr cinmal fo oicl aie t)inttjcgràumcn, ncgircn, unb fagcn bcmgcmap, j. S3., cin Oefc^, cinc ©indt^tung, u. f. w., fcçcn aufgct)obcn. SBcitcr t)cift bann aber aud) auff)cbon fooicl alëaufbcn>af)rcn, unb icir fprcd}cn in bicfcm ©inn bauon, ba^ ctwaë wo^t aufgcbobcn fa). 3)icfcr fpra^gcbraudjlic^e 2)opp<.ifinn, wonad} baffclbc 2Bort cini ncgatioc unb pofitioc SScbcutung t)at, barf nic^t aie %vi\à.\i\<3, angcKt)on, nod) itma gar bor Spradjv jum 23or; njurf gcmac^t wcrbcn, atê ju Scrroirrung SBcranlafTung gebcnb, fonborn ce ift barin bcr ubcr baêbtoë ocrjîanbigc @ntn?cbcr:Dbcr t)inau6f(^ci; tcnbc fpcfulatioc ©oijl unfovcv ©pvadjc ju crfonncn. (\ f. 191.)

i;j2 logique du panthéisme.

Et qu'on ne nous accuse pas de tronquer les textes et de les altérer, quand nous les citons en partie. Nous ne citons que ce qui est nécessaire ; mais nous citons le sens de Fauteur. Par exemple, la plus étonnante des identités de Hegel , après celle de l'être et du néant , qui n'est pas contestable , est celle du bien et du mal. Or, nous citons de lui ce

texte : « Le mal , réfléchi en nous est même

« chose que la bonne intention du bien.... » Taê

53i3[c a(ê bie imierfte 9lef(cnou ift baffelbe , ivaé bie giite

©efînimug beè ©uten Le texte complet est ceci :

« Le mal, comme réflexion profonde de la subjecti- « vite en elle-même, opposée à l'être objectif et « u/nuersel, qui pour elle n'est qu'apparent, est la « même chose que la bonne intention du bien « ABSTRAIT. » 2^aô 53o[c a(^ bie innerfte 9îef(crtou ber «Subjectiintât in \xi) gecjen baôDblectioe unb ^lïltjemeine, baé i^r nur (Sécin ift , iftbaffdbe, uxif^ bte gute ©efunmug be6 abftvacten ©utcn vu, Sqo).

On pourrait reprocher ici la suppression du mot abstrait. Ce serait bien à tort , puisque cette suppression, loin d'altérer la pensée de l'auteur, affaiblit plutôt ce que nous voulons prouver, et c'est aussi pourquoi nous y revenons. Qu'est-ce, en effet, pour Hegel que le bien abstrait , Vêtre abstrait, etc. , c'est le bien pur, l'être pur; c'est le

PRINCIPE D'IDENTITÉ. lZi3

bien non réuni à son contraire , le mal. C'est le bien pur, le bien immédiat , le bien en lui-même. Le bien concret , pour le sophiste , c'est le bien reconnu pour identique à son contraire, le mal ; comme Tètre concret est l'être reconnu comme identique à son contraire, le néant. Ceci est dans tous les ouvrages de Hegel le sens constant , continuellement répété, des deux mots abstrait et concret. Aussi , pour lui , le bien pur , sans mélange, pris en lui-même, est exprimé par les règles et lois morales données par la conscience. C'est ce qu'il affirme en parlant des sophistes, nous l'avons vu. C'est là le bieji abstrait, qu'il dit être identique au mal. Le bien concret, du reste, ne vaut pas mieux , car le bien concret, c'est ce que donne la volonté universelle (vu, 388). Or, cette volonté universelle , ce bien , est choit et devoir, tout aussi bien qii il n est pas droit et devoir. 3ft ber alUjemcine 3SiUc, bas @iite, î)îed)t uub ^flid;t eben [o fôo[)(, aie aud)md)t (vu, Sgo).

Donc le texte que nous avons traduit ainsi : • « Le mal réfléchi en nous. . . est même chose que la V bonne intention du bien, » nous pourrions le traduire bien plus énergiquement comme il suit : «Le « mal réfléchi en nous, comme opposition à la voce lonté universelle, est même chose que le bien pur,

« le bien en lui-même.» C'est exactement le sens de Hegel, par suite duquel, au reste, il montre dans cent endroits de ses ouvrages le plus profond mépris pour la morale; méprisant ceux qui l'établissent , louant tous ceux qui la détruisent , plaisantant Socrate comme inventeur de la morale bourgeoise, et affirmant que ce qu'il y a de plus louable et de meilleur dans Epicure, c'est sa morale. « La partie la plus décriée de toute la doctrine « d'Epicure, c'est sa morale ; c'est dès lors sa partie « la plus intéressante ; mais l'on peut dire aussi (c que c'est le meilleur coté du système ' . »

Il n'y a donc pas d'équivoque. Ilégel pose toutes les identités que nous avons dites, dans le sens où nous les présentons.

Il est donc établi, qu'en pratique, la sophistique contenq^oraine, en posant l'identité des contradictoires, détruit à la fois le principe d'identité et le

» Sft epifur'ê SOîoral baè aScrfdjricnjîc fcincr ici)vc , unb bat)cr aud) ba6 Sntcrefi'antclic i abcr man fann aud) fagcn , fto ijî baê SScjîc bavan. (xiv, 444.)

principe de contradiction, c'est-à-dire cpiellc détruit le fondement du syllogisme, et le fondement même de la proposition , qui est la pensée même, la parole même.

Mais comme ceci, quoique prouvé, est incroyable, nous insistons , et nous allons montrer les textes où Ilégel procède théoriquement à cette attaque, et répudie toute la Logique connue jusqu'à ce jour, comme absurde, contradictoire et désormais ruinée.

« La formule du principe de l'identité , dit Hegel, « est celle-ci : Tout est identique avec soi-même, ou « bien A=:A, ou bien , prise négativement (le prince cipe de contradiction) A ne peut pas, en même « temps , être et ne pas être A. Ov cette formule, au « lieu d'être une vraie loi de la pensée, n'est que la « loi du raisonnement abstrait. La forme même de « cette proposition est en contradiction avec son « contenu, puisque toute proposition promet une « différence entre le sujet et l'attribut , et que « celle-ci ne fournit pas ce que promet sa forme ' . . .

♦ Scr (Sa| bcr Sbcntitat tautct bcmnad} : 2tUc6 ift mi: [id) ibcntifd) ^

A = A ; unb ncgatio : A tann nid)t jugloic^ A unb nid}t A fci)n. — Sicfor

©a^, ftatt cin njat)rcê Scnfgcfo^ ju fin)n , ijl nidjtë olê "tix^ ®i K% ^^"è ûb=

jtraftcn Scrflanboê. Die gcrm bcs Saçoè TOiborfpvid;! ibm fd;cn Klbfî, '^<x

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