‹ Logique (volume 2)Chapitre 20 sur 46 · I. lu · texte numérisé non relu

I. lu

« L'école dans laquelle seule de telles lois sont « encore conservées a, depuis longtemps, par sa « Logique, qui promulgue sérieusement de telles « lois, perdu tout crédit , soit aux yeux de la saine « et commune raison , soit aux yeux du pence seur \ . . La théorie de l'identité est de la dernière « importance. Il faut bien s'entendre sur le vrai « sens du mot, c'est-à-dire, qu'avant tout, il faut « savoir qu'il ne doit plus être question de l'iden- « tité abstraite, c'est-à-dire de celle qui n'est iden- « tité qu'avec exclusion de la différence. C'est là le « point qui sépare toutes les mauvaises pliiloso- « pliies de celle qui mérite seule le nom de pliilo- « Sophie "...

« On formule ainsi le principe de contradiction : « De deux < Ut ri but s co/itraires, un seul convient à

cin ©a^ audj cincn Unta-fd)icb jwifdjcn ©ubjcÉt unb ^fàbicat oa-fpvid)!, bicfcc aUx baê ni(^t Uiftot, xoai) fcinc govm forbcrt. (vi, 230.)

' 2)tc ©d)ulc, in bcr allcin fotd)c @cfe|c %dU\\, t)at \ià) langft mit if); rcv f cgif, wd6)i biifclbc a-njîf)aft »ortragt, bot bom gcfunbcn ?Oîcnfd)cn= ocrjlanbiv voie boi t(x SScrnunft um bon Â'rcbit gcbrad)t. (vi, 231 .i

* @ê ilî oon gropcr SCiditigfcit, \\ô:} \x\>ix bic iDû^rc SScbcutung bcr Sbcntitat gcbbrig ju oorf anbigcn, rcoju bann oov allcn S^ingcn gcbort, 'iiCi^ bicfclbc nidit bloë aie abftvaîtc Sbcntitàt, b. ^. nid)t aie Sbcntitat mit 2Cuéfd)lic(3ung bcè Untci-i'djicbcê aufgcfaÇt luirb» Sicè ijî bcr ^untt moburd) fid) aUc fdjlcc^tc ^^ilofopl)ic uon bcm untcrfdjcibct, waè allcin bcn Sîamcn bcr ^l)ilo[opl)ic ucrbicnt, ivi. 231.)

« la même chose .. , On ne voit pas que ce principe, « qu'on appelle aussi le principe du troisième exce du i^principium exclusi tertii), est le principe de c< la raison déterminée *, qui, voulant échapper à « la contradiction, y tombe au même instant. On « nous dit : A doit être + A ou — A, pas de milieu. « Mais en parlant ainsi, ce milieu' est déjà posé, « puisqu'on a commencé par dire A, lequel n'est « ni plus A ni moins A, et est en même temps et « plus A et moins A.""«

Essayons de nous rendre compte de cette attaque au principe d'identité, et au principe de contradiction. Plus A et moins A signifient l'affirmation et la négation directement contraires ; comme, par exemple : « Je mourrai demain, ou je ne mourrai

' Hegel appelle raison déterminée celle qui n'affirme pas l'identité

des contraires, et qui dès lors détermine quelque chose comme étant ou comme n'étant pas.

- 25cv ©a^ bcê @cgcnfa|c6.... trie or aud) auëgcbrùcft luovbcn ift : ,,9Son jtt)ei cntgogengcfc^tcn ^rabifatcn fommt bom ©twaê nur baë Sine §(t, ,,unb oê gicbtfcin Srittcê..." ®cr ®a^ bcê auêgcfd^toJTcncn Srittm (*) ifi bcr ®a^ bcô bcftimmton fficvftanbcê, bcv bon SBibcrfpruc^ Don ftd) ^\i'C)<x\', ton iciU, unb inbcm ci- '^\i^ tt)ut, bcnfctbcn bcgc^t. A foU cnùucbcr + A obcr — Afojnj bamit ijl f(f)on baê Srittc, baê A auêctcfpi-ocf)cn, rcclc^cê wcbfr + nod^ — ijl, unb baë cbcn fo wof)t aud) aie ■\- A unb crié — A gcfcèt ijï. (VI, 239.) V "^

(') Priiicipium exclusi lerlii.

pas demain. » La Logique ordinaire dit que ces deux propositions contradictoires s'excluent ; que si l'une est vraie, l'autre est fausse ; pas de milieu. Le sophiste, pour échapper à cette évidence, tromjje l'œil par une apparence d'algèbre. Il dit que l'affirmation cestplus\J, que la négation c'est moins A^ et qu'entre l'une et l'autre il y a lui milieu qui n'est ni l'un ni l'autre, ou qui est l'un et l'autre, comme on voudra, et qui est A. L'auteur ne dit pas que quand, en algèbre, on pose A, cela veut dire nécessairement , inévitablement et toujours plus A, ce qui anéantit sa fraude. Mais sortons de l'algèbre où Hegel n'entend rien. Le principe de contradiction , en Logique , signifie que , étant donné un attribut A, })ar exemple, l'attribut bon, on ne peut dire d'iui même sujet que l'une de ces deux choses : Il est bon, ou : // n'est pas bon; il faut, ou l'affirmer ou le nier, pas de milieu. Hegel soutient qu'il y a toujours, entre le oui qX. le jion, un milieu et une conciliation possible qui affirme et qui nie à la fois l'un et l'autre. Or, essayez de former avec l'attribut bon, ces trois propositions dont la Logique nie la troisième. Voici la j)remière : Dieu est bon. Voici la seconde : Dien n'est pas bon. Comment formerez-vous la troisième , en n'y mettant ni plus A ni moins A, mais A tout pur, sans

PRINCIPE D'IDEMITE. 149

oui ni non? Essayez : formez une proposition dont le sujet soit Dieu, l'attribut hou, mais sans oui ni non. Évidemment vous ne pouvez parler.

Mais essayez cependant de parier et dites : Dieu bon. La Logique alors vous répond, comme l'algèbre : Quand on dit Dieu bon, cela veut dire Dieu est bon. Quand rien n'est explicite, c'est l'affirmation qui est nécessairement sous - entendue , comme quand vous posez A en algèbre, c'est poser phis A. Il est donc absolument impossible de former une troisième proposition entre les deux , qui les concilie. Il n'y a que deux propositions possibles, dont l'une est vraie, l'autre fausse, voilà tout. Il est absolument vrai que Dieu est bon. Il est absolument faux que Dieu ne soit pas bon . Il est absolument vrai qu'il n'y a pas de milieu entre ces deux propositions. Il est absolument vrai qu'un triangle a trois côtés ; absolument faux qu'il n'ait pas trois cotés; et absolument vrai qu'il n'y a pas de milieu .entre l'une et l'autre assertion. C'est le principe de contradiction , ou principiiun exchisi tertii, lequel régit inévitablement et toute parole et toute pensée.

Comment donc llésrel se tire-t-il de là? Il vons l'a déjà dit, mais vous ne l'avez pas compris. Il s'en tire par un principe que, le premier, il a in-

trodiiit dans la science, et qui transforme la Logique , le principe du troisième survenant , y;n>?C7- VUIT71 tertil inteivenientis .

On ne peut se défendre ici d'une réminiscence des Lettres Provinciales. Qu'on se rappelle Tétonnement du provincial , lorsque le casuiste lui nomme le Moliatra . — Le 3Iohatra , mon père ! . . . — Je vois bien . dit le casuiste, que vous ne savez ce que c'est'. Les deux interlocuteurs viennent de convenir que, dans un cas donné , prendre l'argent serait un vol. — Donc on commet un vol si on prend l'argent, dit le provincial. — Pas précisément, reprend le casuiste. — Mais comlnent? — Par ce principe qui ne vous était pas connu : le Mohatra !

Or, le Mohatra est ici le principe du tioisièrne survenant, par lequel il existe un milieu entre voler et ne pas voler, tout en prenant l'argent.

Avouons donc que nous ne savons pas non plus ce que c'est que le principe du troisième siuvenant. Il faut nous en instruire. On nous l'a pourtant déjà dit. Le troisième survenant, c'est A qui survient entre plus A et moins A^ c'est-à-dire , entre oui ç\ non. Nous avons déjà vu, il est vrai, qu'il

• Lettre MU, t. i, p. I.59.

est impossibie de former une proposition sans oui ni non , ou que , si l'on essaie d'omettre l'un et l'autre, c'est toujours oui que l'on sous-en tend, et que chacun entend à l'instant même.

Comment Hegel fera-t-il donc la troisième proposition survenant poiu' concilier les deux contradictoires, par exemple entre Dieu est bon, et Dieu n est pas bon? Le voici : il nous a dit que A n'est ni plus A ni moins A, mais il a ajouté aussitôt, ce que l'on n'a pas aperçu, peut-être, que A , par cela même, était en même temps et plus A et moins A. Donc, rien de plus facile que de formuler la troisième proposition survenante, et la voici : Dieu est et n'est pas bon.

Tel est le Mohatra logique de Hegel. Mais le sophiste ne voit pas que la troisième proposition n'est pas une proposition, mais deux propositions que, pour abréger, on prononce de suite sans répéter le sujet. Ce sont les deux propositions contradictoires, entre lesquelles rien du tout n'est intervenu. Et, en effet. Tune demeure absolument vraie, l'autre absolument fausse, comme par le passé ; de même que quand on dit : Un triangle a et n'a pas trois cotés.

Hegel soutiendrait-il qu on peut dire : Tel homme est bon et n'est p;ts bon^ Il suffirait alors de remar-

qiier que deux propositions contraires, quand il ne s'agit plus de Dieu ni de géométrie, c'est-à-dire de la vérité même, mais d'un être contingent, d'un être complexe, d'un homme, par exemple, peuvent s'énoncer sous différents rapports , mais non pas en même temps, sous le même rapport : l'une est vraie sur un point, l'autre sur un autre point. Cet homme est bon jusqu'à tel point, non au delà : où est ici la contradiction ? Son cœur est bon et sa tête ne l'est pas : ce sont deux sujets différents, cœur et tête. Donc ce n'est pas du même sujet qu'on affirme deux attributs contraires. Le principe de contradiction demeure donc vrai sans aucune exception. A lie peut pas, eu uiéme temps, être et ue pas être A, connue Hegel le formule lui-même (Ml le niant.

Selon lui , les contradictoires sont identiques absolument, et la même chose peut s'affirmer et se nier en même temps, dans le même sens et sous le même rapport. Il loue Platon de l'avoir entendu ainsi.

a Platon exprime que ï autre., le négatif, le non « identique, est en même temps l'identique, et cela « sous \\\\ seul et même rapport. Ce ne sont j)as « seulement des faces différentes du même ob-

PRINCIPE D'IDKNTITE. 153

« jet, qui demeurent en contradiction avec elles- « mêmes. » (Hist, philos., p. 21 3.)

Mais veut-on savoir comment Hegel, après avoir renversé , comme il s'en flatte , le principe de l'ancienne logique, établit son propre principe et le démontre directement ?

On ne le peut pas ci'oire sans les textes; on ne le croit plus quand on n'a plus les textes sous les yeux.

Voici donc cette démonstration.

Soit un objet quelconque : je dis que cet objet est identique à tout autre. En effet, soit un second objet différent du premier. Ce second objet est Vautre, à l'égard du premier; mais le premier est t autre, à regard du second. Donc ils sont /'«w/^/e tous les deux.

Donc ils sont identicjues : par ce principe de l'ancienne Logique , que deux choses identiques à une troisième sont identiques entre elles.

Telle est cette risible démonstration.

Vous voyez ici le rôle du troisième siuvenant (piincipiuTJi tertii inten>enientis), dans la dialectique de Hegel. Vautre est ici le moyen terme qui unit .les deux objets différents, et en démontre l'identité. C'est ainsi que toujours l'identique et le non identique sont identiques.

Dira-t-on que nous ne citons ])as exactement? Mais c'est WilIm,son impartial et patient historien, qui comprend ainsi l'argument.

« Telle est, dit-il ' , la subtile déduction du prin- « cipe fondamental de llégel. Elle repose princi- « paiement sur cette assertion sophistique , que « quelque chose de déterminé , en devenant un « autre, ne fait que revenir à soi, parce quilest « lui-même un autre quant à l'autre, et par con- « sèquent identique avec lui. »

Veut-on le texte même?

Pour l'intelligence de ce texte, il faut prendre le mot quelque chose, comme si c'était un nom propre.

« Dans son rapport à un autre, quelque chose est « déjà lui-même un autre quant à celui-ci; de « telle sorte que, si quelque chose passe à un autre « état , étant déjà identique à ce qu'il devient (les (f deux n'étant pas jusqu'ici autrement déterminés), « quelque chose, en devenant ini autre, ne fait que « revenir à lui-même. Ce rapport à soi, qui subsiste « dans le passage et dans le changement, constitue « véritablement l'infini , ou plutôt l'infinité. En « d'autres termes , du point de vue négatif, ce qui

* Willm, tome iv. \\. Idd.

« est changé est Vautm, il devient Vautre de tau- (c tre. Ainsi l'être se trouve rétabli , mais comme « négation de la négation : il est alors être pour « soi ' . »

Ceci parait-il trop obsciu' ; voici un autre texte. Prenez toujours quelque chose pour un nom propre.

« Quelque chose est en soi ï autre de soi-même, « et quelque chose a cet autiv pour limite objec- « tive. Nous demande-t-on quelle différence il y a « entre quelque chose et autre chose, il est visible « qu'ils sont tous les deux la même chose (Da^ beibe « baffelbe ftub) ; identité que la hmgue latine rend « fort bien par l'expression aliucl aliucl. Autre (( chose, en face de quelque chose, est lui-même « quelque chose ; et c'est poiu^quoi l'on dit quelif que chose cV autre ; de son côté, le premier quel-

' etwaê ift im 9Scrt)altnig j!,u cincm 2fnbcrcn, fclbffc fdEjon cin ÎCnbcvcê gcgcn fcafydbc 5 fonft ba baê, in ir»cld}cê ce ûbci-gct)t, ganj baffclbc ijî, iraê baê, ircld)cê ûbcrgct)t — bcibc t)abcn !cine ircitcrc , aie cinc unb bicfdbc aScflimmung, cin 2tnbcrcê ju fci)n — fo 9ct)t {)icrmit ctwaê in fcincm Ubcrgcbcn in îCnbcrcê nur mit \i^ fclbjl jufammcn, unb bicfc SBcjic()ung im Ubcrgct)cn unb im 2(nbcrn auf \i^ fclbfî ijl bic tt)at)ri)aftc Uncnblid}fcit. Dbcr ncgatiD bctvad)tct, traê ocvanbcvt >rirb, ift baê 2Cnbcrc , ce irirb tia.è 2Cnbcrc bcêîCnbcrcn. ©0 ift baêSci^n, abcr aie 9îcgation bcv Slcgation Vûk-bcr t)ci-gcftcUt unb ift baé gurfid)fci)n. (vi, 186.^

« que chose, étant déterminé , est lui-même autre a (liosc en fil ce de T autre chose \ »

C'est ainsi que quelque chose et autre chose sont identiques, puisque cjuelque chose est autre chose, et (\\\ autre chose est quelque chose.

On ne saurait trop multiplier les citations sur ce point : c'est là le principe fondamental de llégel, principe c[u'il prétend avoir démontré sans réplique. Voici donc encore cette démonstration tirée de sa grande Log[ique (2'' édit., 1. 1, p. 1 16). Les mots soulignés dans notre traduction sont soulignés flans le texte. Ici la démonstration est triomphante, el tout à fait claire.

' Stwaê ijî an ftdj baê îfnbcrc fcincr fctbjl unb bcm (^tœa% wirb im ■JCnbcrn fcinc (^rnuc cbiiftio. graç^cn irir nunmcbr nacï} bom Untcrfd}icb jtt?ifd)cn bcm (Strcaê unb bcm ÎCnbcrn, fo jcigt ce fid), bajj bcibo bajydbo finb, ttjcldjc 3bcntitat bann audj im ?atcmifd)cnburc^ btc aScjcidjnung bci; bcr aie aliud-aliud auêgcbrûdt ift. 25aê2Cnbcrc, bcm ®tn?aê gcgcnûbcr, ijî fclbft fin ©tiraê , unb w'vc fagcn bcmgcma^ : (Stiraë 5fnbcrcê ^ cbcnfo i[t anbcrcvfcitê fcaê cvjîc Stwaê bcm gtcidifallê aie ©tiraê bcfîimmtcn 3(nbcrcn gcgcnûbcr fclbft cin ÎCnbcrcê. SBcnn wir fagcn : ©twaë ÎCnbcrcë — fo ftcl= Icn mil- une junad}fl oor, (§,tvoaè, fur fid) gcnommcn, fci) nur (Stmaê, unb bic SScpimmung, cin 3(nbcrcê ju fcnn , fommc bcmfclbcn nur burd) cinc bloÇ auÇcrlid]c a5ctrad)tung ju. SBir mcincn fo, j. SS. bcr SJîonb, mctd)cr ctoaô 3Cnbcrcê ift aie bic ©onnc , îonntc tt)ot)l audj fcçn, tt?cnn bic ©onnc nid}t rearc. 5n bcr Z\)a.t abcr t)at bcr 53lonb (aie (gtwaè) fcin îCnbcrcê an it)m fclbjî, unb bicê mad)t fcinc ©nbtid)fcit aué. (vi, \^l

« En premier lieu , quelque chose et autre cliose « existent riiii et l'autre; donc ils sont tous les « deux quelque cliose. »

« E/i second lieu , chacun des deux est en même « temps autre chose , peu importe celui des deux « qu'on appellera d'abord quelque cliose. En latin, « quand ils se présentent l'un et l'autre dans une « proposition , tous les deux s'appellent aliucl. On « dit alius aliiiin; on dit alter alteruin. Si nous ap- « pelons A un certain être, et B un autre être, B d'a- » bord est par là déterminé comme autre. Mais A « est en même temps tout aussi bien Vautre de B. « Tous les deux sont, au même titre, autre chose.

« Donc tous les deux, soit en tant que quelque « cliose, soit en tant qii autre chose, sont bien tou- (( jours 7neme chose. »

Le texte allemand de cette démonstration fondamentale du système de Hegel est à la fois trop clair et trop précieux pour ne pas trouver place en entier dans notre propre texte. Il faudrait le savoir par cœur ; c'est la meilleure de toutes les réfutations de Ilégel.

fâtwaô uub 3(nt>ercy ftnî) bcitc erftcity Xafan-iiK' ofei- (Stiuaê.

3weiteuô i[t ebcu [o icî»c cin 3(uîiereô. (Sô ift 9teic()gû(' tic}, ivelcf}ev juerft mit) bloê îiarum (Stanic> cjcuanut UMvf;

Cim Sateinifc^cn , weuu fie in cinem 8a^e vorfommeu, î)eifen beibe aUud, ober (Sinerben3tubereu, alius aliiun; bei ciuev ©cgenfcitigfeit ift ber Sluêbrud : aller alterum aualog. ) SiBenn tvir ein 5)a[emi A uennen , baè aubère aber B , fo ift junad)ft B a(ê ba3 3(nbere bcftimmt. 3(ber A ift eben fo fe()r baê 3(ubere beâ B. ^Beicc fiub auf 9leicl}e 9ï5cife aud) 5( libère. 33eibe fuib fou>of}( a(ô C^twas? a(é aud) aU^ §iubereô bcftimmt, t)iermit baffe Ibe.

Or, ce qui est vraiment incroyable, c'est que la démonstration burlesque qui vient d'être exposée, et sur laquelle repose tout le système, est appelée par Hegel et ses disciples « une démonstration « bien simjîle, mais irréfutable ' . jj

Nous ne la réf uteions donc pas. Mais nous allons voir ce que pense Aristote sur ce sujet.

Ici se préseutenl trois curiosités à la lois. La preiTfiière, c'est qu' Aristote a connu et décrit le système de Hegel. La seconde, c'est qu il l'a parfaitement jugé. La troisième, c'est que TIégel, qui le sait bien,

* 2)ii' ganj oinfad}on, bavum oioUoic^t unfc^cinbaivn, cAax iinivibcr Ugtic^en Sieflorionen, bio im ^ 9.'j cnttiûltcn (inb. (vi, 189.)

admire passionnément Aristote, et que les hégéliens se disent fils d'Aristote, aussi bien qu'ils se reconnaissent petits-fils des sophistes.

Le dernier fait ne peut plus nous surprendre ; car si Aristote contredit directement Hegel sur tous les points, il s'ensuit qu'il dit la nlème chose, par cela même que les contradictoires sont identiques. Mais alors pourquoi Hegel ne peut-il supporter Cicéron, qui le réfute d'avance siu^ plus d'un point? Pourquoi lui reproche-t-il son ineptie, sa fadeur et sa platitude, pendant qu'il prodigue la flatterie à Aristote, par lequel il est accablé sur tous les points? C'est qu'il a eu peur d'Aristote, et qu'il n'a pas osé mettre ce nom-là contre lui. On n'en voit pas d'autre raison.

Cicéron , et c'est ce que Hegel doit trouver fort mauvais, réfute dans Épicure le principe du troisième sui'venant, que ce dernier n'a pas su foruui- 1er, mais dont il a senti le besoin, comme tout sophiste : « L'épicurien, dit Cicéron, résiste impu- « demment à l'évidence ; c'est ce que fait Epicure « au sujet du oui et du no/i;, dont on affirme, quand a on pose la disjonction, que l'un des deux est « vrai, Epicure a craint qu'en accordant une pro- « position comme celle-ci : ou Epicure vivra dejnairij « ou il ue vivra pas , l'un des deux ne fût nécessaire ;

« et il s'est résolu à nier la nécessité du dilemme. « Y a-t-il une stupidité comparable à celle-là ' ? »

Mais c'est d'Aristote qu'il s'agit.

Hegel, disons-nous, pour fonder le panthéisme, détruit toutes les lois de la raison et ses deux procédés. Or, en tant que détruisant le syllogisme, il est clair qu'il doit avoir affiiire à Aristote, en tant que détruisant la dialectique, c'est Platon qu'il rencontrera.

Voyons si Aristote a prévu Hegel, et comment il le juge. Mais d'abord, voici l'opinion de Hegel sur Aristote.

Hegel nomme Aristote « lui des plus riches , des i' plus profonds génies qui aient paru dans le « monde : lui homme auquel nul autre, dans au- « cun temps, ne saurait être comparé ' de tous

' Tarn impudenler resistere .... Ibid. Idem facit contra dialecticos : a quibus cum tradituni sit in omnibus disjundionibus, in quibus aut etiam, aul non poneretur, allenitrum verum esse ; perliniuil ne si concessum esset hujusmodi ali(iiiid : aut vivet cras, aut non vivet Epicurus , altenitrum fieret necessarium ; totum hoc, aut etiam, aut non, negavit esse necessarium. Quo quid dici polestobtusius? (De Xat. Deor., I, xxv.)

* ©in SSiaxm, bcm fcinc 3at cin ©tcidjcê aw bic ©cite ju flcUcn t)ût.... fcincm ^lii(ofopt)cn fo x>\d Unrcd)t gct^an worbcn (ijî) buvd) ganj gcban; îonlofo Srabitioiun.... bcnu man fdjvcibt \\m yn[td)ton ju, bic gcrabc bac

PRLNCIFE D'IDENTITE. 161

« les philosophes cchii envers lequel on a été le « plus injuste, et auquel la stupide tradition attri- (c bue des doctrines qui sont précisément le con-

« traire des siennes Du reste , il est à peu près

« inconnu. »

Cela posé, nous disons , — et nous pesons bien nos paroles, — qu'il n'y a pas un seul point essentiel du système de Hegel qu'Aristote n'ait connu, n'ait décrit, n'ait dévoilé, n'ait contredit absolument, n'ait qualifié d'absurde, et n'ait traité avec le plus profond mépris.

On comprend la possibilité de cette réfutation , écrite vingt-trois siècles d'avance.

Aristote avait sous les yeux les sophistes , pères de Hegel , que Hegel reconnaît comme tels. Il avait sous les yeux Heraclite, dont Hegel dit : « Il n'y a « pas une seule proposition d'Heraclite que je n'a- « dopte dans ma Logique. » Enfin le profond génie d'Aristote avait en face de lui la réalité de l'esprit humain et la possibilité psychologique de la double tendance de l'esprit vers la lumière de l'être ou les ténèbres du néant. Il a compris', décrit et absolument condamné les tendances ténébreuses des

(gntgcgcngcfc^tc fcinci- ^t)ilofcpt)ic ftnb.... j'o gut aléunbcïannt. (xiv, 264.)

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