‹ Logique (volume 2)Chapitre 33 sur 46 · U)0 REGLES DV SV1>L0GIS>IE · texte numérisé non relu

U)0 REGLES DV SV1>L0GIS>IE

misses étant vraies; ainsi dans cet argument : Onelque homme est saint; quelque homme est voleur : donc quelque voleur est saint, le mot d'homme étant pris pour diverses parties des hommes, ne peut uni)" voleur avec saint, j)arce ([ue n'est pas le même honnne qui est saint et qui est voleur.

II. Les termes de la conclusion ne peuvent point être pris plus universellement dans la conclusion que dans les prémisses.

4 C'est pourquoi, lorsque 1 un ou 1 autre est pris universellement dans la coriclusion , le raisonnement.sera faux s'il est pris particulièrement dans les deux premières propositions.

« I^a raison est cju'on ne peut rien conclure du particulier au général (selon le premier axiome); car (le ce quelque homme est noir, on ne peut pas conclure que tout homme est noir.

III. On ne peut rien conclure de deux propositions né;zalives.

« Car deux propositions négatives séparent le

sujet du moyen et l'attribut du même moyen. Or,

de ce que deux choses sont séparées de la même

chose, il ne s'ensuit ni c[u'elles soient, ni qu'elles ne

soient pas la même chose. De ce que les Espagnols

ne sont pas Turcs, et de ce que les Turcs ne sont

pas chrétiens, il ne s ensuit pas que les Espagnols

RKGLKS Dl SYLLOGISME. 301

ne soient pas chrétiens; et il ne s'ensuit jkis aussi que les Cliinois le soient , quoiqu'ils ne soient pas plus Turcs que les Espagnols.

IV. On ne peut j^rouver une conclusion néi^alive piir (leu\ propositions alîirniatives.

« Car (le ce que les deux termes de la conclusion sont unis avec un troisième, on ne peut pas prouver qu'ils soient désunis entre eux.

V. La conclusion suit toujours la plus faible partie, c'est-àdire que s'il y a une des deux propositions qui soit négati\e. elle doit être négative ; et s'il y en a une particulière, elle doit être particulière.

« La preuve en est que , s'il y a une proposition négative, le moyen est désuni de l'une des parties de la conclusion ; et partant il est incapable de les unir, ce qui est nécessaire pour conclure affirmativement.

« Et s'il y a une proposition particulière , la conclusion n'en peut être générale, car si la conclusion est générale affirmative, le sujet étant universel, il doit aussi être universel dans la mineure , et par conséquent il en doit être le sujet, l'attribut n'étant jamais pris généralement dans les propositions affirmatives. Donc le moyen joint à ce sujet sera particulier dans la mineure; donc il sera général dans la majeure, parce qu'autrement il serait deux

fois particulier; donc il en sera le sujet, et par conséquent cette majeure sera aussi universelle. Et ainsi il ne peut y avoir de proposition particulière dans un argument affirmatif dont la conclusion est générale.

« C'-ela est encore plus clair dans les conclusions universelles négatives ; car delà il s'ensuit qu'il doit y avoir trois termes imiversels dans les deux prémisses , suivant le premier corollaire. Or, comme il doit y avoir luie proposition affirmative par la troisième règle, dont l'attribut est pris particulièrement, il s'ensuit que tous les autres trois termes sont pris universellement, et par conséquent les deux sujets des deux propositions, ce qui les rend universelles. Ce qu'il fallait démontrer.

VI. De doii\ propositions particulières, il ne s'ensuit lieii

« Car si elles sont toutes deux affii'matives , le moyen y sera pris deux fois particulièrement, soit qu'il soit sujet (par le deuxième axiotne), soit qu'il soit attribut (pâi' le troisième axioiriè). Or, parla première règle , on ne conclut rien par un syllogisme dont le moyen est pris deux fois particidièreinent.

M Et s'il y en avait une négative, la conclusion l'étant aussi (par la règle précédente), il doit y avoir au nloins deux termes universels dans les pré-

misses. Donc il doit y avoir une proposition universelle dans ces deux prémisses, étant impossible de disposer en sorte trois termes en deux propositions où il doit y avoir deux termes pris universellement, que l'on ne fasse ou deux attributs négatifs, ce qui serait contre la troisième règle, ou quelqu'un des sujets universels , ce qui fait la proposition universelle. »

Bossuet s'écarte peu du point de vue de Port- Royal. Néanmoins sa manière de présenter les choses est toujours digne d'attention.

Voici , d'après Bossuet , les six règles du syllogisme.

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