‹ Logique (volume 2)Chapitre 42 sur 46 · IDEE 1)1 S^LL0G1S>1E · texte numérisé non relu

IDEE 1)1 S^LL0G1S>1E

« Non j(un vivo c£j;o, vivit veto in me (liris(fis ? » .le puis ici ni'appiiycr encore sur un plus fort que Bossuet même et que Féiielou réunis : nous îivons les paroles du Christ. Nous comprenons, par tout l'Kvangile, que ce mouvement de la raison qui cluM'clie l'infini, est semblable à celui f[ui, sous la lumière surnaturelle, mené à la toi, à la vue de Dieu même, vu en lui-même, non j)lus vw nous, en son image ou son énigme. La dernière démaiclie de la raison , dernière démarche que saint Augustin nonnue « la raison ])arvenant à sa fin, » c'est-àdire à sa fin dernière, cette démarche suprême est celle (pii conduit à la foi, à la foi, cet essai de vision, dit Bossuet, cette vision commencée, dit saint Thomas d'Aquin. C'est là bauvre divine elle-même, dit Jésus-Christ : « li'œuvre de Dieu, c'est de croire « à celui qu'il envoie. » [Hoc est oj)iis Dei, ut cre- (latis in eiuii qiieni niisitillc. Jean, ai, 29.)

Je ne puis pas ne pas nommer ici la foi, la grâce, tous les fruits de l'incarnation, toutes les formes, tous les degrés d'union, de communication du fini et de l'infini ; et je ne puis pas ne pas voir, dans celui des deux procédés de la raison qui l'enrichit et qui l'élève, un mouvement qui cherche à imiter, à figurer et à représenter, dans la sphère rationnelle, tous ces mystères; à pousser la pensée dans

COMPARÉ A LA DIALECTIQUE. Zil3

leur sens, en attendant que l'âme entière, prévenue et aidée de Dieu, parvienne, par des mouvements analogues de toutes ses forces rassemblées, prière, intelligence, amour, à vivre de leur substance.

Pnisse-t-il nous être un jour doiuié d'arriver aux dernières précisions tliéologicpies et scientifiques de ces rapports, rapports de l'univei-selle religion à la philosophie universelle ; rapports de la foi que Dieu donne à la raison qu'il a déjà donnée; rapports dont la vue sera, sur ce point principal, cette science comparée qu'on a nommée la vraie science des chrétiens, à la fois divine et humaine! Puissent les penseurs chrétiens, les adorateurs en esprit et en vérité, fonder enfin leur science sur la counaissance détaillée de ces sublimes rapports, et, par là, réveiller du même coup, en Europe, la foi et la raison publiques, la vie et l'espérance, et l'ardeur dévouée d'un travail convaincu, d'une marche droite vers de plus saintes et de plus sereines destinées !

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