PRELIMINAIRES
n'être en rapport avec ces déterminations que comme avec un monde extérieur (1). Lorsqu'on prend celui-ci de cette façon, c'est-à-dire comme séparé de l'essence, il constitue X inessentiel (2). Mais l'essence est i'être-en-soi (3), et elle n'est l'essence qu'autant qu'elle se nie elle-même au dedans d'elle-même, et qu'elle renferme en elle-même le rapport, la médiation. Par conséquent, elle contient l'inessentiel comme sa propre apparence. Mais comme la différen-
(1) Als auf ein Aeusserliches. Ici dans le moment immédiat de l'essence, où l'essence ne s'est pas encore médiatisée, développée, et, en se développant, appropriée, l'être et ses déterminations, ces derniers apparaissent comme extérieurs à l'essence.
(2) Dus Umvesentlichc. — On a, d'un côté, Vêtre, et, de l'autre, Yessence. Si l'on considère l'être comme séparé de l'essence, l'être sera ce qui n'est pas essentiel. Lorsque nous considérons dans les choses V essentiel et l'tnessentiel, et que nous les partageons, pour ainsi dire, en deux, en mettant d'un côté ce que nous considérons comme essentiel, et, de l'autre, ce que nous considérons comme inessentiel à la chose, il n'y a là qu'un fait, qu'une opération subjective qui n'affecte point la chose elle-même. La vraie différence de l'essentiel et de l'inessentiel est la différence de l'être et de l'essence. — Une chose qui n'aurait que l'être sans l'essence serait une chose inesseutielle. Ainsi si Dieu ne possédait que l'être, il ne posséderait pas d'essence, et l'on ne pourrait dire de lui qu'il est l'essence, des choses. Or c'est parce que l'être est l'inessentiel qu'il apparaît. Mais en même temps il n'apparaît, et n'est l'inessentiel que parce qu'il y a une essence, et qu'autant qu'il est dans l'essence. (Voy. § cxti.) L'identité est une détermination, et la première détermination de l'essence. Mais, par la même qu'elle est la première détermination de l'essence elle paraît appartenir à une catégorie autre que l'essence, c'est-à-dire à l'être. Ainsi dans la proposition : Vêtre est identique, l'identité paraît être un», détermination de l'être. Mais en réalité elle est une détermination de l'essence, et que l'être reçoit de l'essence et dans l'essence.
(3) Le texte a : ist ln-sich-seyn : est être-en-soi ; ce qui est plus exact, car Hégcl ne veut pas par là indiquer un moment de l'être qui se reproduirait dans l'essence, mais ce caractère propre de l'essence qui consiste à être au dedans de soi, si l'on peut ainsi s'exprimer, qui implique, en d'autres termes, cette médiation par laquelle de la sphère immédiate de l'être l'idét fait un premier retour sur elle-même, et descend ainsi au dedans d'ellemême.
dation réside (\) dans l'apparence, ou, si l'on veut, dans la médiation, et que le terme différencié en se différenciant de celte identité d'où il vient, et où il n'est pas, ou où il est comme apparence, prend lui-même la forme de l'identité, il suit que la différenciation a lieu ici sous la forme d'un moment immédiat ou de l'être (*2). Par conséquent, la sphère de l'essence n'accomplit encore que d'une façon incomplète la connexion del'immédiatité et de la médiation. Tout est. posé en elle de telle iiiçon que tout y est en rapport avec lui-même, et qu'en même temps tout y va au delà de luimême ; en d'autres termes, tout y est posé sous forme d'être réfléchi (3), de l'être où apparaît un autre que soi-même, et qui apparaît dans un autre que soi-même. — Par conséquent encore, la contradiction qui n'était qu'en soi dans la sphère de l'être se trouve posée dans celle de l'essence (4).
(1) Enthallen ist : est contenue; c'est-à-dire que V 'apparence (le Schein), ou, ce qui revient ici au même, la médiation (puisque dans l'essence les termes se médiatisent en apparaissant les uns dans les autres) constitue le trait caractéristique de la différenciation, telle qu'elle a lieu dans l'essence.
(2) In der Weise der sich auf sich beziehenden Unmitielbarkeit, oder des Seyns : à la façon de Vimmédiatilé qui est en rapport avec elle-même, ou de Vêlre. L'être est, en effet, l'immédiatité qui est en rapport avec elle-même, c'est-à-dire, où il n'y a pas encore de médiation.
(3) Sous la forme, non de l'être, mais de l'être réfléchi, ou, comme a la texte, de Vêlre de la réflexion, c'est-à-dire de l'être tel qu'il estdans la sphère de la réflexion.
(4) La différenciation, c'est-à-dire la détermination, le développement de l'essence, est une différenciation plus profonde que celle de l'être, par là même que les déterminations de l'essence ne sont pas des déterminations immédiates, mais médiates, qu'elles sont des médiations, et des médiations où les contraires apparaissent, et apparaissent l'un dans l'autre, et apparaissent l'un dans l'autre au dedans d'eux-mêmes, ce qui fait qu'ils se posent et se nient au dedans d'eux mômes, et que par suite celle négaiion, ou cet apparaître, ou celte médiation (termes ici équivalents) constitue une unité plus intime et plus concrète des contraires. C'est en ce sens que la cou-
\k DEUXIÈME PARTIE. PRÉLIMINAIRES.
REMARQUE
Comme c'est une seule et même notion qui fait le principe substantiel des choses, on voit se produire dans le développement de l'essence les mêmes déterminations que dans le développement de l'être, avec cette différence que dans l'essence ces déterminations se produisent sous forme réfléchie. Ainsi, à la place de Vêtre et du non-être on a ici le positif 'et le négatif, dont le premier en tant qu'identité correspond d'abord à l'être sans opposition, et le second développé (apparaissant en lui-même) comme différence correspond au non-être. De même le devenir se produit ici comme raison d'être de l existence, qui se réfléchissant sur la raison d'être q?X ï existence réfléchie, etc. (1). — Celte
tradiction est posée, est en acte dans l'essence, tandis qu'elle n'est qu'en soi, qu'à l'état virtuel dans l'être, l.a contradiction est posée dans l'essence par là même que chaque contraire se contredit lui-même en lui-même, taudis qu'elle n'est qu'en soi dans l'être parce que les contraires n'y sont pas encore l'un dans l'autre, qu'ils sont extérieurs l'un à l'autre. Cependant cette différenciation est une différenciation encore imparfaite, et cette imperfection vient de ce que l'essence ne peut s'affranchir de l'immédiatité, de l'être, et cela, comme il est dit dans le texte, pane que l'essence est apparition, ou médiation, ce qui fait que les termes en se médiatisant n'atteignent pas à leur unité absolue, ou, comme a aussi le texte, parce que le terme différencié [dus Unterschiedene) en se différenciant de cette identité (abstraite) d'où il vient, et où il n'est pas (il n'y est pas puisqu'il se différencie d'elle), ou où il est comme Schein (c'est-à-dire que, s'il y est, il n'y est qu'imparfaitement comme un terme qui apparaît, et qui se médiatise en elle} prend lui-même la forme de l'identité (de l'identité immédiate et abstraite).
(1) AlsGrund sogleich selhst des Daseyns, dasals aufden Grund reflektirt, Exislenz tsu VExistcnz se distingue du Daseyn en ce que le Daseyn exprime l'existence immédiate, l'existence dans la sphère de l'être, tandis qui Y Exislenz exprime l'existence médiate ou réfléchie, l'existence dans la sphère de l'essence. Je traduirai Exhlenz par existence réfléchie toutes les fois que le sens l'exigera, ou bien j'indiquerai par une note qu'il s'agit de YExistenz. Pour la signification précise de Grund et Exislenz. Voy. § 121 et suiv.
partie (la partie la plus difficile) de la logique contient principalement les catégories de la métaphysique et des sciences en général, en tant qu'elles sont le produit de l'entendement réfléchissant, de l'entendement qui, pendant qu'il considère les différences comme indépendantes l'une de l'autre, pose aussi leur relativité (1), mais qui en posant leur relativité au lieu de les unir dans l'unité de la notion, les un it par un simple aussi, en les plaçant l'une après l'autre, ou à côté de l'autre (2).
(1) Leur relativité réciproque.
(2) L'être constitue l'état immédiat, Vimmëdiaiité des choses, non en ce sens qu'il n'y a point de médiation dans la sphère de l'être, mais en ce sens que l'être constitue la première détermination des choses. Les choses sont d'abord, ou, pour parler avec plus de précision, il n'y a d'abord que l'être. L'essence nie l'être, et par là elle le médiatise. Vis-à-vis de l'essence l'être n'est pas, ou, pour mieux dire, il est simplement. Cependant l'essence n'est qu'un lien incomplet entre Vimmédiatité et la médiation, et elle n'atteint pas à l'unité de la notion. Ce qui distingue, à cet égard, l'essence de l'être, c'est que Vapparaitre de l'essence n'est pas un passage d'un terme à l'autre, un simple devenir, mais un apparaître qui se fait au dedans de l'essence elle-même, et où les déterminations de l'être lui-même se trouvent enveloppées, et enveloppées sous la forme qui est propre à l'essence, c'est-à-dire sous la forme réfléchie. En d'autres termes, l'essence ne se développe pas comme simple devenir, mais elle devient en réfléchissant ses termes. Dans la sphère de l'être, la qualité devient !a quantité, etc.-, mais la qualité ne passe dans la quantité qu'en franchissant la limite, tandis que dans l'essence les termes se réfléchissent les uns sur les autres, et chaque terme pose son contraire sans sortir de lui-même, et il ne «e pose lui-même qu'en posant son contraire. C'est là la réflexion ; car la réflexion c'est le retour d'un terme sur lui-même par l'intermédiaire d'un autre terme ; et un terme n'est réfléchi qu'autant qu'il se nie lui-même, — qu'il nie son état immédiat — et qu'il nie aussi son contraire pour revenir sur luimême, de sorte qu'il est en lui-même une négation de la négation. Par exemple, le positif est d'abord — état immédiat — mais il n'est le positif qu'autant qu'il est le positif du négatif, et dans et par le négatif, et le négatif, à son tour, est d'abord, mais il n'est le négatif qu'autant qu'il est le négatif du positif, et dans et par le positif. — Par conséquent, l'essence est, comme dit Ilégel {Grande logique) la nigaiivilé pure, la négativité qui n'est pas, mais qui s'annule immédiatement elle-même. Sou devenir n'est pas le passage
de l'être au non-être, mais du non-être au non-être, et de ce double non-être à l'unité ; entendant par là qu'un terme est si intimement lié à l'autre qu'il n'est pas sans l'autre, cl qu'il n'est qu'en étant dans l'autre. Ce mouvement réfléchi de l'essence constitue son apparaître, et cet apparaître est l'élément qui lui vient de l'être et qui lui reste de celui-ci ; car elle est, tout en niant l'être, et ses termes sont, c'est-à-dire ont un élément immédiat, tout eu se réfléchissant l'un sur l'autre. Par conséquent, l'essence n'est pas encore l'unité où les termes se fondent les uns dans les autres, ainsi que cela a lieu dans la sphère de la Notion. — Quant à la réflexion, elle parcourt trois degrés et se produit sous trois formes : elle est réflexion qui pose (setzende), elle est réflexion * extérieure {aussere), et enfin réflexion déterminante (bestimmende) . La réflexion qui pose est la réflexion immédiate. C'est la réflexion qui pose les termes qui doivent se réfléchir, mais qui ne sont pas encore réfléchis. Ici chaque terme est dans la réflexion en soi, suivant l'expression de Hegel, mais il n'est pas la réflexiou elle-même : chaque terme est lui-même, et n'est pas lui-même, mais il n'est pas encore son contraire. Il est en quelque sorte à l'état de tension, mais il ne s'est pas encore mêlé avec son contraire. Or, des termes ainsi constitués ne sont pas seulement des termes posés, mais des termes présupposés, en ce que l'un pose à l'avance l'autre, et en se posant à l'avance tous les deux ils amènent cet état où chacun paraît exister à l'état immédiat, et n'avoir qu'un rapport extérieur avec l'autre. C'est là le moment de la réflexion extérieure. La réflexion extérieure part d'uuc présupposition, c'est-à-dire d'un terme immédiat qu'elle trouve devant elle, et qu'elle nie en le rattachant à son principe essentiel, ou à l'essence. C'est la réflexion formelle où les termes, en se réfléchissaut l'un sur l'autre, se touchent sans se pénétrer,- c'est le moment de la réflexion finie, ou de V entendement qui place les termes l'un à côté de l'autre eu ne les liant que d'une façon accidentelle et extérieure. Cependant la réflexion extérieure amène ce résultat que le terme, ou l'être immédiat .d'uù elle part n'est que par son essence, ce qui amène cette autre conséquence immédiate, que c'est l'essence qui a posé ce terme immédiat, et que ce terme immédiat lui-même est un terme essentiel à l'essence. C'est là la réflexion déterminante, c'est-à-dire, la réflexion qui détermine la valeur et les rapports réels et absolus des termes réfléchis. Ainsi le premier moment de la réflexion pose les termes sans les présupposer; le second les présuppose sans les poser; et le troisième les pose et les présuppose à la fois, et constitue par là l'unité des deux premiers. Far exemple, la cause et l'effet sont d'abord posés avec leur forme réfléchie, mais immédiate. Mais comme ils sont posés tous les deux, on part de l'un ou de t'autre ; et l'on présuppose l'uu ou l'autre, c'est-à-dire, on les présuppose tous les deux. EnGn, par cela même qu'ils se présupposent tous les deux, ils se posent tous les deux, ce qui constitue le moment spéculatif et infini de la reflexion, ou la réflexion déterminante. Nous ajouterons que les termes posé et être posé (yesetzies et yesctzlscyn) appartiennent à proprement parler à la
L'ESSENCE EN TANT QUE RAISON DE L'EXISTENCE (1). ((. DÉTERMINATIONS PURES DE LA RÉFLEXION (2).
a) Identité.
§ CXY.
L'essence apparaît en elle-même, ou, si l'on veut, est pure réflexion. Elle ne constitue ainsi qu'un rapport avec elle-même, non en tant que rapport immédiat, mais en tant que rapport réfléchi : c'est Y identité en soi.
REMARQUE
L'identité formelle ou de l'entendement est précisément cette identité, lorsqu'on s'arrête à elle, et qu'on fait abstraction des différences. Ou, pour mieux dire, c'est l'abstraction qui pose cette identité formelle, et qui change un être concret en cette forme simple (3), soit qu'on élimine par le procédé
catégorie de l'essence. Dans la catégorie de l'être il n'y a pas de position. Les termes sont, mais ils ne sont pas posés. L'existence — le Daseyn — est, mais elle n'est pas posée comme le positif pose le négatif, et réciproquement, ou comme la cause pose Y effet, et réciproquement. Ainsi, de même qu'ici Y être est devenu Yessence, de même le Daseyn, l'être avec détermination, est devenu le Gesetzseyn, l'être avec détermination aussi, mais qui est posé par un autre terme sur lequel il se réfléchit, et qui se réfléchit sur lui. — Voy. Grande Logique, liv. II, Ire part., ch. I, p. 14-26. On y trouvera, p. 21, des considérations sur la critique du jugement de Kauî.
(l, Als Grund der Eaistenz. En tant que raison — raison d'être, fondement de Y existence réfléchie. Voy. § 121.
(2) Pures, c'est-à-dire abstraites.
(3) Le texte dit : en cette forme de la simplicité. 11 y a, en effet, l'être simple abstrait, et l'être simple concret, ou la simplicité abstraite et la simplicité concrète. Ici c'est en la simplicité abstraite qu'on change l'êtreconcret.
VÉKA. — Logique de Hegel. H, — 2
analytique, comme on l'appelle, une partie des éléments multiples que contient l'être concret, et qu'on n'en laisse qu'un seul, soit qu'en écartant les différences de l'être concret on réunisse en une seule ses déterminabilités diverses.
Si Ton ajoute l'identité à l'absolu en tant que sujet d'une proposition, on aura la proposition «L'absolu est identique avec lui-même» . Cette proposition n'est vraie que suivant le sens qu'on y attache. Par conséquent, renonciation verbale en est imparfaite, car on n'y spécifie pas si l'on entend par identité l'identité abstraite de l'entendement par opposition aux autres déterminations de l'essence, ou l'identité concrète, telle qu'on la verra se produire d'abord comme raison d'être, et à un point de vue plus élevé comme notion, — Le mot absolu lui-même n'a souvent qu'un sens abstrait. Ainsi, par espace absolu, par temps absolu on n'entend rien autre chose que l'espace et le temps abstraits.
Les déterminations de l'essence, en tant que déterminations essentielles, deviennent des prédicats d'un sujet présupposé, qui, par là qu'il est un sujet essentiel, est le tout (1 ) . Les propositions qui sortent de cette union du sujet et du prédicat sont présentées comme lois générales de la pensée. D'après cela la proposition qui expose l'identité est « Tout est identique à soi » : A = A ; et énoncé sous forme négative « A ne peut être A et n être pas A tout à la fois. » Cette proposition loin d'exprimer une loi réelle de la
(1) Ailes ist : est tout. Tout est le sujet qu'où présuppose, c'est-à-dire qu'on prend d'une façon extérieure et comme un terme donné, et auquel on joint les déterminations de l'essence. Mais tout est lui-même un terme essentiel, c'est-à-dire, une détermination de l'essence. C'est donc arbitrairement qu'on fait de lui le sujet des autres déterminations de l'essence.
DOCTRINE DE i/ESSENCE. RAISON DE INEXISTENCE. 19
pensée n'est autre chose qu'une loi de l'entendement abstrait. D'abord elle est démentie par sa forme même, car une proposition fait croire à une différence du sujet et du prédicat, tandis que celle-ci n'accomplit pas ce qu'exige sa forme. Mais elle est surtout annulée par les autres lois de la pensée, comme on les appelle aussi, qui érigent en loi l'opposé de celle-ci. — Lorsqu'on prétend que cette loi ne peut être démontrée, mais que toute intelligence se règle suivant elle, et que l'expérience aussi vient la confirmer, il faut dire que cette prétendue expérience de l'école est opposée à l'expérience universelle, parce qu'il n'y a pas d'intelligence qui pense, ou se représente, ou exprime ses pensées et ses représentations suivant cette loi, et cela par la raison qu'il n'y a pas d'être, de quelque espèce qu'il soit, qui existe suivant elle. Des propositions suivant ce prétendu critérium de la vérité, telles qu'une planète est une planète, le magnétisme est le magnétisme, l'esprit est l'esprit, sont avec raison considérées comme stupides. C'est là la véritable expérience universelle. L'école qui seule reconnaît ces lois a depuis longtemps, elle et sa logique où ces lois sont exposées avec le plus grand sérieux, perdu tout crédit auprès de la raison comme auprès du bon sens.
Zusatz. Nous avons d'abord dans l'identité ce que nous avions dans l'être. Seulement l'identité est l'être qui est devenu parla suppression delà déterminabilité immédiate, et par suite c'est l'être en tant qu'idéalité (1). — 11 est de
(1) Expression hégélienne que nous avons déjà rencontrée, et qui exprime très-bien le mouvement de l'idée. Ce mouvement où l'idée pose et traverse un de ses moments, qui par cela môme se trouve idéalisé, est une idéalité, c'està-dire, un moment, une détermination de l'idée, et dans l'unité de l'idée. C'est
lu plus haute importance de s'entendre sur la vraie signification de l'identité, et avant tout sur ce point, qu'on ne doit pas concevoir l'identité comme une identité purement abstraite, c'est-à-dire comme une identité qui exclut toute différence. C'est là le point qui sépare la fausse philosophie de celle qui seule mérite le nom de philosophie. L'identité dans sa vérité, comme idéalité de l'être immédiat, est une haute détermination tout aussi bien pour la conscience religieuse, que pour toute autre pensée et pour la conscience en général. On peut dire que la vraie connaissance de Dieu commence là où l'on commence à le concevoir comme identité, et comme identité absolue; ce qui contient aussi cette pensée que toute puissance et toute souveraineté dans le monde s'effacent devant Dieu, qu'elles ne peuvent subsister que comme une apparence de sa puissance et de sa souveraineté. Il y a aussi l'identité en tant que conscience de soi-même, ce par quoi l'homme se distingue de la nature en général, et plus particulièrement de l'animal qui ne peut se saisir comme moi, c'est-à-dire, comme unité de soimême en soi-même. — Pour ce qui concerne l'identité relativement à la pensée, ce qu'il importe avant tout c'est de ne pas confondre l'identité qui contient comme supprimés l'être et ses déterminations, avec l'identité abstraite et purement formelle. Tous les reproches qu'on adresse ordinairement à la pensée d'être exclusive, roide, vide de contenu, etc., reproches qui partent du point de vue de la sensation et de l'intuition immédiate, ont leur source dans la fausse suppo-
en ce sens que l'être est une idéalité, c'est-à-dire, un moment que l'idée a posé et traversé pour s'élever à l'essence, et; par suite, un moment abstrait relativement à l'essence.
silion que l'activité de la pensée n'est que l'activité qui pose l'identité abstraite, et c'est la logique formelle elle-même qui affermit celte supposition par les soi-disant lois suprêmes de la pensée dont il a été question ci-dessus dans ce §. Si la pensée n'était rien autre chose que cette identité abstraite, on devrait la considérer comme ce qu'il y a de plus superflu et de plus ennuyeux. Mais la notion, et plus encore l'idée ne sont identiques avec elles-mêmes que parce qu'elles contiennent aussi la différence.
(3) Différence.
S cxvï.
L'essence n'est identité pure et n'apparaît au dedans d'elle-même qu'autant qu'elle est la négativité qui est en rapport avec elle-même, et qui par là s'oppose à ellemême. Par conséquent, elle contient nécessairement la différence!
REMARQUE
Ici l'opposition (1) n'a plus la forme qualitative, elle n'est plus dans la déterminabililé, dans la limite, mais en tant qu'elleest dans l'essence, dans l'essence qui contient un rapport avec elle-même, la négation est aussi rapport, différence, position, médiation (2).
Znsatz. Lorsqu'on demande : comment l'identité se diffé-
(1) Das Andersseyn : V être-autre que soi-même.
(2) Gesetztsetjn, Vermitleltseijn. Littéralement : être posé, être médiatisé. Dans la sphère de l'être l'opposition se produit par la limite, ou, si l'on veut, un terme n'est autre que lui-même que parce qu'il a une déterminabilité, une limite, et c'est en allant au delà de la limite, et en passant dans un autre terme qu'il est autre que lui-même, et que l'opposition se trouve ainsi en
rencie-t-elle? Il y a dons cette question la présupposition que l'identité, comme pure identité, c'est-à-dire comme identité abstraite, existe d'une façon indépendante, et que la différence soit quelque chose d'autre qui existe aussi de son côté comme un terme indépendant. Mais par cette présupposition on rend la réponse à la question impossible, car lorsque l'on considère l'identité comme différent de la différence, on a par là dans le fait simplement la différence, et Ton ne saurait par suite démontrer le passage de l'identité à la différence, parce qu'il n'y a pas pour celui qui demande le comment de ce passage le terme d'où l'on doit partir. Ainsi, vue de près, cette question n'a pas de sens, et à celui qui la pose on devrait d'abord adresser l'autre question, savoir, qu'est-ce qu'il entend par identité? Par où l'on verrait qu'il n'entend par là précisément rien, et que pour lui l'identité n'est qu'un mot vide. Maintenant, comme nous l'avons vu, l'identité est, il est vrai, une détermination négative, cependant elle n'est pas le nonêtre abstrait et vide, mais la négation de l'être et de ses déterminations. Comme telle, elle est aussi rapport, et rapport négatif avec elle-même, ou différenciation d'ellemême.