CXCI
Ce syllogisme, considéré suivant les déterminations
(I) Comme les termes, tels qu'ils sont sortis du syllogisme de Y existence, sont médiats et réfléchis, le moyeu du syllogisme de la réflexion contiendra les extrêmes. Ce ne sera pas, par conséquent, le particulier abstrait et immédiat comme dans le syllogisme précédent, mais un moyen qui contiendra le particulier, l'individuel et l'universel. Ce moyen, c'est la totalité ou le tout (Allheit : tous les hommes, par exemple). Mais si le moyen se réfléchit sur les extrêmes, ceux-ci se réfléchiront, à leur tour, sur le moyen. Par conséquent, le rapport des termes est ici un rapport plus concret et plus déterminé, et le prédicat n'est pas l'universel en général, une qualité qui peut se rapporter ou ne pas se rapporter au sujet, mais un élément qui est lié d'une manière plus directe au sujet, et à tout le sujet, c'est-à-dire au sujet pris avec des propriétés autres que celles qu'énonce le prédicat. Ainsi, autre chose est dire : le vert est agréable : autre chose est dire : les objets ou les choses vertes sont agréables. Le syllogisme de la réflexion n'a d'autre objet que de développer ce mouvement réfléchi des termes pour atteindre à une unité plus concrète et plus profonde.
1° Par cela même que les termes sont ici réfléchis, et que le moyen est une totalité, le sujet (l'individuel) de ce syllogisme se trouve déjà dans le moyen. Tous les hommes sont mortels, Caius est homme, ou un homme, donc, etc. Ce syllogisme n'est qu'une combinaison extérieure, bien que nécessaire, de la réflexion, par laquelle on réunit les individus en un tout, ce qui fait que la majeure est fausse, car elle contient et présuppose déjà la conclusion, ou, pour mieux dire, elle n'est que la conclusion elle-même généralisée, et, par conséquent, l'universel (le prédicat) est, au fond, réuni au particulier (le moyen) par l'individuel lui-même, et leur rapport n'est valable qu'autant que l'est le rapport de l'individuel et de l'universel. En d'autres termes, le syllogisme de la totalité s'appuie 2°) sur le syllogisme inductif. Le premier syllogisme se range sous la figure E-B-A, et celui-ci sous la figure A-E-B. Dans l'induction, le moyen est l'individuel, mais l'individuel concret qui contieut virtuellement le genre. Ce n'est pas non plus un
purement abstraites (1), a pour moyen l'universel^ comme le syllogisme de la réflexion a pour moyen l'individualité, celui-ci suivant la seconde, celui-là suivant la troisième figure (§ clxxxvii). Mais ici l'universel est posé
individu, mais plusieurs individus ou la totalité indéûnie des individus. Le lion, l'éléphant, etc., forment le contenu du genre animal, et ils ne s'en distinguent que parce qu'ils sont pris sous la forme d'individus, et non sous la forme d'universel. Cependant, cette inégalité de la forme entraîne l'inégalité du contenu, et, par cela même que le moyen n'est qu'un tout indéfini, le syllogisme n'est concluant qu'autant qu'il n'y a aucun cas qui vienne le contredire. La raison en est que le moyen contient bien l'universel, mais qu'il le contient d'une manière purement extérieure, c'est-à-dire qu'il le contient et ne le contient pas, qu'il y aspire sans l'atteindre. Ce mouvement de l'induction appelle un rapport où l'individuel soit immédiatement l'universel. C'est ce qui a lieu 3°) dans Y analogie (3e fig., B-A-E). Dans ce syllogisme, le moyen est l'individuel, mais élevé à l'universel. La terre est habitée; la lune est une terre, etc. Ici l'individuel et l'universel ne sont plus séparés comme dans l'induction, mais ils sont donnés dans un seul et même terme. Mais comme leur rapport n'est encore qu'un rapport immédiat, un rapport où ils ne sont pas unis par une médiation, ils ne sont pas liés de telle manière que l'un soit une détermination essentielle et nécessaire de l'autre. Cela fait qu'on ne saurait déterminer si le prédicat qui convient à un sujet (majeure), et que l'on affirme également de l'autre sujet (conclusion), lui convient d'après sa nature générale ou d'après sa nature particulière (si, par exemple, la terre a des habitants en tant que planète en général, ou en tant que telle planète), et, par conséquent, le prédicat qui convient à l'un des sujets peut ne pas convenir à l'autre, bien qu'ils appartiennent tous les deux au même genre. Et ainsi, l'unité qu'on obtient par l'analogie n'est encore que l'unité de la réflexion extérieure, c'est-à-dire l'unité où les termes, tout en se réfléchissant l'un sur l'autre, ne sont pas liés par un rapport nécessaire et absolu. Mais, par cela même que l'individuel n'est pas une détermination propre et essentielle de l'universel, et, réciproquement, la majeure de ce syllogisme a besoin d'être démontrée tout aussi bien que la conclusion, ce qui veut dire que ce syllogisme indique et exige un moyen, une démonstration supérieure où les termes ne sont plus que des déterminations nécessaires et indivisibles d'une seule et même unité. Et ainsi, Vanalogie est la médiation à travers laquelle ce syllogisme s'affranchit de tout rapport immédiat et extérieur, et devient le syllogisme de la nécessité.
(1) C'est-à-dire où l'on ne tient pas compte de sa signification objective et de son contenu.
comme essentiellement déterminé (1). D'abord le moyen ferme est 1°) le particulier ayant la signification du genre, ou de l'espèce déterminée. Syllogisme catégorique; c2°) l'individuel ayant la signification de l'être immédiat, parce qu'il l'ait et reçoit la médiation tout à la fois. Syllogisme hypothétique ; 3°) l'universel qui est aussi posé comme totalité de ses déterminations particulières (2) et comme individualité particulière et indivisible (3). C'est le syllogisme disjonctif. Ainsi ces déterminations diverses ne sont que des formes où se différencie un seul et même terme général.