‹ Logique de Hâegel (volume 2)Chapitre 55 sur 80 · CXCII · texte numérisé non relu

CXCII

On a ainsi parcouru les différents moments du syllogisme, et le résultat général auquel on est arrivé est la suppression de ses différences et de l'extériorité (4) de la notion. 1° Chaque moment du syllogisme s'est produit comme constituant la totalité des moments, et par suite le syllogisme entier. Ces moments sont donc identiques en soi ; et 2° la négation de leurs différences et leur médiation constituent V être -pour -soi; de telle sorte que c'est un seul et même élément universel qui est dans ces formes et qui par suite est aussi posé comme faisant

(1) Tandis qu'il est indéterminé dans l'induction, le tout et la collection des individus n'étant que l'universel indéterminé.

(2) Seiner Besonderungen : de ses particularisations,

(3) Le texte a : als ein einzelnes Besonderes, als ausschliessende Einzelnheit : comme un (terme) particulier individuel, comme individualité excluante Le genre qui dans son individualité contient et exclut les espèces.

(4) Aussersichseyns. Parce que dans le syllogisme, bien qu'on ait une unité plus concrète que dans le jugement, les termes sont encore extérieurs l'un à l'autre.

leur identité. Dans cette idéalité de ses moments (1), le syllogisme contient essentiellement la négation des déterminabilités à travers lesquelles il s'est développé, et par conséquent une médiation par la négation de la médiation, ou moment où le sujet ne s'unit plus à un terme qui lui est extérieur, mais à un terme dont cette extériorité a été supprimée, ce qui revient à dire qu'il ne s'unit qu'à lui-même.

Zusatz, Dans la logique ordinaire, on termine la première partie, ce qu'on appelle partie élémentaire, par la théorie du syllogisme. Puis vient la seconde partie, ce qu'on appelle science de la méthode, dans laquelle on montre comment, en appliquant aux objets les formes de la pensée dont il a été question dans la première partie, on peut obtenir un ensemble de connaissances scientifiques. Mais d'où viennent ces objets, et que faut-il entendre par objet? C'est là ce dont ne s'inquiète nullement la logique de l'entendement. Pour elle, la pensée n'a qu'une valeur subjective, dont l'activité n'est qu'une activité formelle, et elle place l'objet vis-à-vis de la pensée comme un terme qui existe par lui-même et indépendamment de la pensée. Mais ce dualisme n'est pas la vérité, et c'est un procédé irrationnel que de prendre mécaniquement le sujet et l'objet sans s'enquérir de leur origine. Tous les deux, le sujet ainsi que l'objet, sont des pensées, et des pensées déterminées, lesquelles doivent se justifier

(1) In dieser Idealitiil der Momente. Expression qu'on a déjà rencontrée, et qui veut dire que les moments qu'on a traversés sont idéalisés, en ce sens que ce sont des moments de l'idée, mais que l'idée a à la fois posés et annulés pour s'élever à une sphère plus haute et plus concrèle.

en montrant qu'elles ont leur fondement dans la pensée universelle et qui se détermine elle-même. C'est ce que nous avons fait ici, d'abord à l'égard de la subjectivité. Nous avons reconnu que celle-ci, ou la notion subjective, qui contient, en tant que notion comme telle, le jugement et le syllogisme, est le résultat dialectique des deux premières parties principales de l'idée logique, savoir, l'être et l'essence. Lorsqu'on dit que la notion n'est qu'une détermination subjective on dit vrai, en ce sens qu'elle constitue In sphère de la subjectivité. Et le jugement et le syllogisme, qui, avec les lois de la pensée, comme on les appelle, c'est-à-dire les principes de contradiction, de raison suffisante, etc., forment le contenu de la théorie élémentaire de la logique dans la logique ordinaire, le jugement et le syllogisme, disons-nous, sont, à cet égard, des éléments subjectifs comme la notion elle-même. Il ne faut point cependant considérer cette sphère de la subjectivité comme une charpente vide qui recevrait sa réalité du dehors et des objets qui l'entourent, mais comme brisant elle-même cette limite en vertu de sa propre dialectique, et comme s'élevant à l'objet à travers le syllogisme.

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