CCXXXVIII
Les moments de la méthode spéculative sont a) le commencement, c'est-à-dire Y être ou Y immédiat, qui est pour soi par la simple raison qu'il est le commencement (2). Mais, considéré du point de vue de l'idée spéculative, l'être est sa détermination d'elle-même (3), détermination qui, en tant que sa négativité absolue ou mouvement de la notion, divise [h) et se pose comme négation de soi-même. Ainsi l'être qui pour le commencement comme tel (5) apparaît
(1) Und dies einfache Rfœkblick ist in der Form enthalten. En effet, il y a ici un regard en arrière, ce regard par lequel on considère de nouveau les degrés parcourus. Mais ces degrés on les considère ici du point de vue de l'idée et dans l'idée absolue, et par suite dans leur unité, dans cette unité qu'ils n'atteignent et ne peuvent atteindre que dans l'idée absolue. Par conséquent, ce regard en arrière est lui-même contenu dans la forme, il est même le point culminant de la forme, ou la forme d'où jaillissent toutes les formes subordonnées. Voyez aussi sur ce point : Philosophie de l'Esprit, derniers chapitres.
(2) Par là que l'être ou l'immédiat est le commencement, il est d'abord dans son état abstrait pour soi, c'est-à-dire un moment distinct, isolé.
(3) Ist es ihr Selbslbestimmen : il est son se déterminer soi-même : c'està-dire que du point de vue de l'idée l'être n'est que le moment immédiat de l'idée elle-même, et qui est nié ou se nie lui-même dans l'idée.
(Il) Urlheilt.
(5) L'être est^ en effet, dans l'idée pour le commencement.
comme une affirmation abstraite est bien plutôt la négation; il est posé, médiatisé en général, et présupposé. Mais en tant que négation de la notion, qui dans sa différence est absolument identique avec elle-même et est la certitude d'elle-même, l'être est la notion qui n'est pas encore posée comme notion, ou, si l'on veut, il est la notion en soi. — - Par conséquent, cet être en tant que notion encore indéterminée, c'est-à-dire en tant que notion qui n'est déterminée qu'en soi ou d'une façon immédiate, est aussi V universel (i).
REMARQUE
Entendu dans le sens de l'être immédiat, le commencement est tiré de l'intuition et de la perception ; c'est le commencement de la méthode analytique de la connaissance finie. Entendu dans le sens de l'universel, c'est le commencement de la méthode synthétique de cette même connaissance. Mais comme l'idée logique est immédiatement tout aussi bien l'universel que l'être, et qu'en se présupposant elle-même elle est aussi immédiatement ellemême, son commencement est un commencement tout aussi bien synthétique qu'analytique.
Zusatz. La méthode philosophique est aussi bien une méthode analytique que synthétique, mais elle ne l'est pas en ce sens que ces deux méthodes y sont juxtaposées, ou que simplement elles y alternent comme dans la connaissance finie, mais en ce sens qu'elle les contient comme supprimées, ce qui fait que dans chacun de ses moments elle est
(1) Par là que l'être est un moment de la notion il est aussi l'universel.
méthode analytique et méthode synthétique à la fois. La pensée philosophique procède anatytiquement, en ce sens qu'elle se horne à recevoir son objet, l'idée, qu'elle laisse l'objet tel qu'il est (J ) et qu'elle est, en quelque sorte, simple spectatrice de son mouvement et de son développement. En ce sens la pensée philosophique est passive. Mais elle est aussi pensée synthétique, et elle se connaît et s'affirme comme activité de la notion elle-même (2). De là l'effort pour éloigner les pensées arbitraires et les opinions particulières qui prétendent sans cesse se substituer à la raison.