‹ Logique de HâegelChapitre 10 sur 134 · AVERTISSEMENT. XVI · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. XVI

de son système, ou la première édition de son Encyclopédie. C'est ce que j'ai appelé la petite Encyclopédie. Dans cette esquisse, la logique ainsi que les autres parties du système se trouvent réduites à une suite de thèses, ou propositions sommaires, dans lesquelles Hegel a résumé et condensé ses théories et ses déductions. C'était, du reste, une espèce de manuel qu'il destinait plutôt à ses disciples qu'au public, et qu'il développait et complétait soit par les explications données du haut de sa chaire, soit par la publication d'autres grands ouvrages, tels que la Philosophie du Droit, la Philosophie de la Religion, etc. Mais il comprit bientôt qu'un tel livre était lettre close, non-seulement pour les non initiés, mais pour les initiés et ses disciples eux-mêmes, et que sa pensée, déjà fort difficile à saisir, lorsqu'elle était présentée avec tous ses développements, devenait inaccessible lorsqu'elle était condensée dans quelques propositions, et enveloppée dans des formes qui sortent des habitudes ordinaires du langage. C'est alors qu'il publia (18*27) une seconde édition de son Encyclopédie (1) dans laquelle il ajouta une sorte de commentaire sous forme de corollaires [Zusatze) qui suivent la proposition principale, l'expliquent et la développent, mais qui ne reproduisent pas la démonstration directe et rigoureuse, et ne con-

(1) Je dis une seconde édition de l'Encyclopédie, mais il serait plus exact de dire une seconde édition de la Logique de l'Encyclopédie. Car les deux autres parties de la grande Encyclopédie n'ont paru qu'après la mort de Hegel dans l'édition complète de ses œuvres qui a été publiée par le soin de ses disciples et de ses amis. La Philosophie de la Nature a été éditée par Michelet,, et la Philosophie de l'Esprit par Boumann. Et ces deux ouvrages ont été rédigés sur les manuscrits de Hegel, et sur les cahiers de ceux d'entre sei disciples qui avaient suivi régulièrement ses cours.

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tiennent que des considérations exotériques, on des applications et des exemples. C'est cette Encyclopédie que j'ai appelée la Grande Encyclopédie. Placé, dans le choix que j'avais à faire, en présence de ces trois logiques, c'est pour la logique de la petite Encyclopédie que je me suis décidé. Voici les raisons qui m'y ont engagé. Et d'abord une traduction littérale de la logique de la Grande Encyclopédie eût été insuffisante, et cela par la raison que je viens d'indiquer ; parla raison, veux-je dire, que le commentaire qui l'accompagne ne contient que des considérations extérieures et qui ne font pas suffisamment entrer dans la vraie signification, et dans l'enchaînement de la déduction hégélienne. D'un autre côté, je ne pouvais pas non plus songer à donner une traduclion de la Grande Logique. Car, d'abord, la Grande Logique ne rentrait pas dans le cadre de ma publication, puisque c'est Y Encyclopédie que je me suis proposé de publier. Ensuite, une traduction de la Grande Logique offre de nombreuses difficultés, et des difficultés qui, si elles ne sont pas insurmontables, sont cependant telles que pour moi j'ai cru devoir en quelque sorte les tourner plutôt quede les aborder de front. J'estime que la Grande Logique, qui forme deux volumes compactes dans l'édition de Berlin, ne peut être rendue littéralement intelligible que par des notes perpétuelles, qui la porteraient déjà à trois volumes au moins. Mais ce commentaire ne contiendrait que l'annotation purement littérale de l'ouvrage ; car il y a des parties pour lesquelles il serait insuffisant. Par exemple, il y a des recherches critiques sur le calcul infinitésimal, sur les théories chimiques de Berthollet et de Berzélius, sur le mouvement des corps

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