AVERTISSEMENT. XIX
célestes, etc. ; recherches où Hegel l'ait l'application de ses théories logiques, et qui exigent un travail tout à fait spécial. Ce sont là les raisons qui ont du me faire écarter la Grande Logique . Et cependant la Grande Logique est la vraie logique, et ce n'est que dans elle qu'on peut saisir la pensée hégélienne. Pour concilier ces difficultés, voici le plan que j'ai adopté. J'ai, ainsi que je viens de le dire, traduit la logique de la Petite Encyclopédie , en y ajoutant un commentaire. Dans ce commentaire, j'ai réuni, autant qu'il m'a été possible de le faire, outre mes propres explications, la Grande Logique, et la logique de la Grande Encyclopédie, soit en cilant textuellement des passages tirés de toutes les deux, soit en résumant dans des notes plus ou moins étendues les démonstrations de la Grande Logique, Par là, le lecteur se trouvera dans une certaine mesure en possession des trois logiques. Sans doute, il n'aura pas la Grande Logique avec ses déductions rigoureuses, avec ses riches développements et ses profondes applications, mais il en aura les grands traits et les déductions essentielles ; et quant aux détails, je crois qu'il y en a suffisamment pour celui qui voudra donner quelque attention à ce travail, et qui possède l'éducation philosophique nécessaire pour aborder sérieusement et utilement de telles questions.
Encore un mot sur la traduction . Hegel, on le sait, a son vocabulaire, ses formes et son langage ■. C'est naturel : toute pensée originale et profonde se crée son expression. Ce n'est pas qu'il ne sache employer au besoin le langage ordinaireé Quand il le faut, et là où le sujet le comporte, ou lorsqu'il veut donner à sa pensée une forme populaire ou
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moins strictement scientifique, il sait être simple et naturel, pour me servir des expressions consacrées, et s'élever jusqu'à l'éloquence. Mais la logique, la logique hégélienne surtout, n'admet pas de ces tempéraments ; je veux dire qu'elle n'admet que le langage abstrait et sévère de la science. Le devoir d'un traducteur, surtout lorsqu'il s'agit d'une œuvre scientifique, est de reproduire aussi fidèlement qu'il le peut la pensée de l'original, et de subordonner les exigences locales et finies du langage aux exigences universelles et absolues de la pensée. C'est là la règle que j'ai suivie dans la traduction, ainsi que dans les notes et l'introduction, bien que moins strictement dans ces dernières. Aussi, tout en essayant de rester dans les formes ordinaires et convenues du langage, n'ai-jc pas hésité à adopter l'expression hégélienne, ou à en inventer une nouvelle, lorsque je n'en ai pas trouvé dans la langue qui pût rendre la pensée du texte, ou ma propre pensée.
Paris, 29 auùt 1859.