‹ Logique de HâegelChapitre 18 sur 134 · LA LOGIQUE FORMELLE CONSIDÉRÉE ARSTK ACTIVEMENT · texte numérisé non relu

LA LOGIQUE FORMELLE CONSIDÉRÉE ARSTK ACTIVEMENT

et ronge doivent être considérés sous ce double rapport. Car, par rapport à la quantité, ils constituent des genres, et contiennent des espèces, et par rapport à la qualité, ils constituent des caractères ou des propriétés qui sont inhérentes au sujet. Et c'est sous ce double rapport qu'on doit envisager les tçrmes dans le syllogisme; de sorte que si nous considérons le moyen terme, non comme une simple quantité, mais comme une qualité commune aux extrêmes, nous verrons que, par suite de cet élément qualitatif commun, les extrêmes doivent être unis, et par là la théorie syllogistique se trouvera' justifiée.

Je suis loin de nier que dans les termes et la proposition on doit tenir compte de la qualité. Tout au contraire, je prétends que c'est la qualité qu'il est bien plus important d'étudier et de déterminer que la quantité, et cela dans les recherches logiques, comme dans toute autre recherche scientifique en général, puisque c'est la qualité qui touche déplus près à la nature intime des êtres. J'ajouterai que si les logiciens avaient plus attentivement examiné la qualité dans les opérations et les formes logiques ils seraient arrivés à un tout autre résultat sur la nature et la signification des lois logiques delà pensée.

C'est là un point sur lequel j'aurai occasion de revenir. Ici je veux me borner à mettre en lumière les lacunes et les inconséquences que la considération de la qualité nous fait découvrir dans les théories logiques. Et, en effet, si nous rapprochons la quantité et la qualité telles qu'elles sont combinées dans la proposition , il nous sera aisé de voir qu'elles se contredisent et qu'elles ne sauraient se concilier; car, suivant la quantité, c'est le sujet qui

est contenu dans l'attribut, et, suivant la quailté, c'est l'attribut qui est contenu dans le sujet; suivant la quantité, c'est le genre qui contient plusieurs espèces ; suivant la qualité, c'est l'espèce qui contient plusieurs genres (1).

Pour nous rendre compte de l'importance de cette remarque, et jusqu'à quel point cette contradiction frappe et renverse la théorie du syllogisme, vers laquelle, il ne faut pas l'oublier, convergent toutes les autres parties de la logique, jetons de nouveau un regard sur les éléments qui composent le syllogisme.

Il est clair que la théorie du syllogisme repose entièrement sur la théorie des termes; car, nous l'avons vu, la combinaison des termes dans la proposition, et la combinaison de la proposition dans le syllogisme, s'accomplissent conformément à la constitution élémentaire des termes. Or, on nous enseigne dans la théorie des termes que ceuxci sont constitués de façon à former une progression ou une série dans laquelle le terme inférieur et plus étroit est contenu dans le terme supérieur et plus large, ce qui signifie, s'il y a là un sens, que, le genre étant supérieur en quantité et en qualité à l'espèce, c'est le genre et non l'espèce qui doit fournir l'élément principal, ou, comme on dit, le principe de la démonstration. Et cependant, contrairement à notre attente, nous trouvons que c'est l'espèce qui fournit le moyen terme, et qui joue le rôle principal dans le syllo-

(1) Lorsqu'on dit qu'un sujet est marqué de tel ou tel caractère, ou que r attribut est inhérent au sujet, on entend, au fond, que ce caractère et cet attribut sont dans le sujet, comme les modes et les accidents sont dans la substance. Et s'il est yrai, comme on nous le dit, que le suj-l représente la substance, il faudra dire que, même sous le rapport de la quantité, le sujet l'emporte sur l'attribut, puisqu'il contient plusieurs attributs.

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