‹ Logique de HâegelChapitre 29 sur 134 · DISCOURS DE HEGEL. H · texte numérisé non relu

DISCOURS DE HEGEL. H

leur propre ignorance et leur propre nuilité prennent une importance, et deviennent comme le but de tout effort et de toute aspiration intellectuelle. Que la connaissance de la vérité nous est refusée, et que ce qui nous est donné de connaître c'est l'être contingent et phénoménal, voilà la doctrine qui a fait, et qui fait toujours du bruit, et qui a la haute main dans la philosophie. On peut dire que jamais, depuis le temps où elie a commencé à tenir un rang distingué en Allemagne, la philosophie ne s'était présentée sous un aspect si fâcheux, parce que jamais une telle doctrine, un tel abandon de la connaissance rationnelle n'avait pris de telles proportions, et ne s'était montré avec autant d'arrogance. Et c'est une doctrine qui, d'une période qui n'est plus; s'est pour ainsi dire, traînée jusqu'à nos jours, bien qu'elle soit en opposition avec un sentiment plus profond de la vérité et les besoins substantiels de l'esprit nouveau. Quant à moi, c'est l'aurore de cet esprit que je salue et j'invoque, et ce n'est que de cet esprit que j'ai à m'occuper, car je maintiens que la philosophie a un objet, un contenu réel, et c'est ce contenu que je veux exposer et mettre sous vos yeux. Mais c'est surtout à l'esprit de la jeunesse que je fais appel, car la jeunesse est ce temps heureux de la vie où Ton n'est pas encore engagé dans les fins limitées de la nécessité extérieure, où l'on peut s'occuper librement de la science, et l'aimer d'un amour désintéressé, où l'esprit enfin n'a pas encore pris une attitude négative et superficielle vis-à-vis de la vérité, et ne s'est pas égaré dans des recherches critiques, vides et oiseuses (1). Une âme encore

(1 ) Gahaltlosen, sans contenu.

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