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Chaque partie d'un système philosophique est un tout, et forme un cercle déterminé de la connaissance. Seulement, l'idée s'y trouve dans une de ses déterminations, ou dans un de ses éléments. Chaque cercle particulier sort de ses propres limites précisément parce que, tandis qu'il est un tout, il forme aussi le fondement d'une sphère ultérieure. Ainsi, le tout est un cercle contenant d'autres cercles, dont chacun forme un moment nécessaire, de telle sorte que le
haut degré de la raison ou de l'idée, et dans la sphère de l'esprit celui-là est libre qui vit conformément à la raison, et, par conséquent, le complet affranchissement de l'esprit réside dans son identification avec les lois éternelles et immuables de la raisou, c'est-à-dire dans la pensée philosophique et spéculative. C'est là qu'il faut chercher l'accord de la liberté et de la nécessité. Voy. Inlrod. à la Philosophie de Hegel, ch. VI, et Deuxième Introd. a la Philosophie de l'Esprit, vol. II; et Philosophie de l'Esprit en général.
INTRODUCTION DK HEGEL. 203
système de ses éléments particuliers constitue la totalité de
l'idée, laquelle, par cela même, se retrouve dans chacun d'eux.
Une Encyclopédie ne doit pas contenir l'exposition complète des sciences particulières et entrer dans leurs détails ; mais il suffît qu'elle indique leur point de départ et leurs principes fondamentaux.
REMARQUE
Ce qui fait qu'on ne peut facilement déterminer avec précision le nombre des parties qui doivent concourir à former une science particulière, c'est que chaque partie de la science n'est pas un moment individuel et isolé, mais un moment qui ne possède sa vérité qu'autant qu'il forme, lui aussi, un tout. Par conséquent, c'est le cercle entier des connaissances philosophiques qui est l'unité véritable de la science, unité qui peut aussi être considérée comme un tout qui embrasse les diverses sciences particulières.
L'Encyclopédie philosophique se distingue des Encyclopédies ordinaires en ce que celles-ci ne sont en général qu'un agrégat des diverses sciences qu'on rassemble d'une façon arbitraire et empirique, et parmi lesquelles il y en a qui n'ont de la science que le nom, et n'offrent elles-mêmes qu'un assemblage de connaissances. Gomme un tel assemblage est le produit d'une méthode extérieure, l'unité qui en résulte est aussi une unité extérieure, un certain arrangement des parlies. Mais, par cela même que ces matériaux sont rassemblés accidentellement, on échoue aussi dans les tentatives qne l'on fait pour les ordonner.
20/1 LMRODUCTION DE HEGEL.
L'Encyclopédie philosophique n'exclut pas seulement : 1° un simple agrégat de connaissances, comme, par exemple, la philologie, — mais aussi, 2° les connaissances qui n'ont d'autre fondement que la convention, par exemple, X héraldique, ces connaissances étant des connaissances tout à fait positives. 3° 11 y a aussi d'autres sciences qu'on nomme positives , et qui ont cependant une origine et un fondement rationnels. Par ce dernier côté, elles appartiennent à la philosophie, mais elles s'en séparent par leur côté positif. Celui-ci peut s'introduire dans les sciences de plusieurs manières. En effet, 1° leur origine rationnelle peut s'altérer, lorsqu'elles rabaissent le général en le faisant descendre dans la sphère de l'individualité et de la réalité empiriques. Dans ce domaine du changement et de la contingence, ce n'est pas la notion, mais la simple probabilité qu'on peut faire valoir. La science du droit, par exemple, ou bien le système des impôts directs et indirects, exige certaines dispositions exactes et minutieuses qui sont en dehors de la détermination absolue de la notion, et qui sont telles, qu'on peut les envisager de plusieurs façons, suivant le point de vue auquel on se place, et qu'ainsi elles échappent à une règle fixe et dernière. Il en est de même de l'idée de la nature qui, en se dispersant dans les individus, laisse pénétrer en elle la contingence, ce qui fait que Y histoire naturelle, la géographie, la médecine, etc., nous présentent des formes d'existence, des espèces et des différences, qui sont plutôt le produit d'un accident extérieur et d'un jeu de la nature que des déterminations de la raison. L'histoire aussi appartient à cet ordre de connaissances, en ce que si, d'un part, c'est
l'idée qui fait son essence, d'autre part, sa manifestation a lieu dans le domaine de la contingence et du libre arbitre (1).
2° Ces sciences peuvent aussi être regardées comme positives, qui n'ont pas conscience de la finité de leur détermination, ni de leur passage à une sphère plus haute, et qui se considèrent comme pouvant entièrement se suffire à elles-mêmes. A cette finité de la forme de la connaissance — les autres imperfections appartiennent au contenu (*2) — se rapporte, 3° ce mode de connaître, qui repose en pnrtie sur le raisonnement, en partie sur le sentiment, la croyance, l'autorité d'autrui , et, en général, sur l'autorité de l'intuition interne ou externe. C'est dans cet ordre de connaissances qu'il faut aussi ranger la philosophie qui s'appuie sur l'anthropologie, les faits de conscience, l'intuition interne ou l'expérience externe. Il se peut aussi que la forme de l'exposition de la science soit une forme empirique, et que, malgré cela, Ton parvienne à ordonner, à l'aide d'une intuition vive et profonde, les phénomènes et les données de l'expérience suivant les développements intérieurs de la notion. Ce qui peut conduire ce procédé empirique à ce résultat, c'est qu'à travers les oppositions des phénomènes multiples et coexistants s'effacent les circonstances exté-
(1) Willkuhr. Voy. sur ce mol plus loin § 145, et Philosophie de l'Esprit § 474.
(2) En effet, les imperfections qu'on a indiquées plus haut portent plutôt sur le contenu de la connaissance. Telle est, par exemple, l'imperfection d'une science qui ne s'appuie que sur des probabilités. La dernière, au contraire, c'est-à-dire celle qui vient de ce que l'on ignore la finité des déterminations d'une science, et le passage de cette science à une science plus haute, ainsi que les autres imperfections qu'on éuumère depuis le 3°, portent plutôt sur la forme de la connaissance.
rieures et contingentes qui accompagnent ces phénomènes, et que l'esprit sent ainsi s'éveiller en lui le besoin de l'universel. Une physique ou une histoire expérimentale de cette espèce, faite avec intelligence, pourra renfermer une certaine connaissance rationnelle de la nature et des' choses humaines, mais elle ne sera qu'une image extérieure, un simulacre de la notion.