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La quatrième partie, la théologie naturelle ow rationnette, considère la notion de Dieu, ou sa possibilité, la preuve de son existence et ses attributs.
(1) C'est-à-dire, il n'est pas la négativité absolue qui est l'esprit absolu, mais l'apparence absolue de cette négativité. Voyez, sur ce point; Philosophie de l'Esprit.
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a). Dans cette recherche sur Dieu suivant l'entendement (1), il s'agit surtout de savoir quels sont les prédicats qui conviennent ou ne conviennent pas à ce que nous nous représentons comme Dieu. Ici l'opposition de la réalité et de la négation se produit comme une opposition absolue. Il ne reste, par conséquent, pour la notion, telle que la saisit l'entendement, que l'abstraction vide de l'essence, de la pure réalité ou positivité, le produit mort de l'explication moderne (2). — b). La façon de démontrer de la connaissance finie ne fait que mettre en évidence un renversement de position, en ce qu'elle exige une raison objective de l'être de Dieu, et représente ainsi cet être comme fondé sur un autre principe (3). Et comme elle a pour règle l'identité de l'entendement, elle ne sait comment trouver un passage du fini à l'infini. Ainsi, ou elle ne peut affranchir Dieu de la finité du monde qui garde son existence positive, de telle façon que Dieu devrait être déterminé comme constituant sa substance immédiate; — c'est le panthéisme; — ou bien, Dieu demeure comme un
(1) Verstdndigen. C'est en effet une recherche faite suivant l'entendement, et non suivant la raison spéculative, ainsi que l'explique ce qui suit.
(2) C'est-à-dire qu'on a la réalité, mais la simple réalité, ou une réalité indéterminée, qui est aussi la simple positivité, la positivité sans négation, ou, ce qui revient au même, sans détermination. C'est en ce sens aussi qu'on a ici l'opposition absolue de la réalité et de la négation, comme il est dit dans la phrase précédente. Cette opposition, Vexplication moderne {di§ moderne AufkUirung), qui est une doctrine fondée sur l'entendement, la résout en supprimant la négation, et en ne laissant aiusi qu'un produit mort, une abstraction.
(3) Le texte dit : als ein durch ein Anderes Vermitleltes : comme une chose médiatisée par une autre.
VÉRA. — Logique de Hegel. I. — 18
<21[i LOGIQUE. — PREMIÈRE PARTIE.
objet en face du sujet, et de cette façon il est un être fini; — c'est le dualisme.— c). Les attributs, bien qu'ils doivent être des attributs déterminés et différents, se trouvent en réalité annulés dans la notion abstraite de la pure réalité, de l'essence indéterminée (1). Mais par là qu'on a encore dans la représentation le monde fini comme être véritable (2), et Dieu en face de ce monde, il se produit aussi dans la représentation des rapports différents de Dieu avec le monde, rapports qui, déterminés comme attributs, doivent, d'un côté, constituer des rapports avec des états finis, et être eux-mêmes des rapports finis (tels sont les attributs juste, bon, puissant, sage, etc.), mais, de l'autre, être aussi infinis. Au point de vue où elle se trouve placée cette métaphysique ne saurait donner d'autre solution de cette contradiction que l'extension quantitative, l'expédient du sensu* eminentioris, solution obscure et indéterminée, qui, dans le fait, annule l'attribut, et n'en laisse que le mot. Zusaiz. — Dans cette partie de l'ancienne métaphysique il s'agit d'établir jusqu'à quel point la raison peut par elle-même atteindre à la connaissance de Dieu. Connaître Dieu parla raison est, sans doute, l'objet le plus élevé de la science. La religion contient des représentations de Dieu. Ces représentations, telles qu'elles se trouvent rassemblées dans les enseignements de la fol, nous sont communiquées depuis notre enfance comme dogmes de la religion, et, en tant que l'individu croit dans ces dogmes, et que ces dogmes
(1) Car c'est ce produit mort, l'essence indétermiaée, qui est le point culminant de cette métaphysique.
(2) AU ein viùhres Seyn : comme un être vrai : comme un être qui a sa Vérité en lui-même, qui se suffit à lui-mêmei
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sont la vérité pour lui, il possède ce dont un chrétien a besoin. Mais la théologie est la science de cette croyance. Lorsque la théologie ne tait qu'énumérer et rassembler d'une façon extérieure les enseignements de la religion, elle n'est pas encore une science. Elle ne l'est pas davantage lorsque, suivant la méthode historique si prônée de nos jours, elle traite historiquement son objet, comme, par exemple, lorsqu'elle s'appuie sur l'opinion des pères de l'Église. Elle n'est, par conséquent-, une science que lorsqu'elle s'élève à la pensée spéculative, ce qui est l'œuvre de la philosophie. Ainsi la vraie théologie est en même temps la philosophie de la religion ; et c'est là ce qu'elle était aussi au moyen âge.
Pour ce qui concerne de plus près la théologie rationnelle de la vieille métaphysique, elle n'est pas la science de Dieu, suivant la raison, mais suivant l'entendement, et elle ne se meut que dans les déterminations abstraites de la pensée. — Bien qu'il s'agisse ici de la notion de Dieu, c'est la représenlation de Dieu qui dans cette métaphysique est la mesure delà connaissance. Mais la pensée doit se mouvoir librement en elle-même (1) , et à cet égard il faut remarquer que le résultat auquel est arrivée la libre pensée coïncide avec le contenu de la religion chrétienne, car celle-ci est la révélation de la raison. Mais ce n'est pas cette théologie rationnelle qui a accompli cet accord. Car s'étant proposé de déterminer par la pensée la représentation de Dieu, elle est arrivée à une notion de Dieu qui n'est qu'une positivité, ou réalité abstraite, une réalité qui
(1) Ce qui n'a pas lieu lorsque c'est la représentation de Dieu qui est la mesure de la connaissance de Dieu.
exclut la négation, et suivant laquelle Dieu serait Y essence la plus réelle. Mais il est aisé de voir que cette essence la plus réelle, par là qu'on éloigne d'elle la négation, est exactement l'opposé de ce qu'elle doit être, et de ce que l'entendement croit avoir en elle. Car, loin d'être l'essence la plus riche et la plus accomplie, elle est, au contraire, par suite de la façon abstraite sous laquelle on l'a conçue, la plus pauvre et la plus vide. Le sentiment demande avec raison un contenu concret, mais il n'y a de contenu concret que là où il y a en lui une déterminabilité, c'està-dire une négation. Lorsque la notion de Dieu n'est saisie que sous la raison de l'essence abstraite, ou la plus réelle, Dieu devient par là même un être qu'on ne peut atteindre, et il ne saurait être question de sa connaissance, car là où il n'y a pas de détermination, il ne peut non plus y avoir de connaissance. La lumière pure est la pure obscurité.
La seconde question sur laquelle cette théologie rationnelle a dirigé son attention concerne la preuve de l'existence de Dieu. Ce qu'il faut surtout remarquer à ce sujet, c'est que la preuve, telle qu'elle est conçue par l'entendement, consiste dans un rapport de dépendance qui lie une détermination aune autre. On a, dans cette façon de démontrer, un principe présupposé d'où découle une conséquence. On démontre par là comment une détermination dépend d'une présupposition. Mais démontrer de cette façon l'existence de Dieu, c'est faire dépendre cette existence d'autres déterminations, car ce sont celles-ci qui en contiennent la raison. On peut voir ici tout ce qu'il y a de louche dans cette preuve, car c'est Dieu qui est la raison de toutes choses, et ce n'est pas, par conséquent, lui qui peut dé-
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pendre d'autre chose. De nos jours on a dit à cet égard que l'existence de Dieu ne doit pas être démontrée, et qu'elle est connue d'une façon immédiate. Mais la raison entend la démonstration d'une tout autre manière que l'entendement, et le sens droit (1) est aussi d'accord avec elle. La démonstration vraiment rationnelle part, il est vrai, elle aussi, d'une détermination autre que Dieu. Seulement, dans sa marche elle ne laisse pas subsister cette détermination comme un être immédiat, mais elle la montre comme un être médiatisé et posé, et par là Dieu se produit comme l'être qui contient la médiation en tant que moment qui s'est absorbé en lui, et, par suite, il se produit comme l'être vraiment immédiat, originaire, qui a en lui-même sa raison d'être. Lorsqu'on dit : « regardez la nature, elle vous conduira à Dieu, et vous trouverez ainsi une finalité absolue », on n'entend pas dire que Dieu est un être médiatisé (2) , mais seulement que c'est nous qui allons d'un autre principe à Dieu, de telle façon que Dieu, en tant que conséquence, est en même temps la raison absolue du principe d'où l'on part, et qu'ainsi la position est renversée, c'està-dire que ce qui apparaît comme conséquence se pose comme raison première, et que le point de départ se trouve rabaissé au rôle de conséquence. C'est là la marche de la démonstration rationnelle (3).
Si maintenant, d'après les considérations que nous venons d'exposer, nous jetons encore un coup d'œil sur le procède
(1) Der gesunde Sinn.
(2) Ein VermiUeltes : G'est-à-dire un être médiatisé, ou médiat, et qui, par suite, a sa raison non en lui-même, mais dans un autre être.
(3) Voyez sur ce point sa Philosophie de la religion, et plus spécialement ses Leçons sur la pmwe de l'existence de Dieu.
général de cette métaphysique, nous verrons qu'il consiste à saisir l'objet de la raison sous la forme des déterminations abstraites et finies de l'entendement, et à ériger en principe l'identité abstraite. Mais cette infinité de l'entendement, l'essence pure, est elle-même une infinité finie, carie particulier qui s'en trouve exclu la limite et la nie. Au lieu d'atteindre à l'identité concrète, elle se renferme dans l'identité abstraite. Et cependant sa sphère était la conscience, parce qu'en effet c'est la pensée qui seule constitue l'essence des choses. Ce sont les philosophies qui l'ont précédée, et surtout la scolastique qui ont fourni la matière à cette métaphysique. Pour la philosophie spéculative l'entendement est bien un moment, mais un moment auquel elle ne s'arrête point. Platon n'est nullement un métaphysicien suivant l'entendement, et Aristote l'est bien moins, quoiqu'on pense généralement le contraire.