‹ Logique de HâegelChapitre 91 sur 134 · LXXXV · texte numérisé non relu

LXXXV

On peut considérer l'être lui-même, ainsi que les déterminations suivantes, et non-seulement les déterminations de l'être, mais les déterminations logiques en général, comme autant de définitions de l'absolu, comme autant de définitions métaphysiques de Dieu. Mais si Ton veut être plus

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exact, il faudra dire que ce qui constitue ces définitions c'est seulement la première détermination simple et la troisième qui est le retour de la différence au simple rapport avec soi. Car, donner une définition métaphysique de Dieu veut dire exprimer sa nature par des pensées comme telles ; et la logique embrasse toutes les pensées, qui sont encore sous forme de pensées (1). Mais la seconde détermination, en tant qu'elle constitue dans une sphère le moment et la différence, contient les définitions du fini (2). Cependant, lorsqu'on emploie la forme de la définition (3) on a un substrat qui vient comme flotter devant la représentation (4) ; car l'absolu aussi, en tant qu'il doit exprimer Dieu suivant la pensée (5) et sous forme de pensée, n'est relativement à son prédicat, qui exprime la pensée déterminée et réelle, qu'une opinion (6), qu'un substrat en lui-même indéterminé. Comme la pensée, et c'est seulement de la pensée qu'il s'agit ici, ne se trouve que dans le prédicat, il suit que la forme de la proposition, ainsi que le sujet sont tout à fait superflus (Cf. § xxxi, et, plus loin, § CLxviet suiv.)(7).

(1) C'est-à-dire qui ne sont pas encore nature, qui ne sont pas encore l'idée, ou la pensée sous forme de nature.

(2) Puisque les termes dans leur opposition se limitent les uns les autres. II faut dire cependant que, rigoureusement parlant, c'est la troisième détermination qui fournit la vraie définition de l'absolu, par cela même qu'elle est l'unité des deux autres.

(3) Pour exprimer l'absolu.

(4) Le substrat, ou sujet, par cela même qu'il n'est pas défini, est et demeure, même dans la définition, un terme qui flotte devant la pensée, qui n'est pas la pensée véritable, mais la pensée représentative, ou la représentation (der Vortstellung vorscfavebi) : en d'autres termes, le sujet n'est qu'un mot, ou une pensée indéterminée.

(5) Im Sinne des Gedankens : devis le sens de la pensée.

(6) Gemewier Gedanke : une pensée opinée.

(7) Dans la définition, ou dans la proposition en général l'élément déter-

Zusatz. Chaque sphère de l'idée logique est un ensemble de déterminations et une représentation de l'absolu. Tel est aussi l'être qui contient trois degrés, la qualité, la quantité et la mesure. La qualité est d'abord la déterminabilité identique avec l'être, de telle façon qu'une chose cesse d'être ce qu'elle est lorsqu'elle perd sa qualité. La quantité, au contraire, est une déterminabilité extérieure à Têtre, une déterminabilité qui lui est indifférente. Une maison, par exemple, reste ce qu'elle est, qu'elle soit plus grande ou plus petite ; de même la couleur, qu'elle soit plus claire ou plus foncée, elle n'en est pas moins la couleur. Le troisième degré de l'être, la mesure, est l'unité des deux premiers ; elle est la quantité qualitative. Toutes choses ont une mesure, c'est-à-dire sont quantitativement déterminées, et il leur est indifférent d'avoir telle ou telle grandeur ; mais en même temps cette indifférence a sa limite, en allant au delà de laquelle elles cessent d'être ce qu'elles étaient. C'est par la mesure qu'a lieu le passage à la deuxième sphère de l'idée, l'essence.

Ces formes de l'être désignées ici comme trois (1) par là même qu'elles sont les premières, sont aussi les plus

miné et déterminant est le prédicat, et le sujet sans prédicat est un élément indéterminé, une simple simple opinion. Ainsi, si dans les propositions : Dieu est l'absolu: Dieu est bon, on retranche l'attribut, il ne restera qu'un élément indéterminé, le sujet. Il faut, par conséquent, éloigner ici cette forme, et ne pas se représenter le mouvement des déterminations logiques comme une suite de propositions, mais s'attacher à saisir les pensées pures dans leur développement et dans leurs rapports nécessaires et objectifs.

(1) Die hier gennanten drei Forme n : les formes appelées ici trois. Hegel veut faire remarquer par là qu'en disant qu'il y a trois formes, ee n'est pas au nombre trois qu'il faut s'attacher, et qu'il ne faut pas les considérer comme trois nombres, ou par leur côté numérique, car elles sont des moments d'une seule et même unité, d'une seule et même notion.

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pauvres, c'est-à-dire les plus abstraites. La conscience immédiate et sensible, autant qu'elle pense, est renfermée dans ces déterminations abstraites de la qualité et de la quantité. On a l'habitude de considérer cette conscience sensible comme ce qu'il y a de plus concret et partant de plus riche. Mais cela n'est vrai que relativement à la matière (1), car relativement au contenu de ses pensées, c'est ce qu'il y a de plus pauvre et de plus abstrait.

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