‹ Logique de Hegel (volume 2)Chapitre 13 sur 72 · DE LA BAISON ET DU RAISONNEMENT · texte numérisé non relu

DE LA BAISON ET DU RAISONNEMENT

C'est Vimpuissance de l'ancienne logique à atteindre la connaissance métaphysique qui a amené la distinction artificielle et trompeuse de la raison et du raisonnement. Ne pouvant reconstituer la logique sur des bases plus larges et plus rationnelles , afin de pouvoir la faire servir aux hautes recherches métaphysiques, et sentant, en même temps, qu'il doit y avoir un rapport entre cet instrument universel delà pensée et la connaissance métaphysique, quelques philosophes, pour résoudre la difficulté, se sont avisés de recourir à cette distinction, prétendant qu'il y a entre la logique et la métaphysique la môme connexion et la même différence qu'entre le principe et la conséquence, ou, ce qui revient au même, entre affirmer un principe et déduire des conséquences de ce principe. Ainsi, d'après cette opinion, la métaphysique oîi la raison rechvCrcherait les principes absolus, et les causes dernières des êtres, pendant que la logique où la science du raisonnement se bornerait à déduire des conséquences ou à appliquer ces principes aux causes

secondaires, aux effets et aux objets particuliers. L'investigation précédente prouve déjà combien cette opinion est peu fondée, puisqu'elle établit que nonseulement la logique formelle et la métaphysique sont deux sciences distinctes, mais qu'il ne saurait y avoir aucun rapport entre elles, et que, par conséquent, cette prétendue déduction par laquelle oa voudrait rattacher la logique à la métaphysique, est une pure assertion I Cependant, pour mettre ce point hors de discussion, accordonâ, pour un instant, qu'il en est ainsi, et que nous avons ici deux sciences dont Tune fournit les principes et Vautre tire des conséquences ; que Tune est le produit d'une faculté appelée raison, et Tautre le produit d'une faculté appelée raisonne^' inent.

Si cette théorie a un sens, elle veut dire que dans un syllogisme la raison fournit la majeure, et que le raisonnement, de soneôté, fournit là mineure, ainsi que le rapport qui lie la mineure à la majeure, c'est-àdire la coûclusion. S'il en est ainsi, le raisonnement occupera un rang plus âevé que la raison , et il accomplira des opérations bien plus importantes et bien plus complètes que cette dernière, ce qui est contre la supposition. Car nous supposons ou, pour mieux dire; nous devons admettre que la faculté qui nous révèle les principes derniers des choses est la faculté souveraine h laquelle toutes les autres facultés sont subordonnées, comme le soldat est subordonné à son chef et le manœuvre à larchitecte. Mais cette distinc-

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