LXXII
La science immédiate, posée comme critérium du vrai, conduit à cette seconde conséquence, que toutes les superstitions et tous les cultes devront être reconnus comme vrais, et par là les actions les plus injustes et les plus immorales seront justifiées. Ce n'est pas la connaissance médiate, le raisonnement et le syllogisme qui conduisent l'Indien à adorer un bœuf, un singe, Lama, ou le Brahmin; son adoration repose sur une croyance. Les désirs, les tendances naturelles, font naître spontanément des mouvements intéressés dans la conscience , où des pensées coupables se pro- *duisent aussi d'une manière immédiate. De plus, d'après cette doctrine, un caractère, qu'il soit bon ou mauvais, exprimera toujours la vraie nature de la volonté; il suffira seulement qu'on ait une vue immédiate des motifs qui nous déterminent.
§ LXXIIL
Enfin, la connaissance immédiate de Dieu peut tout au plus nous dire qu'il est ; mais elle ne nous dit pas ce
née une connaissance immédiate , c'est-à-dire une connaiss ance qui ne repose pas sur la pensée réfléchie et la sdence.
qu'il est; car cette conaaissance ne peut être donnée que par la réflexion. Ainsi l'objet de la religion, Dieu, se réduit à la notion de Dieu en général , à une existence suprasensible indéterminée , et la religion est ainsi dépouillée de son contenu.
REMARQUE
S*il était réellement nécessaire de faire de si grands efforts pour établir ou conserver cette croyance en Texistence de Dieu, il faudrait plaindre la pauvreté du temps, qui considère comme une conquête la plus vide des doctrines religieuses, et qui en est venu à admirer dans son Église Tautel qu'on éleva autrefois à Athènes au Dieu inconnu.