‹ Logique de Hegel (volume 2)Chapitre 67 sur 72 · LXXIV · texte numérisé non relu

LXXIV

Voici, en résumé, quels senties caractères distinctifs et généraux de la connaissance immédiate.

Comme ce mode de connaissance est incomplet., son contenu est aussi incomplet et fini. L'universel, tel qu'elle le conçoit, n'est qu'une abstraction, et Dieu n'est qu'une essence indéterminée (1). Mais Dieu est esprit, et il n'a conscience de lui-même que parce qu'il contient une médiation. C'est à cette condition

(0 En effet, si je ne puis rien affirmer de Dieu, Dieu est un être indéterminé et vide (sans contenu). Si, d'un autre côté, j'affirme up attribut de lui, il est ^ét^rminé^ et il y aurs^ médiation.

342 cnraCDUcnoN vr he^l.

que Dieu est esprit^ et un être vivaoït et concret. Ihst conséquent, la science de Dieu, de même que son être, doit contenir une médiation.

Quant au particulier, la connaissance immédiate (1) lui accorde une existence absolue et indépendante, et le conçoit comme n'ayant de rapport qu'avec luimême, tandis que le propre du particulier et du fini c'est d'être en rapport avec un principe qu'ils ne contiennent pas.

Ainsi, la connaissance immédiate, par cela même qu'elle ne saisit que d'une manière incomplète le contenu de la pensée, est, pour ainsi dire, indifférente à l'égard du contenu, et les déterminations opposées, le bien comme le mal, tout lui sera également bon (2).

• De ce que le particulier n'est pas par lui-même, mais par suite d'une médiation (3), il est fiai et imparfait. On voit par là que le contenu du particulier contient une médiation, et que la connaissance, qui a le particulier pour objet, est également une connaissance médiate. Au point de vue de la connaissance absolue, ce contenu est vraiment connu, qui n'a pas de médiation étrangère, qui n'est pas fini, et qui

(1 ) iHe form der VnmttelbarkeU. La forme de rimmëdiatitë. — Ea effet, rintuition ou Taperception immédiate du particulier et des choses finies présentent ces choses comme subsistant par elles-mêmes et comme possédant one existence indépendante. Ce n'est que la réflexion pu la connaissance médiate qui fait connaître leur dépendance.

(2) Cest là, en effet, le caractère de Tindétermination.

(3) Durch cin Anderes vermitletU Médiatisé pardn autre.

IIKTRODUGTIW DE HBCUO*. 343

unit en lui le doi^ble momeat de la médiation et du rapport immédiat avec lui-même (1) . «

Ainsi cette doctrine , qui prétend s'être affranchie de la connaissance finie et des principes de l'ancienne métaphysique, en posant comme critérium du vrai la connaissance immédiate^ ne fait que reproduire , sous une autre forme^ le principe de Tidentité abstraite de l'entendement. Pensée abstraite (la forme de la métaphysique de la réflexion) , et intuUion abstraite (la forme de la science immédiate) , sont une seule et même chose (2).

Page 1