LA LOGIQUE FORMELLE CONSIDÉRÉE ABSTRÂCTIYEMENT
tradîctions et les impossibilités de là logique formelle (1).
Ces remarques seront complétées par ce qui va sui* vre. Mais, pour donner un exemple de la manière dont on traite cette science, qui, à ce qu'on nous dit, doit nous apprendre à raisonner et à distinguer le vrai du faux, je terminerai ce paragraphe par un passage tiré d'une des logiques les plus populaires de l'autre côté de la Manche, je veux dire la logique du docteur Whately. Je cite ce passage, parce qu'il caractérise et résumé, à mon gré, les principes et les procédés de l'ancienne logique (2).
Après avoir défini la logique la science du raisonnement et non de la raison (voulant dire par là que la logique n'a rien de commun avec la métaphysique), l'auteur, lorsqu'il arrive à la théorie des termes, nous dit que , parmi les termes , il y en a qui expriment V essence des choses. (Mais qu'est-ce que la métaphysique , si ce n'est la science qui recherche l'essence des choses?) Puis il ajoute que le terme qui exprime Yessence eniière (the whole essence) est Y espèce, et que le genre et la différence expriment, le premier
(1) G*est cette contradiction qui, dans Tapplication, donne naissance à ces théories opposées dont i*une, en suivant l*échelle ascendante des termes, cherche le principe de la démonstration, la cause et Tabsolu, dans Tattribut et dans le plus haut genre; et Tautre, en suivant Téchelle descendante^ la cherche dans le sujet et Tespèce, et va même jusqu*à Tindividu. Le passage que je cite du D" Whately réprésente rembarras dans lequel Tesprit est jeté par ce double courant logique en sens inverse, et il peint fort bien la confusion , les erreurs et les difficultés inextricables dans lesquelles il se trouve engagé par suite des habitudes créées par Tancienne logique.
(2) Voy. Whately, JLogfc,p. i29-31.
38 CHAPiTU y.
Télément matériel ou la maitère, et la seconde Télé-* ment formel et caractéristique de cette essence. Et plus loin y il continue en disant qu'en réalité ce n'est pas le genre qui contient Vespèce, mais c'est Tespèce qui contient le genre j et que, lorsqu'on appelle le genre un tout^ et que l'on dit quil contient l'espèce , il n'y a là qu'une expression métaphorique, par laquelle on veut seulement dire que le genre contient l'espèce dans sa signification la plus étendue, de sorte que homme est une expression plus riche et plus complète (more fuU and mare complète Jy bien que moins étendue qu'animal 9 et la théorie est couronnée par la remarque que, si l'espèce homme est plus riche et plus complète que le genre animal, Vindividu est, à son tour^ plus riche et plus complet que l'espèce.
Ce passage montre tout c^ qu'il y a d'artificiel, d'inconséquent et de trompeur dans l'ancienne logique. Car, il est évident que si l'individu est plus riche et plus complet que l'espèce et le genre^^ c'est l'individu qui doit fournir le principe de la démonstration. Mais que deviennent alors le syllogisme et la proposition universelle qui est la forme parfaite de la démonstration, ou, pour mieux dire, la seule démonstration ? Ensuite que signifient les mots, que le genre constitue la matière, et l'espèce la forme de l'essence? Dans les théories d'Aristote ces mots ont un sens, quelle que soit d'ailleurs la valeur de ces théories. Car, comme, suivant Âristote, toutes choses sont composées de matière et de forme, le genre, qui