LA LOGIQUE FORMELLE CONSIDÉRÉE ABSTR ACTIVEMENT
Pour nous rendre compte de l'importance de cette remarque 9 et jusqu'à quel point cette contradiction frappe et renverse la théorie du syllogisme^ vers laquelle, il ne faut pas l'oublier^ convergent toutes les autres parties dé la logique, jetons de nouveau un regard sur les éléments qui composent le syllogisme*
Il est clair que la théorie du syllogisme repose entièrement sur la théorie des termes; car, ainsi que nous Tavons vu, la comUnaison des termes dans la proposition, et la combinaison de la proposition dans le syllogisme, s'accomplissent conformément à la cons-^ titution élémentaire des termes. Or , on nous enseigne dans la théorie des termes, que ceux-ci sont constitués de façon à former une progression ou une série, dans laquelle le terme inférieur et plus étroit est contenu dans le terme supérieur et plus large, ce qui signifie, s'il y a là un sens, que, le genre étant supérieur en quantité et en qualité à l'espèce, c'est le genre et non l'espèce qui doit fournir l'élément principal, ou, comme Ton dit, le principe de la démonstration. Mais, contrairement à notre attente, nous trouvons que c'est l'espèce qui fournit le moyen terme, et qui joue le rôle principal dans le syllogisme. Pourquoi il en est ainsi, on ne nous le dit paSé Je me trompe, on nous le dit,, et la raison qu'on nous en donne, c'est que l'espèce qui est intermédiaire entre l'individu, ou les
ftubf tanee. Et s*îl est vrai, comme oq noits le dit, qae le $viet représente la substance, il faudra dii'e que, même sous le rapport de la quantité, le sujet remporte bur Vattribut, t»uisqu*il C4>ntient plusieurs attributs.
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espèces inférieures et le genre, peut seule fournir le moyeu terme. Mais alors il s'en est fait de la théorie des termes, et avec la théorie des termes, de la théprie du syllogisme, puisque le syllogisme ne saurait être construit qu'à la condition que Tespèce soit contenue dans le genre. Ce n'est pas tout ; car, si dans un syllogisme pris séparément, c'est Tespèce qui joue le rôle principal, dans une série de syllogismes c'est le genre qui reprend le premier rang. Ainsi, lorsque Tespèce a besoin d'être démontrée, c'est au genre que Ton a recours. Si l'on suppose, par exemple, que la majeure du syllogisme :
Tous les Européens sont mortels.
Les Français sont Européens,
Donc, etc., ait besoin d'être prouvée, le moyen terme du nouveau syllogisme sera un genre, le genre homme ou tmis ks hommes, par exemple ; et, si ce second syllogisme doit être prouvé, c'est à un genre encore plus haut que l'on aura recours, tel que tous les êtres corporels ou tous les êtres créés. Ainsi, dans la théorie des termes, le genre est supérieur à l'espèce, dans la théorie du syllogisme, il est tantôt supérieur et tantôt subordonné à l'espèce ; il est subordonné à l'espèce dans un seul syllogisme, il est supérieur à l'espèce dans une série de syllogismes, et tout cela, non conformément à des règles fixes et bien définies, c'est-à-dire conformément à la logique rationnelle, mais pour satisfaire aux exigences arbitraires, et pour dissimuler les con-