ESQUISSE DE L ANCIENNE LOGIQUE
et, par sa compréhension et en tant qu'espèce, il est contenu dans un autre terme ; de telle sorte chaque terme peut, tour à tour, être moyen terme, grand et petit extrême. C'est l'ensemble de ces règles, formes on opérations qui constitue la méthode, laquelle, comme nous l'avons fait observer, n'est qu'un organum subjectif de la connaissance, un instrument qui guide l'intelligence dans la recherche du vrai, mais qui n'est pas le vrai lui-même, ou qui n'est lié avec le vrai par aucun rapport consubstantiel et absolu. Et ainsi, quand nous raisonnons, nous définissons, nous divisons, etc. , nous accomplissons des opérations qui conduisent l'esprit à la connaissance des choses, mais qui n'ont aucune réalité hors de l'esprit, et n'affectent en aucune façon les choses elles-mêmes.
Mais à côté et au-dessus de ces règles et de ces principes, il y a un principe suprême qui est la condition de toute pensée et de toute connaissance, et partant de la légitimité Ve ces opérations ellesmêmes. D'après ce principe une pensée ne doit pas se nier et, pour ainsi dire, s'annuler elle-même; et, par conséquent , aux règles et aux principes précédents il faut ajouter le principe de contradiction, que Kant a appelé le principe d'identité, et qui peut être ainsi énoncé : Une chose doit être identique à ellemême, ou bien : Une chose ne peut être autre qu'ellemême, en même temps, et sous le même rapport; principe que Ton nous donne comme exprimant la règle suprême de la connaissance et de la vérité.
Tels sont les traits les plus caractéristiques de l'ancienne logique, de la logique qui réclame Àrigtote pour son fondateur, — nous allons voir avec quelle raison,— qui a été enseignée pendant des siècles et est toujours officiellement enseignée dans les écoles, et qui forme la charpente de toutes les logiques qui ont paru jusqu'à la logique de Hegel , quelles que soient d'ailleurs les différences qu'on pourra découvrir dans leur disposition extérieure, et dans quelques points secondaires et peu importants.