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Quelque utile que puisse être dans sa sphère ce genre de connaissances philosophiques, il faut d'à-
(\) Le texte porte Der intelligenz, économie de l'intelligence.
(2) L'expression principes philosophiques se trouve très-fréquemment dans la bouche des hommes d'État d'Angleterre, même dans les discussions publiques , lorsqu'elles roulent sur l'économie politique. Dans la séance de la chambre des communes du 2 février 4823, à l'occasion de l'adresse en réponse an discours du trône, Brougham s'exprimait ainsi : c Les principes élevés et philosophiques, — ■ et c'est bien là le nom qui leur convient,— d'un homme d'État, touchant la liberté du commerce, sur l'admission desquels Sa Majesté a aujourd'hui félicité le Parlement, etc.
Mais ce n'est pas seulement un membre de l'opposition qui tenait un semblable langage. Dans le banquet annuel donné le môme mois par la Société des armateurs, sous la présidence du premier ministre, lord Liverpool, qui avait à ses côtés le secrétaire d'État Canning, et le payeur de l'année, sir Charles Long, Canning, eu répondant aux convives qui avaient porté sa santé, ditt « Une période nouvelle vient de commencer, où les ministres peuvent appliquer au gouvernement de ce pays les sages maximes d'une philosophie profonde. » Quelle que soit la différence de la philosophie anglaise et de la philosophie allemande, lorsqu'on voit souvent ce mot employé pour désigner quelque chose de plaisant ou de fastidieux, ou comme une sorte de sobriquet, l'on doit être fort aise de le voir honoré par la bouche d'un homme d'État d'Angleterre.
(Note de l'auteur.)
bord se rappeler qu'il y a des objets, tels que la liberté, l'esprit, Dieu, qui appartiennent à un autre ordre de connaissances, et qu'on ne peut faire rentrer dans le cercle des premières, parce qu'ils ne sont pas du domaine de l'expérience. Et si on ne peut les trouver dans l'expérience, ce n'est pas qu'ils échappent à toute expérience. Car ils ne peuvent, il est vrai, être perçus par les sens, mais on peut les observer dans la conscience. C'est là, en effet, une proposition identique (1). S'ils sont en dehors de toute expérience, c'est donc parce qu'ils sont infinis quant à leur contenu.
REMARQUE
Il y a un ancien principe qu'on attribue ordinairement, bien qu'à tort, à Àristote, comme s'il exprimait le point fondamental de sa doctrine : « nihil est in intellectu quod non prius fuerit in sensu. » La philosophie spéculative ne doit pas rejeter cette proposition, mais elle doit aussi admettre le principe contraire :
(1) C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'expérience sans la conscience, ni de conscience sans l'expérience. Ainsi, par objet d'expérience, l'auteur entend tout ce qui tombe dans le domaine de la conscience. Mais Dieu, l'Esprit, étant des objets infinis, ou, suivant l'expression de l'auteur, ayant un contenu infini , ne peuvent être saisis que par la pensée. Ce que l'expérience peut saisir de Dieu et de l'Esprit, ce sont leurs manifestations extérieures, mais non le fond même de leur être.
« nihil est in sensu quod non prius fuerk in inteUeclu, » en y attachant la signification générale que le vow * et, dans un sens plus profond, l'esprit est la cause du monde, et ensuite que le sentiment moral et religieux est uu sentiment (1), et, par conséquent, un fait d'expérience, dont le contenu a sa racine et son siège dans la pensée (2).