S XXII
C'est la réflexion qui opère un changement dans l objet, en le disant passer par la sensation, l'intuition et la représentation. Et ce n'est qu a la suite d'un changement que la vraie nature d'un objet se manifeste à la conscience.
S xxm.
Puisque la vraie nature des choses se manifeste sous Faction de la réflexion, et que la pensée réfléchie est ma propre activité, les choses peuvent être considérées, à cet égard, comme le produit de mon esprit, en tant que sujet pensant, en tant que moi dans son état d'universalité simple et réfléchie (1), et de liberté.
-'(, Bâùcktefade* /cas. Le moi qui demeure avee loi-même.
854 INTRODUCTION Î)B BfiGfeL.
REMARQUE
L'on entend souvent l'expression se penser soimême (1), et l'on croit y voir une idée importante; mais il n'est pas plus donné de penser que de se nourrir pour un autre. Ce n'est donc là qu'un pléonasme.
C'est dans la pensée que réside la liberté, parce qu'elle est l'activité de l'universel, et qu'elle constitue un rapport simple avec soi, un état interne et réfléchi où s'absorbe tout élément subjectif, et où, par rapport au contenu, on est tout entier dans l'objet et dans ses déterminations*
On accuse souvent la philosophie d'orgueil ; mais la réserve et la modestie consistent à ne s'attribuer aucun mérite ni aucune faculté particulière. Il serait donc bien plus juste de dire que le philosophe est libre de tout sentiment d'orgueil. Car la pensée, qu'on la considère relativement à son contenu , et lorsqu'elle pénètre dans la vraie nature de l'objet, ou bien relativement à sa forme, n'est pas un fait, une manière d'être du sujet, mais c'est la conscience, le moi pur qui se maintient indépendant de toute circonstance, et de tout élément particulier et étranger, et qui ne produit que r universel, où il s'identifie avec les individuSé
(4) Selbstdenken. Toute pensée, quelle qu'elle soit, aboutit au inoi et a sa racine dans le moi, de sorte que penser, c'est, en définitive, se penser soi-même et penser pour soi.
ixtiodcctio* de hkel. 255
Arislote exige que le philosophe conserve sa dignité dans ses rapports. Sa dignité doit précisément consister à ne pas s'arrêter à ee qu'il y a ai lui de particulier et d'accidentel, à le faire disparaître de la conscience, et à n'y laisser pénétrer que l'universel et l'essence.