AVERTISSEMENT. VU
être simple et naturel, pour me servir des expressions consacrées, et s'élever jusqu'à l'éloquence. Mais la logique , la logique hégélienne surtout, n'admet pas de ces tempéraments ; je veux dire qu'elle n'admet que le langage abstrait et sévère de la science. Le devoir d'un traducteur , surtout lorsqu'il s'agit d'une œuvre scientifique, est de reproduire aussi fidèlement qu'il le peut la pensée de l'original, et de subordonner les exigences locales et finies du langage aux exigences universelles et absolues de la pensée. C'est là la règle que j'ai suivie dans la traduction , ainsi que dans les notes et l'introduction, bien que moins strictement dans ces dernières. Aussi, tout en essayant de rester dans les formes ordinaires et çonvenuesdu langage, n'ai-je pas hésité à adopter l'expression hégélienne, ou à en inventer une nouvelle, lorsque je n'en ai pas trouvé dans la langue qui pût rendre la pensée du texte, ou ma propre pensée.
Paris, 29 août 1859.
2 CtlAl'ITHK raRMIKH.
de son activités suit pour Iriomplu^r des adversaires que chacun doit rencontrer dans sa carrière. C'est là ce qui lait que la logique est, avaries mathématiques, la pins populaire des sciences abstraites; car chacun seul, comme par instinct, que, pour bien agir, il faut bien penser, et que, par conséquent, la science qui étudie les lois de lu pensée mérite l'attention de tout être raisonnable. Et comme il n'y a ni science, ni art, ni occupation pratique qui ne soit fondée sur la pensée, et qui n'exige l'exercice normal des facultés logiques, on conclut naturellement de là (pie la logique est une science qui embrasse dans son domaine le champ entier de l'intelligence et do l'activité humaines.
Mais si la logique, lorsqu'on la considère abslrao tivement, occupe tin rang si élevé dans l'opinion commune, elle est loin, il faut bien le .dire, de répondre il l'allenle générale et de tenir ce qu'elle promet, lorsqu'on la considère dans sa fprnie actuelle, et telle qu'elle est exposée dans les livres ou enseignée dans les écoles* Et c'est là ce qui explique pourquoi, tandis que les mathématiques ont vu augmenter le nombre de leurs sectateurs, et s'agrandir le champ de leurs recherches et de leurs applications, la logique s'est vue de plus en plus négligée et délaissée; et l'on peut même dire que, si elle est toujours enseignée dans les écoles, il faut plutôt l'attribuer aux traditions de renseignement scolaire qu'à un désir sérieux de l'apprendre ; et cela malgré son inq>ortaJucc réelle