REMARQUES PRELIMINAIRES
et avouée, non-seulement par rapport à la connaissance en général, mais par rapport aux mathématiques elles-mêmes, puisque la connaissance mathématique suppose l'existence et l'application des lois logiques. C'est que cette science, qui a pour objet de régler et de fortifier les facultés naturelles de l'esprit, telle qu'elle est maintenant constituée, est plutôt propre à les égarer et à les vicier ; car, ses théories ne nous offrent qu'un assemblage de formules vides, de règles arbitraires et de méthodes artificielles qui no sont d'accord , ni avec elles-mêmes , ni avec les chose* auxquelles on les applique. Et ce n'est que par suite d'un faux enseignement et de fausses habitudes d'esprit, et qu'en pervertissant ou en mutilant les faits, qu'on est amené à penser que la réalité concrète, — les choses de la nature ou de l'esprit, — son perçues et connues par nous conformément aux lois tracées par la logique.
On a, à la vérité, depuis longtemps compris ce qu'il y a d'insuffisant dans l'ancienne logique, et plusieurs tentatives ont été faites, depuis Ramus, pour reconstruire celte science sur des bases nouvelles. Mais jo n'hésite point à affirmer que toutes ces tentatives ont échoué, et qu'elles n'ont pas seulement échoué, mais qu'elles ne sont qu'une reproduction inférieure dosf théories qu'elles prétendent renverser et remplacer. Car il n'y a rien dans Vorgamm de Bacon, ou dans la philosophie de Descartes (1), en ce qui concerne les
(l) Discours sur la métimle,Hètjkspour bien conduire sa pensée.