‹ Logique de Hegel (volume 3)Chapitre 87 sur 89 · S LXXVII · texte numérisé non relu

S LXXVII

Mais ces deux doctrines diffèrent par les points suivants :

1° La philosophie cartésienne part de ces principes indémontrés et considérés par elle comme indémontrables , pour les appliquer et arriver à des connaissances ultérieures, et, par là, elle a fondé la science des temps modernes. La philosophie de la science immédiate, au contraire, est bien arrivée à ce résultat important que là connaissance, qui ne s'appuie que sur des déterminations finies, ne peut sortir de la sphère du fini, et n'est pas au fond une vraie connaissance. Elle aspire, par conséquent, à la connaissance

la proposition, Dieu est l'être dont la notion est inséparable de ï existence. ( Note de l'auteur. )

EflftûIKJCIKXf DE U6EL. 347

de Dieu. Mais cette connaissance n'est dm elle qu'une aspiration , parce qu'elle s'arrête à uoecroyance purement abstraite (1).

2" La doctrine de la croyance ne change rien à la méthode ordinaire et que Descartes a suivie, et die l'applique de la même manière à la connaissance expérimentale et finie. Mais elle rejette cette méthode, on pour mieux dire, puisqu'elle ne suit aucune méthode, die rejette toutes les méthodes, lorsqu'il s'agit de la connaissance de l'infini. Elle s'abandonne ainsi aux mouvements indisciplinés de l'imagination et de la sensibilité, à une moralité arbitraire et de convention, à ces jugements et à ces opinions qui ne reposent sur aucun principe, et qui sont les adversaires que la philosophie a le plus à redouter. Or, la philosophie ne peut admettre des affirmations tout à fait gratuites, de purs produits de l'imagination, ni ce ballottement d'opinions et de pensées.

S LXXYffl.

Et il ne peut être ici question de l'opposition de deux termes indépendants , d'une connaissance im-

(I) Anselme dit, au contraire : Ne§ti§ctOm wàH màehr à fostfâcm comfirmdti sont m fide, «m studemm, fwd crétins iaUW§tre (Tract, cm* 1km homoj. Ainsi Anselme a posé à renseignement chrétien une tâche bien autrement difficile que ne la loi pose la nouvelle doctrine de la croyance.

(KêU 4* rtmUwr.)

médiate d'un côté, et d'une médiation qui ne saurait se concilier avec la première , de l'autre , parce que cette opposition ne serait ici qu'une simple supposition, une affirmation tout à fait arbitraire (1). De même il faut rejeter au début de la science toutes les autres connaissances, ou opinions préconçues, qu'elles viennent de l'expérience ou de la pensée. Car c'est à la science elle-même qu'il appartient d'étudier toutes ces déterminations et leur caractère, leurnature, ainsi que la nature de leurs contraires.

REMARQUE

Le scepticisme , en tant que science négative qui s'étend à toutes les formes de la connaissance , serait comme une introduction où Ton montrerait l'insuffisance de ces suppositions. Mais ce serait là un moyen peu rassurant pour l'esprit, et en même temps superflu. Car la méthode dialectique contient, comme on le fera voir, les deux moments, le moment affirmatif et le moment négatif de la connaissance. Ensuite ce scepticisme ne pourrait trouver ces , formes finies de la connaissance (2) que par un procédé purement empirique (3) , et il les prendrait telles qu'elles lui sont données par l'expérience. Le scepticisme

(i) Conf. S lxv.

(a) Toute forme est finie, prise séparément.

(3) Précisément parce qu'il les prendrait hors de la science elle-

EvntODucnœc de hegel. 349

parfait ne diffère pas de la science qui pose en principe le doute universel, c'est-à-dire, de la science qui rejette toute hypothèse et n'adpiet que ce qui est démontré. Cette science a surtout son fondement dans la libre détermination de ne vouloir s'attacher qu'à la pensée pure, à la pensée qui fait abstraction de tout élément contingent et étranger, et qui saisit son objet dans toute sa simplicité.

même. Couf., sur ces différents points, Itof/vd. à Ut PkàL de Hegel, c*. IV, $ r.

FIS MT TOJUE

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