S LXXV
Si Ton considère le point de départ,Ton verra que la doctrine de la science immédiate l'a ramené à celui delà philosophie cartésienne. Dans les deux Ton pose en principe :
1° L'indivisibilité de la pensée et de l'être du sujet
(1) Faktischy parce qu'on ne peut démontrer rigoureusement la vérité ou Terreur en dehors de la science. Tout ce qu'on peut faire, c'est montrer la vérité ou la fausseté du fait.
(2) Il veut dire que le moment médiat et le moment immédiat sont inséparables, et qu'ils sont donnés l'un d^ns l'autre,
pensant, le Cogito, ergo sum y la conscience qui révèle immédiatement l'être, la réalité, l'existence du moi. Descartes déclare formellement (1) que, par pensée, il entend la conscience, et que cette indivisibilité est la connaissance première, la connaissance la plus évidente, et qui, par conséquent, n'a pas besoin d'être démontrée ;
2* L'indivisibilité de la pensée de Dieu est de son existence, de sorte que la pensée de Dieu contient son existence, laquelle est nécessaire et éternelle (2) ;
(i) Principes pkilos. y 1,9.
(2) Descartes, Princ. pkil y I, 15 : Magis hoc (Ens somme pcrfectum) existera crcdct, si attendri, nuUius alterius ret iàeam apud se hwenhi, m qua eodem modo necessarùm existentUm contineri amuwdtertat;—mteUiget, ilUm ideam exkibere reram et immutabilem naturam, quœque non potest non existerc, cum necessaria eristentia m eo contineatur. — Les développements qu'il y ajoute, et auxquels H a donné la forme d'une preuve, ne changent pas la valeur de cette proposition fondamentale. Spinoza pose également en principe que l'essence, c'est-à-dire la pensée abstraite de Dieu, contient l'existence. H définit d'abord Dieu causa sm', parce qu'il est un être cujus essen&a invohit existentiam : site id cujus notera non potest concipi nm existens, définition qui repose sur le principe de l'indivisibilité de la notion et de l'être. Mais quelle est la notion dont le signe est de ne pouvoir être séparée de l'existence? Ce n'est pas la notion des choses finies, car le caractère distinctif des existences finies c'est la contingence. Que chez Spinoza la !!• proposition, Dieu existe nécessairement, et la S0\ L'existence et l'essence sont en Bien une sente et même chose, soient suivies d'une preuve, ce n'est là qu'un procédé formel et superflu de celui qui démontre. Cette démonstration : Dieu est la substance et la seule substance; mais la substance est causa m, donc Dieu existe nécessairement, équivaut à
3° Quant aux choses extérieures, avoir la connaissauce immédiate de leur existence > c'est en avoir la connaissance sensible ; mais c'est là à peine une connaissance. Ce qu'il importe de" savoir , c'est que la connaissance immédiate des choses extérieures n'est qu'illusion et erreur, qu'il n'y a pas de réalité dans ces choses, et qu'elles ne sont que des existences contingentes, transitoires, et qu'une simple apparence, des existences qui ont pour propriété essentielle de pouvoir être séparées de leur notion et de leur essence.