CXLII
(1) Das Nichts, néant , non-être, ^C est la négation qu'il faut se représenter ici dans son état le plus abstrait et le plus indéterminé.— Et, en effet, dans le positif et le négatif, dans le tout et les parties, dans l'un et plusieurs on retrouve l'être et le non-être, mais sous une forme plus déterminée et plus concrète, et combinés avec d'autres éléments.— - L'être pur c'est l'abstraction pure, c'est-à-dire l'être qui n'est que l'être, dont on ne peut rien affirmer, pas même qu'il est; car cette affirmation suppose à côté de Vêtre au moins la pensée de l'être, soit que Tôlre s'affirme lui-même, soit qu'il soit affirmé par un autre que lui. Il est donc l'être absolument indéterminé. Mais l'être absolument indéterminé , c'est l'être et autre chose que l'être, c'est l'être et ce qui n'est pas l'être, c'est, en un mot, l'être et sa négation le non-être. Conf. paragraphe suiyant, et mpn IV'tro^,, ch. XII,
<}ualitë. 13
soi est indéterminée et entièrement dépourvue de formes et de contenu y ou bien a que Dieu est la plus haute essence et qu'il n^est que cela, » car, de cette manière, on se représente Dieu comme une négation. Le néant des bouddhistes, qui est le commencement et la fin des choses, exprime la même abstraction. 2** Lorsqu'on entend énoncer l'opposition de l'être et du non-être sous cette forme immédiate^ on la trouve si extraordinaire, ([u'on lui refuse une réalité, et,ji'un autre côté, Ton s'étonne qu'on ne cherche pas plutôt à fixer Têtre efr à empêcher son passage dans son contraire. D'après ce point de vue, la réflexion devrait s'attacher à trouver dans Têtre une détermination absolue par laquelle il se distinguerait du néant. C'est ainsi que Ton est conduit à confondre Vêtre avec la matière, par exemple , qui est susceptible d'un nombre infini de déterminations , mais qui demeure invariable sous tous les changements (1) ; ou bien à le considérer comme une existence individuelle, comme Tobjet sensible (2), ou spirituel (3) le plus parfait. Mais ce ne sont là que des déterminations ultérieures et plus concrètes de l'être. L'être en lui-même , tel qu'il est ici au commencement et dans son état immédiat, n'est autre chose que Vêire
(I) Les matérialistes en général.
(t) Les matérialistes, qui se représentent Dieu comme un être et lui donnent un corps.
(3) Les spiritualistesqui se représentent Dieu comme être et comme personne.
pur. Seulement, dans cet état d'indétermination il est le néant y une chose qu'on ne peut nommer j et sa distinction d'avec Tôtre n'est qu'une simple opinion (1). Le point essentiel, dont il faut bien se pénétrer à ce sujet, c'est que ce qui fait le commencement ce sont ces abstractions vides (2), et que chacune d'elles est aussi vide que Tautre. Le désir (3) de trouver dans l'être, ou dans l'être et le non-être, une signification déterminée, est cette nécessité même qui amène les déterminations ultérieures de l'être et du non-être, et leur donne une valeur plus réelle et concrète. Le développement et Texposition de ces déterminations forment l'objet de la logique. La réflexion, qui trouve dans l'être et le néant .des déterminations plus profondes, est la pensée logique qui les produit, non d'une manière accidentelle, mais en vertu d'une nécessité intérieure.
Toutes les déterminations ultérieures de l'être et du néant peuvent, par conséquent, être considérées comme des déterminations plus exactes et des définitions plus vraies de l'absolu. Par là, l'absolu n'est
(1) Ein blosse Meinung. Voy. ^suiv.
(2) Durflige, leere Abstrakiionen. Ces expressions qui reviennent souvent chez llegel ne désignent pas des déterminations qui ne sont pas, ou qui n*ont pas de Valeur, mais des déterminations qu'on substitue à Têlre, à la chose entière, ce qui fait qu'au lieu d'avoir la chose elle-même, on n'en a qu'une abstraction, c'est-à-dire, une face, ou une partie^
(3) Die Trieb, La tendance, le mouvement nécessaire de Pidôe*
plus, comme ici, une abstraction vide, mais une existence concrète où Tétre et le non-i>tre ne sont plus que cjes moments.
La plus haute forme du néant pour soi serait la libertéj mais celle-ci est la négation qui a atteint son plus haut degré d*intensité, et qui est en môme temps une affirmation absolue (1).
s LXXXVIII.
Le non-ôtre, en tant qu'il forme une chose immédiate et identique à soi, ne diffère pas de l'être (2). La vérité de l'être et du non-être se trouve , par conséquent, dans l'unité de tous les deux, et cette unité c'est le devenir (3) .
(\) La liberté absolue s'affirme elle-même et nie son contraire; mais, pour qu'elle le nie, il faut qu'elle le contienne, et qu'elle TefTace tout à la fois.
(2) Les propositions : « L'être est le non-être; Vêtre ne diffère pas dM non-être, » ne veulent point dire que l'être et le non-être ne font absolument qu'un, mais qu'ils s'appellent réciproquement. De même, la proposition « le devenir fait l'unité de Vêtre et du non-être » ne veut point dire qu'il n'y a qu'un seul terme dans le devenir, mais que l'être et le non-être se trouvent enveloppés dans le devenir. Du reste, ainsi que le fait remarquer plus bas Hegel , la proposition est une forme inadéquate à la pensée spéculative. Ce qu'il faut, par conséquent, s'appliquer à bien
saisir ici, comme dans les déterminations suivantes, c'est le rapport et l'énchaînemenl idéal et absolu des termes. Voy. sur les notions d'ttmfé et d't(2en(i7d comme impliquantla multiplicité et la différence, plus bas $$ cxv et suiv., Grande Lo{fique, r*part., pag. 88 et suiv., et mon Introduction, p. 93.
(3) Ce qui devient est et n'est pas. Hegel ne fait qu'indiquer
REMARQUE
l** La prOi^osition, Vèlre et Iç néant sont une seule et même chose ^ paraît si absurde à la faculté représentative et à rentendement, qu'on ne saurait croire qu'elle puisse être prise au sérieux. Et, en effet, c'est là le point le plus difficile que la pensée ait à franchir. Car l'être et le néant constituent l'opposition dans sa forme tout à fait immédiate, ce qui fait croire qu'il n'y a pas, encore dans l'un des deux termes une détermination qui puisse le mettre en rapport avec l'autre (1). Mais nous avons démontré dans le paragraphe
ici le résultat de la démonstration qui se trouve dans la Grande Logique, et par laquelle, après avoir posé l'être et le non-être, il ramène ces deux termes à l'unité.
(1) Dans les déterminations ultérieures de l'idée, il est plus facile de trouver un moyen terme ; mais ici, "où Ton n'a encore que deux termes, il semble qu'il ne puisse y avoir de médiation. , Cependant la médiation est donnée avec ces deux termes, et il ne s'agit que de l'en dégager par voie d'analyse, et cette analyse consiste ici à retrouver le non-être dans l'être. Or, l'être qui n'est que l'être, est l'être absolument indéterminé et dont on ne peut rien dire. Car on ne peut pas dire qu'il est toutes choses, puisque tout et chose sont des déterminations autres que l'être. On ne peut pas dire non plus qu'il est. Car en disant qu'i/ est, ou l'on suppose qu'il y a un sujet qui affirme et qui se distingue de lui, c'est-à-dire qui est autre chose que l'être ; ou bien si c'est l'être qui s'affirme lui-même, on nura et l'être et l'affirmation de lui-même, c'est-à-dire encore, autre chose que l'être. Or l'être absolument indéterminé est le non^tre, ou si l'on veut, il n'est pas.
QCAUTÉ. 17
précédent que cette détermination eiî^te^et qu'elle est identique dans tous les deux (1) . La déduction de leur unité est, par conséquent, purement analytique ; et en général le développement de la pensée philosophique qui s'accomplit suivant la méthode, c'est-à-dire, conformément à la nécessité intérieure des choses, ne consiste qu'à poser ce qui est déjà contenu dans une notion.
. Il est tout aussi vrai de dire que Têtre et le néant sont identiques, que de dire qu'ils diffèrent, et que lun n'est pas ce qpi'est Tautre. Seulement, comme l'être et le néant sont ici dans leur état immédiat , et que la différence n'y est pas encore déterminée, celleci n'est, dans des termes ainsi posés , qu'une pensée qu'on ne saurait exprimer ni définir (2) .
(0 L*être est Taffirmation absolument abstraite et indéterminée et qui, partant, ne se nie elle-même, c'est-à-dire appelle la négation, et le non-être est la négation absolument abstraite et indéterminée, et qui partant, n*est pas, c'est-à-dire, se nie ellemême et appelle Têtre.
(3) Bas Vnsagbare, die blosse Meinung, Littéralement, ce qu'on ne peut pas nommer, une simple opinion, Lofsqu*on dit qu'une chose diffère d'une autre, on peut indiquer, d'une part, quel est l'élément commun de ces deux choses , et , d'autre part, quelle est leur difîérence. Par exemple, on détermine la différence de deux espèces en les rapportant d'abord à leur genre commun. Mais ici on n'a que l'être et le non-être, qu'on ne peut comparer qu'entre eux, puisque tout autre terme qu'on pourrait employer serait un terme plus concret qu'eux, et qui les supposerait. Or, l'être et le non-être étant tous deux absolument indéterminés, on peut dire, à cet égard, qu'ils sont tout aussi bien identiquet T. n, 3
18 LA SClËiNGË m LÊTKE.
2"* C'est faire ime dépense d'esprit inutile que de tourûer en ridicule cette proposition : « l'être et le , néant sont une seule et même chose r>, en alléguant des conséquences absurdes, qu'on prétend à tort dériver de cette proposition. Si l'être, dit-on, et le non-étre sont identiques, ma maison, mon bien, l'air k l'égard de là respiration, telle ville, le soleil, le droit, Tesprit, Dieu sont et ne sont pas, et il m'est indifférent qu'ils soient ou qu'ils ne soient pas.
Mais, d'abord, dans ces exemples, on substitue à l'être et au néant purs et abstraits, des fins particulières et des choses qui ont une utilité pour moi , et l'on se demande ensuite s'il m'est indiflérent que telle chose, qui m'est utile, soit ou ne soit pas. Dans le fait , la philosophie est précisément / la science qui doit affranchir l'homme de ce nombre infini de fins et de vues particulières, et le placer dans un état d'indifférence telle , que ce soit une seule et même chose pour lui, que cet objet existe ou n'existe pas.
Ensuite, dans ces exemples, il est question d'objets qui n'existent que parleur rapport avec d'autres existences et d'autres fins, lesquelles sont supposées
que diiïéronts. Leur difTérence n'est, par conséquent, qu'une simple opinion, en ce sens qu'elle ne peut pas être démontrée k r^ide de moyens termes, comme cela a lieu pour les déterminations ultérieures, mais seulement constatée, et constatée en pensant riudéterminatioa absolue de rôtre qui appelle nécessairement le non^ètre.
QUAUTÉ. 19
comme ayant une réalité. Et c'est de ces suppositions qu'on fait dépendre la différence de Tôtre ou du non-étrè d'un objet déterminé. L'on substitue par là à la différence abstraite de Tètre et du néant la difTérence des exislences concrètes.
Il y à, il est vrai, des fins essentielles, des existences, des idées absolues qui viennent se ranger en partie sous les déterminations de Tétre et du nonêtre. Mais ces objets concrets ont aussi d'autres déterminations que celles de l'être et du non-^tre, lesquelles sont les plus pauvres , par cela même qu'elles forment le commencement; ce qui fait qu'elles sont inadéquates pour exprimer la nature de ces objets, dont la réalité est bien au-dessus de ces abstractions et de leur opposition. Et ainsi, en substituant un objet concret à l'être et au néant purs, l'on tombe dans ce vice habituel de la pensée, qui consiste à se représenter les choses tout autrement qu'elles ne sont, à confondre des objets distincts et à parler des unes comme on devrait parler des autres. C'est ce qui arrive ici, où il n'est question que de l'être et du non-être abstraits.
S"" L'on dira que T unité de l'être et du néant ne |)eutse comprendre. Nous avons cependant montré, dans les paragraphes précédents, quelle est la notion de cette unité, et cette notion n'est autre que celle que nous en avons donnée. Concevoir cette unité d'une manière conforme à la notion, c'est la corn-
SO LA SCIENCE DE l'ÊTRE.
prendre (1). Mais par comprendre, on n'entend pas généralement connaître par la notion propre de la chose ; outre la notion, l'on veut une connaissance plus riche et plus variée, une connaissance qu'on puisse se représenter, et où l'on puisse retrouver la notion comme un des faits concrets auxquels la pensée s'applique ordinairement. Puisque cette impuissance de comprendre tient à ce qu'on n a pas l'habitude de conserver les pensées abstraites, pures de tout mélange sensible, et de saisir le sens intime des propositions spéculatives , tout ce qu'il y a à dire à ce sujet, c'est que la connaissance philosophique n*est pas la connaissance vulgaire, et qu'elle ne s'obtient pas non plus par les mêmes procédés qu'on emploie ordinairement dans les autres sciences. Si, lorsqu'on prétend qu'on ne peut comprendre l'unité de l'être et du néant, on veut dire qu'on ne peut pas se la représenter, en ce cas, l'on s'éloigne d'autant plus du vrai que, dans le nombre infini des représentations, il n'en est pas qui ne contienne celte unité. Et, en disant qu'il est impossible de se représenter cette unité, l'on ne peut vouloir dire autre chose, sinon qu'on ne retrouve pas la notion dans chaque représentation particulière , pour ainsi dire , à l'état d'exemple. Qu'on prenne le devenir ^ chacun peut se représenter le devenir, et l'on accordera que c'est là
(\)lBegiiff, notion; hegfeifen, saisir la notion d'une chose, ou eonn^âtre suivant la notion.
une seule elmôme représentation (1). L'on accordera^ de plus^ que lorsqu'on Tanaly^ on y trouve la àé^ termination de VêtrCy comme aussi de son contraire, le néant; Ton accordera enfin que ces deux déterminations se trouvent réunies dans une seule et même représentation. Le devenir est, par conséquent, Tunilé de Tétre et du néant. Un autre exemple semblable à celui-ci est fourni par le' commencement. Une chose n'est pas encore en commençant. Cependant son commencement n'est pas un pur néant, mais il fait aussi son être. Le commencement est le devenir, mais un devenir qui exprime un rapport avec un développement ultérieur.
L'on pourrait, pour s'accommoder à la marche ordinaire de la science, débuter dans la logique par la représentation de la pensée pure du commencement, c'est-à-dire du commencement considéré en tant que commencement, et puis analyser cette représentation. L'on arriverait peut-être, par ce moyen, à démontrer d'une manière plus facile et plus satisfaisante l'indivisibilité de l'être et du néant, dans une troisième notion.
4"* Il faut aussi remarquer qu'on a raison- 4'être
(0 Dans les choses qui devienaent. Il va sans dire que c*est du devenir dans sa notion, ou de la notion du devenir qu*il est question ici. L'être et le non-ètre, qui sont deux notions absolument indéterminées, s'appellent l'un Tautrei pour sortir de cet état d'abstraction, et pour se déterminer réciproquement, et cette première détermination est le ^enir.
2S LA SCIENCE DE l'ÊTRE.
Choqué de ces expressions : <c l'être et le néant sont une seule et même chose ; l'unité de Vêtre et du néant, ttu sujet et de l'objet, etc. if> En effet, on pose comme constituant Tunité un terme qui contient la différence (par exemple, la différence de Tètre et du néant, dont ce terme serait Tunité), puis Ton supprime et on ne reconnaît pas cotte différence, et on en fait abstraction, comme si elle n'était pas pensée dans la proposition. C'est là ce qu'il y a d'équivoque et d'inexact dans ces expressions. Le fait est qu'une détermination spéculative ne peut être exactement exprimée sous forme de proposition. Dans ces déteiminations, il faut saisir, avec l'unité, la différence qui y est posée et contenue. Le devenir est la vraie expression du résultat des déterminations de Têtre et du néant, en tant qu'il forme leur unité, et il n'est pas seulement Tunité de l'être et du néant, mais l'unité essentiellement mobile (1), c'est-à-dire l'unité qui ne forme pas un rapport immobile avec elle-même, mais qui , par suite de la différence de l'être et du néant qu'elle contient , se nie elle-même tout en conservant son unité (2) .
Vtfistence, au contraire, est cette unité, ou le devenir sous celte forme d'unité; elle est, par conséquent, limitée et finie. L'opposition s'y trouve comme
(I) iHe Vfiruhc m sich. Parce que dans le devenir est immédiatement donné le passage à ce qui devient.
{%) M sich gegen stch selM t>/. C*est-à dire , il contient la négation en lui-même.
si elle avait disparu. Elle est contenue virtuellement (an sich) dans son unité^ mais elle n'y est pas ^ooiti posée (1).
(\) Gesetzt. Le développement de la Dotioil se fait par Iç passage d*Qn état virtuel à un état qui réalise et pose le premier, de telle sorte que chaque détermination contient im doublé élément. Elle pose un moment virtuel de là notion, el elle f^l elle-même le moment virtuel d^une détermination uUérieuri^ Ainsi, par exemple, le devenir pose Tunité de Tètre et du n^t, et contient, en même temps, Yexistence, laquelle contient à son tour virtuellement une autre détermination, et ainsi de suit«i. Tous ces points se trouvent plus longuement développés dans )a Grande Logi(j[ne, p. 79-108. J'y trouve, entre autres choses, ces passages :c^Il ne seraitpas difficile de prouver que cette unité de Tétre et du néant se rencontre dans tous les événements, dans tous les objets et dans toutes les pensées. L'on doit dire de Têtre et du néant ce qu'on dit de la forme immédiate et de la médiation des choses, à savoir qu'il n'y a rien au ciel ni sur la terre qui ne les contienne tous les deux. Lorsqu'on parle d'une chose réelle, ces deux déterminations se traduisent par l'élément positif et par l'élément négatif, deux déterminations réfléchies qui ont pour fondement l'être et le néant immédiats. £n Dieu lui-même, la 'qualité, l'activité, la création, la puissance, etc., contiennent essentiellement des déterminations négatives, par exemple la production d'un être autre que lui (p. 8i ). » Et plus bas (p. 92) : «Peut-être se représente-t-on l'être pur sous l'image de là pure lumière, et le néant pur sous l'image de la pure nuit. Mais si l'on applique cette représentation sensible à l'être et au néant, l'on s'assurera facilement que dans la clarté absolue on voit autant et aussi peu que dai^s la nuit absolue. Lumière pure et nuit pure sont deux déterminations également vides. Ce n'est que dans la lumière déterminée— et la lumière est déterminée par l'obscurité, comme celle-ci Test par la lumière— qu'on peut distinjruer quelque chose, parce que la
24 ul science de l'être.
5^En regard de cette proposition, que le devenir fait le passage de l'être au néant et du néant à l'être, se Iroavent les propositions : a rien ne peut venir du néant, ce qui est ne peut venir que de l'être, » lesquelles établissent l'éternité de la matière et sont le fondement du panthéisme. Les anciens ont déjà fait cette réflexion bien simple, que ces propositions suppriment au fond le devenir. Et, en effet, si on les admet, ce qui devient et ce dont il devient seront une seule et même chose. Ces propositions sont fondées sur Tidentité abstraite de l'entendement; et Ton doit s'étonner de les voir admettre, de notre temps, avec une entière confiance, sans comprendre qu'elles sont la source du panthéisme, et sans savoir que les anciens ont déterminé définitivement la valeur et le sens de ces propositions.