‹ Logique de HegelChapitre 13 sur 137 · S LXXXIX · texte numérisé non relu

S LXXXIX

L'être et le néant, en tant qu'ils ne font qu'un dans le devenir, disparaissent. Le devenir, par suite de cette opposition qu'il contient, passe dans l'unité où

lumière obscurcie, et Tobscurité éclairée, contiennent une différence qui leur domie une existence déterminée.»

Q UAUTÉ. S5

les deux contraires se trouvent supprimés \ et le ré* ra/ta< de ce passage estVexiste$ice (1).

REMARQUE

Nous rappellerons ici une fois pour toutes ce qui a été dit au $ lxxxy et dans la remarque qui y est jointe, à savoir, que la marche et le développement de la science a son fondement dans le résultat , et que c'est le résultat qu'il faut établir dans toute sa vérité. Lorsqu'on rencontre dans un objet, ou dans une notion, la contradiction (et il n'y a pas d'objet où Tonne puisse trouver une contradiction, c'est-à-dire deux déterminations opposées et nécessaires, un objet sans contradiction n'étant qu'une pure abstraction de l'entendement qui maintient avec une sorte de violence l'une des deu:i^ déterminations , et s'effcirce

(1) Daseyn. £lle ii*estpas Yêire^ mais rexistAÙce — da-«e|^— rêtre localisé, d*après Tétymologie du mot. Mais il faut faire ici abstraction de toute représentation de T-espace. Elle est Texislence immédiate déterminéo, ou, si Ton veut, la qualité déterminable. >» Grande Logique^ p. 113.— J*emploie le mot existence^ parce que je n'en trouve pas d*autre qui puisse mieux rendre le Daseyn, Y être-là. Mais Texistence, die Eaistenz, est une catégorie ou un moment de Pidée plus concret que le Daseyn, comme on le verra $ cxxiii. Il faut donc concevoir ici le Daseyn comme un moment où Têtre et le non-être qui deviennent, se déterminent, mais où ils se déterminent de la manière la plu9 abstraite et, pour ainsi dire, la plus indéterminée. Voilà pourquoi Hegel dit que le Daseyn est la qualité détermmabk. Et, en effet, le devenir peut ici devenir toutes choses.

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d'éloigner et de dérober à la conscience la détermination opposée que contient la première) ; lorsqu'on rencontre, disons-nous , Une contradiction, Ton a l'habitude de conclure qu'elle donne pour résultat le néant. C'est ainsi que Zenon soutenait qu'il n y a pas de mouvement, parce que le mouvement contient une opposition, et que les anciens philosophes ont prétendu que rien ne naît ni ne passe (ce sont là deux formes du devenir) , Yun, ou Yabsolu ne pouvant , suivant eux , ni naître ni passer. Cette dialectique s'arrête au côté négatif du résultat et y fait abstraction d'un élément qui y est réellement contenu, à savoir, que ce résultat est un résultat déterminé (1). Ici c'est le néant, mais le néant qui contient l'être, et réciproquement c'est l'être, maisTêtre qui contient le néant. Ainsi : V V existence est l'unité de l'être et du néant, où la forme immédiate de ces déterminations et leur opposition ont disparu dans leur rapport; c'est une unité dont l'être et le néant ne forment plus que deux moments ; S"* comme le résultat est la contradiction effacée, il prend la forme à^uTïe unité simple y ou, si l'on veut, de l'être, mais

(i) C'est-à-dire que celte dialectique ne saisit que le côté négatif de ropposition, et qu'elle ne voit pas que de cette opposition jaillit un terme nouveau positif et déterminé. Ainsi, par exemple, il y a contradictioii dans le mouvement ; mais cette contradiction est l'élément essentiel du mouvement, et celui-ci est un résultat positif et déterminé de la contradiction. Voy. plus bas, § cxïx et suiv.

de l'être qui contient une négation ou une détennînabilité ; c'est le devenir posé sous la forme d'un de ses moments, c'est-à-dire dé Tétre (1).

SXC.

a) L'existence est l'être avec une déterminabilité , mais avec une déterminabilité immédiate et où il n'y a que Tôtre ; c'est là ce qui constitue la qualité (2). L'existence qui dans cette déterminabilité se réflé-

(1) Le Daseyn est Tôtre et le non-être qui sont devenus ; et il leg enveloppe tons les deux. Mais comme il est un résultat, c'est-àdire une unité dans laquelle Têtre et le non-être eu devenant se trouvent identifiés, il n*est d'abord qu'une unité simple et immédiate dont on peut dire seulement qu'elle est.

(2) Et en effet, la ([mliié d'une chose c'est sa déterminabilité immédiatement identique avec son être. Et c'est là ce qui la distingue de la quantité^ qui est bien une déterminabilité de l'être, mais qui ne fait pas un avec lui. Une chose cesse d'être ce qu'elle est en perdant sa qualité, ou, pour parler avec plus de, précision, un être qui, ne posséderait que la qualité, en perdant celle-ci cesserait d'être ce qu'il est. Car ici on n'a que Vitre qualifié^ qu'il faut distinguer non-seulementdes déterminations, telles que la cause, la substance, etc. ; mais de la chose et ses propriétés. Voy. $ cxxv etsuiv. —La qualité est essentiellement la catégorie du fini, ce qui fait qu'elle s'applique surtout à la nature. Ainsi, par exemple, ce qu'on appelle des corps simples Yoxygène, Vazote, etc., ne doivent être considérés que comme de pures qualités. Dans la sphère de l'esprit, la qualité ne joue qu'un rôle subordonné, et elle ne constitue pas une forme essentielle de l'esprit. Le caractère, par exemple, peut se ranger sous la ca-* tégoriede la qualité. Le caractère est une qualité de l'esprit^ mais cette qualité n'est pas aussi inhérente à l'àme, elle ne lui est pas aussi immédiatement identique que leur qualité l'est à roxygène,à Tazote, etc.

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chit sur elle-même (1)^ c'est Yêire existant , le queUque chose (2).

Il faut maintenant indiquer sommairement les catégories qui se développent dans V existence.

$xa.

La qualité, en tant que déterminabilité, qui pos-

(i) In sich reflektirL Veaiatence est Y être avec quaUti on Yêire qualifié^ c'est-à-dire Tètre ayec une différence et une nés^tion. aussi longtemps que cette différence est maintenue, on n*aura que Yexistence immédiate. Mais la négation est inhérente à Vexis^ tence^ ce qui fait que Texistence nie toute autre existence, ou ce qui revient au même, se nie elle-même en se réfléchissant sur elle-même par suite de cette négation (car la négation implique ce double mouvement), et en devenant un être ejnsfant. « L'existence, la vie, la pensée , etc., dit Hegel (Grande Logique) se déterminent essentiellement comme être eaistatU, comme être vivant^ etc. Cette détermination est de la plus haute importance, car il ne faut pas s*arrêter à des généralités telles que Yexistence^ la vie, etc., ni même à la divinité {GottMt) à la place de Dieu.

(2) Daseyendes, Etwas. VÉtant et le quelque wchose. Cependant Texpression quelqtte chose ne rend pas exactement YEtwas, parce que les mots quelque et chose appartiennent à des déterminations ultérieures de la notion. Le gufd des Latins, le t6 xoiov des Grecs, et le un quakhé des Italiens Texprlment plus exactement. Ce qu'il faut se représenter ici, c'est Têtre qualifié particularisé, ou pour mieux dire, l'être qualifié avec une nouvelle négation, car le quelque chose est une négation de la négation. On se représente le quelque chose,ûSLnsrétre t;it;an^parexemp1e, comme une réalité. C'est en effet une réalité, mais c'est aussi ce qu'il y a de plus superficiel dans la réalité. On peut dire que le sujet, ou le moi , est aussi quelque chose, mais entant que quelque chose le Y/ioiest à peine une réalité.

sèdeTêtre (1) vis-à-vis de la négation , négation qu'elle contient, mais qui se distingue d'elle, est la réalité (2) . La négation qui n'est plus le néant abstrait, mais qui est ici posée comme existence déterminée (3), n'est qu'une forme nouvelle de cette existence, c'est une autre existence (4) . Gommé cette autre existence est une détermination de la qualité, elle donne lieu à une nouvelle catégorie, la catégorie de Vêtre pour un autre (5) j qui n'est qu'une extension de l'existence déterminée. L'être delà qualité, comme telle, constitue vis-à-vis de ce rapport Yêtre-en-soi (6).

(\) Seyende bestimmtheit ^ une détermina bilité qui est, qui possède rêtre.

(2) Realitdt. Voy. note 6.

(3) Als ein Daseyn und Etwas. Gomme existence et quelque chose.

(4) Etwas und Anderseyn, Le quelque chose et son contraire Vautre quelque chose, ou littéralement Yêtre-autre. Vetwas c*est rètre déterminé, et Vanderes c*est le non-être déterminé.

(5) Scyn-fûr-anderes, £'est-à-dire que Topposé de quelque chose^ Vautre, a une détermination qualitative, qui, tout eu lui appartenant, appelle un terme autre que lui, par cela même qu'il est l'attire.

(6) Das An-sich'seyn, Ainsi Vélre qualifié ou Vexistence fmméâiate, appelle Vôtre eaistant (seyendes) ou 'e quelque chose (Etwas), et ce quelque chose peut être appelé la RéaUtéiRea* Ut'dt), La réalité, qu'il faut distinguer de la Wirklichkeit , qui, comipe on le verra § cxlii, forme un degré ultérieur et plus concret de la notion, est ce moment où Têtre et le non-être étant devenus quelque chose, produisent le premier deg^ de Texistence concrète, car quelque chose qui devient est une réalité. Ainsi, par exen^le , lorsqu'on parle de la réalité d'un projet , on n'entend dire ni que ce projet est réalisé, ni qu'il est

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