‹ Logique de HegelChapitre 67 sur 137 · S CL · texte numérisé non relu

S CL

Le nécessaire est en soi le rapport absolu, c est-àdire le processus tel qu'il s'est développé dans lés

po88iHUté,\2L contingence j qui est, d'une part, une réalité réelle Mquelle se distingue de la réalité possible, et, d'autre part, une pos^ sibilité réelle et une nécessité relative; et enfin h nécessité absolue, qui est aussi la possiMUté et \di réalité absolue- Et d'abord on a la réalité, mais la réalité à l'état immédiat et sans réflexion, la réalité qui, comme unité de Vinteme et de V externe peut devenir, mais qui n'est pas encore devenue toute réalité, on a, en d'autres termes, la possibilité. Ce qui est réel est possible. Or, la réalité, dans son état immédiat et purement abstrait, n'est qu'une possibilité. C'est une forme, où il n'y a pas encore de contenu, — les choses réelles —mais qui, par cela même qu'il n y a pas de contenu, n'est qu'une forme imparfaite, ou, si l'on veut, elle n'est pas la totalité de la forme, ou la forme absolue. On a donc h possibilité y et la réalité, qui n'est ici qu'une possibilité. Mais il y a dans la possibilité deux côtés, un côté positif, et un côté négatif, une réflexion sur soi, et une réflexion sur un autre que soi. D'après la première détermination, elle est un terme indéterminé et sans rapport, la possibilité de toutes choses ; d'après la seconde détermination , elle n'est la possibilité que relativement, et en vue d'autre chose qu'elle-même, c'est-à-dire, en vue de la réalité. Et, en effet, la possibilité appelle nécessairement la réalité ; et elle ne l'appelle pas seulement, parce qu'on ne saurait la concevoir sans elle, et que celui qui pense la possibilité, ou, pour mieux dire, la pensée même qui pense la possibilité est une réalité, ce qui ne serait que le fait de notre réflexion subjective ; mais parce que la possibilité n'est pas la possibilité de la possibilité , mais la possibilité de la réalité, et que ce n'est qu'à ce tllfc qu'elle est la possibilité, ce qui veut dire qu'elle suppose la réalité, et qu'elle n'est qu'un moment de la réalité elle-même.

170 LA SCIEXÉE DE l'ESSEXCE.

précédents, OÙ le rapport s'efface pour passera

l'identité absolue.

Et, en effet, la pare possibilité n*est qu'âne nbstraction ; c*est rabstraction de la réalité elle-même dans laquelle on a supprimé toute différence, tout rapport et tout contenu. C'est Tidentité pure, ou rôtre pur, ou, ce qui revient au môme, c'est la différence pure, ou le pur non-être, qui se reproduit comme possibilité dans la spbère de la réalité. Lorsqu'on dit que le possible est ce qui ne renferme pas 'de contradiction, c'est qu*on faitabstraction de tout contenu; mais comme il n'y a pas d'être dont le contenu île renferme pas de contradiction, le possible serait, en ce cas, l'impossible (§ 143). D'ailleurs, en disant que Têtre possible est ce qui ne renferme pas de contradiction, on présuppose déjà l'être réel, l'être réel dans lequel on a supprimé tout contenu, et qu'on a réduit à la pure forme de la possibilité. Par conséquent, la possibilité n'est que la réalité elle-même, où, pour mieux dire, elle n'est qu'un moment de la réalité. La réalité est d'abord la réalité immédiate et abstraite, et, comme telle, elle est la possibilité. Elle est donc la réalité delà possibilité, et la possibilité de la réalité, ou pour mieux dire, elle estla réalité possible, et la possibilité réelle, elle est, en d'autres termes, la contingenccLaLCOH" tingence est Tunité du possible et du réel ; elle est leur devenir (§§ cxLvi, cxlh). Dans la contingence la possibilité et la réalité sont ainsi combinées, que non-seulement elles s'appellent l'une l'autre, mais que Tune est donnée dans l'autre. Et, en effet, Têtre contingent est une possibilité, mais une possibilité réelle; et d'un autre côté, il est une réalité, mais une réalité possible, c'est-àdire, une réalité qui, tout en étant, peut n'être pas, ou être au- ' trement qu'elle n'est; ce qui veut dire que l'être contingent contient d'autres possibilités, lesquelles ne sont pas ici des possibilités abstraites et purement formelles, mais des possibités réelles comme lui. Etainsilapossibilîtéd'unêtre contingent fait la possibilité d'un être contingent, et comme la possibilité du premier est une possibilité réelle, la possibilité du second est une possibilté réelle aussi. On a ainsi un ensemble de réalités contingentes

SUBSTANCE ET ACCfDEIHTS. 171

Dans 8a forme immédiate , ce rapport est le rapport de la substance et àe% accidents . L'identité absolue de

dans lesquelles : f" considérées séparément, la possibilité est tme possibilité réelle, et la réalité est une réalité possible, et, ^ considérés conjointement, la possibilité de Tune est la condition de la possibilité de Tautre, et partant la réalité de Tune est la condition de la réalité de Tautre. On a, en d'autres termes, un ensemble d'êtres contingents dont la possibilité et la réalité se conditionnent réciproquement. Par là la contingence est déjà la nécessité. £t, en effet, la nécessité est, et la contingence est aussi. De plus, les possibilités qui forment le monde de la contingence ne sont plus ici de pures possibilités, mais des possibilités, des conditions, des circonstances réelles (§ cxlviii). Envisagée ainsi, la contingence est une réalité comme la nécessité, c'est-à-dire elle est, et par cela môme qu'elle est, elle est nécessaire. Cependant ce n'est encore qu'une nécessité extérieure et relative dans laquelle la forme ainsi que le contenu sont limités, par cela même qu'elle u^est qu'à l'aide d'une condition, et que bien qu'elle soit nécessairement, elle n'est nécessairement qu'en passant delà possibilité à la réalité, et eu y passant par l'intermédiaire d'un terme étranger (§§ cxlvui, cxLix).£t, en effet, la contingence est la réalité qui est, et qui, d'un autre côté, peut ôtre autre qu'elle n'est, mais qui par là môme que la possibilité n'est ici qu'un moment de la réalité, ou la contingence, doit devenir cette autre réalité; seulement elle ne le devient qu*à l'aide de circonstances et des conditions extérieures. Et amsi l'on a la cliose, l'ôtre coniingent, d'une part, et les conditions, d'autres ôtres contingents, de Tautre. La chose est, elle est une réalité immédiate par un côté, et elle est une possibilité par l'autre. Les conditions sont elles aussi, elles sont des réalités immédiates, mais elles sont, en môme temps, des possibilités de la réalité qui doit devenir. Lorsque toutes les conditions se trouvent réunies, l'ôtre réel se produit. Et ainsi la contingence est, à cet égard, la nécessité, et ce qui est possible est aussi nécessaire. — Latinité de la nécessité consiste ici en ce qu'elle débute par la contingence, ou, ce

172 LA SCIENCE DE l'eSSENCE.

ce rapport est la substance, comme telle, qui, en tant que nécessité, est la négation de cette forme inté-

qui revient au môme, en ce que Tôtre contingent estrintermédiaire par lequel se produit l'être nécessaire. Le résultat est nécessaire, mais le point de départ et les éléments àTaide desquels le résultat est amené, sont contingents. Cela fait que la forme n'est pas adéquate au contenu, et que le contenu est lui-même un contenu limité, c'est-à-dire une réalité qui, tout en étant nécessairement, ne s'est pas affranchie de la possibilité, c'est-àdire encore, une réalité qui est la possibilité d'une autre réalité, et qui n'est pas la réalité entière. La nécessité n'est, par conséquent, ici qu'une nécessité intérimre et cachée, une nécessité qui, au lieu de poser \b. contingence, apparaît comme si elle était posée par elle, ou qui présuppose la contingence comme un terme sans lequel elle ne peut pas s'accomplir. Cependant ce mouvement de la contingence n'est, au fond, que le mouvement de la nécessité elle-même. C'est le mouvement à travers lequel la nécessité se pose et se reconnaît comme nécessité de la contingence elle-même, ou comme nécessité et réalité absolue. En effet, ces présuppositions, ces éléments dispersés, ces circonstances multiples et en|apparence éloignées, c'est la nécessité elle-même qui les pose. Ces possibilités diverses — les conditions et la possibilité de la chose — leur rapprochement et leur unité dans le résultat forment, pour ainsi dire^ un seul et même mouvement, et elles sont l'œuvre d'un seul et même principe. Les conditions sont les conditions de la chose, et elles contiennent en soi la chose dont elles sont les conditions. A son tour la chose n'est elle aussi qu'une condition, ou une possibilité, comme les conditions elles-mêmes , et elle contient en soi les conditions comme elle est contenue par elles. Le rapprochechement de ces éléments , rapprochement d'où doit sortir la réalité, est l'œuvre de l'activité de la forme qui est la forme même de la nécessité; activité qui fait que les conditions se combinent nécessairement avec la chose dont elles sont les conditions, et que la chose s'approprie les conditions qni sont faites pour elle.

SUBSTAiNCE El ACCIDENTS. 173

rieure (1), et qui, par là, se pose comme réalité^ mais qui ni.e aussi c^tte existence extérieure (2) , suivant laquelle le réel, en tant qu'être immédiat, n'est qu'un accident^ qui, à cause de la possibilité qu'il contient, passe dans une autre réalité , passage qui a son fondement dans ridentité de la substance en tant qu'activitéde la forme (§§ 148, 149).

S eu.

La substance est ainsi la totalité des accidents dans

Sous des couditioDs données, la chose doit se produire, et elle ne peut pas ne pas se produire. La nécessité du résultat est donc la même nécessité qui pose et stimule les conditions et les possibilités qui doivent amener ce résultat, et en posant le résultat, la nécessité ne fait que rentrer dans sou unité. Par là la nécessité a pénétré et façonné tous les moments de la possibilité et de la réalité, et elle est la réalité et la possibilité absolue. Tout ce qui est possible est réel, et tout ce qui est réel est nécessaire; il n'y a ni possibilité ni réalité eu dehors de la nécessité. Ici la réalité lïest pas parce que telle autre réalité est, mais elle est parce qu*elle est, et c'est parce qu'elle est, que l'être contingent et possible est aussi. Or, cette réalité nécessaire et absolue qui enveloppe tous les moments de la possibilité et de la réalité est la Substance,

(4) C'est-à-dire ViàentHé, La substance est la nécessité à l'égard des accidents,

{%) C'est-à-dire ici, les accidents, car les accidents forment ic* le moment de la réalité extérieure de la substance. Il ne faut pas oublier que, dans ce rapport, se trouvent concentrés tous les moments précédents : les moments de Vêtre et de Vessencc. Leè accidents forment la sphère de la réflexiony ou de Yapparaître de la substance. Chaque accident, en tant que possibilité, est la sub^ stance entière, et c'est là ce qui fait le mouvement de la substance, mouvement qui a lieu au dedans de la substance elle* même. Voy., pour la déduction de ces catégories, § clvii.

174 LA StlEXCE DE L ESSENCE.

lesquels elle se manifeste comme leur absolue négativité , c'est-à-dire, comme puissance absolue , et, eu même temps, comme source inépuisable de tout contenu. Celui-ci n'est rien autre chose que la manifestation même de la substance y parce que la déterminàbilité de la substance , qui se réfléchit sur elle-même pour produire un contenu, n'est, elle aussi, qu'un moment de la forme, qui est absorbé par la puissance de la substance (1). Le mouvement de la substance (2) est l'activité absolue de la forme, et la puissance de la nécessité; et tout contenu n'est qu'un moment de ce processus, où le contenu et la forme se remplacent (3) Tun Tautre.

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